Le néolibéralisme est un mythe

Publié Par Daniel Tourre, le dans Philosophie, Pushmobile

Par Daniel Tourre.

morin

Il arrive parfois que l’on dise des choses justes, par accident, sans le vouloir. C’est ce qui est arrivé à Edgar Morin, l’espace d’un tweet. Il a raison : le néolibéralisme n’est plus qu’un mythe, un croque-mitaine pour penseurs de gauche ou d’extrême-droite.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Le terme avait gagné ses galons en août 1938 lors du colloque Lippmann, du nom du célèbre éditorialiste américain Walter Lippmann, auteur entre autres de la Cité Libre.

Cette réunion de plusieurs jours avait réuni des intellectuels de l’époque, certains vrais libéraux (Mises, Hayek, Étienne Mantoux…), d’autres beaucoup moins libéraux (Marcel Bourgeois, Louis Marlio : keynésien ; catholicisme social), ou très peu libéraux (Ernest Mercier : antiparlementarisme, Louis Bodin : corporatiste) autour des questions portant sur la défense d’une société libre. Quelles sont les causes du déclin du libéralisme ? Comment sauver le libéralisme face à la montée des grands totalitarismes ?

Le néolibéralisme fut l’un des termes proposés parmi ceux qui considéraient que le libéralisme devait se renouveler sur le fond et sur la forme, en laissant une place plus importante à l’État. Le terme n’était donc déjà pas consensuel parmi les libéraux. Les libéraux dits classiques (Mises, Hayek) ne partageant ni le diagnostic, ni le remède, ni donc l’intérêt d’un nouveau terme.

Néolibéralisme ne sera même pas beaucoup usité parmi ces « nouveaux » libéraux, les Allemands autour de Wilhelm Röpke, par exemple, préféreront le terme d’ordolibéralisme. On notera en passant que le néolibéralisme n’a pas servi à théoriser un libéralisme radical, mais au contraire à mettre en avant un nouveau libéralisme atténué par des interventions de l’État.

Le terme néolibéral fut ensuite utilisé sporadiquement par certains libéraux avant d’être complètement abandonné par ces derniers. Il n’a jamais fait l’objet d’une reconnaissance de masse chez les libéraux.

liberalisme-rene-le-honzecIl fut utilisé par contre abondamment par des intellectuels non-libéraux, parfois de manière intéressante, mais avec des définitions changeantes d’un auteur à l’autre ;  le fait qu’aucun penseur ou courant politique ne s’en réclame pour trancher son sens, ou servir d’objet d’étude, favorisant évidement le foisonnement de définitions.

Cela fait donc plusieurs décennies qu’il n’est ni un étendard — personne ne s’en réclame —, ni même un terme scientifique — sa définition n’a ni rigueur ni constance.

Le terme n’est plus qu’un croque-mitaine, une sorte de mot « Schtroumpf » utilisé pour désigner parfois du libéralisme, mais le plus souvent, pour s’offusquer de n’importe quel aspect déplaisant — ou vu comme tel — de la société contemporaine, sans que cet aspect ait d’ailleurs souvent un lien, même ténu, avec le libéralisme.

Ce terme empêche donc d’une part de discuter sérieusement du libéralisme, le vrai, mais aussi de discuter sérieusement des aspects de la vie contemporaine ou des idées dont on affuble parfois le néolibéralisme (marchandisation, capitalisme de connivence, anomie etc.) , ce qui est regrettable pour le débat, dans un cas comme dans l’autre.

La longue liste à la Prévert de ses méfaits illustre bien l’immense marécage conceptuel que constitue aujourd’hui le néolibéralisme.

Le néolibéralisme c’est le féminisme ET le patriarcat

Le néolibéralisme a cette formidable capacité à faire le grand écart. Lorsque l’on veut vraiment nuire à l’humanité, il ne faut pas s’embarrasser de cohérence idéologique.

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Le néolibéralisme, c’est Daesh

Comme un méchant de James Bond, on retrouve le néolibéralisme derrière chaque mouvement cherchant à déstabiliser la planète. On aurait été surpris que le néolibéralisme ne soit pas derrière les attentats ; cela ne lui ressemblerait pas.

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Le néolibéralisme, c’est la salle de sport

Lorsque vous séchez votre cours de sport, pas de panique, vous luttez sans doute pour un monde plus juste. Un monde sans néolibéralisme.

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Le néolibéralisme, c’est un fascisme

Le fascisme, c’est selon Mussolini : « Tout par l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État ! »

Parfois, on peut se demander si le suffixe ‘néo’ ne veut pas dire le « contraire de » :

  • La néosphére est un cube.
  • En hiver, il fait néochaud.
  • Ava Gardner était une très néolaide femme.

fascisme

Le néolibéralisme, c’est les loyers chers, les salaires bas…

Le néolibéralisme est bien sûr derrière toutes les misères du monde, dont on parle si bien, à Cannes, la bouche pleine de petits fours.

kenloach

Ceci, cela et son contraire sont essentiels au néolibéralisme

Lorsque l’on parlait d’une entité diabolique, nous ne sommes pas loin du compte… Il est décidément partout.

racismeantiracisme

Une entité omniprésente, mystérieuse, terrifiante, infiniment puissante, sournoise, aux masques multiples, entièrement dévouée à nuire à l’humanité, c’est peut-être finalement dans l’œuvre de Lovecraft que l’on trouvera les études les plus rigoureuses sur le néolibéralisme Nyarlathotep, le chaos rampant.

« Là ou passait Nyalathotep, la paix disparaissait et dans les petites heures de l’aube retentissait des hurlements de cauchemar. »
Nyarlathotep – HP Lovecraft.

7049-affichelovecraftAffiche du Collectif Antigone@collec_antigone

Version vidéo de cette chronique :

  1. Cocasse que ce terme soit devenu un tel repoussoir alors que d’après la récente biographie de Rueff par Gérard Minart, c’est notamment Rueff qui poussait pour l’adoption de « néo-libéralisme ». Et Rueff n’était pas effectivement pas un libéral classique.

  2. Il y a aussi ultra-libéralisme dans le genre.
    Après c’est vrai que c’est pratique, puisqu’on met ce qu’on veut dedans…

  3. Si on pouvait avoir, ne serait ce qu’un peu de vrai libéralisme tout court…

  4. Oh je suis dégouté, j’étais en train de commencer a rassembler tous les tweets, articles,… avec en titre « j’ai mal au pied c’est a cause du libéralisme ». Vous me coupez l’herbe sous le pied… sans doute a cause du libéralisme.

    Vous remarquerez que dans 90% du temps de l’utilisation du mot « néolibéralisme », ce dernier est accompagné d’aucun arguments, aucun début de commencement d’explication de l’interet de ce mot dans la phrase… Je trouve toujours cela magique. Je suis en train de lire en ce moment Antispéciste de Aymeric Caron, et toutes les … quoi … 20 pages, tu as le mot « néolibéralisme » qui apparait, sans apporter un quelconque début de commencement d’explication du pourquoi ce mot, là, ici, à ce moment, non juste un « si tout cela est possible c’est a cause du néolibéralisme »… j’aurais tellement aimé qu’il y ait une suite « a cause du néolibéralisme car il…. » mais non.

    On l’utilise pour neutraliser des points de vue respectueux d’une idée de base… on parle d’ultra-droite, d’ultra orthodoxe,… Quand j’etend parler de néo ou meme assez récement de l’ordolibéralisme… on est précisément dans cette pensée ridicule qui va placer l’ordolibéralisme dans le sillon du BON libéralisme alors meme que ca n’en est pas un… le libéralisme est un et unique, les gens qui pensent que la morale doit intervenir dans le libéralisme sont moins libéraux, tout comme les libéraux conservateurs sont moins libéraux que les libéraux sociétaux et économiques… ce ne sont pas ces derniers qui sont ultra, ce sont les autres qui sont moins libéraux. Et cela est la meme chose pour tout, de la religion (ultra-orthodoxe chretiens,musulmans, juifs) a la position politique (ultra droite ou ultra droite),… si tu prends un gauchiste qui se dit communiste et qui ne réparti pas sa richesse et qui est contre, ce n’est pas un néo-communiste, c’est juste pas un communiste….

    1. Avec la différence qu’ordolibéralisme a un sens identifié, à la différence de néolibéralisme qui n’en a absolument aucun.

  5. Le mot « néolibéralisme » n’a aucun sens. C’est l’exemple type d’un anti-concept (au même titre que ultralibéralisme). Personne ne se dit néolibéral. Demandez à quelqu’un qui utilise de ce terme néolibéral qu’est ce que cela veut dire ?? quel est la définition ?? Dans bcp de cas, il en sera totalement capable et même s’il arrive, sa définition sera différente de celle d’une autre personne employant aussi ce terme. Demandez à dix personnes leur définition du néolibéralisme, vous aurez de grandes chances d’avoir dix définition différentes.
    Même s’ils ne sont pas d’accord entre eux sur la définition de ce mot, un certain nombres de personnes font diront que c’est un mouvement du début des années 80. Pourtant, le mot néolibéral vient de la fin du 19 siècle et a été utilisé tout au long du 20 siècle même s’il est vrai qu’il a été grandement popularisé par les antilibéraux depuis vingts ans. Les antilibéraux utilisent de ce mot néolibéralisme (tout comme ils utilisent du mot ultralibéralisme) car le mot libéralisme a une certaine connotation positive en tout cas dans sa dimension politique. Un certain nombre de principes fondateurs de l’état de droit et de la démocratie (que l’on appelle démocratie libérale) découle du libéralisme (politique). Voilà pourquoi les antilibéraux pour critiquer le libéralisme préfère utiliser d’autres termes comme néolibéralisme (qui sous entend une déformation du libéralisme) ou ultralibéralisme (qui sous entend un extrémisme).
    L’avantage avec le mot néolibéralisme c’est qu’on peut utiliser ce mot à tort et à travers, on peut utiliser ce mot pour désigner tout ce que l’on veut. De toute facon , tout ce qui va mal c’est de la faute du méchant néolibéralisme (même si l’on sait pas trop ce que c’est). Je trouve cela pathétique.
    En général, avec les gens qui employent le mot néolibéralisme: ce sont soit des antilibéraux qui ne changeront pas d’opinions et qui sont de mauvais soit des gens ignorants (ignorance qui est totalement compréhensible étant donné le climat antilibéral de la France) soit des gens qui utilisent ce mot car cela fait vendre.
    Il y a même des gens utilisant le mot néolibéralisme qui vous disent qu’il est impossible de définir ce mot .
    Si vous demandez aux gens de dire ce sont qui les néolibéraux, là aussi leurs réponses sont très floues. Même si la plupart vous diront que Tatcher et Reagan sont des piliers du néolibéralisme, en général, pour le reste ils ne sont pas d’accord d’entre eux. Une bonne partie disent aussi que Friedman était un néolibéral (sans doute parce que c’est l’économiste libéral le plus connu du 20 siècle, en général, le seul économiste qu’ils connaissent) . Une bonne partie des antilibéraux utilisent le mot néolibéralisme croyent que l’école néoclassique est néolibéral montrant toute leur ignorance de l’économie et de la pensée économique. J’ai déja vu des gens disant que Keynes était un néolibéral.

