Non, le capitalisme n’est pas immoral

Publié Par Johan Rivalland, le dans Lecture

Par Johan Rivalland.

La moralité du capitalisme Tom PalmerLes professeurs sont loin d’être omniscients et peuvent même parfois effectuer des choix arbitraires, guidés par le respect des programmes ou influencés par les sources ou manuels utilisés, ou tout simplement en se laissant emporter, consciemment ou inconsciemment, par leurs affinités intellectuelles ou convictions intimes.

C’est pourquoi Tom Palmer, l’auteur de ce passionnant recueil réunissant les contributions de différents auteurs, à travers interviews ou présentation d’essais, ajoute le sous-titre suivant : « Ce que vos professeurs ne vous diront pas ». Une manière de suggérer que le « récit » qui est fait classiquement du capitalisme n’est pas toujours conforme à celui que l’auteur a le sentiment d’observer et qu’il aimerait partager avec le plus grand nombre.

Qu’est-ce que le capitalisme ?

« Le terme « capitalisme » se réfère non seulement aux marchés où sont échangés des biens et services et qui ont existé depuis des temps immémoriaux, mais au système d’innovation, de création de richesses et de changement social qui a apporté à des milliards d’êtres humains une prospérité qui était inimaginable pour les générations précédentes. »

Pour bien exprimer l’idée que le capitalisme ne saurait se limiter au champ économique et en référence au marché, Tom Palmer en donne la définition suivante :

« Le capitalisme est un système juridique, social, économique et culturel qui embrasse l’égalité des droits et les « carrières ouvertes au talent », qui dynamise l’innovation décentralisée ainsi que les processus d’essais et erreurs, ce que l’économiste Joseph Schumpeter appelait la « destruction créatrice », à travers des processus volontaires d’échange marchand. »

Il récuse, au passage, la vision « matérialiste » d’un capitalisme tourné en dérision « par des philosophes (notamment marxistes) qui sont eux-mêmes adeptes du matérialisme », pour lui préférer une vision bien plus positive, en faisant « en son cœur une entreprise spirituelle et culturelle ».

Mieux encore, « loin d’être une arène amorale où s’affrontent les intérêts, comme est souvent dépeint le capitalisme par ceux qui cherchent à le saper ou à le détruire, l’interaction capitaliste est fortement structurée par des normes éthiques et des règles.

En effet, le capitalisme repose sur un rejet de l’éthique du pillage et de l’accaparement, c’est-à-dire le moyen par lequel la plupart des richesses dont jouissent les riches ont été acquises dans d’autres systèmes économiques et politiques. »

Tom Palmer inclut dans ces autres systèmes ce que l’on appelle aujourd’hui le capitalisme de connivence et que lui dénomme « capitalisme de copinage », qui ne saurait s’apparenter au « capitalisme de libre marché » dont il est question ici.

Une confusion d’origine marxienne dont le préjudice continue de peser sur l’usage même du terme capitalisme, nuisant à la réalité de son essence. Si le capitalisme de copinage est malheureusement fort répandu dans nos sociétés contemporaines, il est tout à fait étranger au capitalisme tel que nous pouvons le concevoir. Il correspond à un enrichissement de certaines personnes par le simple fait de détenir du pouvoir politique ou d’être proches de relations qui en détiennent.

Autrement dit, il s’agit de personnes qui détiennent des privilèges et ne tirent pas leur richesse directement d’une quelconque génération de valeur, mais plus d’une forme de lobbying ou d’accointance avec le pouvoir leur assurant des subsides obtenus grâce à l’argent des contribuables, sans que leur seul mérite y ait conduit. On n’est pas très loin de la corruption, même si ici l’argent obtenu l’est de manière légale. Ce qui ne va pas sans ternir l’image d’un capitalisme qui, par nature, ne saurait s’y assimiler.

Relevant l’hostilité souvent affichée au capitalisme de libre marché par des élites bien établies, Tom Palmer met en avant les formes de liberté engagées dans ce mouvement dynamique seul à même d’éliminer la pauvreté. À ce sujet, il a la réflexion suivante :

« La pauvreté est ce qui résulte lorsque la production de richesse n’a pas lieu, alors que la richesse n’est pas le résultat de la production de pauvreté qui n’a pas lieu. »

Une phrase que d’aucuns feraient bien de méditer…

Les vertus du capitalisme entrepreneurial

Un entretien réalisé auprès d’un entrepreneur, John Mackey, permet de démentir l’idée selon laquelle un tel acteur ne serait mu que par son seul intérêt personnel ou la recherche du profit.

À l’instar d’autres professions (médecins, professeurs, etc.), John Mackey affirme l’idée selon laquelle les entreprises poursuivent très souvent un but supérieur.

Se référant à sa propre entreprise, leader américain dans le domaine de l’alimentation bio, le traitement éthique des animaux et l’implication sociale des entreprises, à travers notamment le développement du microcrédit en direction des populations pauvres dans le monde, il indique avoir créé 10 milliards de dollars de valeur en partant de rien ; ce qui a bénéficié à la fois à ses clients, mais aussi, comme il le démontre, à ses employés, fournisseurs, investisseurs, ainsi que les quartiers où Whole Foods Market est présent.

Lui-même ne s’est accordé ni salaire, ni bonus ou stock-options depuis cinq ans, s’estimant suffisamment riche par la détention d’actions de son entreprise et préférant consacrer cet argent qu’il serait en droit de réclamer aux populations qu’il souhaite aider.

Par là-même, il entend défendre un ensemble de valeurs, parmi lesquelles tenter d’éradiquer la pauvreté autour de la planète. Des valeurs qui nécessitent forcément le dégagement de profit, consubstantiel au capitalisme et à la libre-entreprise, seuls à même de pouvoir investir et créer davantage de valeur encore, pour le bien des buts supérieurs défendus.

C’est ainsi, rappelle-t-il à juste titre que, loin de renforcer les inégalités comme certains veulent le faire croire, le capitalisme a permis de réduire de manière spectaculaire l’extrême pauvreté et pourrait l’éradiquer presque totalement dans un proche avenir.

« L’extrême pauvreté a été le trait dominant de la condition humaine normale pour la plupart des hommes à travers toute l’histoire. Les êtres humains étaient tous également pauvres et avaient une vie assez courte. Deux cents ans en arrière, 85% de la population vivant sur la planète Terre vivaient avec moins d’un dollar par jour en dollars d’aujourd’hui – 85% ! Ce chiffre s’élève à seulement 20% aujourd’hui et d’ici la fin de ce siècle, il devrait être quasiment nul. »

Comme il le montre également, c’est là où le capitalisme de libre marché n’a pas été adopté que la pauvreté est demeurée.

Et lui aussi se dresse contre le capitalisme de copinage, irrespectueux de l’état de droit par les privilèges qu’il accorde aux uns et non aux autres. Ce qui peut passer simplement par exemple par des subventions ou redistributions accordées, y compris aux États-Unis, généralement en contrepartie de faveurs politiques, ce qu’il juge parfaitement immoral.

Puis, Tom Palmer nous présente un essai d’une historienne de l’économie, Deirdre N. McCloskey, qui remet en cause les analyses traditionnelles, qu’elle qualifie de « matérialistes », de la révolution industrielle (analyses qui incluent les thèses basées sur l’impérialisme ou l’esclavagisme aux États-Unis).

