Voiture autonome : la bureaucratie pousse à l’innovation !

Publié Par Simone Wapler, le dans Technologies

Par Simone Wapler.

Voiture électrique : la bureaucratie pousse à l'innovation !

tampons administration bureaucratie credits frederic bisson (licence creative commons)

Vous avez peut-être suivi en France les démêlés d’Uber et des taxis ? L’application pour téléphone mobile développée par Uber permet de s’affranchir des stations de taxi, des bornes d’appels, et de disposer dans Paris et quelques grandes villes de voitures avec chauffeurs en quelques minutes. Le tout pour moins cher. La rente des chauffeurs de taxi a été mise à mal par cette concurrence, ce qui a créé quelques remous.

Par rente, j’entends monopole accordé par l’État qui vend très cher une plaque à des taxis qui essayent de la rentabiliser. Vu du côté client, Paris est LA capitale sans taxi. Si vous allez dans d’autres grandes villes d’Europe vous constatez que trouver un taxi n’est pas un problème, tandis qu’à Paris, si. Dans de nombreux pays, le chauffeur de taxi paye une petite taxe annuelle fixe pour acheter sa licence et l’ajustement de l’offre à la demande se fait naturellement.

La bureaucratie parasitaire s’agite

Pour tenter de sauver la rente existante, la Parasitocratie française s’est agitée. Une loi compliquée et mal ficelée, mitonnée par le député Thévenoud, une cascade de décrets ont vu le jour. Enfin, l’argent de nos impôts a financé le développement d’une application concurrente de celle d’Uber pour les taxis. Elle fut présentée en grande pompe en octobre de l’année dernière par le ministre Bernard Cazeneuve. La Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières et le Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique ne sauvèrent cependant pas la mise et l’application fut un échec. Réinventer avec de l’argent public ce qui est déjà très bien fait avec de l’argent privé est un des péchés mignons de la Parasitocratie.

Côté client, la concurrence d’Uber a été très salutaire. Désormais, les chauffeurs de taxi sont plus aimables, font un effort pour vous ouvrir la porte ou prendre vos valises et les Parisiens ont vu miraculeusement surgir des forfaits pour les courses aéroports – Paris. Le principe de l’économiste Frédéric Bastiat se trouve à nouveau vérifié : la concurrence fait naître la créativité et l’intelligence.

Et parfois, la bureaucratie excessive, elle aussi… accélère l’innovation.

Ca vous étonne ?

À la fin de ce mois, Uber lancera à Pittsburgh aux États-Unis un service de véhicule sans chauffeur avec une voiture autonome développée par Volvo, la XC90.

Uber met les bouchées doubles

Les tracasseries administratives auxquelles était soumis Uber l’ont poussé à mettre les bouchées doubles sur le développement des voitures autonomes. De coûteuses et oiseuses discussions légales sur ce qu’était un taxi mettaient en évidence qu’il fallait un chauffeur. Faute de chauffeur, le service ne rentre plus dans la case légale taxi. Uber a donc ouvert en 2015 son centre de recherche à Pittsburgh. Un an plus tard, il teste en mode gratuit ses nouvelles voitures.

Mes deux collègues, Ray Blanco et Aaron Gentzler, en visite cette semaine dans la Silicon Valley ont vu une Google Car.

Sur la route, lundi soir, à Mountain View — là ou Google a son siège — j’ai vu trois voitures autonomes, avec des gens à l’intérieur.

Il n’y a pas d’instruments dans l’habitacle. On ne pourrait pas reprendre la main sur le véhicule au cas où on le voudrait. Le feu passe au vert, la voiture démarre… et les deux passagers continuent à bavarder.”

Heureuse nouvelle : en France, le Conseil des ministres a autorisé la circulation de véhicules autonomes sur la voie publique à des fins d’expérimentation… Le “principe de précaution” n’a pas prévalu.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

  1. je suis toujours épaté par un truc qui me dépasse : pourquoi la voiture autonome serait obligatoirement électrique ?
    derniére trouvaille commerciale de Tesla , la batterie de 100KW…formidable c’est l’équivalent de 10L d’essence dans une voiture de 2T ou quelques litres d’autre chose plus énergétique….super véhicule écologique ha ha ha
    uber , fait mieux , il veut remplacer le taxi par une autonome , l’histoire ne dit pas si celle ci met les valises dans le coffre ou fait le guide pour touristes perdus ou met au lit le passager alcoolisé…
    ces 2 innovateurs devraient s’associer avec un 3éme larron producteur d’alcool , qu’est qu’on va être bourré dans quelques années tellement bourré qu’on aura même pas la force de décoller de l’écran plat ..a quoi bon si la voiture autonome peut aller seule au supermarché !

