« La recherche de l’intérêt privé est en contradiction avec l’intérêt collectif »

Boulanger en Italie (image libre de droits)

Une des idées fausses les plus ancrées dans les têtes

Article paru dans Enquête&Débat le 23 novembre.

Sans doute l’une des idées fausses les plus ancrées dans les têtes, à droite comme à gauche. Il y aurait toujours quelque chose de suspect ou d’un peu honteux à chercher son intérêt. Un mélange de cupidité et d’égoïsme. Bref, le seul intérêt qui vaille, serait le fameux « intérêt collectif », que ses défenseurs ont tant de mal à le définir qu’ils se réfugient le plus souvent derrière une soi-disant évidence, qui voudrait que « collectif » implique généreux et universel.

J’ai un boulanger. Il se lève au milieu de la nuit, sélectionne les meilleures céréales, et choisit ses levures pour faire un pain croquant et charnu. Pourquoi ? Pour le vendre. Pour gagner de l’argent. Pour lui.

Et meilleur sera son pain, mieux il le vendra. Tout le quartier sait d’ailleurs qu’il faut acheter son pain place Vavin.

L’équation est simple : Plus mon boulanger recherche son intérêt, en faisant du bon pain, plus la collectivité trouve son intérêt : manger du pain toujours meilleur. Et ce qui est vrai pour le boulanger est vrai pour tout ! En voulant bien faire pour soi, on fait bien pour tous. La collectivité bénéficie ainsi des initiatives individuelles qui essaient d’être au plus près des besoins du monde, et dont la somme est la seule chose qui puisse donner une idée de ce qu’est le « bien commun ».