Le monde capitaliste moderne serait, en réalité, le fruit d’une évolution des mentalités (dans un sens favorable aux idées libérales) qui, seule, a permis de créer les conditions favorables à son avènement. Ce sont les évolutions dans les manières de penser, de considérer le commerce, l’innovation, les entrepreneurs, ou même l’existence de riches, qui ont permis de favoriser un processus de destruction créatrice ayant entraîné les bouleversements que nous avons connus et l’enrichissement du plus grand nombre (elle aussi rappelle la réalité de la faiblesse des revenus moyens sur toute la planète encore en 1800 en comparaison de ce que nous connaissons aujourd’hui).

C’est donc grâce à la dignité et la plus grande liberté accordée aux gens, en particulier aux classes moyennes, que nous avons pu connaître des transformations aussi radicales dans tous les domaines, y compris espérance de vie, éducation, modes de vie et manière de penser. Et que la pauvreté a pu reculer de manière aussi spectaculaire.

L’ouvrage se poursuit par la présentation d’un autre ouvrage, cette fois de David Boaz, vice-président exécutif de l’Institut Cato, mettant en valeur la relation étroite entre concurrence et coopération, trop souvent opposées.

Il s’insurge en particulier contre les caricatures qui sont parfois faites de la concurrence, y compris par des personnes qui lui sont a priori plutôt favorables, comme l’investisseur George Soros, à travers des qualificatifs tels que concurrence « effrénée », « dommageable », ou « meurtrière » ou encore des expressions comme « survie du plus fort ». Alors même « que le marché est en réalité de la coopération ».

De même, les libéraux sont souvent attaqués sur la notion d’individualisme, malheureusement totalement déformée dans la caricature qui en est faite. David Boaz, s’appuyant sur les écrits d’auteurs anciens tels que Locke, A.Smith, ou Hume, mais aussi sur d’autres plus contemporains comme Hayek, Mises ou Murray, entre autres, montre que l’individualisme repose sur l’état de droit, le contrat, et la nécessaire coopération sociale liée à la nature humaine, personne ou presque ne pouvant vivre totalement en autarcie.

Par nature, le marché est donc de la coopération. Il s’inscrit dans la nécessaire société civile, structurée autour de la division du travail.

« Les détracteurs des marchés se plaignent souvent du fait que le capitalisme encourage et récompense l’intérêt personnel. En fait, les gens poursuivent leur intérêt personnel dans n’importe quel système politique. Les marchés canalisent leur intérêt personnel dans des directions socialement bénéfiques. »

– Tom Palmer évoque ensuite un ouvrage qu’il a lui-même écrit, relatif à la médecine à but lucratif, dont il entend démontrer que, contrairement à l’intuition qu’on pourrait avoir, incite davantage à la compassion, la bienveillance et la courtoisie que dans un cadre public où des valeurs communes ne sont pas forcément partagées. Paradoxalement, la notion de profit peut y avoir une influence très positive, à rebours de ce que d’aucuns pourraient penser spontanément.

Interaction volontaire et intérêt personnel

À travers un essai portant sur le paradoxe de la morale, l’économiste, intellectuel et entrepreneur social Mao Yushi, grande figure du libéralisme, tirant parti des expériences désastreuses de la Chine lorsqu’elle a voulu abolir le capitalisme en son sein, explique le rôle joué par les marchés dans la réalisation de la coopération et de l’harmonie, démontant les fantasmes des détracteurs du capitalisme.

Se basant sur quelques exemples concrets, il montre la fatuité de certains raisonnements moralisateurs issus de l’utopie et la propagande du Parti Communiste Chinois où les prix et la monnaie seraient bannis. Les effets pervers qui en découleraient aboutiraient à un résultat inverse de celui recherché.

L’allocation des ressources, la création de valeur, l’efficacité de la société et les bénéfices humains sont ainsi considérablement plus efficaces par la recherche de l’intérêt personnel, propre à la nature humaine quoi qu’on en pense, au libre-marché, à l’échange et la recherche des prix bas et du profit qui y sont liés.

Ainsi, durant la Révolution culturelle, les comportements opportunistes se sont développés sur le terreau de la propagande, comme il le montre, révélant des contradictions flagrantes avec les principes théoriques, là où le marché et la coopération sont mieux à même d’imaginer des solutions pertinentes à des conflits potentiels, entraînant une meilleure satisfaction de toutes les parties, comme il le développe à travers des exemples très concrets.

Cela ne va pas sans l’état de droit, à commencer par le droit de propriété. Si les inégalités existent, et existeront toujours, le vrai fléau tient dans les privilèges. L’égalité des droits, elle, offre la possibilité à chacun de s’enrichir et ce système, à l’arrivée, bénéficie incomparativement plus à l’ensemble de la société que dans une société où on érige les uns contre les autres, à travers la lutte des classes, entraînant des abominations comme il en décrit dans son texte.

– L’essai du philosophe russe Leonid Nikonov sur la logique morale de l’égalité et de l’inégalité dans la société de marché, montre l’incohérence de la plupart des critiques anti-capitalistes relatives aux revendications d’égalité.

Il montre que, à l’opposé de ce qu’affirment les tenants de l’échange inégal, l’inégalité est une condition de l’échange, « sans laquelle ce dernier n’aurait pas de sens ». Là encore, du point de vue des libéraux, c’est l’égalité des droits fondamentaux qui importe et l’échange n’a de sens que si la situation des deux parties s’améliore.

Dès lors, « l’économie de l’échange repose sur une reconnaissance que les parties qui échangent attachent des valeurs inégales aux biens et services ». Et c’est plus le résultat de l’échange qui est à considérer que l’idéal moral que l’on peut y attacher, sans souci du résultat, comme chez certains égalitaristes.

C’est pourquoi l’auteur tente de raisonner, à partir des réflexions millénaires des philosophes et des travaux plus récents, sur cette notion d’égalité, qui a des implications sur la redistribution forcée qui peut être envisagée par certains pour tenter de corriger une inégalité constatée. Seule l’égalité morale compte, en termes de droits, de justice et de comportement. Violer l’égalité morale dans le but de produire des résultats plus égalitaires est, en revanche, un problème moral.

Et comme en conclut l’auteur, « le plus grand scandale dans le monde en matière d’inégalité de richesse n’est pas l’inégalité entre les riches et les pauvres dans les sociétés économiquement libres, mais cet écart énorme entre la richesse des populations dans les pays économiquement libres et celle des populations dans les sociétés qui ne sont pas économiquement libres. » Ce qu’il montre à partir de données chiffrées très évocatrices.

– Tom Palmer présente ensuite un autre de ses essais, portant sur Adam Smith et le mythe de la cupidité. Un ouvrage dans lequel il combat le mythe, défendu par des personnes qui n’ont probablement pas lu davantage que certaines de ses citations, d’un Adam Smith naïf croyant que l’intérêt personnel pourrait créer la paix et la prospérité et qui encouragerait l’égoïsme, censé donner un monde meilleur.

Pour qui a déjà lu, par exemple, la théorie des sentiments moraux (que je vous présenterai ici prochainement), ces mauvaises interprétations n’ont pas de sens.

