Combien coûte un Attali écolo ?

Attali s’attaque au nucléaire japonais et propose d’occuper le Japon.

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Jacques Attali (Crédits : Pierre Metivier, licence creative Commons)

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Combien coûte un Attali écolo ?

Publié le 29 mars 2011
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Combien coûte un Attali écolo ?

C’est la semaine des bons clients. Normal : quand on ne parle pas Zéconomie avec Emmanuel Todd, on aborde les palpitantes questions de Zécologie avec Jacques Attali. Quand celui-ci n’enfile pas les poncifs irritants de bêtise sur le tabac, le monsieur qui pense nous propose ses réflexions sur le nucléaire japonais, et, je dois le dire, c’est assez gratiné.

C’est un billet à la fois court et consternant que nous propose le père Jacques. Cette taille très réduite et le nombre tout simplement affolant de sottises sidérales contenues dans cette petite production gastrique honteuse lui permettra de concourir pour le record du monde de densité en idioties pseudo-scientifiques.

Il faut savoir qu’Attali est aux arguments navrants ce qu’Usain Bolt est au sprint : une référence.

J’avais déjà pu lire, concernant le tabac, une telle enfilade d’arguments éculés que, depuis, je m’étais abstenu de retourner voir la prose calamiteuse de l’ouvrier diplômé en poncifs d’orfèvrerie.

C’était une sage décision.

C’est à la faveur d’un message d’une de mes lectrices (oui, Hashtable est lu aussi par une ou deux femmes, semble-t-il) que j’ai regardé, plusieurs fois, la performance rhétorique qu’il a effectuée dernièrement sur le nucléaire, Fukushima et l’Avenir de l’Humanité (rien de moins), dans cette envolée lyrique que seul un énarque en roue libre médicamenteuse peut produire.

Au passage, je ne suis pas étonné de retrouver les mêmes barbouillages ridicules et les mêmes inspirations psychotropes chez d'autres pipoteurs de la même trempe, comme De Villepin par exemple : même moule, même appétit de fricoter avec le pouvoir, même source d'inspiration goulue que celles des mamelles étatiques d'une France resplendissante de sa justesse sur le monde qu'elle guide avec bienveillance.

En huit paragraphes serrés comme un café de Clooney mais sans son charme ravageur, Jacques arrive donc à coincer :
– les subprimes, qui seraient californiennes,
– l’intégrité de l’humanité à moyen terme,
– des explosions de réacteurs nucléaires arrêtés,
– des quantités considérables de plutonium,
– la contamination d’un Japon devenu largement inhabitable,
– des autorités japonaises irresponsables, incompétentes et butées,
– une catastrophe nécessitant une mobilisation planétaire,
– une communauté internationale impavide,
– et bien sûr, pour terminer, une solution comme seul les visionnaires d’avenir avec de grosses couilles peuvent en avoir, à savoir « mettre en place un consortium mondial de toutes les compétences » , quitte à y aller sans demander leur avis aux autochtones, décidément trop cons.

Il manque Godzilla, mais à part ça, je crois que le compte est bon.

En établissant cette liste, je me suis forcé à relire, une nouvelle fois, l’intégralité du billet. On est au-delà de la consternation. On a dépassé, depuis longtemps, le voisinage de l’ébahissement complet que, pourtant, ce blog explore régulièrement. On est allé au-delà des ceintures d’astéroïdes riches en connite ferrugineuse et en pipeaux lourds. On a littéralement laissé sur place le Capitaine Blâme au milieu des espaces intersidérants. On est bien au delà des dernières étoiles de la galaxie du totalement idiot.

Nous venons d’entrer dans la zone intergalactique de l’abrutissement total, là où le zéro absolu de la réflexion ne sera jamais réchauffé par aucun soleil de pensée, tous beaucoup trop éloignés. Dans cette zone, le respect, la logique, le bon sens, la mesure ou la décence n’ont plus court. Tout ce qui vous passe par la tête, y compris et surtout le moindre courant d’air, est bon à proférer comme vérité immanente.

Attali, plein de bonnes idées

Attali est là. Il est même le patron du coin, sa sympathique casquette de Guide Ultime vissée sur un crâne beaucoup trop étroit pour les masses de plus en plus imposantes de barbapapa colorée qui s’y entassent.

