Ecology Trek : Scotty NKM contre les PM10

NKM propose l’interdiction de la voiture en ville pour lutter contre la pollution. Sympathique totalitarisme, terriblement pertinent en période de crise.

Ecology Trek : Scotty NKM contre les PM10

Pendant que le PS est à fond sur son petit programme, et que l’UMP est à fond sur son petit débat, le gouvernement s’occupe à fond de sa petite écologie. Au moins, ça distrait la presse et occupe le personnel. Et puis, avec le printemps et le joli soleil, ce serait dommage de se miner la vie avec la criiiise, le chômage ou la dette de l’état, hein.

Et voilà donc notre sémillante Agnès Jaoui NKM qui nous propose, un petit sourire en coin, de nous farcir la tête avec une vraie question existentielle qui nous taraude tous, chaque jour qui passe : comment faire pour que l’air que nous respirons soit plus pur ?

Constatant avec un peu d’agacement que l’air ne devenait pas assez pur assez vite, la ministre de l’Ecologie, des Petits Oiseaux Qui Font Cui-Cui, des Arbres Verts et de l’Electricité Gratuite Qu’On Fait Sans Nucléaire, Sans Pétrole et Sans Polluer a tout de même admis « une tendance à la baisse des niveaux enregistrés pour plusieurs polluants » , ce qui ne l’empêche pas d’être très très inquiète pour, je cite, « les particules PM10 (inférieures à 10 micromètres), sur lesquelles on a du mal à agir. »

Jaoui NKM

L’image qui vient immédiatement à l’esprit est celle des fiers ingénieurs de l’état qui bricolent un peu partout, sous les voitures, sous les gros bidules qui font tchouf tchouf et les petits qui font trilili trilili, et qui tentent, vaille que vaille, de réduire ces nom d’une pipe de particules PM10. Mais ils ont du mal à agir dessus. C’est que c’est petit, ces machins là. Et on ne peut pas renoncer, parce que, comprenez-vous, il en va de la santé de tous et de chacun, et que ces PM10 qu’on respire par grosses volutes sont dangereuses pour les poumons, et coûtent un pont à notre Sécurité Sociale.

Scotty NKM à la recherche des PM10

Comme les PM10 diminuent, mais ne diminuent pas assez vite, on a trouvé à la fois le coupable et la solution : ce sont les voitures, celles des particuliers notamment, qui, outre bourgeois donc décadents, polluent sans vergogne. On va donc interdire les voitures, purement et simplement, une bonne fois pour toute.

Là. C’est dit.

C’est un peu comme un sparadrap collé sur une petite plaie pas trop loin d’une barbe naissante. Pour l’enlever, il faut tirer d’un coup sec. Sinon, chaque poil relâché délicatement devient une torture. Au moins, avec Scotty NKM, on ne fait pas dans l’à-peu-près : puisque les voitures polluent, interdisons-les. Scratch, d’un coup sec, voilà, c’est parti.

Incroyablement, NKM propose simplement de prendre un peu d’avance sur le calendrier d’une directive européenne que nos amis écolos ont réussi à pousser dans les tuyaux et les nombreuses tubulures chromées de la Commission ; lundi dernier en effet, cette dernière a proposé de désincarcérer les citoyens de leur voiture en utilisant un prévisible décapsuleur taxatoire. Le but est simple : diminuer de moitié l’utilisation de la voiture d’ici 20 ans et en éliminer complètement l’usage d’ici 2050.

Dans ce mouvement général qui vise, finalement, à ne plus avoir de mouvement du tout, NKM a donc pris un peu d’avance. Prendre de l’avance sur un ralentissement puis un arrêt total, cela pourrait sembler paradoxal mais le politicien relève tous les défis, même les plus idiots, surtout les plus idiots, et d’abord les plus idiots.

Car en effet, ce ne sont pas les agitations aussi sottes que grenues de ces mêmes polichinelles colorés qui ont permis aux voitures d’afficher des consommations toujours plus basses et des indices de pollution toujours meilleurs : le consommateur, agent efficace, est en effet soucieux de sa santé et de son portefeuille bien avant les élus dont le retard à l’allumage et les capacités alternatives de gestion sont maintenant légendaires.

Mieux : on peut affirmer, sans rire parce que ce n’est finalement pas drôle du tout, que le scandale qui arrive doucement, lié, justement, à ces particules fines, aura été précisément la résultante des exactions lamentables de ces interventionnistes de l’écologie de bazar. En effet, à mesure qu’ils agonissaient l’essence de taxes, ils rendaient le diesel d’autant plus attractif, diesel qui est, en réalité, le principal responsable de ces pollutions.

On admirera au passage la précision démoniaque de l'OMS concernant le nombre de morts liés à ces pollutions : ce serait, dit-on, 42.000 par an en France. Enfin bon, en gros. On n'est pas sûr sûr. Plus ou moins quelques pourcents. Ou disons qu'il doit y avoir aussi des malades chroniques qui sont en rase campagne et qui n'ont rien à voir avec la pollution liée aux transports, mais comptons-les quand même à tout hasard. Etc...

Bilan : on va consciencieusement pourrir la vie de millions de personnes pour éviter d’en enfumer quelques milliers. Ensuite, l’activité va progressivement s’effondrer, de même que le pouvoir d’achat. Ce qui est excellent pour la santé, comme chacun le sait : les pauvres qui ne travaillent pas vivent toujours mieux et plus vieux que ceux qui ont un travail et de l’argent.

En plus, imaginer qu’en 20 ans, les producteurs automobiles seront infoutus de réduire encore les consommations et les pollutions est un raisonnement logique pour nos thuriféraires de l’action étatique : naturellement pessimistes, ils ne peuvent imaginer un progrès quelconque sans leur intervention. Parfaites mouches du coche, ils s’agitent en croyant imprimer un déplacement alors que tout montre qu’ils ralentissent manifestement la marche.

Dans l’immédiat, en tout cas, NKM nous assure un avenir radieux : huit villes vont tester l’année prochaine l’idée fulgurante grandeur nature. Joie, bonheur des transports en commun pour des millions de personne. Pertinence d’une multitude de bus qui crament 40L au cent pour trimbaler l’afflux des naufragés écologiques. Opportunité rêvée d’une organisation millimétrée des RER et des métros ! Bonheur sucré d’une ville où tout se passe bien ! Scotty NKM, beam me down !

Rien qu’y penser, j’en salive.
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