    Le « néolibéralisme » au même titre qu’ultralibéralisme permet de diaboliser le libéralisme. Les antilibéraux préfèrent utiliser ces deux termes plutôt qu’utiliser le terme « libéralisme » car dans le libéralisme, il y a le libéralisme politique (qui est connoté positivement par la plupart des gens) en utilisant un autre mot, cela permet de faire une distinction entre les deux, de bien montrer que c’est deux concepts différents. Que le néolibéralisme est une « perversion » ou un « excès » de libéralisme.
    C’est profondément malhonnête.

    En plus, comme ce sont des termes ne voulant rien dire, on peut les utiliser pour les accuser de tous les maux. Les libéraux auront tendance à moins se défendre vu qu’ils ne se reconnaissent pas dans ces termes débiles.

    1. C’est comme capitaliste, neoliberal est juste un mot pour désigner ce qui n’est pas socialiste.
      Mais aucun non socialiste ne dira neoliberal ou même capitaliste. Tout ceci fait partie du discours socialiste.

  6. Quel temps de cochon.
    C’est la faute au néolibéralimse.

  7. Merci pour cet article, qui fait bien sûr penser à Pulp libéralisme et son « oh le temps est vraiment ultra-néolibéral, ce soir » !

  8. Vargas llosa disait:
    « J’ai connu des personnes qui sont libérales, des personnes qui ne le sont pas, mais je n’ai jamais connu un néolibéral »
    Dire néo revient a dire pseudo ou faux, selon lui.

    http://www.lanacion.com.ar/98802-vargas-llosa-nunca-he-conocido-a-un-neoliberal

  9. Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Neoliberalism) :

    « Neoliberalism (neo-liberalism) refers primarily to the 20th century resurgence of 19th century ideas associated with laissez-faire economic liberalism. These include extensive economic liberalization policies such as privatization, fiscal austerity, deregulation, free trade, and reductions in government spending in order to enhance the role of the private sector in the economy. The implementation of neoliberal policies and the acceptance of neoliberal economic theories in the 1970s are seen by some academics as the root of financialization, with the financial crisis of 2007–08 as one of the ultimate results.

    The term has been used since 1938 but became more prevalent in its current meaning in the 1970s and ’80s by scholars in a wide variety of social sciences and critics. Advocates of Free Market policies avoid the term « neoliberal ». »

    Si tout ca n’existe pas et que le néolibéralisme n’est qu’un songe, comment appeler cette résurgence des idées associées au laissez-faire économique, comme la privatisation, l’austérité fiscale, la dérégulation, le libre commerce, et la réductions des dépenses budgétaires afin d’augmenter la part du secteur privé dans l’économie? Vous proposez quel terme pour qualifier ce phénomène bien réel?

    1. Emmanuel Combe, pour ne prendre qu’un exemple, distingue très nettement dans son ouvrage « Précis d’économie », une période « libérale » (l’Ancien Régime) pendant laquelle l’Etat se monstre discret, pour ne pas dire absent, en ce qui concerne la régulation économique ou la redistribution. Cela va en gros jusqu’en 1913, avec une poussée étatiste toujours plus forte, très marquée en 45, qui va se développer avec la pensée de Keynes.
      Dans les années 80, on assiste à un retour de la pensée libérale. On se souvient du cas du Chili de Pinochet et du clan Friedman. Comment désigner ce retour ? La plupart du temps, on utilise le terme de « néo-libéralisme », car la stratégie est éventuellement différente du libéralisme initial et surtout le contexte n’est plus celui du 19eme s. C’est peut-être critiquable mais je crois que c’est un usage très largement répandu.

      Le terme « néo-libéral » a pourtant une autre vie. Celle peu glorieuse de référer à une idéologie liée à l’individualisme cupide. D’où son discrédit. Le courant « libéral » dans ce dernier sens n’intéresse personne, pas même les électeurs américains. Le « néo-libéral », en gros, c’est le libéral qu’on veut qualifier de salaud. Le fait que les libéraux soient régulièrement trainés dans la boue ne s’origine pas de rien. Beaucoup de gens se qualifiant de « libéraux » se montrent hostiles à l’ouverture des frontières, prônent la préférence nationale, ne supportent pas qu’autrui pratique telle religion ou simplement décide de porter une tenue « hostile » sur une plage. Lorsque la collectivité finance une oeuvre d’art élitiste, ils en sont marris. Leur libéralisme refait cependant surface quand il s’agit de remplir leur feuille d’impôts. On a même l’impression qu’ils passent leur année à la rédiger tant cette obsession touchant leur compte bancaire ou leur patrimoine égratignés semble leur créer bien du chagrin. Le fait qu’ils soient traités à longueur de pages de « néo-libéraux » n’a dès lors rien de surprenant.

      Le mouvement « libéral » a donc certainement un déficit dans sa communication ou son explicitation. Sans cette mise au point, l’insulte déguisée de « néo-libéral » a de beaux jours devant elle.

      1. Absolument d’accord : le libéralisme d’après guerres (néolibéralisme pour les non libéraux et diverses écoles libérales pour les autres) tente de transposer les theses libérales classiques dans le contexte des democraties modernes et est completement polué par les notions de pouvoir, d’Etat, de Nation etc…

        Essai qui a eu d’énormes impacts concrets mais aussi un énorme déficit de communication et de formalisation, principalement du à l’incapacité de penser la structure politique autrement que dans le cadre de la democratie, c’est à dire in fine en dehors du cadre de la dichotomie marxiste capitalisme-socialisme.

        1. Le libéralisme d’après guerre se divise en plusieurs écoles. Laquelle est néolibérale ? Le néolibéralisme n’est pas un terme employé par les non libéraux mais par les antilibéraux. C’est différent. Les antilibéraux grâce à leurs positions dans l’enseignement, les médias,…ont pu popularisés ce terme au point que ce terme est utilisé par beaucoup de gens

        2. Le socialisme lui aussi a évolué avec le temps (les principes restent les mêmes mais il y a une adaptation du socialisme avec le monde actuel). C’est la même chose avec le libéralisme. Les libéraux se sont adaptés avec leur époque (mais les principes restent les mêmes). Néo signifie nouveau. Donc, si le néolibéralisme existait, il faudrait qu’il ait quelque chose de nouveau ce qui n’est pas du tout le cas. Les libéraux aujourd’hui ont les mêmes idées (mais adaptés avec leur époque) qu’autrefois. Par exemple, si on prends le néoconservatisme. Il y a clairement quelque chose de nouveau avec le conservatisme (de la vieille droite américaine). C’est quelque chose de nouveau ce n’est pas les mêmes idées actualisées. Le néoconservatisme consiste une rupture avec le conservatisme classique. Il n’existe pas cela avec les libéraux. Il n’y a pas de rupture avec les libéraux du 19 siècle.

          1. @Arnaud :

            Pas d’accord, il y a une nette fracture entre le libéralisme « pre-démocraties » et celui avant. Cette fracture est d’ailleurs bien anticipée par Burke dans « Réflexions sur la révolution de France », lorsque les principes libéraux ont été érigés en principes constitutionnels et le libéralisme en modèle politique, ce qu’il n’était pas avant.

            La liberté qui pour Locke était un moyen, est devenue une fin, un but que l’organisation politique devait permettre par sa structure, ces lois etc… Ce qui était la seule condition pour intégrer démocratie et libéralisme ensemble.

            Ce qui est très clair dans l’article 3 de la DDHC de 1789 : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »

            Les droits naturels avant la DDHC n’avaient absolument aucun besoin d’être « conservés » vus qu’ils étaient « naturels », « innés », qu’ils précédaient à toute organisation politique et qu’ils ne pouvaient donc pas être « aliénés » mais uniquement mis au service de la communauté.

            Cette inversion de point de vue (qui en gros fait passer du contrat social de Locke à celui de Rousseau) est la base des démocraties sociales qui sont devenu au fil du XX° siècle la norme politique et les « néolibéraux » (aka les libéraux modernes ou les démocrates libéraux) ne remettent en aucune façon le principe de démocratie, alors que les libéraux « anciens » s’en méfiaient pour certains et l’abhorraient pour la plupart, dénonçant (à juste titre) la capacité de légiférer sans limite, c’est à dire de créer un Etat socialiste obèse et corrompu aux mains de législateurs politiciens professionnels : un Leviathan.

            C’est cette fusion que les américains appellent « liberal democracy » https://en.wikipedia.org/wiki/Liberal_democracy et que les européens appellent « social démocratie » qui sert de socle (par adhésion ou par opposition) à la réflexion libérale « moderne », alors que la réflexion libérale « ancienne » se basait sur le principe que le magistère moral n’avait pas à être mêlé à la politique. Il est d’ailleurs très drôle de voir la confusion des termes utilisés qui convergent tous vers la même chose : l’utopie d’un système politique à la fois social, libéral, démocratique et laïc : un « machin » centriste sorte de bouillie de pensées contradictoires.

            Historiquement, le libéralisme s’est épanoui au XIX° dans les pays anglo-saxons majoritairement, c’est à dire dans des pays à très faible pouvoir législatif (du au common law, au fédéralisme ou au modèle monarchique constitutionalisé …), c’est à dire dans des Etats forts aux pouvoir législatif faible, l’inverse des démocraties modernes.

            Le « néo-libéralisme » ou appelez le comme vous voulez, veut créer un système politique libéral sans dénoncer le principe de démocratie, ce qui est vu par les socialistes (et par certains libéraux) comme une imposture et qui favorise toutes les confusions : capitalisme de connivence etc…

            Donc 100% d’accord avec l’article : il serait temps que les libéraux prennent une position claire face au « néo-libéralisme » et donc face à la démocratie.

    2. Alors c’est hyper compliquer comme réponse… euh … libéralisme.
      Une résurgence des idées n’en fait pas un néo… néo comme son sens l’indique signifierait « nouveau »… et le libéralisme est une des seules idées qui ne peut porter le terme de néo, puisque la liberté est une et indivisible et qu’elle est la meme depuis 500 ans… ou plus.

    3. Bon, pour répondre simplement, je vais enlever deux termes dont le sens m’est inconnu, les remplacer et corriger deux mots mal choisis : austérité fiscale et dérégulation.
      Je reformule donc : comment appeler cette résurgence des idées associées au laissez-faire économique, comme la privatisation, la baisse de la fiscalité, la déréglementation, le libre commerce, et la réduction des dépenses de l’Etat afin d’augmenter la part des dépenses privées et libres dans l’économie.

      Réponse: le libéralisme économique

      Pour le reste la France a connu ceci sauf une augmentation des impôts au lieu d’une baisse, une augmentation des dépenses collective/PIB ainsi qu’une furie normative dans l’ensemble des codes juridiques. Dans ce cas c’est du socialisme de marché ou capitalisme de connivence et en aucun cas du libéralisme car les libertés économiques individuelles diminuent au profit des interventions collectives.

      1. Concernant la « furie normative » qui est bien réelle, comment répondre aux exigences touchant la sécurité par exemple, dans une optique libérale ?