Il montre, au contraire, que l’intérêt personnel peut parfois aussi avoir des effets néfastes, mais qui peuvent être canalisés grâce à l’état de droit, la propriété, le contrat et l’échange, susceptibles de mener à l’intérêt mutuel, en s’intéressant aux intérêts et au bien-être des autres en même temps qu’on considère le sien, et probablement mieux que des politiques ou intellectuels qui, à l’instar de ce que Voltaire pouvait déjà dire de certains nobles pleins de mépris à l’égard des négociants, peuvent faire beaucoup de mal et rarement beaucoup de bien.

Ce qui fait dire à Tom Palmer que :

« les commerçants et les capitalistes ne doivent pas rougir quand nos politiciens et nos intellectuels contemporains les considèrent avec dédain et se pavanent en déclarant ceci et en décriant cela, tout en exigeant que les marchands, les capitalistes, les travailleurs, les investisseurs, les artisans, les agriculteurs, les inventeurs et les autres individus productifs créent la richesse que ces mêmes politiciens confisquent et que ces mêmes intellectuels anti-capitalistes supportent mal… mais consomment goulûment (…) Mais contrairement à la politique, le libre-échange entre participants consentants génère la richesse et la paix, qui sont les conditions dans lesquelles la générosité, l’amitié et l’amour s’épanouissent. »

Pour conclure cette deuxième partie, un ouvrage de David Kelley consacré à Ayn Rand et le capitalisme, est présenté, en tant que « révolution morale ».

Il s’agit pour l’auteur, directeur exécutif de la société Atlas, de montrer en quoi « le principe éthique selon lequel la capacité individuelle est un actif social est incompatible avec une société libre ».

Commençant par rappeler comment la crise des marchés financiers de 2008 a suscité « un torrent prévisible de sentiment anti-capitaliste », alors même que les réglementations publiques ont joué un rôle majeur dans cette crise, et que cela a entraîné une salve de nouvelles réglementations, interventions et revendications supplémentaires en faveur de la redistribution, il montre en quoi le welfarisme (et ses fameux « droits à ») et l’égalitarisme, dans leurs fondements, sont viciés par une vision qui mène au sacrifice de soi, au nom de la collectivité.

En effet, selon lui, « les critiques du marché ont toujours tiré profit de ces doutes sur la moralité du marché. Le mouvement socialiste a été soutenu par des allégations que le capitalisme engendre l’égoïsme, l’exploitation, l’aliénation, l’injustice. »

C’est ce qui a produit l’État Providence, le concept de justice sociale et l’éthique de l’altruisme, dont la conception lui paraît dangereuse, à l’instar de ce qu’Ayn Rand a pu analyser et qu’il développe ici.

La production et la distribution de la richesse

– Dans un essai portant sur l’économie de marché et la distribution de richesse, l’économiste allemand Ludwig Lachmann s’intéresse aux critiques de l’économie de marché du point de vue, là aussi, de la justice sociale, pour montrer comment le respect de la propriété est tout à fait compatible avec une redistribution massive des richesses par le marché.

Il s’attaque ainsi au déplacement de ces critiques du problème de l’efficacité vers celui de l’injustice dans la répartition des richesses, après que les premières aient clairement perdu de leur validité.

Et il montre que la création de richesses, et donc sa répartition, s’inscrit dans une dynamique évolutive, que n’intègrent pas dans leur raisonnement les partisans d’une redistribution étatique, souvent le fait de politiciens tournés vers leurs électeurs.

Suivant la même préoccupation, l’économiste sud-africain Temba A. Nolutshungu, s’appuyant sur l’histoire récente de son pays, montre comment les libertés politiques aussi bien qu’économiques génèrent le progrès économique et le progrès social.

Mondialisation du capitalisme

L’ouvrage suivant est celui de la femme d’affaires kenyane June Arunga, qui se base à la fois sur son expérience très concrète de femme de terrain et sur sa rencontre marquante avec Johan Norberg, dont elle admire la propension à écouter les gens, notamment les pauvres, et s’appuyer sur l’observation concrète, plutôt que de prêcher des idées toutes théoriques.

Elle entend défendre le capitalisme de libre-marché en Afrique, se basant sur les succès récents en matière de commerce entre pays africains, et lutter contre les privilèges accordés aux investisseurs étrangers ou élites locales, qui faussent le libre-marché et aboutissent dans certains cas à des monopoles de fait ; situations qui maintiennent les populations dans la misère, là où l’état de droit et le libre-commerce mènent au contraire à davantage de prospérité. Dans ce contexte, la mondialisation pourrait avoir des vertus, que le libre-marché est à même de favoriser.

Comme elle y insiste, « Notre prospérité en tant qu’Africains ne viendra pas de l’aide étrangère ou de l’argent facile. » Collusions, protectionnisme et autres absence de liberté de choix ou d’innover, sont qualifiés par elle de « plus grand crime à notre encontre ».

Prenant appui sur les travaux de l’économiste péruvien Hernando de Soto, elle montre que c’est le respect des droits de propriété, de l’état de droit et de la liberté de commercer qui permettront au « capital mort » de se transformer en « capital vivant » pour « améliorer nos vies ».

– La présentation se poursuit avec un essai de l’économiste et prix Nobel Vernon Smith sur la mondialisation en tant que vecteur de progrès humain. À l’instar de son homonyme du XVIIIème siècle, il met en évidence les vertus de la spécialisation, de l’échange et des marchés dans la création de richesse et le progrès humain durable. Ceci étant valable depuis toujours tant dans ses relations de proximité personnelle, où on cherche généralement à faire du bien aux autres, que dans les échanges impersonnels par le biais du commerce à longue distance entre étrangers, où la concentration sur son gain personnel n’en rend pas moins compatibles les avantages communs reçus par les différents protagonistes de l’échange.

Il montre ainsi que « le développement économique est lié à des systèmes politiques et économiques libres, alimentés par l’état de droit et les droits de propriété privée. » Il s’appuie notamment sur les exemples récents de la Chine, de la Nouvelle-Zélande ou encore de l’Irlande, pour montrer que partout où il existe des formes de libéralisation (même si cela n’a pas encore lieu sur un plan politique en Chine), cela a des effets positifs immédiats.

Le cas de l’Irlande, qui a connu un renversement historique de l’exode des cerveaux, est particulièrement intéressant (surtout pour nous, Français, qui connaissons depuis quelques années cette forme d’exode). Ce qui le conduit à être optimiste, en affirmant que « les histoires de ces peuples montrent comment les politiques malavisées des États peuvent être changées afin de créer de nouvelles opportunités économiques qui peuvent considérablement inverser la fuite des cerveaux d’un pays. »

Pour finir, Vernon Smith montre les bienfaits de la mondialisation, phénomène pacifique, à travers différents exemples concrets et études qui convergent à révéler que lutter contre les délocalisations d’entreprises de secteurs en déclin est non seulement vain (les concurrents d’autres pays qui le feront gagneront en compétitivité et financeront ainsi leur croissance future en investissant dans de nouvelles technologies qui précipiteront la perte de ceux qui l’auront refusé), mais privera le pays de retombées bien plus favorables.

Même si, certes, ces délocalisations sont dures à vivre pour ceux qui en sont victimes, en l’absence de réglementations publiques paralysantes (comme dans le cas de l’Allemagne), les retombées pour le pays sont en réalité conséquentes, parfois même bien plus encore (il cite le cas de Warren Buffet, qui avait racheté un fabricant de textile en plein déclin pour utiliser le cash flow qui lui a permis de rampe de lancement pour créer son immense empire créateur au final de très nombreux emplois, bien supérieurs en tous les cas à l’activité et aux emplois perdus du fait de la délocalisation subie.

