La chronique qui n’a pas été

Les matraques des policiers ont soif de dos à Cuba

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La chronique qui n’a pas été

Publié le 12 mai 2011
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Par Yoani Sánchez, de La Havane, Cuba

Juan Wilfredo Soto Garcia

[…] je m’apprêtais à publier un texte sur la Fête des Mères, une courte vignette où je racontais que les mains de ma mère sentent l’oignon, l’ail et le cumin… à cause de tout le temps qu’elle passe à la cuisine. J’avais envie de raconter le plaisir que j’avais à la regarder arriver à la porte de mon lycée à la campagne, apportant les aliments qui lui avaient demandé toute une semaine et de gros efforts pour se les procurer. Mais juste au moment où j’apportais les dernières retouches à ma chronique maternelle, est survenue la mort de Juan Wilfredo Soto à Santa Clara et tout cela n’a plus eu aucun sens.

Les matraques des policiers ont soif de dos par ici. La violence croissante des hommes en uniforme est quelque chose dont on parle à voix basse et beaucoup la décrivent avec force détails, sans oser la dénoncer en public. Ceux qui ont été une fois conduits au poste savent bien qu’une chose est la propagande sirupeuse du « Policier, policier tu es mon ami » que répète la télé, une autre est la totale impunité dont jouissent tous ces individus assermentés. S’il se trouve en plus que le détenu ait des idées différentes de l’idéologie en vigueur, le traitement n’en sera que plus dur. Les coups de poing tenteront de convaincre là où les rares arguments n’ont pas réussi.

Je ne sais pas quelles explications vont pouvoir donner les autorités de mon pays mais je doute qu’ils arrivent à nous persuader que cette fois le tort n’était pas du côté des policiers. Il n’est pas possible de comprendre qu’un homme désarmé assis dans un parc du centre-ville puisse représenter une grande menace. Ce qui se passe c’est que lorsque l’on encourage l’intolérance, que l’on alimente l’irrespect civique et que l’on donne le feu vert aux corps de police, ces tragédies là se produisent. Comme celle d’aujourd’hui où une mère de Santa Clara n’est pas assise à la table que lui ont préparée ses enfants, mais dans le salon obscur d’un funérarium en train de veiller le corps de son fils.

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