        Prenons l’exemple récent du balcon qui s’est effondré à Angers. Pour l’exemple, on supposera – peut-être à tort d’ailleurs – qu’il y a eu non respect des normes (cela semble très probable).

        Comment obtenir un ouvrage fiable sans cette armada normative ?

        Les clients (les jeunes donc) ne peuvent deviner que ce balcon ne va pas tenir. Et ils ne peuvent protester en bons clients puisqu’ils sont morts. La régulation par la perte de clientèle n’opère pas, en tout cas, pas avant d’avoir quelque corps au cimetière. Si la société est fautive, elle va le payer cher. Mais trop tard.

        Comment un libéral aurait organisé, de manière plus légère, le canevas des normes de construction ? Sans risquer d’aboutir aux fameux immeubles italiens des années 70 ou au surprenant immobilier pakistanais ?

        Autre exemple, l’afflux des migrants. Si la perspective du libéralisme est une planète sans frontières, ils ont le droit d’être là, bénéficiant du droit d’asile. A noter que certains « libéraux » n’apprécient pas cette arrivée… Ces migrants sont dans un état catastrophique. On ne peut espérer qu’ils se rendent productifs immédiatement. Comment leur apporter secours sans recourir aux finances publiques ? Par charité individuelle ?

        Lorsque Poincaré renvoie dans les cordes un spectateur l’apostrophant sur l’inutilité de ses travaux (Poincaré fait une conférence d’astrophysique et on lui lance « le naufrage du Titanic » : « A quoi servez-vous ? »). Bien des années plus tard, c’est grâce aux travaux de Poincaré qu’on mettra en place une technologie qui aurait pu être très utile au Titanic. Qui a financé Poincaré ? Les finances publiques. Un libéral aurait-il laissé oeuvrer Poincaré ainsi ?

        1. Comment a-t’on fait pour construire pendant des siècles des bâtiments qui sont toujours debout sans la moindre norme?

          Le problème c’est de croire que si l’état n’édicté pas des normes il n’y en aurai pas.
          Sans l’état qui aurait produit des normes de constructions : les assureurs.

          C’est vrai qu’il n’y a pas suffisamment d’universités privées de part le monde pour se rendre compte qu’elles non nul besoin d’être financer par l’état.

          1. La construction des bâtiments antiques : exceptés les bâtiments de prestige ou les bâtiments trop rigides ne respectant pas les normes sismiques et incendie, il ne nous reste pas grand chose en fait.

            On l’a vu avec le tremblement de terre dans le village italien : les vieux bâtiments « solides » mais rigides disparaissent en cas de gros pépin.

            Peut-être l’esclavagisme, le faible coût de la main d’œuvre et les sanctions tranchantes en cas de malfaçon expliquent en partie la survie de ces quelques bâtiments.

            Les normes assurances permettent d’alléger le contrôle de l’Etat (ou de Bruxelles). Mais il faut un consensus qu’elles n’ont pas toujours. Si elles sont en compétition féroce, elles peuvent parier sur une faible probabilité de sinistre, casser les prix en baissant leur exigences de normes qualité, s’attirer des clients et dominer le marché.

            Qui viendra alors réguler cette tactique avant que le désastre arrive ?

            Les facs privées : oui, mais les étudiants américains s’endettent gravement pour simplement suivre leurs études.

            Les banques ne parient que sur des filières de prestige (par définition, laissant sur le côté l’essentiel des étudiants), sur les étudiants offrant un solide patrimoine ou sur des filières très courtes à forts débouchés.

            En gros, qui aurait financé Poincaré ?

            1. Bonjour 13atg

              Parce que vous faites confiance à l’état pour les normes?

              En général c’est un fail sur toute la ligne, médiator, amiante, Malpasset, CL etc.. quant aux grands ensembles (construction étatique s’il en est), on est plutot en train de les détruire.

              Les facs privés onéreuses donnent un diplôme qui à de la valeur contrairement au diplôme Bac+5 de psycho-socio et autres Staps.

              Pour ce qui est Poincare (Henri j’imagine) son père était doyen de la faculté de médecine et son cousin germain président de la république et je ne pense pas que la famille avait des pb de fin de mois

              1. Je prenais l’exemple Poincaré dans le sens « étudiant brillant se lançant dans des études que le privé ne veut pas financer ».

                Exemple : http://mobile.lemonde.fr/economie/article/2015/04/27/aux-etats-unis-le-piege-des-prets-etudiants_4623361_3234.html?xtref=acc_dir

                Sinon, parmi les causes perdues, les psycho-socios. Enfin, ils peuvent juste être prix Nobel d’économie…

                http://blogue.economistesquebecois.com/2012/02/09/daniel-kahneman-psychologue-et-prix-nobel-d’economie/

                Je ne fais pas trop confiance à l’Etat pour les normes de sécurité. Les scandales se sont succédés effectivement. Je me demandais comment ces normes pouvaient être gérées par une politique libérale, c’est tout.

            2. Bonjour « 13tag »

              En gros, qui aurait financé Poincaré ?

              La Suisse est un des pays les plus libéral du monde :
              Indice liberté économique – Classement des pays

              Taux de brevet : 800 par millions d’habitant
              Taux de brevet en France: 140 par million d’habitant

              Salaire annuel d’un chercheur en Suisse (>15 ans): 121’283 euros
              Salaire annuel d’un chercheur en France (>15 ans): 75’000 euros

              La Suisse compte 9 universités dans le classement des TOP 100 mondial.
              La France compte 15 universités dans le même classement alors qu’elle compte dix fois plus d’habitants, elle devrait en avoir 84 !

              Ça répond ?

              1. Pas totalement. La situation est complexe. Ce sont souvent les collectivités et les finances publiques qui paient.

                https://www.cairn.info/revue-politiques-et-gestion-de-l-enseignement-superieur-2006-1-page-61.htm

                1. Ce sont souvent les collectivités et les finances publiques qui paient.

                  Le financement des universités suisses fait largement appel au secteur privé, mais il y a surtout une différence de philosophie :

                  En France c’est le culte de l’égalitarisme, de l’étatisme et du dirigisme colbertiste. L’école n’est pas autonome, obéit à des dictats centralisés par de hauts fonctionnaires lointains qui sont très politisés. L’économie qui est dans un état lamentable n’aide pas au financement et il n’y a pas de concurrence ni d’incitation à l’efficacité ni de primes attirantes pour les chercheurs et professeurs. L’école est avant tout au service des politiques qui en font un argument électoral quitte à donner des diplômes au rabais pour satisfaire les statistiques. Pour finir, les fonctionnaires de l’EDNAT détestent le privé et font tout pour que l’école n’ait aucune connexion avec le monde de l’entreprise. Des hordes d’étudiants inemployables sortent chaque année de filières qui sont autant d’impasses et les autres sont idéologiquement peu préparés au monde de l’entreprise.

                  En Suisse le financement des universités passe par la performance, elles sont très autonomes et ne répondent qu’à l’autorité éventuelle du canton de domicile.
                  26 cantons, 26 concurrents et des universités qui se battent pour offrir les meilleures prestations. L’économie libre, les hauts salaires et la liberté fiscale et législative donnée aux entreprises permettent un haut degré de financement, donc des professeurs et des chercheurs de grande qualité très bien payés.
                  Différence très importante : les universités sont vues comme des réservoirs de futurs talents pour l’économie et l’entreprise avec qui elles ont des connexions internes et externes.

                  J’ai vécu en Suisse et en France, si ça ne répond toujours pas il faut que je fasse des recherches de documents.

                  1. Les Suisses ont peut-être désamorcé, par ce partenariat avec les entreprises, le radicalisme des positions.

                    J’ai œuvré pour me divertir dans 2 facs publiques et une privée. Ce n’était que quelques heures de cours par semaine.

                    Dans la privée (une école de commerce très onéreuse), pour faire comprendre aux étudiants les dégâts pulmonaires chez un ouvrier du Btp, j’ai souffert ! J’ai failli leur apporter un cadavre pour leur montrer la vraie vie à travers une autopsie. Ils ne voulaient pas l’accepter, ni même l’imaginer. « Du Zola, me disaient- ils ».

                    Les profs, franchement libéraux, étaient assez modérés.

                    Dans les facs publiques, c’était plutôt l’inverse. Des étudiants plutôt à gauche (ou s’en foutant, ne pensant qu’à leur concours). Quelques fanatiques mais surtout des jeunes finalement généreux et sincères.

                    Mais alors les profs… Je n’ai jamais vu autant de cynisme, de calcul que chez ces profs socialistes, voire certains communistes. Ca me choquait d’autant plus que je ne m’y attendais pas.

                    J’ai vu ce radicalisme sur les réseaux sociaux français. Ca me désespère.

                    Je connais tellement de socialistes et de communistes profondément humanistes que cela me fait mal de lire des termes comme « gauchiasse ».

                    L’anathème sur les écolos m’est tout aussi insupportable.

                    Sur l’autre versant, quand j’exprime une opinion libérale et que je me fais traiter de facho, ca passe mal. Le fric, je connais. Mais la pauvreté aussi.

                    Peut-être que l’éducation dans une bulle idéologique construite par l’EN nous enferme-t-elle dans cette férocité idéologique que ne connaissent peut-être pas les suisses ?

                    En tout cas, c’est pas gagné. J’ai l’impression qu’on est au fond.

                    1. 13atg: Je connais tellement de socialistes et de communistes profondément humanistes que cela me fait mal de lire des termes comme « gauchiasse ».

                      Fils de professeur communiste et syndicaliste j’ai commencé comme gauchiste alpha. Bien que profondément humaniste, je professais et aurais probablement soutenu des horreurs parce qu’un gauchiste est capable de vous nier à peu près n’importe quoi de la réalité.

                      À ce sujet j’ai été marqué dans un débat par une dame qui expliquait que l’écrasante majorité des allemands, chinois, coréens avaient été profondément pacifistes individuellement ce qui n’avait absolument pas empêché ces peuples de commettre des meurtres de masse. Des idées, des croyances, des allégeances peuvent être mortelles et quand on arrive à dire que la France est « ultralibérale » la réalité n’a aucune prise sur vous, y compris la réalité des conséquences de vos actes et de vos idées.

                      L’anathème a toujours été l’argument principal des gauchistes même les plus humanistes, le contradicteur étant un mélange de fasciste mangeur de chaton et d’exploiteur doté d’un énorme cigare. À ce stade je crois qu’il y a un temps pour l’argumentation et un temps pour quelques insultes bien senties (qui ont aussi leurs vertus dans un débat)

                      Peut-être que l’éducation dans une bulle idéologique construite par l’EN nous enferme-t-elle dans cette férocité idéologique que ne connaissent peut-être pas les suisses ?

                      C’est très reposant effectivement. Si le fond -idéologique- n’est pas très éloigné au niveau du militant de base, l’approche est radicalement différente dans les débats, au bistrot, entre élus et dans les médias (de gauche). C’est beaucoup plus rationnel et moins littéraire « Zola/19eme siècle ».

