La liberté contre la pauvreté

Liberté (Crédits : Alban Gonzalez, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

Pourquoi la liberté est la meilleure voie de sortie de la pauvreté.

Par Baptiste Créteur.

Historiquement, la pauvreté est la norme de la condition humaine. Lorsqu’il permet d’en sortir à un rythme spectaculaire depuis la Révolution Industrielle, le capitalisme ne crée pas la pauvreté : il en hérite et, pour beaucoup, il la résout.

Ne parlons pas de capitalisme, nom que ses opposants ont donné à un système fondé sur un principe simple : les actions et échanges sont volontaires. Quelles que soient leur situation et les opportunités qui se présentent à eux, ils sont libres de décider seuls et s’organiser entre eux, et chacun jouit des fruits de son travail ou de sa part, convenus à l’avance, des résultats d’un travail commun. Parlons de volontarisme, ou plus simplement de liberté.

Liberté (Crédits : Alban Gonzalez, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.
Liberté (Crédits : Alban Gonzalez, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

Une société volontaire est le cadre idéal pour que le plus grand nombre sorte de la pauvreté.

Chacun a la possibilité de créer, ou contribuer à créer. Quand au contraire des restrictions sont imposées, l’enrichissement est forcément plus lent. Imaginons par exemple qu’on impose des minimas de productivité par un salaire minimum. Certains seront tout simplement exclus du marché du travail. Ou qu’on prélève une partie du produit de chaque vente, de chaque transaction, de chaque heure travaillée. Et qu’on prélève en plus une partie de chaque dépense. Et que l’objet de chaque dépense ait été lui aussi diversement ponctionné ! Au bout du compte, il ne restera plus grand chose des fruits de son travail, peut-être pas assez pour s’enrichir. 1

Quelle que soit la façon dont on définit ce qu’est « sortir de la pauvreté », la liberté est le meilleur moyen et offre le plus d’opportunités d’y parvenir. C’est à chacun de décider comment, en fonction des opportunités qui se présentent à lui et des contraintes qu’impose la réalité. Les autres peuvent, autant qu’ils le veulent, faire en sorte de multiplier les premières et réduire les secondes, mais jamais l’inverse. Dans une société volontaire, le pire que quelqu’un puisse faire est de ne pas améliorer le sort de son prochain. Chacun peut aider son prochain directement, organiser des structures permettant de collecter, allouer et distribuer des fonds, inventer des solutions aux problèmes des autres. Encore faut-il qu’on lui en laisse les moyens.

Si une telle structure s’impose à tous, ponctionne ce que fait chacun et le distribue arbitrairement à d’autres, utilise une partie pour construire des monuments ou organiser des réceptions, pour faire la guerre au voisin et imposer sa loi, elle se pose comme un obstacle à l’enrichissement et l’entraide volontaire – la meilleure voie vers la sortie de la pauvreté pour tous.

Sauf si on mesure la pauvreté de façon relative, par un raisonnement étrange qui voudrait qu’on soit plus ou moins pauvre parce que les autres sont plus ou moins riches. Il n’y a pas une quantité fixée de choses à se partager d’une façon ou d’une autre ; il y a ce que nous créons, et ce qui en est fait.

Pauvreté SDF (Crédits Franco Folini, licence Creative Commons)
Pauvreté SDF (Crédits Franco Folini, licence CC-BY-SA 2.0)

Reste à régler un problème crucial.

Nous avons hérité de la pauvreté, et il en reste. Certains ont hérité de la pauvreté, certains ont hérité de maladies génétiques, certains ont hérité de traumatismes, et certains n’ont tout simplement pas hérité de grand chose. Heureusement, certains ont hérité du potentiel pour résoudre ces problèmes et bien d’autres. Directement, et parfois par des voies si indirectes qu’elles nous échappent complètement. Il y a une indéniable part de chance, mais il revient à chacun d’entre nous de faire les bons choix et de saisir les opportunités qui se présentent de faire le bien pour soi et autour de soi.

  1.  Ou de son capital, qui peut lui aussi porter ses fruits et offre des possibilités additionnelles de s’enrichir et de sortir de la pauvreté. On peut penser à l’impact de la micro finance ou de l’entrepreneuriat.