Le vrai mystère, c’est comment la rédaction de l’Express a pu laisser publier un papier à ce point rempli d’inepties ? Personne, dans la rédaction, n’a regardé ce que le type a pondu ? C’est, on peut le dire, de la Pignouferie Olympique.

Non parce que tout de même, sans vouloir friser du mammouth au babyliss et aux bigoudis de combat, il n’y a pas besoin d’avoir fait l’ENA pour noter que le même Japon s’est déjà mangé deux bombes atomiques sur le coin de la figure sans avoir jamais été largement inhabitable.

Que des réacteurs nucléaires – dont la réaction est, doit-on le rappeler, stoppée, i.e. ne peut plus s’emballer et ne peut donc plus exploser – contenant un combustible riche à 2 ou 3% ne peut pas être comparé à celui d’une bombe (riche à 98%). Que le problème n’a jamais été de refroidir le bazar, mais de le faire sans mettre en danger la vie des personnels, et que c’est cet impératif noble qui a provoqué les hausses de températures et les fuites ? Que si la solution consistait à multiplier simplement le nombre d’hélicos ou de pompes, ce serait déjà fait ?

On pourrait croire qu’Attali prend les Japonais pour de parfaits abrutis.

Et on aurait raison : pour écrire aussi méthodiquement une telle série de crétineries, il ne peut en être autrement.

Mais ce qui est encore plus insupportable est qu’au final, Attali ne vise ici qu’une chose : pousser, encore une fois, ses lubies de gouvernement mondial, quitte, d’ailleurs, à écrabouiller au passage l’ego de ce peuple qui a pourtant déjà pris cher. Pour le Jacques, il faut agir, et de force s’il le faut.

Mais voilà : combien ça coûte, ce genre d’insupportables stupidités écoloïdes à sourdes visées collectivistes ?

Parce qu’a contrario, on trouve des écolos qui, eux, posent le débat de façon bien plus pragmatique, sans verser dans ce qu’on pourrait juger, de loin, comme du mépris pour ceux qui sont infoutus de se sortir seuls d’une catastrophe nucléaire après un séisme force 9 et un tsunami jamais vu, au milieu de décombres, de milliers de morts et de centaines de milliers de sans-abris…

Eh bien en fait, on sait. On sait ce que coûte des écolos stupides lorsqu’ils s’approchent trop du pouvoir. Pour la France, cela peut monter jusqu’à 170 milliards, … quasiment en pure perte. Un type comme Attali n’échappe pas à la tendance : gorgé de sa propre importance, il nous balance ses non-solutions pour résoudre des problèmes qui ne le regardent pas et dont la facture finale, évidemment adressée au contribuable, se chiffre rapidement en dizaine de milliards d’euros.

Attali est ici la démonstration parfaite de tout ce qui ne va pas dans ce pays : une réflexion consternante, un relais dans une presse complètement nulle, à la ramasse et ne pouvant plus faire que du sensationnalisme de caniveau, des solutions lamentables, antidiplomatiques et complètement irréalistes, et une vision de l’avenir qui frôle le scandale par le mauvais côté.

Si le Front National est un magnifique détecteur de débats à la con, le nucléaire est un excellent révélateur d’écolos idiots.

Avec Attali, toutes les alarmes se sont déclenchées d’un coup.
—-
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  • Attali. Encore un essayiste qui aurait mieux fait de se faire écrivain de fiction (ses romans ont un certain intérêt, mais sentent l’écrit trop vite).

    Je ne pense pas que quiconque le prenne au sérieux.

    Il est plus intéressant quand il parle de ce qu’il aime vraiment (à part lui-même), à savoir la musique. A relire : « Bruits, essai sur l’économie politique de la musique » (PUF 1977)

  • Je viens de lire le texte en cause, sur le blog du ‘sieur Attali. Hallucinant !
    Je le tenais pour imbu de sa personne, arrogant, suffisant et…. (comme tout le monde le sait) profondement « étatiste ». Mais je ne le tenais pas pour un sot, au sens le plus basique du mot. Cette dernière opinion vient d’être ebranlée. Si on m’avait dit que l’article en question était un extrait de Vishinsky (« procureur » celèbre de l’époque des grandes purges staliniennes) ou bien, plus prosaiquement, un texte signé Besancenot ou Bové, je n’y aurais vu que du feu. Mr Attali nous offrait habituellement une « image » plus « savante ». La, on est au niveau de l’agitateur politique de banlieue: le vide intellectuel le plus complet. Quelle mouche l’a piqué ?

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