                      La plupart des gauchistes suisses admettent parfaitement les bienfaits de l’économie de marché et le rôle de l’entreprise. Les discours perchés comme ceux d’un Mélenchon ne passent pas. (Même s’il y a quand même de quoi se les mordre quand on les écoute, ça reste des gauchistes)

                      Il y a toute la semaine des débats sur la politique à la radio publique gaucho-RTS, je vous engage à écouter (si vous supportez l’accent) quelques rediffusions pour voir la différence de ton avec France inter par exemple : (sur l’écologie ils sont barrés, mais sur le reste c’est beaucoup moins choquant je trouve)
                      http://www.rts.ch/play/radio/emission/forum?id=1784426

                      On va voter pour supprimer les subventions aux télévision et radio publique, ça n’a aucune chance de passer actuellement, mais rien que poser la question, c’est déjà un progrès.
                      http://www.24heures.ch/suisse/depot-initiative-redevance-radiotv/story/18138699

                      En tout cas, ça m’a fait plaisir d’échanger avec vous.

            3. Visiblement 13-atg vous n’avez jamais eu droit à la visite d’une compagnie d’assurances dans une entreprise afin d’évaluer les risques.

              Quand vous parlez de compétition meurtrière entre assurances, vous oubliez juste que celle qui ferait l’impasse sur les risques aurait à payer les dommages et que par le système de réassurance toutes les compagnies auraient à payer pour l’incurie d’une d’entre elles. La prime de réassurance tient compte de la sinistralité individuelle des compagnies.

              Au contraire de réglementations unitaires, l’individualisation du risque aurait un impact certain sur l’économie. Si les sociétés d’assurance s’occupaient des routes il y aurait beaucoup moins d’accidents et la RCEA serait en 2 fois 2 voies depuis 30 ans. Ceux qui sont en zone inondable en supporterait le coût dissuasif et pour les autres les sociétés d’assurance s’occuperaient de faire les travaux nécessaires pour éviter de verser des milliards d’indemnisation. On n’aurait pas attendu 30 ans pour rendre obligatoire les détecteurs de fumée, de CO, de gaz dans les logements…etc…

              Quand vous mettez en cause les bâtiments anciens ça ne concerne que les régions sismiques et vous oubliez qu’à l’époque de leur construction il n’y avait pas de technologies ni de méthodes pour s’en affranchir et que les appareils de mesure ne permettait pas de créer des modèles physico-mathématiques pour étudier ces phénomènes. Si les bâtiments lourds ont mieux résisté dans le temps c’est dû entre autres à leur fréquence de résonance plus favorable.

              Faut-il vous citer les dizaines de fails de l’état qui n’arrive même pas à faire respecter les réglementations : d’une part c’est simplement impossible et d’autre part il s’en fout puisque ce n’est pas lui qui paie en final ses propres manquements.

              Sur la dette des étudiants américains, au lieu de regarder le chiffre de $1000Mds, regardez la dette moyenne par étudiant qui est de $25,000.
              Si vous ne pouvez pas amortir cette somme en 4 ans en gagnant $500 de plus par mois, à quoi ça sert de faire des études ? Les étudiants qui ont des dettes de $100,000 sont quant à eux des médecins qui bien souvent voient leur prêt étudiant racheté par les hôpitaux dans lesquels ils sont embauchés sous réserve d’y rester de 3 à 5 ans (idem au rachat de la pantoufle).

              Si vous n’arrivez pas à rembourser votre prêt c’est que vous n’avez pas fait un choix en adéquation avec les besoins du marché alors que vous en étiez informés.

              A l’occasion jetez un oeil à l’article de cette semaine sur les différences de coût écoles publiques vs écoles privées issu d’une étude de l’IFRAP.

              http://www.contrepoints.org/2016/10/19/269313-education-lecole-publique-plus-chere-prive

              1. Oh, je connais un peu : mes bureaux et mon habitation sont dans un immeuble classé monument historique. Alors, les contrôles…
                Je suis d’accord avec ce que vous dites mais je pense que la solution viendra des capteurs installés selon notre volonté par les assurances en échange d’une réduction substantielle de prime.
                J’ai un doute sur la production culturelle. Un étudiant qui se lance dans l’anthropologie, qui le financera vu que ses chances de rembourser son très faibles ?On vient de tuer Levi-Strauss.
                Sans son frère, Van Gogh n’aurait peut-être pas peint. Ou alors des croutes.

                1. On vient de tuer Levi-Strauss.Sans son frère, Van Gogh n’aurait peut-être pas peint. Ou alors des croutes.

                  Internet, chef-d’œuvre du libéralisme et du « marché libre » est une pépinière de talents. Financement participatif, collectif, œuvre libre, JAMAIS dans toute l’histoire humaine on n’a produit autant de musique de toute tendance, de poésie, peintures, graphismes, œuvres d’art, et ceci sans UN centime du contribuable.

                  On a des Van Gogh à ne plus savoir qu’en faire au contraire. Ils ne sont pas aussi généralement adulés parce que, paradoxalement, l’offre est énorme, immense, diverse et que l’intérêt s’est déplacé vers les nouveaux supports que le progrès permet.

                  Et même si…
                  Les USA dont la culture a envahi le monde n’a pas de ministère de la Culture contrairement à la France qui pour le même prix que tout le régalien judiciaire produit des œuvres intimistes, des radios et télévisions d’état à la qualité…moyenne et des films que personne ne va voir. On peut ne pas aimer les USA, mais ils ont une réelle culture très riche qui comprend la littérature, tous les arts possible et imaginable même du spéculatif, du moderne, du plus déganté au plus classique le tout sur financement privé qui n’est pas attaché qu’a la rentabilité quoi qu’on en dise en France.

                  La société a besoin d’un état pour fixer les règles de base: assurer la sécurité des biens et de la propriété, fixer les modalités d’échange entre les Hommes : pas de vols ni de racket etc., etc.

                  Une fois ce cadre posé, les hommes se débrouillent parfaitement bien pour échanger entre eux tout seuls, comme des grands sans avoir aucun besoin de lointains fonctionnaires qui leurs imposent des tonnes de règles et de papier administratifs pour la plus petite chose.

        2. Je vais vous donner un début de commencement de contre exemple…. un peu hs, mais il faut se projeter.
          J’habite une petite commune de montagne, avec des routes très serrées, des précipices,…
          – nous n’avons ni traits de délimitation sur la route et pourtant les gens ne roulent pas en sens contraire
          – nous n’avons pas de barrière de sécurité coté précipice et pourtant personne est mort de cela meme en période hivernale ou nous avons des routes verglassées
          – il n’y a bien évidemment aucun feux tricolore et aucun trait, ni stop aux croisements… et pourtant aucun accidents.

          Quand il n’y a pas de normes… l’individu devient intelligent, car il comprend que si il roule a contre sens, il peut creer un accident, si il arrive a un croisement, l’individu est loin d’etre stupide et comprend qu’il faut ralentir et regarder ce qui se passe,…. bref quand il y a pas beaucoup de normes, l’individu refait fonctionner son cerveau, plutot que de faire confiance aveuglément, sans réfléchir au code de la route… chez moi, vous ne verrez JAMAIS quelqu’un forcer car il est prioritaire… en ville ou il y a des marquages oui… Est-ce qu’aucun n’accidents n’a jamais eu lieu dans notre commune ? bien sur que si… mais la meme proportion que dans les villes avec des traits, des feux, des panneaux,… partout.

          Maintenant transposons à l’habitat ou tout autre domaine normé a bloc… Si vous laissez les constructeurs faire, au départ, il va y avoir des abus, des gens qui vont construire des maison en carton… la profession commencant a etre pénalisé, va monter des labels et autres normes privées… pour se différencier des maisons en carton… Les gens n’étant pas fou vont majoritairement acheter des biens avec label… maintenant parlons des populations plus pauvres, car c’est souvent elles qui peuvent etre appâtés par le pas cher… si vous laissez le commerce se faire… encore une fois certains pauvres vont le payer au départ… ensuite vous allez avoir des disrupteur de marché qui arriveront et casseront les prix… mais avec des labels qui se concentreront sur l’essentiel. Je prendrais un très mauvais exemple, l’automobile, secteur au combien normé, mais aujourd’hui un pauvre qui est capable de mettre 7000€ dans une voiture, peut le faire dans une voiture neuve en achetant Dacia, alors oui, cette voiture n’a pas l’équipement d’une voiture a 30k€ mais elle est parfaitement sure et fonctionnelle. Alors certains me diront… ben oui, mais c’est normal puisque le marché est sur-normé… Euro-nCap par exemple… mais voila, aujourd’hui Dacia, n’a pas fait que de faire des véhicules sures… il en a fait des beaux (tout est relatif mais tout de meme) et pourtant on pourrait se dire, qu’ils n’avaient pas d’interet a le faire… et le marché non normé sur le design… les a poussé a se concentrer dessus… et bien cela serait de meme avec la sécurité… les gens n’étant pas fou, ils n’acheteraient pas une voiture en carton…

          Et je précise, que je ne dis pas qu’il faut que pleins de gens se sacrifient en mourrant mais que tout cela prendrait un peu de temps… mais globalement, les individus ne sont pas fous, et par conséquent, ils feront toujours un choix sécuritaire… preuve en est ils sont tous fan des mesures sécuritaires que cela touche la sécurité nationale, la voiture,… ils aiment la sécurité, ce qui est normal, qui ne tient pas a sa vie ?

          1. Je crois que sur l’ensemble vous avez raison.

            Lorsqu’on a conscience que l’on doit gérer soi-même sa sécurité, car les dispositifs ne sont pas clairs dans leur dispositifs de sûreté, c’est généralement bien plus efficace qu’une normalisation quelconque.

            Mais cela demande une petite expertise, ou tout au moins, de la curiosité intellectuelle tant le champ est vaste.

            Le devoir de l’Etat est peut-être de simplement informer en étant loyal dans son information.

            Je prends l’exemple des voitures. Dans les années 80, au niveau de la gestion des collisions, les véhicules étaient très dangereux. Mais on ne le savait pas. On assistait rarement à un accident en live. On passait quelques instants après, et au vu du désastre, on supposait que le conducteur roulait à très vive allure. Ce n’était pas forcément le cas. On se disait qu’en roulant tranquillement, on aurait des dégâts moindres. C’était une erreur. Mais on l’ignorait, l’Etat se gardant bien de diffuser des crash-tests, préférant des spots scenarisés, volontiers sermonneurs et vaguement sentimentalistes.

            La dé-normalisation suppose une population avertie, informée et en fait souhaitant réellement comprendre un mécanisme.

            C’est très patent en cancérologie par exemple. On informe, on explique, on démontre. Cela devrait restreindre la consommation de clopes (si l’objectif du patient est bien de ne pas décéder de manière prématurée).

            En fait, dans la chaîne explicative, le patient introduit d’un seul coup une pensée magique qui la ruine (c’est le hasard, le destin, l’héritage familial etc.). Et il semble rechercher les normes pour préserver cette pensée magique.

            L’Etat sort donc encore une mesure à la con, coûteuse et qui en gros ne sert à rien : les paquets anonymes. Ca semble immuniser le patient contre le risque de comprendre vraiment un mécanisme !

            1. Ca semble immuniser le patient contre le risque de comprendre vraiment un mécanisme !

              Très bonne réflexion pour un problème majeure.
              L’état en manipulant les prix et les prestations annihile les informations, les responsabilités et infantilise la population.