– Enfin, nous sommes invités, avec Mario Vargas Llosa, à nous intéresser à la culture de la liberté. Le constat que fait le Nobel de littérature est que, au-delà de l’économie, c’est bien plus encore dans le domaine de la culture que les adversaires de la mondialisation se distinguent en faisant craindre une uniformisation autour de la (sous-)culture américaine et leur fameuse « malbouffe ».

Le cas de la France (honte à nous) est particulièrement mis en avant par l’écrivain péruvien, qui fait référence à notre défense de l’exception culturelle française, notre José Bové national, et autres luttes contre les anglicismes ou toute forme de…

Pour Mario Vargas Llosa, le rapprochement des manières de vivre, du vestimentaire ou des manières de s’alimenter sont bien réels, mais la mondialisation n’en est qu’un effet, non une cause. On peut être nostalgique des temps passés, mais à moins de vivre dans l’isolement total et l’autosuffisance, nous dit l’écrivain, ce processus est absolument inéluctable, quel que soit l’endroit de la planète. Elle est surtout le fait de la liberté de choix des peuples.

Mis à part les petites communautés primitives magico-religieuses, remarque-t-il, aucun peuple n’a d’ailleurs conservé une culture restée identique et inchangée au fil du temps. La culture n’est donc pas quelque chose de figé. Quelques exemples issus de nos propres sociétés sur le seul siècle dernier lui permet de démontrer que ce n’est nullement le cas. C’est pourquoi il note :

« Le concept d’identité, lorsqu’il n’est pas utilisé à une échelle exclusivement individuelle, est intrinsèquement réductionniste et déshumanisant, une abstraction collectiviste et idéologique de tout ce qui est original et créatif dans l’être humain, de tout  ce qui n’a pas été imposé par l’héritage, la géographie, ou la pression sociale.

La véritable identité ressort plutôt de la capacité des êtres humains à résister à ces influences et à les contrer avec des actes libres de leur propre invention. La notion d’ « identité collective » est une fiction idéologique et le fondement du nationalisme. »

Ainsi, au lieu de devoir respecter, comme par le passé, une identité et des coutumes obligatoires, chacun peut aujourd’hui élargir notablement l’horizon de sa liberté individuelle. Et c’est en ce sens, nous dit Mario Vargas Llosa, que la mondialisation doit être accueillie favorablement.

L’inverse serait absurde et artificiel, ainsi qu’il le montre avec l’exemple de l’Amérique Latine et l’opposition de longue date entre indigénistes et hispanistes, qu’il développe par la suite, en montrant en quoi il les juge toutes deux sectaires, réductionnistes et fausses, et ayant des relents de racisme. En réalité, l’Amérique Latine est composée de multiples identités culturelles et de multilinguisme, et c’est ce qui, selon lui, en fait la richesse.

Les cultures locales et régionales ne se sont d’ailleurs jamais portées aussi bien que dans le monde libre, sans qu’ils aient à voir avec du nationalisme (il en donne des illustrations, comme l’Espagne d’après Franco).

  1. remarquable, merci pour cet article.

  2. Comte-Sponville a écrit sur le sujet.

  3. Non à l’agiographie du capitalisme! Ses « bons côtés » viennent certes d’entrepreneurs de qualité, adeptes de la philosophie libérale, donc de l’esprit des Lumières, et c’est ce qui a fait reculer la pauvreté tout en libérant l’individu de la main-mise du clergé. Hélas, le capitalisme a quant à lui été dévoyé dès que les sociétés commerciales, dites par le droit « personnes morales » (ah le joli hold-up sémantique), ont cherché à maximiser leurs profits et marges, à « optimiser » leur fiscalité, à imposer une rentabilité annuelle des actions à 2 chiffres, soit au minimum 10% par an (ce qui permet de doubler le capital en dix ans, sans parler du jeu de la Bourse). Mais notre épargne, elle, « to small to be interesting », n’a cessé de voir baisser sa rentabilité… Et les riches sont toujours plus riches, parce que leur fortune vient de la financiarisation et ne doit plus rien à cette « embarrassante » valeur ajoutée composée de savoir, savoir-faire et savoir-être dont les humains tirent leur dignité. Quant aux effets de la globalisation, voir le conflit Lactalis…

    1. curieux..qui ne cherche pas )à maximaliser son profit ou payer le moins d’impôts possible??? en outre vous trouvez le rendement de votre épargne faible alors que vous venez d’expliquer les le capitalisme permet de s’en mettre plein les fouilles..achetez des actions…

      1. payer le moins d’impôts possible, maximaliser mon profit : non…J’ai L’impression que l’éthique est devenue un gros mot!

        1. Eviter de payer 80% d’impôts c’est devenu un gros mot ?
          Il me semble me rappeler que l’on a eu une révolution pour moins que ça il y a 200 et quelques années…

            1. Madame,

              Je note que vous reconnaissez de « bons côtés » au capitalisme, et que d’autres aspects vous laissent plus sceptiques. Ce que je peux comprendre. Ne caricaturons cependant pas non plus ce système en le réduisant à une maximisation du profit, qui est loin d’être la seule finalité que peuvent poursuivre ses acteurs, ou à un objectif de payer le moins d’impôts possible. L’impôt n’est pas incompatible avec le capitalisme ; reste surtout à savoir ce qu’il sert à financer… Moi aussi, tout comme vous, je ne suis pas réticent par principe à payer des impôts. Pour autant, je peux ne pas être forcément satisfait à la fois de l’utilisation qui en est faite, comme de la répartition à laquelle ils donnent lieu. Là serait plutôt le débat.
              Ensuite, plusieurs des maux que vous dénoncez ne semblent pas forcément liés au capitalisme lui-même. Beaucoup de maux en général sont, d’ailleurs, plus souvent liés à la nature humaine qu’au système en vigueur. D’où ma question :

              Vous parlez d’éthique. Et je souhaiterais donc savoir de quelle éthique vous parlez au juste.
              Par ailleurs, quel autre système défendez-vous qui vous semblerait supérieur au capitalisme ? Communisme, économie de type tribal, système féodal, … ? Aucun de ceux-là, je pense bien ; peut-être est-ce tout simplement le système capitaliste que vous jugez imparfait (c’est ce que je crois comprendre), mais que proposez-vous ?

              1. Ce que je propose n’est pas un système politique binaire, mais je respecte les vraies démocraties, qui proposent de soumettre au peuple des objets qui les concernent et non, sempiternellement, le combat des apprentis-califes.
                Une réforme importante (âge de la retraite, loi travail, quelle Europe) exige une longue concertation de tous les milieux, puis un listage des propositions et oppositions, et l’élaboration collective d’un compromis, dont l’objectif n’est pas de satisfaire celle-ci ou celui-là, mais d’être acceptable par tous: oui, la Suisse est de ce point de vue exemplaire!
                Le bricolage législatif en quelques mois conduit à l’insécurité juridique et ça, c’est un vrai drame, de même que le CDD qui pousse à la médiocrité et décourage la volonté d’excellence.