    1. Pour ce qui est des taxis autonomes la voiture électrique est assez logique :
      – restrictions de circulation en ville qui se mettent petit à petit en place
      – Meilleure utilisation de l’énergie en ville : véhicule à l’arrêt (bouchon, ralentissement) = zéro consommation
      – Seuls 1/5ème à 1/4 maxi des déplacements des taxis conventionnels sont effectivement productifs pour transporter des passagers, le reste étant des retours, des liaisons ou de la maraude improductive. Le taxi autonome permet d’optimiser les trajets en envoyant le véhicule le plus proche et lorsqu’il est en attente il peut faire des charges ponctuelles (1/4 d’heure par exemple) en gardant le taxi sur zone et en attente d’une course.
      – Aucun risque de panne en ayant un véhicule immobilisé au milieu de la chaussée grâce à la redondance des batteries et des moteurs.
      – Meilleure image

      1. non , pas trés logique , c’est en ville que la consommation énergétique d’un véhicule est la plus importante . ..on sera vite limité par la complexité et le cout du réseau électrique nécessaire pour alimenter tout ça..une panne reseau et boom tout est bloqué surtout qu’avec le réchauffement climatique , les clims tourneront a fond et les centrales électriques en jachère ou sous contrôle des cueilleurs de marguerites( faudrait doubler le nombre de centrales de toutes sortes , aucun investisseur ne se risquera la dedans)!

        1. le véhicule autonome réduit drastiquement le nombre de véhicules en circulation, rends disponible pour la circulation les voies réservées des bus (remplacés, obsolètes) et les places utilisées pour le parking (inutile : le véhicule vous dépose et vient vous chercher, quand personne n’a besoin de lui il sort de l’espace urbain), donc réduits les bouchons. Il peut se synchroniser avec les feux de circulations et avec les autres véhicules, circulant à touche-touche sans effet accordéon et avec un aérodynamisme d’ensemble excellent même si chaque engin est en lui-même tout carré. Il se recharge au freinage. Il n’a pas besoin de rouler très vite et n’a donc pas besoin de résister à des chocs très violents, il n’a pas besoin de la complexité des tableau de bord, volants, pédales etc. : tout cela permet de gagner du poids . Tout additionné on aura des consommations en ville bien plus basses que celle d’aujourd’hui.

        2. Les « Cassandre(s) » n’ont pas changer depuis des siècles! Dignes successeurs des critiqueurs des premiers trains, ridicules en rendement (c’est vrai!), en « progrès » (c’est évidemment vrai!) et totalement opposés aux solutions alternatives opposées à leur conservatisme (et parfois à leurs « investissements »), Mais les Cassandre(s) se sont trompées souvent!

          La liberté est aussi celle d’essayer, de se casser la figure et de rebondir! Quoi de plus imbécile que de faucher un champ d’OGM d’étude donc « expérimental »?

          1. Bonjour miky stouffs

            La liberté c’est de ne pas payer des subventions pour les voitures électriques, subventions payées par les impôts par la contrainte.

            La voiture sera électrique.. ou pas.

            La tesla est la voiture électrique qui est dans une niche bien précise, les bobos friqués, comme la navigation à voile.

            L’autolib, mais privée me parait avoir plus d’avenir.

    2. Elles ne sont pas électrique, elles sont « hybride ». Diesel-électrique, comme on disait avant la mode verte. Les trains y sont passés, les bateaux aussi, les voitures suivent, c’est techniquement logique. L’électrique gagne sur tout les tableaux contre le thermique (puissance, couple, rapidité de changement de régime, boite de vitesse inutile, rendement, poids et volume, fiabilité et maintenance). Il n’a qu’un défaut plutôt grave : une autonomie ridicule. Avec l’hybride on gagne sur les deux tableaux.
      En plus, en ville c’est facile de recharger un truc qui serait 100% électrique, surtout si il fait essentiellement le taxi (petits trajets).

      1. L’hybride ne s’est développé pour les voitures qu’à grands coups de subventions. Pour les bateaux, il y a des questions de souplesse et d’efficacité qui ont poussé au diesel-électrique sans la moindre aide publique, si c’était intéressant pour l’automobile, nul doute que ça n’aurait pas attendu les subventions non plus. Quant à la recharge facile, attendons qu’on puisse recharger de 400 kWh en une minute dans les mêmes conditions de sécurité qu’à la pompe à essence pour la vanter.

        1. pour ça on est d’accord.

        2. Vous avez vu l’autonomie des nouvelles Tesla? C’est bien plus que la « pause après 2 heures de route » fortement conseillée par la sécurité routière! Donc boire un café après 400 bornes, sans fatigue, ce sera les doigts dans le pif! Sans compter les autres avantages, dont le bruit et le confort de ces voitures! Déjà essayé?