            2. Les crash tests ont à l’origine été effectués par les constructeurs pour comparer leur véhicule à la concurrence… puis l’état est venu mettre son grain de sel.
              L’ABS, les airbags, les prétensionneurs de ceinture, les tôles à haute limite élastique etc… sont des idées élaborées par des sociétés privées sans aucune impulsion des états et sans subventions.

              1. Vraisemblablements. Je n’ai jamais trouvé de traces d’une exigence explicite de l’Etat envers les constructeurs. Les constructeurs ont innové et l’Etat, à la traîne, a imposé (voire réinterprété l’histoire en se targuant d’être à l’initiative d’une mesure -je pense aux ceintures par exemple).
                En revanche, j’ai un doute sur le bridage des camions et sur le coefficient de décélération des véhicules qui seraient imposés par l’Europe. Le 7 m/s2 pour les voitures et le 5,35 m/s2 pour les camions. Je n’ai pas trouvé de traces. Pourtant, l’Etat affirme avoir voulu harmoniser ces décélérations pour éviter les carambolages.

    4. Avec plus de 60% de dépenses collective/PIB, un taux en augmentation régulière, si vous trouvez que réduire un tant soit peu la part de l’état, c’est du néo-turbo-giga- méga libéralisme, c’est que voudriez que ce taux soit de 100%, voire même plus. Autrement dit du communisme pur et dur.

    5. « comment appeler cette résurgence des idées associées au laissez-faire économique, comme la privatisation, l’austérité fiscale, la dérégulation, le libre commerce, et la réductions des dépenses budgétaires afin d’augmenter la part du secteur privé dans l’économie?  »

      Il n’y a aucune résurgence, ces idées ont toujours été là, sauf que comme tout le spectre politique s’est déplacé avec le temps vers plus de collectivisme, ce qui semblait libéral hier a l’air extrême aujourd’hui. Mais l’idée libéral n’a pas beaucoup changé, ce qui a changé c’est les autres qui sont devenus communistes en pensant être centristes. Va lire le manifeste du parti communiste et tu verras que plus de la moitié des propositions c’est fait et que le reste c’est en passe d’être fait.

      Quand sur une échelle de 0 à 10 tu es arrivé à 9

      En résumé, quand tu es avec le niveau de collectivisme actuel qui est de l’ordre de 60% de la valeur en PIB de dépenses par l’état, que la moitié c’est de la redistribution sociale, et que tout est réglementé au point que même penser librement t’es interdit (sérieusement, cite-moi une seule activité humaine qui ne croule pas sous les réglementations diverses et variées!), la seule marge de manoeuvre qu’il te reste c’est soit de sombrer dans le communisme totalitaire intégral, soit d’aller dans l’autre sens pour récupérer un peu de liberté. Alors si néolibéralisme consiste à vouloir sortir d’une situation presque complètement communiste pour aller une peu dans l’autre sens, soit, définissons le comme cela.

      Donc les néolibéraux, c’est des communistes modérés en fait, c’est ça?

      1. Quand sur une échelle de 0 à 10 tu es arrivé à 9, c’est certains qu’il existe davantage de possibles pour changer vers le bas que vers le haut. Si maintenant être néolibéral c’est revenir à 8 ou à 7 (soyons fous, osons un 6!), alors soit. Moi je suis libertarien minarchiste, je ne te dis pas le préfixe que tu devrais me coller en sachant que je milite pour 1. Je dois être ce qu’on appelle un psychopathe néo-giga-terra-ultra-turbo-gargantua-libéral sauvage, canal-historique.

    6. Intéressantes vos formulation.
      Laissez-faire pour ne pas prononcer le mot liberté, une connotation négative pour désigner la liberté d’entreprendre marque assez bien vos orientations économiques.
      Utiliser le mot privatiser pour ne pas dire non plus le mot liberté, à savoir que c’est aux acteurs économiques de travailler librement et que les autres, l’Etat dont ce n’est pas le rôle, n’ont pas à avoir un rôle économique, mais doivent avoir pour rôle l’application des lois pour que les acteurs économiques travaillent en bonne entente et éviter les abus.
      Quant à l’austérité fiscale, je ne vois pas ce qu’elle a à voir avec le libéralisme. L’austérité fiscale n’a de sens que pour les tenants du tout Etat en ce qu’il menace les capacités d’intervention de l’Etat. L’austérité fiscale nuit à l’Etat, pas au peuple. Sauf à considérer que l’Etat est tout, ce qui n’a rien à voir avec la démocratie, mais tout à voir avec le communisme et le socialisme.
      Pour la réduction des dépenses budgétaires qui est un arrêt des dérives à l’emprunt, donc arrêter de mettre des dettes sur les générations futures, je ne vois pas non plus en quoi ça relève du libéralisme. C’est juste du bon sens.

    7. résurgence des idées associées au laissez-faire économique, comme la privatisation, l’austérité fiscale

      Sacré « austérité » effectivement..

      [b]Evolution des dépenses des administrations publiques (en milliards)[/b]
      —————————————————————————–
      2002: 833,77
      2003: 864,31
      2004: 898,56
      2005: 936.99
      2006: 972,84
      2007: 1016,17
      2008: 1057,61
      2009: 1100,61
      2010: 1128,02
      2011: 1151,54
      2012: 1185,38
      2013: 1207,49

      afin d’augmenter la part du secteur privé dans l’économie?

      Vous êtes fou ?
      En France il ne représente plus que 44%, c’est presque du communisme et l’économie est en en faillite comme dans les régimes communistes.

      Tout dans l’ État, rien contre l’ État, rien en dehors de l’ État. Moody Benito Mussolini

    8. Qu’est ce qui différencie libéralisme et néolibéralisme ? Expliquez moi. Parce que je vois pas la différence. Les idées libérales ont toujours existé (dans l’histoire récente) tout comme le socialisme. Personne ne parle du néosocialisme même si les idées socialistes ont évolués avec le temps. Qu’est ce qui justifie d’employer le terme néolibéral alors que ce que vous dites corresponds parfaitement au libéralisme ?
      « la réductions des dépenses budgétaires afin d’augmenter la part du secteur privé dans l’économie » tiens, je vous conseille de regarder un peu le schéma des dépenses publiques. Elles n’ont jamais arrêtés d’augmenter. Comparer un peu les dépenses publiques dans les années 70 aux dépenses publiques aujourd’hui. Vous feriez que les dépenses publiques aujourd’hui sont bien plus importantes que dans les années 70.
      Pour la réglementation, c’est la même chose. On est justement à une époque où l’on réglemente de plus en plus. Comparez le niveau de réglementation aujourd’hui au niveau de réglementation dans les années 70. i y avait bien moins de réglementation dans les années 70. Attention à ne pas confondre régulation et réglementation.
      Vous pouvez aussi regarder le niveau d’impôts et de cotisations sociales dans les années 70 au niveau d’aujourd’hui. Donc, s’il y a eu une augmentation des impôts, des dépenses publiques, des réglementations,….depuis les années 70 c’est la preuve de l’existence du néolibéralisme ?
      L’immense majorité des économistes (plus de 90 %) est pour le libre échange car les bienfaits du libre échange ne sont plus à démontrer. Est ce que cela veut dire que ces économistes sont des libéraux ? Bien sûr que non car sur d’autres sujets, ils peuvent adopter des points de vue très différents par rapport aux idées libérales. Par exemple, krugman est un partisan du libre échange et de la mondialisation (pour rappel c’est sa spécialité: les échanges internationaux c’est même la raison pour laquelle il a recu son prix nobel), cela ne change rien au fait qu’il est keynésien.
      Nos états sont surendettés raison pour laquelle il y a des personnes pour prôner la rigueur budgétaire. C’est pas nouveau quand un état est surendetté, la réaction logique s’est de prôner la rigueur budgétaire. Il arrive un moment où un état ne peut tout simplement plus s’endetter encore. Dans ce cas, il est obligé de pratiquer l’austérité. A noter que l’austérité en Europe a en grande partie consisté en une augmentation des impots. Augmenter les impots n’est pas très libéral.
      Perso, je comprends pas quel différence il y a entre le libéralisme et le néolibéralisme et qu’est ce qui justifie l’emploi du terme néolibéralisme (quand le terme libéralisme convient parfaitement).
      Prenez le néoconservatisme. Ce terme a un sens car il y a des gens qui se revendiquent du néoconservatisme et parce qu’il y a des grandes différences avec le conservatisme (pratiqué par la « vieille droite » américaine).
      Le libéralisme prône non seulement une réduction des dépenses publiques mais surtout une réduction de l’état. C’est à dire que l’état arrête d’intervenir dans certains secteurs et se concentre sur ses fonctions régaliennes. Pr un exemple, un libéral sera très réticent à diminuer les dépenses publiques dans les fonctions régaliennes (armée, justice police,…). Il préféra privilégier les dépenses non régaliennes. Bien sûr, les politiciens quand ils pratiquent la réduction des dépenses publiques, ils le font là où cela leur nuira le moins politiquement parlant. Ils le font selon des considérations électoralistes. Voilà pourquoi l’armée est toujours la première à souffrir (car électoralement parlant c’est assez simple de diminuer le budget de l’armée).

    9. Concernant la crise 2007 2008, c’est le résultat de l’étatisme et non pas du (néo)libéralisme. Au fait, le secteur de la finance est le secteur le plus réglementé au monde après le nucléaire mais selon vous, il n’est pas assez réglementé ? Cet article montre qu’il n’y a jamais eu de déréglementation dans le secteur financier: https://minarchiste.wordpress.com/2010/04/14/dereglementation-mon-oeil/ Tant au niveau du nombre de normes qu’au niveau des moyens (budget et personnel) des autorités de réglementation financière on assiste à une augmentation de la réglementation depuis des décennies.
      Marrant, les gens qui disent que la réglementation a causée la crise sont incapable de citer quel réglementation précisement. La seule qui semble connaitre c’est l’abrogation de Glass-Steagall Act. Or venir dire que cette abrogation a causée la crise est faire preuve d’une ignorance crasse. C’est juste ridicule. Cet article démonte la thèse qui dit que la crise a été causée par l’abandon du Glass Steagall Act: https://minarchiste.wordpress.com/2012/06/27/les-grands-mythes-economiques-mythe-10/ (Lisez les commentaires en dessous de l’article, il y en a notamment un qui explique les causes de la crise des subprimes) .