                Aux systèmes quels qu’ils soient, je préfère me centrer sur l’amélioration de la pensée individuelle, moins d’ego, davantage de pensées bienfaisantes, ce qu’on peut faire partout, yc dans les transports collectifs par exemple, plutôt que de jouer sur son mobile. Je pratique et transmets (par troc ou aumône librement consentie) diverses techniques permettant de restaurer sa santé, corriger ses émotions plombantes, s’efforcer d’être dans le non-jugement d’autrui, souhaiter à la terre et à ses habitants davantage d’harmonie… Si chacun faisait un peu ça, moins de divorces, moins de familles monoparentales paupérisées, et au final, raréfaction de l’esprit de guerre. Utopie? Il faut bien commencer quelque part…🌿

                1. Il me semble donc que vous partagez finalement pas mal de valeurs communes avec la plupart des personnes qui s’expriment sur ce site. Les « démocraties » tronquées sont ici souvent dénoncées, de même que le capitalisme de connivence (y compris à plusieurs reprises dans l’article ci-dessus). Le système suisse, les harmonies économiques, le refus du « bricolage législatif », sont des exemples de points sur lesquels on ne vous renierait pas.

                  Défendre un certain idéal, donc, pourquoi pas. Je n’ai moi-même d’ailleurs toujours pas de téléphone portable (puisque vous l’évoquez) et ce que vous appelez « l’amélioration de la pensée individuelle » peut être proche de certaines de mes préoccupations.
                  Ensuite, nous aurions certainement des points de désaccord, encore que par l’argumentation peut-être certains d’entre-eux pourraient-ils être en partie dissipés.
                  En somme, il se peut que, par les mots, la réflexion, l’argumentation, vous ne soyez potentiellement pas si éloignée d’un certain nombre d’idées défendues sur ce site, mais sur lesquelles on peut avoir des a priori, en raison de la manipulation parfois sur les mots (voir par exemple la remarque ci-dessous au sujet du terme « néolibéralisme », forcément suspect par son caractère mystérieux et peu avenant, savamment entretenu).

    2. Le problème Lactalis n’a rien à voir ni avec la mondialisation ni avec le capitalisme c’est uniquement le fruit de l’intervention massive de l’état dans le secteur agricole, on aurait eu les même problèmes type de problèmes en URSS. Quand à la financiarisation de l’économie c’est encore le fruit de l’intervention étatique tout azimut avec explosion de la dette et manipulation des taux d’intérêt. Imaginer que nous vivons dans un monde capitaliste c’est un peut comme si les poulets d’élevage imaginaient que le monde réel ressemble à leur poulallié. Dans les fait nous vivons dans un monde à 90% socialiste avec une toute petite dose de capitalisme. cette toute petite dose suffit à produire suffisamment de richesse pour compenser l’immense gabegie du socialisme tous comme dans l’ex URSS les 2% de terres cultivé privativement fournissait 60% de la production agricole totale…

  4. Le capitalisme néolibéral actuel est un fléau planétaire. Il existe d’autres règles possibles de régulation des échanges commerciaux que celles, ultralibérales, de l’OMC. Lire https://www.monde-diplomatique.fr/mav/91/NIKONOFF/52458
    Toute les Nations devraient poser le dossier de la « charte de la Havane » sur leur bureau d’étude.

    1. Le mot « néolibéralisme » n’a aucun sens. C’est l’exemple type d’un anti-concept (au même titre que ultralibéralisme). Personne ne se dit néolibéral. Demandez à quelqu’un qui utilise de ce terme néolibéral qu’est ce que cela veut dire ?? quel est la définition ?? Dans bcp de cas, il en sera totalement capable et même s’il arrive, sa définition sera différente de celle d’une autre personne employant aussi ce terme. Demandez à dix personnes leur définition du néolibéralisme, vous aurez de grandes chances d’avoir dix définition différentes.
      Même s’ils ne sont pas d’accord entre eux sur la définition de ce mot, un certain nombres de personnes font diront que c’est un mouvement du début des années 80. Pourtant, le mot néolibéral vient de la fin du 19 siècle et a été utilisé tout au long du 20 siècle même s’il est vrai qu’il a été grandement popularisé par les antilibéraux depuis vingts ans. Les antilibéraux utilisent de ce mot néolibéralisme (tout comme ils utilisent du mot ultralibéralisme) car le mot libéralisme a une certaine connotation positive en tout cas dans sa dimension politique. Un certain nombre de principes fondateurs de l’état de droit et de la démocratie (que l’on appelle démocratie libérale) découle du libéralisme (politique). Voilà pourquoi les antilibéraux pour critiquer le libéralisme préfère utiliser d’autres termes comme néolibéralisme (qui sous entend une déformation du libéralisme) ou ultralibéralisme (qui sous entend un extrémisme).
      L’avantage avec le mot néolibéralisme c’est qu’on peut utiliser ce mot à tort et à travers, on peut utiliser ce mot pour désigner tout ce que l’on veut. De toute facon , tout ce qui va mal c’est de la faute du méchant néolibéralisme (même si l’on sait pas trop ce que c’est). Je trouve cela pathétique.
      En général, avec les gens qui employent le mot néolibéralisme: ce sont soit des antilibéraux qui ne changeront pas d’opinions et qui sont de mauvais soit des gens ignorants (ignorance qui est totalement compréhensible étant donné le climat antilibéral de la France) soit des gens qui utilisent ce mot car cela fait vendre.
      Il y a même des gens utilisant le mot néolibéralisme qui vous disent qu’il est impossible de définir ce mot .
      Si vous demandez aux gens de dire ce sont qui les néolibéraux, là aussi leurs réponses sont très floues. Même si la plupart vous diront que Tatcher et Reagan sont des piliers du néolibéralisme, en général, pour le reste ils ne sont pas d’accord d’entre eux. Une bonne partie disent aussi que Friedman était un néolibéral (sans doute parce que c’est l’économiste libéral le plus connu du 20 siècle, en général, le seul économiste qu’ils connaissent) . Une bonne partie des antilibéraux utilisent le mot néolibéralisme croyent que l’école néoclassique est néolibéral montrant toute leur ignorance de l’économie et de la pensée économique. J’ai déja vu des gens disant que Keynes était un néolibéral.

      Le « néolibéralisme » au même titre qu’ultralibéralisme permet de diaboliser le libéralisme. Les antilibéraux préfèrent utiliser ces deux termes plutôt qu’utiliser le terme « libéralisme » car dans le libéralisme, il y a le libéralisme politique (qui est connoté positivement par la plupart des gens) en utilisant un autre mot, cela permet de faire une distinction entre les deux, de bien montrer que c’est deux concepts différents. Que le néolibéralisme est une « perversion » ou un « excès » de libéralisme.
      C’est profondément malhonnête.

      En plus, comme ce sont des termes ne voulant rien dire, on peut les utiliser pour les accuser de tous les maux. Les libéraux auront tendance à moins se défendre vu qu’ils ne se reconnaissent pas dans ces termes débiles.

