Lyon veut une plus grosse part du gâteau !

Le dirigeant (PS) de SYTRAL ronchonne de n’avoir pas sa rallonge étatique de 110M€ d’argent gratuit. Seulement 20 ! C’est un scandale !

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Tramway à Berne (Crédits Alain GAVILLET, licence Creative Commons)

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Lyon veut une plus grosse part du gâteau !

Publié le 13 février 2011
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A Lyon, la Brigade des Calinours va devoir agir rapidement. Il y a quelques heures, en République du Bisounoursland, un homme politique a été froissé dans son ego ; de l’argent gratuit n’a pas été mis à sa disposition, certains de ses projets sont contrariés, et des petits yeux humides ont été observés. Il faut agir, vite !

Tout se passe à la direction de la SYTRAL, l’autorité organisatrice des transports de l’agglomération lyonnaise. Son président, Bernard Rivalta, vient d’apprendre que l’Etat n’accordait que 20 millions d’euros (soit 10.000 SMIC bruts, à la louche, soit l’équivalent de plus de vingt personnes employées plus de trente ans) pour son projet d’amélioration du réseau urbain de transports en communs.

L’élu du parti officiellement socialiste ne décolère pas :

« On donne à Lyon autant d’aide qu’aux deux nouvelles lignes de bus de Bayonne. C’est de l’aumône. Alors que nous avons le réseau le plus performant de France et que nous investissons un milliard d’euros à chaque mandat. C’est de la provocation ! »

Franchement, cette histoire de crise, ça commence à bien faire ! On ne peut plus dépenser aussi facilement l’argent gratuit des autres ; les lignes de crédit et les prébendes ne sont plus distribuées avec autant de largesses. C’est intolérable ! Et ce qui devait arriver arriva : on a froissé des égos.

Rendez-vous compte : on ne donne à Lyon, joyaux du monde moderne, que 20 millions d’euros. Ce qui veut dire qu’on ne donne à SYTRAL que 20 millions. Ce qui veut réellement dire, en petits caractères, qu’on ne donne que 20 millions à Rivalta pour accomplir ses lubies, là où l’important monsieur en voulait … plus de cinq fois plus (110 millions pour être précis). Et en matière d’ego (ou de longueur de quéquette) politique, ça se mesure aux millions voire aux milliards qu’on est capable de jeter par les fenêtres !

Quand on y pense, comment voulez-vous continuer à payer pour des transports dont les gens se passent, pour des lignes de métro, de tram et de bus qui ne marchent pas ou qui arrivent en retard ou qui sont souvent en grève, si on vous sucre une partie de l’argent gratuit qui vous est due par le simple fait que vous avez, un jour, été élu par des gens qui payent ?

Citoyenne et Festive

C’est quoi, cette plaisanterie ?

On commence comme ça, tout doucement, en retenant un peu les cordons de la bourse, et ensuite, rapidement et sans s’en rendre compte, les citoyens commencent par demander des comptes, ne les obtiennent pas et finissent par montrer les crocs ! Autrement dit, sans putes, sans alcool, la fête n’est plus aussi folle !

C’est extrêmement dangereux, ça !

Et puis, je croyais qu’on était bien clair au sujet des transports en commun ! Comme on a fait un beau Grenelle, on avait clairement décidé que la voiture individuelle, massivement utilisée par les populations les moins favorisées pour déposer les enfants à l’école, faire les courses et se rendre à leur travail, cette voiture individuelle, familiale et polluante, on devrait l’éradiquer et que pour ce faire, plutôt que de l’interdire (trop impopulaire), on allait tout faire pour en rendre la possession horriblement dispendieuse, qu’on allait la taxer de tous les côtés, et qu’on proposerait quelques maigres aménagements pour compenser.

Et voilà que l’Etat ne suit pas ! C’est absolument lamentable ! On ne peut plus compter sur personne, ni sur les institutions ! Alors qu’on était avant habitué à la rigueur et la sécurité d’airain des décisions de Bercy, qu’on était sûr, d’années en années, de toujours trouver les mêmes sommes aux mêmes endroits et que la mécanique huilée par des millénaires d’une fiscalité taillée au cordeau permettait d’envisager les années futures sur exactement les mêmes rails, pouf, voilà-t-y pas que l’Etat fait dans l’arbitraire et décide de ne pas asperger de pognon ceux qui le demandent !

Quand on sait qu’en plus, tout avait été fait, qu’aucune dépense n’avait été épargnée ni par la droite, ni par la gauche, « pour faire de ce réseau le plus performant de France mais aussi le plus innovant », on se dit que c’est vraiment krodommage.

Et maintenant, quelques questions.

Combien de temps va-t-on devoir subir les comportements outranciers ridicules de grosses baudruches pleines d’air chaud qui dépensent l’argent des autres pour des projets pharaoniques qui emmerdent quasiment tout le monde et ne ravissent qu’une poignée d’écolos qui n’auront pas à en subir les conséquences ?

Combien de temps continuerons-nous à lire les réactions de ces petits personnages bouffis d’orgueil et d’arrogance qui n’ont toujours pas compris que l’argent de l’état, c’est l’argent des autres ?

Pourquoi des Parisiens, des Corréziens ou des Bretons devraient-ils se fendre des 90 millions manquant aux 110 millions du prébendier socialiste pour ses marottes coûteuses ? Et d’ailleurs, pourquoi même les 20 premiers millions ? L’état n’est pas déjà suffisamment dans le lac ? Les Béarnais, les Normands et les Lillois n’ont pas le droit de conserver leur thune pour en faire autre chose qu’un magnifique bidule coloré bobo-compatible à 600 km de chez eux et dont ils ne se serviront jamais ?

Oh, on me susurrera du « solidarité nationale » et autres fadaises allant dans le sens général du « cette fois, c’est Brest qui paye pour Lyon, la fois prochaine, ce sera Lyon qui paiera pour Tourcoing« . Mes fesses, oui !

Comme, factuellement, ce sont toujours ceux qui crient et réclament le plus fort qui obtiennent le plus, la carte de la répartition effective des finances correspond en réalité à celle des bastions les mieux défendus, bien plus qu’à celle des besoins.

Mais parions qu’à cela, personne ne trouvera rien à redire : chacun s’imaginera être, un jour, dans la position de ce celui qui, justement, braille le plus fort. Moyennant quoi, le pillage continuera et les cris des pressureurs continueront de s’étaler dans une presse toute acquise à la cause.

Ce pays est foutu.
—-
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