    10. Il y a quelque chose qui me dépasse complètement.Selon vous, on serait dans une ère néolibérale. Pour le prouver, vous dites qu’en l’on a connu une déréglementation, une réduction des dépenses publiques,…..Pourtant, c’est juste complètement faux. Il suffit de regarder les chiffres. Comparez les chiffres de dépenses publiques des années 70 avec ceux d’aujourd’hui. On assiste à une très nette augmentation des dépenses publiques. Par exemple, les chiffres des dépenses publiques sociales des pays de l’OCDE ont été publiés et beaucoup de pays établissaient de nouveaux record. La France est bien sûr championne du monde: http://www.planet.fr/societe-record-la-france-devient-championne-du-monde-de-la-depense-sociale.1214475.29336.html Les dépenses publiques sociales en France n’ont pas arrêtés de progresser. Prenez un schéma des dépenses publiques de la France ou d’un autre pays occidental et vous voyez une augmentation assez nette celles ci ces dernières décennies.
      C’est la même chose pour le niveau de prélèvement. On a assisté à une augmentation sans précédent de l’imposition en France et dans la plupart des pays occidentaux.
      Même chose pour le nombre de fonctionnaires. Pratiquement, chaque année, la France établit de nouveaux records en terme de fonctionnaires.
      Même chose pour la réglementation. Il y a de plus en plus de réglementation dans les pays occidentaux. La France possède plus de 60 codes.
      Une simple comparaison des dépenses publiques, du niveau d’imposition, du nombres de fonctionnaires et du nombre de réglementation entre le début de la soi disante ère néolibérale et aujourd’hui suffit à montrer qu’il y a eu une nette augmentation des dépenses publiques, du niveau d’imposition, du nombre de fonctionnaires et du nombre de réglementation.
      Donc, on devrait plutôt dire que l’on a connu une ère socialiste. Marrant ceux qui disent que l’on est dans une ère néolibérale, n’avance jamais de chiffres. Il vous suffit de faire de rapides recherches sur google pour prouver que j’ai raison.
      Pour le libre échange, vous avez raison. On a connu plus de libre échange mais ce que vous ne dites pas c’est que le libre échange bien qu’à la base une idée libérale est aujourd’hui l’objet d’un consensus chez les économistes (plus de 90 % des économistes sont pour le libre échange). Cela ne veut pas dire que 90 % des économistes sont libéraux car bcp d’économistes favorable au libre échange sont sur d’autres sujets pas du tout libéraux. Bcp d’économistes de gauche sont pour le libre échange. Prenez Krugman économiste keynésien et qui est la coqueluche de la gauche. On peut l’accuser d’être libéral. Pourtant, c’est un fervent partisan du libre échange. C’est d’ailleurs sa spécialité. Il a recu son prix nobel pour ses travaux sur les échanges internationaux où il démontre les bienfaits du libre échange et de la mondialisation.
      L’austérité en Europe est tellement libérale qu’elle a consisté en grande partie à augmenter les impôts. En quoi l’augmentation des impôts est quelque chose de libéral ? Si on avait pratiqué une austérité libérale en Europe, on aurait pas augmenté les impôts. Il y a une autre volet qui a consisté à diminuer les dépenses publiques (à noter que c’est loin d’être le cas dans tous les pays européens. Il n’y a jamais eu aucune diminution des dépenses publiques en France ces dernières années). Ce n’est pas spécialement du libéralisme mais de la simple logique. Un état qui est surendetté ne peut plus s’endetter encore plus. Donc, il est obligé de restreindre son train de vie. Cela s’est toujours vu. Quand la dette d’un état n’est plus soutenable, plus personne ne veut lui prêter. Donc conséquence logique, il est obligé de restreindre son train de vie. Quand on vit au dessus de ses moyens et que l’on est surendetté, on a pas mille choix. Vous suggérez quoi une politique hyper inflationniste comme aujourd’hui au Venezuela ? On connait les désastres de cette politique. L’inflation est un impôt déguisé

  10. Prenez un terme et demandez à dix personnes une définition.

    Si vous avez dix fois quelque chose de très similaire, le terme s’appelle un mot. Par exemple, « maison », « chien », « lampe », etc.

    Si avec les dix personnes vous avez dix définitions différentes alors vous n’avez plus un mot, mais un concept socialiste, comme « économie sociale solidaire » (et festive?), « justice sociale », « bien vivre ensemble », « écoquartier », etc.

    Si vous avez dix personnes qui n’arrivent pas à vous donnez le moindre début de sens, alors vous avez affaire au « néolibéralisme », bien évidemment sauvage, mangeur d’enfant et tueur de gentils chatons.

    1. et ce sont des gens éduqués qui adorent employer ces termes, tandis que des gens moins eduqués qui leur reconnaissent cette qualité de « savants » acceptent le pouvoir des mots magiques au sens inconnu, le neolatin?

  11. Merci pour cet article qui devrait limiter « le négationnisme économique », nom savant du « n’importe quoi »

  12. De mon côté, comme 13atg, l’article ne me suffit pas à comprendre la non existence du concept « néo_turbo_libéralisme ». Quelques remarques rapides : une grande partie des arguments contre le néolibéralisme développés dans l’article sont aussi valable pour le libéralisme. Exemple : demandez à 10 personnes de définir le libéralisme… il y a aussi de fortes chances que les réponses soient très plurielles.
    Personne ne s’en revendique ? Parce qu’il est effectivement connoté par le très grand nombre de manière négative. Il décrit, à mon sens, une idéologie sans tête et sans contrôle ni opposition qui est celle dans laquelle nous évoluons. Personnellement je trouve que l’article suivant en parle assez bien : http://l-arene-nue.blogspot.fr/2016/06/une-ideologie-la-source-de-nos.html?m=1 .

    De plus, il n’est pas seulement utilisé par des anticapitalistes ou altermondialistes pour décrire le système économique mondial mais aussi par des sympathisants libéraux à qui il permet de critiquer le système actuel sans remettre en cause les théories libérales les plus séduisantes.

    S’il n’existe pas, comment appelle-t-on la tendance à la multiplication des oligopoles privés ? La main basse galopante de la finance sur l’économie ?
    Libéralisme économique ??? je ne pense pas ou alors j’ai manqué un épisode sur le libéralisme, possible au demeurant.

    Comment appelle-t-on la complexification de l’économie et l’explosion de la bureaucratie au sein de l’état et des grandes entreprises lesquelles semblent s’en satisfaire pleinement pour conforter leur position de contrôleur et de dominant sur leurs marchés ?
    Capitalisme de connivence ??? là peut être mais pour désigner cela le terme néolibéralisme me semble plus adapté parce que plus partagé et qu’il reprend aussi les problèmes précédents de la finance et le fait d’encourager les situations de monopoles.

    Bref, effectivement le terme me semble avoir encore de beaux jours devant lui sans pour autant avoir de définition claire et partagée. Il me semble surtout souligner la nécessité de changer de paradigme et d’inventer de nouveaux modèles économiques (libéralisme 2.0, blockchainisme…) .
    Qu’il canalise l’ensemble des mécontents ne me semble dès lors pas si déconnant que cela. Pour une part importante de la population occidentale, le système actuel (le néolibéralisme, le libéralisme, le capitalisme de connivence ???) ne fonctionne pas ou alors de moins en moins bien (cf élections US, France…). La tendance à nous le présenter comme le meilleur possible et le seul envisageable le rend encore plus indésirable mais sa structure invisible, impalpable et difficile à appréhender ou définir complexifient le changement pourtant nécessaire de mon point de vue aussi.

      1. Merci pour les liens.

        1. je rajouterais ce lien: http://www.wikiberal.org/wiki/Capitalisme_de_connivence Tout ce que vous disiez vise bien plus le capitalisme de connivence que le libéralisme économique. Un des meilleurs sites libéral que je connaisse: https://minarchiste.wordpress.com/ (je vous conseille de faire un tour)
          Notre système en Occident c’est la fameuse troisième voie c’est à dire un mélange socialiste et libérale. Ceci dit, cela dépent des pays. Certains comme la Suisse ou Singapour (ou Nouvelle Zélande) sont plus libéraux que d’autres. La France est très socialiste en Europe (l’un des pays les plus socialistes d’Europe).
          On ne peut pas dire que notre système est entièrement libéral ou entièrement socialiste. L’Union européenne illustre très bien la fameuse troisième voie et le mélange socialisme/lbéralisme. L’UE est plus libérale que la France car aux regards des standards européens, on est très socialiste.

    1. Vous pouvez mettre, comme le font les détracteurs, tout dans le terme néo-libéralisme… que ca n’en fait pas une vérité. Par définition, le capitalisme de connivence, n’est pas du libéralisme, puisqu’il s’agit d’une instance publique qui agit sur une instance privée… donc anti-libérale au possible. C’est du pure étatisme.

      Quand vous dites que aucun libéraux n’est d’accord sur la définition du libéralisme, c’est totalement faux… il y a des gens plus ou moins libéraux… mais tous s’accordent sur la définition (a part ceux qui ne le sont pas) c’est tout simplement moins d’Etat dans tout et plus d’individus libres… Tous les libéraux seront d’accord avec cela. Après il y a des nuances, chez les libéraux. Certains estiment que l’éducation devraient rester dans le domaine du publique… mais ceux-ci, majoritairement n’ont pas connaissance de ce qui se passe quand c’est le privé qui le gere… et ce ne sont pas ce qui sont POUR la privatisation de l’éducation qui sont ULTRA-libéraux… mais bien ceux qui sont CONTRE la privatisation de l’éducation qui sont MOINS libéraux. Je dirais la meme chose de la police, et bien évidement de tous les ministères en tout genre et je parle pas des entreprises publiques, que certains, qui se revendiquent libéraux… défendent… la c’est juste une blague. Sur la police il peut y avoir débat, comme il n’est pas possible d’avoir la justice et l’armée privée (en apportant une nuance, avec bien evidemment la possibilité pour l’armée de faire appel au privé, mais la majorité doit etre publique) La justice et l’armée sont les 2 seuls institutions qui permettent un contre pouvoir en cas de poutch donc indispensable… et cela je pense que n’importe quel libéraux sera d’accord.

      Les oligopoles privés, tout d’abord, quand on parle de multiplication c’est une blague, aujourd’hui 95% des entreprises sont des entreprises de moins de 50 salariés. (j’ai plus le chiffre exacte) Donc seul les 5% restantes sont des grandes entreprises… et toutes ne sont pas en situation d’oligopoles. Quand des entreprises cannibalisent le marché… il y a toujours l’Etat qui est derrière… toujours… donc anti-libéral. Vous prenez l’exemple de la téléphonie, c’est l’Etat qui décide de la quantité d’opérateurs, les notaires, pharmaciens,… (avant la réforme Macron c’était pire) c’est l’Etat qui décide du nombre et des zones géographiques…. bref l’oligopoles est du a un etat trop présent… donc par définition aucun libéral ne peut etre pour. Et quand ce n’est pas l’Etat qui limite en terme de chiffre le nombre… c’est l’Etat qui sous pression d’un lobby privé, mais des normes… prenons l’exemple du comestible, il vous ait quasiment impossible de commercialiser une nouvelle espèce de framboise au niveau industriel car l’Etat a permis a une grande firme d’etre la seule a pouvoir le faire…

      Il existe cependant des oligopoles qui sortent de cela… prenons Google…. ils sont tout seul sur un marché, le marché du moteur de recherche… on va dire quasiment seul… justement… car la concurrence est la, mais ne propose rien de suffisament bien pour concurrencer Google… donc… en quoi est-ce un probleme, vu que les internautes ont le choix ? ils peuvent quitter google, mais ne le font pas… donc cet olligopole n’est pas génant.

