L’austérité ne menace pas la croissance

Ces idées fausses qui nous pourrissent l’économie

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L’austérité ne menace pas la croissance

Publié le 10 février 2011
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Entendu à la radio, de la part d’un analyste boursier (sur BFM) : « Le plan d’austérité britannique va provoquer une chute de la croissance outre Manche. » Cet argument contre les plans d’austérité nous est ressorti chaque jour.

Ces idées fausses qui nous pourrissent l’économie…

Foutaises. Ces gens confondent la maladie et le médicament. Même si celui ci peut provoquer un surcroît de fatigue, c’est bien la bactérie qui rend malade, pas le traitement.

La récession n’est pas provoquée par l’austérité mais par ce qui a déclenché le besoin d’un plan d’austérité, c’est à dire l’atteinte des limites de l’endettement, qu’il soit public ou privé, tolérable par le système. Lors de la crise de 2008, l’État britannique à l’époque géré par Gordon Brown a dépensé à crédit sans compter pour maintenir un semblant de croissance positive. Continuer à endetter la Grande-Bretagne de la sorte aurait été le plus sûr chemin vers la faillite. David Cameron a choisi d’essayer d’éviter – sans aucune garantie – le dérapage fatal.

Certes, la Grande-Bretagne aurait pu choisir de retarder le moment de solder les mauvais comptes du passé, et s’acheter à crédit quelques dixièmes de points de croissance artificiels supplémentaires. Mais tôt ou tard, elle aurait dû soit lancer son plan d’austérité, soit être mise en faillite par une rebuffade des marchés financiers. Et là, on ne parlerait plus de récession, mais de dépression. Lorsque l’on produit trop peu de valeur par rapport à ce que demande le service de sa dette, un réajustement est inévitable. Est-il néfaste ? Non, il est nécessaire.

Apurer les dettes est indispensable

L’exemple de l’Islande est à cet égard exemplaire : l’Islande a choisi de laisser ses banques imprudentes faire faillite en 2008 et a lancé un plan d’austérité sans précédent pour faire face aux conséquences de ses faillites. La récession qui s’en est ensuivie, de 7%, fut très importante, mais est liée à la nécessité de purger les « faux » points de croissance précédents acquis par de la dette insolvable. Mais le plan d’austérité, lui, a permis à l’économie d’entamer un redémarrage sur des bases plus saines dès mi 2010, alors que tous les « experts » prévoyaient une dégringolade sans fin de la petite île du grand nord.

En contrepartie, les USA ou la France ont préféré acheter quelques points de croissance en augmentant leur endettement à un rythme insoutenable au delà de quelques années. Et toute l’épargne ainsi siphonnée vers l’État ne va pas vers la formation de capital productif privée, seule capable de pourvoir à la croissance nécessaire pour payer cette dette. Il arrivera un moment où les prêteurs diront « stop », et ce jour là, la France sera en défaut, sauf s’il est fait appel aux imprimeries Trichet, ce qui poserait d’autres problèmes (pour un autre article).

Alors bien sûr, quand l’heure de l’apurement viendra, nous tomberons de plus haut, l’austérité n’en sera que plus dure… et il y aura des dizaines d’analystes pour vous expliquer que « l’austérité tue la croissance ».

La récession n’est qu’un réajustement désagréable mais nécessaire des économies pour purger de trop grandes erreurs commises par le passé. Lorsque une nation s’est trop endettée, tôt ou tard, elle doit purger son surendettement. Le plan d’austérité n’est pas la cause du recul de la croissance qui s’ensuit mais la condition absolument nécessaire du redémarrage ultérieur.

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Lire également :

Islande : les enjeux de l’affaire Icesave
Contes et Légendes keynesiens : « la rigueur pourrait casser la croissance »

Repris d’Objectif Eco avec l’amaible autorisation de Vincent Benard.

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