      1. Le néolibéralisme (ou ultralibéralisme) à pris forme au cours des années suivant les accords de Bretton Woods (que je ne critique pas ici), lorsque l’ONU c’est vu amputée de la gestion de l’Organisation Internationale du Commerce par le congrès des États-Unis.
        Le jeune empire états-uniens n’a pas simplement écarté l’ONU des affaires commerciales, il a tout simplement méprisé la « charte de la Havane » et l’aspiration des peuples signataires à vouloir organiser un libéralisme sage et respectueux, doté d’une cour internationale de justice.
        Les USA, en position de force, prônent le libre échange et font signer en 1947, le GATT (avorton de la charte de la Havane) qui mènera plus tard à l’OMC.
        Ainsi né le néolibéralisme, idéologie états-unienne qui entraînera le monde dans son rêve démentiel d’une croissance éternelle nourrie par un productivisme et un consumérisme effréné.
        70 ans plus tard on se réveille (a par vous bien sur) avec la gueule de bois et le rapport meadows sur les bras.
        Vous, vous rêvez toujours, confortablement allongés sur votre bulle financière prête à exploser

        1. Stéphane Boulots

          Donc « l’ultra libéralisme » serait responsable des politiques publiques interventionnistes que les libéraux dénoncent et combattent depuis plus de 200 ans pour être déficitaires, consuméristes, productivistes et non respectueuses des humains et de l’environnement ?

          Les sociaux démocrates et socialistes fanatiques aux commandes des états depuis un siècle n’y seraient pour rien ?

    2. Le monde diplomatique ? sérieux ? La crédibilité de ce torchon d’extrême gauche est nul. Le monde diplomatique c’est le torchon qui nous expliquait la réussite du Venezuela chaviste qui était leur modèle. On voit aujourd’hui le résultat (pénuries, hyper inflation, famine,…).
      Si je résume la vision des choses du monde diplo: les responsables de tous les maux du monde sont Israel ,les USa et le néolibéralisme (qu’ils définissent jamais).
      Je conseille aux crétins de torchon (qui soutient juste une idéologie qui a fait plus de 100 millions de monde) d’aller vivre dans un de leur paradis socialiste: Cuba, Erythrée, Zimbabwé, Venezuela,….

    3. Michel? que faites vous ici? vous etes perdu?

      1. Pas du tout, j’observe (amusé) une espèce de criquets ravager son unique champ de blé.

        1. Tient un Malthusien! comme c’est mignon la bêtise à l’état pure….

        2. Jusqu’ici les champs de blé (càd l’agriculture en général) ont été ravagés essentiellement (voire exclusivement) dans les pays socialistes. Heureusement que le blé capitaliste était là.

        3. J’espère que vous allez nous expliquer ce schéma: https://pbs.twimg.com/media/CqytwOrXgAE7feV.jpg

          Il n’y a jamais eu aussi peu de faim dans le monde. Ces dernières années, le nombre de personnes ayant faim dans le monde a connu un incroyable déclin: http://www.trop-libre.fr/l%E2%80%99incroyable-d%C3%A9clin-de-la-faim-dans-le-monde/

          Je trouve amusant de voir que les gens dans votre genre (Malthusien) sont persuadés d’avoir raison alors que toutes vos prédictions s’avèrent être fausses. Il n’y a jamais eu aussi peu de pauvreté dans le monde et jamais aussi peu de faim dans le monde mais si on écoute vos discours, on croirait que c’est l’inverse.

          Justement, si on compare les pays capitalistes avec les pays communistes. on voit qu’il y a bcp plus de dégâts environnementaux dans les pays communistes que capitalistes.
          Lisez ceci: http://minarchiste.wordpress.com/2010/12/06/est-ce-que-le-capitalisme-implique-la-destruction-de-l%E2%80%99environnement/
          http://minarchiste.wordpress.com/2012/06/19/les-grands-mythes-economiques-mythe-8/
          http://www.leblogueduql.org/2012/04/celebrer-la-terre-celebrer-le-capitalisme.html
          http://www.libreafrique.org/Falque_Environnement_pauvrete_160613
          https://www.contrepoints.org/2011/04/16/21586-l%E2%80%99economie-de-marche-est-eco-compatible http://www.contrepoints.org/2011/09/14/45941-comment-gerer-les-ressources-naturelles-la-voix-singuliere-delinor-ostrom
          http://www.24hgold.com/francais/article-or-argent-marxisme-communisme-et-gestion-des-ressources-naturelles.aspx?article=6448906998H11690&redirect=true&contributor=Thomas+A.+Harbor
          http://www.24hgold.com/francais/article-or-argent-la-question-environnementale-en-urss–entre-productivisme-et-bureaucratie.aspx?article=6745791720H11690&redirect=true&contributor=Thomas+A.+Harbor
          http://www.contrepoints.org/2014/12/04/190294-ecologie-quand-wwf-prouve-que-le-capitalisme-est-le-meilleur-systeme

          La pensée malthusienne part toujours du principe qu’il n’existe qu’une quantité limitée de quelque chose (travail, ressources naturelles…) et que, face à une augmentation continue de la population qui consomme cette ressource, une « pénurie inévitable » s’ensuivra. Les tenants de ce credo réclament ensuite des mesures drastiques à prendre au plus vite pour enrayer la trajectoire. Simple, séduisant, et faux.
          L’erreur est dans le postulat de base, l’idée que les ressources soient en quantité limitée. Entre les approvisionnements alternatifs, les progrès technologiques diminuant la consommation, le recyclage ou bien d’autres solutions sorties de l’inventivité humaine, cela ne s’est jamais vérifié, même pour des ressources prétendument rares comme le pétrole. De plus, les êtres humains ne sont pas des robots et face à la rareté, ils adaptent leur comportement en conséquence. le génie humain est infini.
          http://minarchiste.wordpress.com/2012/06/22/les-grands-mythes-economiques-mythe-9/