      La main basse de la finance sur l’économie… ca se concretise comment çà ? Perso, quand je vais faire mon plein d’essence, c’est la main mise de l’Etat qui fait que mes finances baisses par le biais des taxes haurissantes… pas la finance, quand je vais acheter mes poires a Intermarché ce n’est pas la finance qui fait que je le paye pas cher…. mais je serais curieux de comprendre en quoi la finance controle l’économie… et a l’occasion, c’est quoi la finance ?

      « Comment appelle-t-on la complexification de l’économie et l’explosion de la bureaucratie au sein de l’état » Vous avez vraiment du louper la définition du mot « libéralisme »… la.

      On est tous d’accord le néolibéralisme ne fonctionne pas…. tout comme la licorne n’arrive pas a me convaincre. Le capitalisme de connivence on est tous d’accord… cela ne marche pas, et vous ne verrez aucun libéraux etre d’accord… reste le libéralisme… Dans un pays comme la France qui taxe a 64% le travail… donc qui fait que n’importe quel salarié passe 64% de sa journée de travail pour l’Etat et 36% pour son entreprise… on va dire que le libéralisme est pas trop pratiqué.

      Pour conclure le probleme, c’est que vous… et la majorité de la population, ne connait pas le sens et surtout le contenu du libéralisme… fautes au libéraux de ne pas l’expliquer clairement… et surtout fautes aux populistes qui sortent le mot, sans apporter de commencement d’explication au pourquoi ce mot la… mais comme les autres populistes (souvent les memes) qui pointent les étrangers ou tout autres cibles… comme LE probleme a résoudre… car ils sont incapables de se remettre en question, c’est tout simplement plus facile de pointer du doigt l’étranger qui n’a pas de papier, le libéralisme qui n’a pas de présence physique… que soit, son vote présidentiel, sa motivation et son travail,….

      1. Effectivement, je ne connais pas tout le contenu du libéralisme. Votre commentaire à lui tout seul résume ma science sur le sujet et me conforte dans la compréhension que je m’en fais.
        Un bémol sur la notion d’oligopole que je considère comme gênante et pour laquelle je ne reste pas totalement convaincu par le lien de Charles Boyer qui indique que cela ne peut que s’autodétruire. Google me semble d’ailleurs un bon exemple d’oligopole qui pourrait durer et s’étendre.

        Une question finalement, si je désignais le merdier ambiant au niveau mondial (bureaucratie, capitalisme de connivence, finance politique…) par un néologisme type « turbisme » plutôt que par néolibéralisme, est-ce que l’usage de ce néologisme vous poserait un problème ?

        1. Gerbert: Google me semble d’ailleurs un bon exemple d’oligopole qui pourrait durer et s’étendre.

          Ce sont des colosses au pied d’argile. Microsoft aurait très bien pu disparaître en 5 ans s’ils s’étaient obstinés avec Vista et si Google Facebook ou n’importe quelle grosse entreprise ne rend plus des services satisfaisants elles vont disparaître rapidement au profit d’un meilleur concurrent.

          Les exemples sont innombrables de ces « géants » qui ont disparu et ont été remplacés. Et si plusieurs géants se regroupent et s’entendent sur les prix (« monopole ») ils sont à la merci de n’importe quelle petite entreprise qui fait mieux pour moins cher. (Free a explosé le monopole de la téléphonie français par exemple en partant de quasi rien)

          Seule la force d’un état peut obliger les gens à payer des services trop cher, mal rendu et des entreprises mal gérées (exemple SNCF, 50 milliards de dettes, billet cher, grèves récurrentes, statistique lamentable, réseaux mal entretenus, etc., etc.)

          Actuellement quasi TOUTES les entreprises de l’état français sont en faillite et ne rendent plus de bons services. Cette situation perdure, car les gens sont FORCÉS de les payer.

          Un très bon indicateur de quel pays est libéral ou pas, ça recoupe la bonne gestion et le dynamisme économique:
          Indice liberté économique – Classement des pays

          par un néologisme type « turbisme » plutôt que par néolibéralisme, est-ce que l’usage de ce néologisme vous poserait un problème ?

          On l’appelle plutôt « étatisme », « dirigisme », « capitalisme de connivence », etc., etc.

          Prenez la crise des subprimes par exemple, symbole ultime du « néolibéralisme sans âme ».

          Des banquiers qui prêtent soudainement en masse à des pauvres insolvable, ça n’a strictement aucun sens ou alors ils n’aiment plus l’argent ce qui n’a aucun sens non plus. Quelque chose a corrompu la « nature », le marché, les règles et les signaux.

          En partant d’un bon sentiment (électoraliste) les élus américains ont promulgué (entre autres) le « Community Reinvestment Act » qui entendait favoriser l’investissement immobilier dans les quartiers pauvres. Pour rassurer les banquiers sur ces investissements risqués (qu’ils n’auraient pas fait sinon), les élus ont garanti les prêts grâce à des établissements de fonds public comme la fameuse Freddie Mac et Fannie Mae qui rachètera d’ailleurs pour 5200 milliards de prêts pourris avant l’explosion.
          Concours de circonstances, après les attentats du WTC, les élus ont descendu les taux d’intérêt via la FED jusqu’à un niveau négatif. L’argent ne coûtait plus rien, coulait à flots, ne trouvait plus d’investissements.

          Arrivent les Subprimes: incités par l’état, garanti par l’état, ne coûtant plus rien pour les contractants à cause des taux d’intérêt promulgués par… l’état. Ces prêts seront appelés ironiquement « NINA » ou « NINJA » pour « No Income, No Job, (and) no Assets loan », une simple carte de crédit suffit pour un prêt.

          Dernier acte fatal:
          De 2004 à 2007, la FED craignant une surchauffe de l’économie remonte les taux rendant plein d’actifs toxiques. Ici vous pouvez voir cette pente fatale des taux d’intérêt de 2001 à 2007:
          http://www.moveleft.org/subprime/effectiverate.png

          Loin de la « dérégulation sauvage » et du « néolibéralisme » sans âme, c’est l’état qui a complètement corrompu un environnement économique qui n’aurait JAMAIS agi de cette manière absurde.

          Et ce n’est pas fini, on est en pleine corruption démentielle, j’ai énormément de données factuelles (et vérifiable) à vous soumettre si ça vous intéresse.

          1. Envoyez les données car c’est extrêmement intéressant !

            1. Regardez du côté de la BCE: les taux d’intérêt sont négatifs (distorsion complète de l’économie et des prix)
              http://md1.libe.com/photo/674766-la_bce_baisse_ses_taux_a_0_05_33018_hd.jpg?modified_at=1409833582&width=750

              Des sommes faramineuses ne trouvent plus d’investissements, des bulles malsaines se forment, dont une bulle obligataire énorme et totalement corrompue (les gens paient carrément pour prêter à des états « vertueux » comme la Suisse et encore pire, a des états virtuellement en faillite comme l’Italie ou la France).
              Des entreprises (financière, bancaire, autre) qui ne devraient plus exister survivent artificiellement, d’autres qui auraient dû les remplacer n’émergent pas.

              Tout le monde, état, finance se tient par la barbichette en se refilant la patate chaude, Ça va lâcher, tous les indicateurs sont au rouge, la seule question c’est ou, quand et comment.

              Le pire c’est que ça va probablement lâcher dans le « privé », finance, banque, grande entreprise et comme en 2007, c’est le « néolibéralisme » qui sera pointé du doigt alors que la banque et la finance font partie des entreprises les plus régulées au monde et les plus intriquées avec les états ! (CF: Bâle III)

              Le fond logique et rationnel de l’histoire:
              JAMAIS les élus n’auraient du disposer d’une carte de crédit gratuite, la France claque 24% de TROP chaque année (70 milliards) elle n’a pas signé UN SEUL budget positif depuis 42 ans. Les élus français ont flingué l’économie à force de régulation et ils font n’importe quoi avec les budgets.

              Au classement de la compétitivité sur 148 pays la France est:
              -134ème pour les prélèvements obligatoires.
              -130ème place pour le poids global des réglementations
              -137ème pour la fiscalité défavorable à l’investissement privé,
              -135ème pour la dette publique,
              -117ème pour la flexibilité.
              -134ème pour le taux d’imposition en pourcentage des profits,
              -127ème pour les incitations fiscales à travailler
              -137ème pour les réglementations liées au fait d’entreprendre.
              -135ème pour les relations conflictuelles entre entrepreneurs et salariés

              Ce sont ces états en faillite qui ont FORCE la BCE à imprimer de « ‘l’argent gratuit » pour continuer encore un peu la fête avec leur carte de crédit et que leurs dettes n’explosent pas pendant leur mandat.

          2. Gerbert: Effectivement, je ne connais pas tout le contenu du libéralisme.

            Une explication plus bas sur ce que j’ai dit plus haut: 🙂

            C’est l’état qui a complètement corrompu un environnement économique qui n’aurait JAMAIS agi de cette manière absurde.

            F.A Hayek appelait ce biais des dirigeants la « Présomption fatale » et c’est essentiel pour comprendre le libéralisme.

            L’économie ce sont des milliards d’agents (vous moi, tout le monde) qui échangent des biens et des services en utilisant de multiples signaux, dont le principal: les prix. Ces prix régulent tout automatiquement (je peux développer, mais ce n’est pas le propos). Un simple exemple: trop de boulangers dans un village = prix bas = faillite d’un ou plusieurs boulangers = problème réglé. Les boulangers en faillite feront une autre activité, la ou les prix sont incitatifs et le signal d’un manque.

            La « Présomption fatale », ce sont les dirigeants qui sont persuadés qu’ils peuvent manipuler les marchés, tordre les signaux (taux d’intérêts, prix forcés, lois, fiscalité) modifier complètement « l’écologie » de l’économie pour que le monde change comme ils l’entendent. Ça ne marche quasi jamais comme ils le veulent et ça engendre des effets pervers en cascade.

            Exemple éclatant avec la marché du travail français surrégulé:
            Code de 3500 pages, 260 taxes et charges différentes sur les entreprises, prix forcé (SMIC), une énorme bureaucratie interventionniste (RSI etc).
            Résultat: Salaire moyen très bas 2100 euros, 25% de chômage chez les jeunes malgré que 1 travailleur sur 4 soit payé par l’état. (État en faillite, dette à 96%, déficit de 24% chaque année, +70 milliards de dettes en plus).

            Marché du travail suisse:
            Code de 20 pages, une dizaine de taxes et charges, règles simples, bureaucratie réduite.
            Résultat: 3.8% de chômage chez les jeunes, un de plus haut taux d’occupation des salariés du monde, salaire moyen de 5200 euros. (Moitié moins de fonctionnaires, aucun désert médical, aucune zone de non-droit, moitié moins d’impôts, dette à 35% en réduction (pas de déficits)).

            1. Un simple exemple: trop de boulangers dans un village = prix bas = faillite d’un ou plusieurs boulangers = problème réglé. Les boulangers en faillite feront une autre activité, la ou les prix sont incitatifs et le signal d’un manque.

              Et c’est pour cela que l’économie administrée, communiste ou dirigiste, ne pourra jamais marcher.

              Nous échangeons des centaines de milliards de signaux via les prix, ils indiquent où sont les excès et les manques (ce qui est rare ou très demandé est cher) et ce sont des incitations fortes à ce que des agents économiques (vous moi) comblent ces manques. Les prix bas sont des incitations négatives pour que les agents abandonnent des secteurs en surplus ou des choses dont les gens ne veulent plus.