          1. Je viens de recevoir mon avis d’imposition, mais je n’ai pas encore vu la Tesla et les stations de recharge de 400 kWh/minute correspondantes : je ne dois pas payer encore assez…

          2. La Tesla, la voiture qui prend feu spontanément comme un véhicule à essence ❓

            On arrête pas le progrès décidément 🙂

  2. Bof, tracasseries administratives ou pas, Uber aurait de toute façon fait des tests de voiture autonome. Ils savaient dès le début que leur modèle économique serait temporaire. On peut cependant saluer leur approche qui articule le court et le long terme. Tout le contraire de nos députés et de nos chauffeurs de taxi en somme. Uber a non pas un, mais deux coups d’avance sur eux.

    1. Le principe d’Uber était de mettre en relation l’offre et la demande de service là où elle est gênée par des conditions de monopole ou de réglementation idiote. La voiture électrique sans chauffeur est une capitulation sans conditions envers ce qu’Uber combattait jusqu’à présent, c’est l’appropriation du contrôle centralisé aux dépens de l’individu.

      1. Ça, c’est votre interprétation militante. Vous voyez Uber comme une façon de transformer la société. C’est d’abord un business.
        D’ailleurs la décentralisation n’est pas réellement le point clé. C’est faire l’impasse sur le fait que les transactions passent par une plateforme centralisée (le site et les règles d’Uber). On peut dire la même chose de toute « dématérialisation » ou toute « décentralisation » permises par Internet. Tout passe par des data centers, qui sont archi-centralisés, physiquement.
        On peut aussi voir les choses de façon encore plus terre à terre, autour du besoin de se déplacer. Il s’agit d’offrir un service de transport souple et réactif. La voiture autonome permet d’aller un cran au-delà.

        1. Un transport souple et réactif n’a rien de commun avec la voiture électrique sans chauffeur. Electrique signifie qu’on se contraint à une source d’énergie inadaptée aux véhicules autonomes, sans chauffeur qu’on privilégie la rigidité et les contraintes d’un logiciel et de capteurs faillibles encore à développer à la prestation à priori satisfaisante d’un individu de bon sens prêt à la fournir, lui, au prix du marché.
          Je ne vois rien de plus constructiviste et politiquement correct, et en m’interrogeant sur les motivations d’Uber, je ne trouve comme explications vraisemblables que soit un buzz publicitaire qui retombera bien vite si les véhicules électriques sans chauffeur sont proposés au coût réel sans subventions, soit une volonté de compenser par un autre monopole et la vente de ses produits dérivés « Big Brother » les difficultés de s’attaquer à celui des taxis.
          Un business qui se lance dans une activité non rentable (sauf subvention publique monstrueuse) et ultra politiquement correcte est forcément suspect à mes yeux de libéral. Même s’il se peut que je me trompe sur la nature des intentions et des risques cachés, il est impossible qu’il n’y en ait pas.

          1. C’est évidemment le cas de toute technologie faisant « un pas en avant » (le « progrès »). Bien sûr qu’il y aura des errements, au début! C’est quasi « consubstantiel »! Mais tout « progrès » technologique porte son lot de « do it yourself » qui permet à votre autonomie de s’opposer à une pensée unique: avantage à ne pas négliger!

            (Indépendant et « profession libérale », j’ai informatisé mon activité, avec gain de production, diminution de charge administrative et plus dépendant de la « machine » que d’une secrétaire plus ou moins fiable, malade, en grève ou en vacances!) Et secret médical mieux gardé!

            1. Mais alors, si vous n’avez plus de secrétaire, qui donc explique au client que son problème est dû à un bug informatique ?

  3. « Par rente, j’entends monopole accordé par l’État qui vend très cher une plaque à des taxis qui essayent de la rentabiliser »
    Non les plaques de taxi sont gratuites (mais horriblement dures à obtenir à la préfecture).
    C’est leur nombre limité qui rend leur prix élevé à la revente.

  4. On vous fait croire que c’est une voiture sans chauffeur, mais c’est juste une manière dissimulée (?) de dire que c’est le gouvernement via ses prescriptions et un logiciel dont vous ne savez rien qui conduisent.
    Qu’Uber se lance là-dedans en montre plus sur le retour d’Uber dans le rang que sur l’acceptation populaire de l’innovation et du progrès !

  5. Dommage qu’une des premières affirmations soit fausse: l’État ne vend pas « très cher une plaque à des taxis qui essayent de la rentabiliser ».

    Au contraire les plaques nouvelles sont accordées gratuitement – en fonction d’une liste d’attente.
    Les plaques n’acquièrent un prix qu’en seconde main.

    C’est leur nombre limité qui rend leur prix élevé à la revente. Et l’Etat ne perçoit rien…

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