          Le catastrophisme des tenants de la décroissance repose sur des prévisions alarmistes sur la fin des ressources naturelles, dans la lignée de Malthus. Or quel crédit apporter à ces prévisions au vu de l’absence totale de fiabilité des prévisions passées ?
          Cécile Philippe de l’Institut économique Molinari en donne de nombreux exemples dans son livre C’est trop tard pour la Terre : elle rappelle que, par exemple, dès 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5,7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation. Elle ajoute également, entre autres exemples, que le Rapport Meadows prévoyait en 1972 pour avant la fin du XXe siècle un épuisement de certaines ressources dont la substitution paraissait impossible. À chaque fois les erreurs n’ont pas été minimes mais énormes, toujours dans un excès d’alarmisme.
          De même, Daniel Yergin, spécialiste américain de l’énergie a montré que, grâce aux réserves et aux progrès de la technologie, « le monde n’est pas près de manquer de pétrole ». Les techniques nouvelles permettent d’extraire davantage de pétrole des nappes et de mettre en valeur de nouveaux gisements, de sables bitumineux par exemple.
          En outre, le recyclage des matières premières est une solution mise en place depuis longtemps avec succès : 50 % du fer utilisé est recyclé, 90 % du platine et 80 % de l’or[5]. Le géochimiste Claude Allègre appelle de ses vœux un développement de ces filières pour toutes les ressources terrestres : « À une économie unidirectionnelle à ressources infinies (on produit – on utilise – on jette) doit se substituer une économie cyclique à ressources finies. ».
          Dans les deux cas, c’est… le marché qui permet le développement de ces solutions, par le mécanisme des prix.
          Les « décroissants » croient que la croissance est toujours matérielle, et donc qu’elle s’autolimite. Ce sont des matérialistes qui s’ignorent. Mais toute nouvelle invention qui a du succès génère de la croissance et de la valeur, sans réclamer pour autant plus de ressources matérielles (au contraire elle permet souvent d’en économiser). Le mouvement de la décroissance tient un discours essentiel négatif, se contentant de critiquer la « société de consommation ». pour remplir les objectifs que se fixent les tenants de cette idéologie, à savoir une réduction effective de la consommation ou de la population, seule la contrainte peut fonctionner : elle impliquerait la prise de mesures de coercition étatiques et la suppression de libertés, tant politiques qu’économiques.
          Ces conséquences ne sont nullement prônées par la majorité des partisans de la décroissance qui, comme tous les adeptes de la croyance en un état naturel abondant dont l’expression est empêchée par un principe malin (identifié ici dans la société industrielle, qui découlerait de l’idéologie libérale), pensent que l’abolition du système suffirait à guérir les maux qu’ils dénoncent. il existe des partisans, marginaux, de l’écofascisme qui visent à instaurer une dictature qui sacrifierait les libertés individuelles à la sauvegarde d’une nature idéalisée.
          Ces conséquences liberticides sont malheureusement quasi obligatoires.
          On peut déceler dans la promotion de la décroissance de fortes traces de millénarisme : annoncer la venue de cataclysmes, attribuer ces cataclysmes à une humanité insuffisamment vertueuse punie pour ses vices, appeler à une frugale repentance.
          On peut encore critiquer la décroissance comme le masque d’une volonté de puissance, une façade de vertu et de désintéressement qui sert de justification à des objectifs moins louables. La fin vertueuse — sauver la planète, l’humanité etc. — justifie des moyens radicaux, qui reposeraient entre les mains des promoteurs de cette idéologie, de sorte qu’un mauvais esprit peut considérer que la véritable fin des promoteurs de la décroissance est en réalité l’acquisition du pouvoir qui permettrait la mise en œuvre de celle-ci, un pouvoir d’ingénierie sociale total. Parallèlement la promotion de la décroissance nie toutes les autorités qui lui barrent la route. On ne peut que constater que la décroissance est dépourvue de légitimité auprès des spécialistes. En retour l’idéologie de la décroissance attaque les spécialistes légitimes et entend substituer les siens, ce qui se manifeste en particulier par le rejet de toute la science économique et la génération de ses propres sources d’information, qui fonctionnent en circuit fermé. Les économistes et les sources d’information traditionnelles sont discrédités comme étant à la solde du système. On signalera que le public amateur de décroissance est généralement médiocre et peu doué en économie, qu’il cherche dans les théories de la décroissance une rationalisation de sa détestation du système, à qui il préfère attribuer les maux dont il souffre plutôt qu’à lui-même, qu’il cherche des autorités qui lui disent que les spécialistes légitimes ne savent pas mais que c’est lui, Tartarin, qui sait. « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » et le marché de la décroissance est un business qui tourne…

  5. le capitalisme n a pas etre moral ou immoral.

    1. C’est justement cette amoralité qui pose problème.

  6. le capitalisme a réduit ces dernières années de moitié la pauvreté mondiale. http://loicgonsolin.politicien.fr/2013/07/05/716/ http://www.contrepoints.org/2012/03/22/74166-la-pauvrete-recule-dans-le-monde-grace-a-la-liberte-economique http://www.contrepoints.org/2013/10/13/142447-tout-ce-que-vous-aimez-devoir-au-capitalisme
    cela est un fait le capitalisme permet d’améliorer le sort des plus pauvres…..comme disait churchill: » Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère. » intéressez-vous à Muhammad Yunus et à Hernando de Soto Polar : Deux économistes qui ont démontré, de façon expérimental et concrète (avec le micro crédit en Inde pour le premier et dans les favelas pour le second), que seul le capital, le plus petit soit-il, peut permettre de sortir de la pauvreté. A LIRE : « Au secours, ils veulent la peau du capitalisme ! » (Sous-titre : Petites leçons sur l’économie de marché à l’usage de ses détracteurs) de Nicolas Lecaussin, chez FIRST Editions
    C’est un livre écrit de façon limpide : tout le monde peut le lire et comprendre. le capitalisme est un sytème parfaitement morale contrairement à ce que disent les anticapitalistes: http://nicomaque.blogspot.fr/2013/02/le-capitalisme-est-il-moral-ce-que-vos.html http://www.contrepoints.org/2012/01/31/66856-le-capitalisme-le-systeme-le-plus-vertueux-jamais-invente

  7. http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-nouailhac/nouailhac-recul-de-la-pauvrete-vive-le-capitalisme-08-10-2015-1971651_2428.php

    Sur le capitalisme, lisez « The Mystery of Capital : Why Capitalism Triumphs in the West and fails Everywhere Else »de Hernando De Soto
    et « The Case For Legalizing Capitalism »de Kel Kelly. Cet ouvrage vise à expliquer ce qu’est vraiment le capitalisme et comment celui-ci est la meilleure forme d’organisation économique possible. La plupart des mythes et sophismes économiques les plus répandus y sont abordés.
    voilà le lien pour lire le second ouvrage: https://mises.org/library/case-legalizing-capitalism

    Si vous voulez trouver plus d’ouvrages traitant sur le capitalisme, allez ici: https://mises.org/search/site/resources%205642%20Case%20for%20Legalizing%20Capitalism (vous pouvez les lire gratuitement)

  8. Les anticapitalistes et autres gens haissant la finance utilisent un sohisme qui consiste de faire du marché une personne. le marché n’existe pas en tant qu’entité. Le marché, c’est chacun d’entre nous, chacun de ses acteurs, producteurs et consommateurs ou intermédiaires. Le marché ce sont des acteurs, plus ou moins nombreux selon le type de produit échangé. Ainsi, le marché du pain en France est constitué des millions de consommateurs qui achètent leur baguette, des dizaines de milliers de boulangers, d’agriculteurs, etc. Le marché ne désigne que l’ensemble des relations à la fois volontaires et potentielles entre les personnes. Volontaires, cela veut dire que tout le monde y entre exprès en relation, et c’est une preuve suffisante qu’elles y trouvent toutes leur intérêt. Potentielles, cela veut dire qu’il y a marché tant qu’il y a choix. Si l’échange est à long terme, on entre alors dans un contrat, et quand les contrats sont multiples, dans une organisation.

    le marché a des imperfections mais comparer le marché à un état parfait comme le fait les anticapitalistes est erroné. l’état a aussi des imperfections. or si on étudie les imperfections du marché et les imperfections de l’état, on se rend compte que le marché a moins d’imperfections que l’état. c’est pour cela qu’il faut un état limité.

  9. il me semble qu’il serait plus intéressant de comprendre quel est le but poursuivi par ceux qui accusent le capitalisme d’immoralité. Une fiscalité morale? des impots moraux? des lois morales?

    1. Le but est évident : puisque la vie est injuste (pointé ici du doigt une inégalité quelconque) JE (inséré ici un politicien lambda incapable ou trop fainéant pour gagner sa propre croute) vais modifier la réalité pour la corriger. En gros c’est une manière comme une autre de bien gagner sa vie au dépend des nombreux gogos qui peuplent la terre.