              Il est impossible d’identifier les agents qui ne sont pas immuables et qui répondent à des « désirs ignorés des dirigeants : Un tel, ex-prof, a toujours rêvé d’être prêt de la nature, il devient bûcheron parce que leur rareté et donc les prix le rendent possible. Un autre qui fabriquait des fiacres et des lanternes reconverti sont entreprise dans les drones, etc., etc.

              Chaque seconde, des millions de gens prennent des décisions en fonction de multiples signaux flous impossible à connaître par des dirigeants.

              C’est ainsi que toutes les économies planifiées ce sont effondrées avec des manques et des surplus ridicules (trop de batteries, plus de fil à coudre, trop de briques, plus de ciment) et c’est pour cela que toute manipulation forcée des prix par les dirigeants est mauvaise, ça détruit des informations vitales.

              Ce qui faisait dire à l’économiste suédois Assar Lindbeck:
              «Dans de nombreux cas, la technique la plus efficace pour détruire une ville, à part les bombardements, c’est le contrôle des loyers.»

              Même Libération, pourtant complètement à l’ouest sur l’économie a écrit un article là-dessus:
              http://www.liberation.fr/futurs/2012/07/09/du-controle-des-loyers-comme-technique-de-destruction-urbaine_832162

              1. Merci pour tous ces compléments Ilmryn. Je ne connais hélas que très peu l’Australie…
                Si je remplace néolibéralisme par dirigisme je vous suit tout à fait. De mon point de vue j’ajoute que les états ont, suite à la crise des subprimes, largement récompensé les banques pour les services rendus en les renflouant massivement au pris d’une augmentation de leurs déficits avec notre argent ou plutôt celui qu’ils pensent que nous disposerons dans quelques années (sauf Islande). Ce dirigisme étatique, cette connivence entre les états et les banques devenues trop grosses pour couler sont un des problèmes que j’englobais dans le terme pas adapté ici du néolibéralisme. Toujours de mon point de vue cette mécanique est effectivement sans fin jusqu’à l’implosion et c’est l’état qui y perd sa marge de manoeuvre : à force d’emprunter pour des services qui sont peu compétitifs il ne peux plus assurer ses missions régaliennes correctement. Il creuse sa tombe.

                Pour la notion de monopole, je continue de penser qu’un jour ça peut dérailler. Pour bousculer les colosses aux pieds d’argile que vous évoquez, le ticket d’entrée est de plus en plus élevé. Si on prend Amazon, qui n’a rien inventé juste optimisé un fonctionnement avec un service irréprochable, ça me dérange un peu qu’après avoir tué certains petits commerçants (mais effectivement obligé d’autres à se renouveler et apporter un meilleur service) ils s’attaquent à la conquête spatiale (recherche minerai et usine espace). Leurs developpements en intelligence artificielle associées aux données dont ils disposent pourraient leur donner demain des avantages concurrentiels imbattables. Et ça pourrait potentiellement réduire nos libertés individuelle à tous en dérivant vers une ploutocratie généralisée à l’avenir notamment avec le possible allongement de la durée de vie (cf progrès e santé )
                En tous les cas encore merci pour cet échange instructif de mon côté. Si je peux ajouter une plus value, je pense que pour beaucoup dont moi, le terme galvaudé et visiblement pas adapté du néolibéralisme est très synonyme de votre dirigisme et n’a donc rien à voir avec le libéralisme. Ça pourrait être bien que certains libéraux l’entendent aussi ainsi plutôt que comme une attaque frontale contre le libéralisme. Ça faciliterait la diffusion de cette théorie économique auprès des béotiens dont je fais parti.

                1. Merci à vous, ça fait plaisir de discuter avec quelqu’un qui est ouvert.

                  à force d’emprunter pour des services qui sont peu compétitifs il ne peux plus assurer ses missions régaliennes correctement.

                  J’ai des données à ce sujet 🙂

                  Le régalien (police, gendarmerie, justice), la tâche FONDATRICE, PRIMORDIALE de l’état de droit c’est 4.6% du personnel de l’état seulement. Rien qu’avec les subventions aux associations (dont celle des tickets restaurant des fonctionnaires des finances) on aurait de quoi payer 10 fois plus de justice en France:
                  http://www.observatoiredesgaspillages.com/2009/05/associations-les-subventions-les-plus-delirantes/

                  Il y a deux fois plus d’élus que de fonctionnaire de justice gendarmerie et police en France (618’000 contre 323’951)

                  Ce n’est absolument pas un manque de moyen, si on épluche les budgets on se rend compte que la France pourrait parfaitement ce payer 10 fois le régalien actuel inclus police et gendarmerie, sans toucher un seul cheveu des fonctionnaires « indispensables ».

                  Ce n’est pas faute d’en avoir besoin:
                  -110’000 peines de prison ne sont pas appliquées faute de places dans les prisons.
                  -Il existe 750 zones de non-droits en France.
                  -Les prisons sont tellement pleines, que les juges relâchent des multirécidivistes dangereux et requalifient les crimes à tour de bras.
                  -Les tribunaux sont tellement engorgés que 75% des viols sont requalifiés en simple agression pour aller plus vite: 5 ans max au lieu de 15, ils sont condamnés à quatre et sortent rapidement.
                  -568’000 ménages ont été cambriolés l’an passé, 65 par heure.
                  -40’000 voitures sont brûlées chaque année, 109 par jour.
                  etc. etc.

                  Scier le régalien à ce point, oublier le rôle principal de l’état ce n’est pas un choix conscient, délibéré, c’est une succession de lâchetés et d’imbécillités, idéologique pour partie, mais surtout du clientélisme électoral, des faveurs démagogiques accordées aux corporations amies les plus revendicatrices et comme le régalien est tenu au silence et ne représente rien électoralement (et que les élus se méfient des juges), ils les ont « oubliés » et ce sont servis dans leurs caisses et leurs effectifs au passage.

                  Il y a 7 millions de salariés de l’état, dont 5 millions de fonctionnaires. Un salariés sur 4 !!
                  http://www.observatoiredesgaspillages.com/2010/01/combien-de-fonctionnaires-en-france/

                  Faisons les comptes:

                  246’000 – Police et Gendarmerie
                  77’951 – Justice
                  263’350 – Armée
                  1’052’700 – Enseignement
                  1’183’000 – fonction hospitalière

                  Total: 2’823’001

                  À quoi diable sont occupés de si indispensable les AUTRES 4 MILLIONS ???

                  Un graphique qui montre comment l’état qui détient TOUS les pouvoirs est devenu un cancer qui a mangé la société civile:
                  http://www.eclaireco.org/files/common/Depenses_-_5.jpg

                2. Gerbert: Ce dirigisme étatique, cette connivence entre les états et les banques devenues trop grosses pour couler sont un des problèmes que j’englobais

                  Les libéraux considèrent aussi que c’est un énorme problème. En renflouant les perdants et ceux qui ont mal agi, vous ne faites qu’encourager ces choses au détriment des vertueux et des responsables.

                  Mais si les états renflouent ces gens, c’est qu’ils y sont très étroitement mêlés.

                  Gerbert: Pour bousculer les colosses aux pieds d’argile que vous évoquez, le ticket d’entrée est de plus en plus élevé.

                  Là encore les chiffres nous donnent la réponse:

                  Les GAFA, les « Géants du Net » que sont Google, Apple, Facebook et Amazon ont une capitalisation boursière cumulée (qui sont en grande partie virtuelles, Facebook peut ne plus rien valoir du jour au lendemain) qui n’atteint même pas le PIB d’une année de la seule France et leurs bénéfices cumulés représentent à peine le déficit d’une seule année de l’état français, soit 70 milliards.

                  Les bénéfices mondiaux, cumulés de ces géants représentent 5.8% du budget de l’état français.

                  Ce sont des nains par rapport aux états !

                  Ils n’ont pas de police, pas d’armée, pas le pouvoir d’interdire un concurrent, un territoire ou un marché a coup de lois contrairement aux élus qui peuvent les rayer de leur pays en une signature au bas d’un texte.

                  ——————————————–
                  Vous retrouverez beaucoup de notions et de phrases clés que j’ai évoquées dans cette vidéo très ludique avec les deux figures emblématiques de l’économie du 20eme siècle et principaux concurrents que sont J.M Keynes (partisan de l’étatisme et chouchou des états) et F.A. Hayek (partisan de l’économie libre)

                  Keynes est mort en 1946 et Hayek en 1992. Hayek avait prédit (entre autres) la fin du communisme dans son livre « La route de la Servitude » publié en 1944.
                  https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Route_de_la_servitude

                  La vidéo: (On la regarde en famille avec mes deux enfants 🙂 )

                  1. Ilmryn, ça fait quelques jours que je vois vos posts sur différents articles contrepoints à ressortir vos chiffres sur le régalien. Ils sont tout simplement terrifiants… Merci pour le travail de compilation en tout cas. Je me mets ça de côté pour ma prochaine discussion avec un ami fonctionnaire!

                    1. Je me répète un peu désolé, mais on devrait forcer les écoliers à apprendre ces données par cœurs, ça éviterait au moins qu’ils nous sortent plus tard des âneries comme « l’austérité », « la mainmise de la finance », « on n’aura plus d’infirmières » et autre légende urbaine à base de société civile « sauvage » et d’état chevalier sauveur dont il faut tout attendre.

                      J’ai pas mal discuté sur des forums de gauchistes (j’en étais un plus jeune), on peut leur mettre toutes les données sous le pif, la plupart sont plus fermés que des huitres.

                      Je me souviens d’ailleurs avec honte, 35 ans plus tard, d’une discussion avec un ami qui n’avait pas eu des parents communistes comme moi. J’ai parfaitement récité tous les slogans conventionnés qui n’ont pas changé d’un iota depuis et qui étaient déjà en vigueur en 1930 sans vraiment rien comprendre au sujet. Je n’avais que ça: des slogans et des idées reçues.

                      Du coup, fort de mon passé et quand je suis en forme, je sais comment ébranler leurs certitudes et ouvrir la coquille… 😉

                      Mais c’est difficile, le cerveau déteste changer de convictions:
                      https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation

  13. Si on considère que libéralisme veut dire une éthique fondée sur le respect de la vie, de la liberté et de la propriété, on se demande vraiment ce que peut vouloir dire néo-libéralisme.

  14. Le néo-libéralisme bien que le terme n’est pas récent a été réactualisé par les socialistes et autres gauchistes au lendemain de la chute du mur de Berlin comme une sorte de parade négationniste en forme d’épouvantail, histoire d’occulter la faillite d’un système qu’ils ont adulé pendant des décennies. Une façon de refuser d’admettre qu’ils ont eu tort sur toute la ligne.

    Ces socialos accusent ce néolibéralisme de tout les maux même les plus farfelues en croyant que les libéraux auront aussi bientôt leur grand soir avec la faillite du libéralisme et du capitalisme. Christian Levrat président du parti socialiste suisse disait à propos de la crises des subprimes que c’était la chute du mur de Berlin version capitalisme.

    D.J

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