« Une société est plus juste quand on subventionne les pauvres »

Le principe de la subvention, c’est favoriser quelque chose

« Une société est plus juste quand elle subventionne les pauvres » : les bonnes intentions rendent cette idée reçue particulièrement tenace. Pourtant, la logique élémentaire permet de comprendre comment, en réalité, en cherchant à « aider » celui qui est en difficulté, l’État ne fait que cultiver la pauvreté. Et ça pousse…

Le principe de la subvention, c’est favoriser quelque chose. Et mécaniquement, plus l’on subventionne cette chose, plus l’on en récolte. Le problème, c’est qu’en « favorisant la pauvreté », l’État la favorise effectivement (cela n’avait probablement pas échappé à notre confrère La Palice). ll l’encourage.

De même qu’on subventionne le secteur éolien pour obtenir plus d’éoliennes, loin de combattre la pauvreté, on l’encourage et on la développe en subventionnant les pauvres. Si cela peut sembler évident, l’idée même de redistribution des richesses est pourtant fondée sur cette erreur. L’erreur qui consiste à penser qu’une action qui multiplie va pour une fois diviser.

L’augmentation constante du nombre de bénéficiaires du RMI/RSA depuis sa création en est sinon une preuve éclatante, du moins le signe de l’échec patent de cette stratégie pourtant bien intentionnée.

Les Chinois, qui s’y connaissent en pauvres et en bilan du socialisme, ont eu une idée astucieuse, à l’essai dans une province humide : l’impôt dégressif. Plus on est riche, plus le pourcentage d’imposition est bas. L’objectif est simple : favoriser la richesse en créant un intérêt à l’enrichissement.

Et c’est finalement la solution la plus morale (sauf si l’on se fixe comme horizon social un appauvrissement général). En encourageant les individus à s’enrichir, la Chine a lancé une dynamique qui cultive effectivement la richesse. Et là aussi, ça pousse.