    2. notre but est de vous faire comprendre que le futur que vous nous proposez ne nous intéresse pas du tout. On voudrait vous faire lever le pied de l’accélérateur. Le virage à négocier est plus serré et plus étroit que vous ne l’imaginez, la situation est réellement alarmante.

      1. Stéphane Boulots

        Allez expliquer cela aux socialistes aux commandes piquouzés à la croissance pour financer leurs promesses électorales et graisser la patte de leurs petits copains.

  10. Une chose n’est immorale que par rapport à une morale de référence. Dès lors tout est moral par rapport à son cadre moral propre.Il vaudrait mieux parler des valeurs qui sous-tendent un ordre moral. Or les valeurs du capitalisme, sont la recherche de la maximalisation du profit et le refus de la régulation sociale, notamment. Ces valeurs là, pour moi, sont inacceptables. Et je lutterai toujours contre dans le respect de ma morale.

    1. Vous avez lu le début de l’article qui parle de regarder le capitalisme autrement que dans une approche matérialiste ?

      Vous ne parlez pas de la même morale, le relativisme moral auquel vous faites référence est un dogme matérialiste, une contorsion mentale plutôt qui repousse la morale dans la politique.

      Vous confondez morale et jugement moral, valeurs et conséquences…

    2. Morale de référence ? laquelle, la votre, la mienne ou celle de l’Etat se termine toujours dans des charniers.

      Ca devient gonflant tous ces commissaires politiques.

      « refus de la régulation sociale »

      Refus d’une régulation sociale fondée sur la coercition. Encore une fois, quand elle est le fait de l’Etat, ça se finit toujours très mal : plus de 150 millions de morts au XX° siècle.

    3. Alors que penser de toutes ces entreprises qui donnent plus que le minimum légale à leurs employés? Pourquoi en France tout le monde n’est pas payé au SMIC puisque aucunes entreprises n’est légalement tenue de donner plus? Pourquoi l’équivalent de la sécurité sociale existait bien avant celle ci sans qu’aucune obligation étatique ne l’impose? Les étatistes/socialiste après avoir ravagé la société viennent doctement nous expliqué que si ils n’avaient rien fait la situation serait bien pire…

  11. « un tel acteur ne serait mu que par son seul intérêt personnel ou la recherche du profit. » Cette seule position est parfaitement défendable moralement d’une part et donnera lieu à un enrichissement globale de la société par la simple addition des intérêts individuels.

  12. Sur ce sujet, si le capitalisme est immoral, si l’intérêt personnel est immoral, quel est donc la moralité de ceux qui critiquent la moralité du capitalisme ?

    Ayn Rand a tout dit sur ce sujet aussi, laissons là parler, c’est un grand moment :

    Pourquoi est-il moral de travailler au bonheur d’autrui, mais pas au vôtre ? Si le plaisir est une valeur, pourquoi est-ce moral quand d’autres le ressentent mais immoral quand vous le ressentez ? Si la sensation de manger un gâteau est une valeur, pourquoi est-ce un vice immoral dans votre estomac et, dans l’estomac d’autrui, une vertu que vous devez cherchez à atteindre ? Pourquoi est-il immoral que vous éprouviez du désir, mais moral qu’autrui en éprouve ? Pourquoi est-il immoral de produire une valeur et la garder, mais moral de la donner ? Et s’il n’est pas moral que vous gardiez une valeur, pourquoi est-il moral pour les autres de l’accepter ? Si vous faites preuve d’abnégation et de vertu en la donnant, ne sont-ils pas égoïstes et vicieux quand ils l’acceptent ? La vertu, est-ce de servir le vice ? Le but moral des hommes bons est-il l’auto-immolation au nom des hommes mauvais ?
    La réponse que vous évitez, l’hideuse réponse est : Non, ceux qui prennent ne sont pas des hommes mauvais tant qu’ils n’ont pas gagné la valeur que vous leur donnez. Il n’est pas immoral qu’ils acceptent tant qu’ils sont incapables de la produire, incapables de la mériter, incapables de vous offrir la moindre valeur en retour. Ce n’est pas immoral qu’ils en jouissent, tant qu’ils ne l’ont pas obtenu de plein droit.
    Tel est le fondement secret sur lequel votre conviction repose, l’autre moitié de votre deux poids, deux mesures : il est immoral de vivre de son propre effort, mais moral de vivre des efforts des autres ; il est immoral de consommer le fruit de son travail, mais moral de consommer le fruit du travail des autres ; il est immoral de gagner, mais moral de quémander ; ce sont les parasites qui sont la justification morale de l’existence des producteurs, mais l’existence des parasites est une fin en soi ; il est mal de profiter par accomplissement, mais bien de profiter par sacrifice ; il est mal de créer votre propre bonheur, mais bien d’en jouir au prix du sang d’autrui.
    Votre code divise l’humanité en deux castes et leur impose de vivre selon des règles opposées : ceux qui peuvent tout désirer et ceux qui ne peuvent rien désirer, les élus et les damnés, les passagers et les transporteurs, ceux qui mangent et ceux qu’ils mangent. Quel est le mètre-étalon qui détermine votre caste d’appartenance ? Quelle clé permet d’accéder à l’élite morale ? La clé est l’absence de valeur.
    Quelle que soit la valeur impliquée, c’est le fait que vous ne l’ayez pas qui vous donne un droit sur ceux qui l’ont. C’est votre besoin qui vous donne droit à une récompense. Si vous être aptes à satisfaire vos besoins, votre aptitude vous prive du droit de les satisfaire. Mais un besoin que vous êtes inaptes à satisfaire vous donne un droit prioritaire sur les vies du reste de l’humanité.
    Si vous réussissez, tout homme qui échoue est votre maître ; si vous échouez, tout homme qui réussit est votre esclave. Que votre échec soit juste ou non, que vos désirs soient rationnels ou non, que vous ne méritiez pas votre mauvaise fortune ou qu’elle résulte de vos vices importe peu : c’est votre mauvaise fortune qui vous donne droit à une récompense. C’est la souffrance, quelle qu’en soit la nature ou la cause, la souffrance comme absolu premier, qui vous donne une hypothèque sur tout ce qui existe.
    Si vous soignez votre souffrance par votre propre effort, vous ne recevez aucun crédit moral : votre code considère cela avec mépris comme un acte allant dans le sens de votre intérêt personnel. Quelle que soit la valeur que vous cherchez à acquérir, qu’il s’agisse de richesse, de nourriture, d’amour ou de droits, si elle est acquise par votre vertu, votre code ne considère pas cette acquisition comme morale : vous n’engendrez de perte pour personne, c’est un échange, pas une aumône ; un paiement, pas un sacrifice. Ce que l’on mérite relève du domaine égoïste et commercial de l’intérêt mutuel ; il n’y a que ce que l’on ne mérite pas qui puisse faire l’objet d’une transaction morale, qui consiste en un gain pour l’un au prix d’un désastre pour l’autre. Demander que votre vertu soit récompensée est égoïste et immoral ; c’est votre absence de vertu qui transforme votre demande en un droit moral.
    Une morale qui donne au besoin valeur de créance, tient le vide – la non existence – pour mètre-étalon de la valeur ; elle récompense une absence, un défaut : faiblesse, inaptitude, incompétence, souffrance, maladie, désastre, le manque, la faute, la lacune – le zéro. »
    Ayn Rand, Galt’s Speech, in For the New Intellectual.

Les commentaires sont fermés.