Les Keynésiens en guerre contre l’excès d’épargne

Publié Par h16, le dans Édito

Ah, vraiment, la conjoncture économique actuelle ne fait rien qu’à embêter nos dirigeants et leurs économistes ! C’est vraiment rageant ! Pourtant, tous leurs petits modèles mathématiques précis et efficaces sont formels : épargner, c’est néfaste, et c’est pour ça que l’économie mondiale ne veut pas redémarrer. C’est même Mario, le petit plombier de la Banque Centrale Européenne, qui le dit.

Et avec Mario, la presse reprend en cœur le cantique keynésien : « l’excès d’épargne : l’un des grands problèmes de l’économie mondiale » titre Le Monde sans hésiter, pendant que La Tribune estime directement que c’est cet excès d’épargne qui est la cause de la crise financière actuelle.

Pour les uns et les autres, c’est évident : de nombreux spécialistes constatent que les taux d’intérêts (de court et de long termes) baissent ; c’est donc que les investissement ne sont pas assez conséquents face à l’offre de crédit. Pour Mario, c’est limpide, ces taux bas « sont le symptôme d’une demande d’investissement insuffisante à travers le monde pour absorber toute l’épargne disponible », et puis c’est tout. Conclusion : les (méchants) investisseurs capitalistes ne font pas leur travail et n’investissent pas assez.

Étonnamment, le raisonnement contraposé, celui qui voudrait que l’investissement est en ligne avec ce que l’économie promet effectivement, mais que l’offre de crédit, en face, est bien trop abondante, n’est pas du tout envisagé par les mêmes élites. Il faut dire que ce dernier raisonnement pose un problème majeur, puisqu’il comporte en lui-même l’indication de la source du problème : du crédit facile et en abondance, du cash en veux-tu, en voilà, ça ne se dégote pas sous le sabot d’un cheval… Mais plutôt en sortie d’imprimerie de banque centrale, en conséquence de politiques trop accommodantes et d’une psychologique anti-épargne, typiquement.

Et là, les choses deviennent un tantinet plus complexes : à la proposition que les banques centrales auraient baissé leurs taux directeurs en réaction à des tensions sur le marché, on peut contre-proposer qu’elles n’ont fait que favoriser une situation déjà perverse, en l’aggravant. En multipliant les mesures destinées à faciliter le crédit, depuis les LTRO et autres QE divers et variés, elles sont directement responsables de cette abondance du crédit, qui ne rassure personne.

En baissant leurs taux, en injectant de la monnaie comme jamais dans les systèmes financiers, en envoyant régulièrement des signaux confus sur les marchés, les Banques Centrales sont massivement intervenues au point de rendre illisible le seul signal indispensable à la formation de tous les marchés, celui du prix. Ce message est maintenant complètement perdu, distordu à tel point que les comportements observés de ces marchés paraissent bien souvent complètement déconnectés des réalités économiques sous-jacentes : avec des taux effectivement négatifs, on s’ébat joyeusement dans une réalité parallèle grotesque où l’avenir devient plus certain que le présent, où il faut payer les clients pour qu’ils empruntent !

shut up and take my money

Bref, on est, de façon objective, entré dans un grand n’importe quoi qui mériterait amplement de se poser quelques questions sur la pertinence des actions des banques centrales, des gouvernements et des politiques keynésiennes employées jusque là. Malheureusement, nos vaillants journalistes, économistes et politiciens ne semblent pas d’accord. Pour Le Monde, « il conviendrait de s’attaquer, dans le désordre, au déclin démographique, au fonctionnement du système financier, à la répartition de la valeur ajoutée entre profits et salaires ou aux inégalités. » Autrement dit, si le keynésianisme, qui n’a jamais donné de résultats probants dans l’Histoire, ne fonctionne toujours pas actuellement, c’est parce qu’on n’en a pas fait assez.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Et pendant que nos belles élites auto-proclamées se préparent psychologiquement à en remettre une sacrée couche, le monde réel, confronté à la réalité palpable, fait ce qu’il peut pour limiter les dégâts de ces politiques irresponsables et destructrices.

Puisqu’objectivement, tout démontre qu’on est en période de déflation, tous ceux qui ont deux sous de bon sens comprennent qu’il vaut mieux les mettre de côté plutôt que les remettre dans le bastringue qui menace visiblement d’exploser un jour ou l’autre. Si l’épargne grossit, si l’investissement est à la traîne, c’est parce qu’au contraire flagrant de ce qu’indique les taux, le futur est complètement incertain, et envisagé plus sombre que le présent. La montée du cours de l’or n’indique rien d’autre qu’une envie massive des acheteurs du métal précieux de sortir autant que possible d’un système financier qu’ils estiment instable.

Pendant ce temps, il apparaît donc parfaitement stupide de continuer à injecter de la monnaie dans un système financier et bancaire qui démontre sa fébrilité quant au futur, notamment parce qu’il sait qu’il est vérolé. De surcroît, toutes les manœuvres plus ou moins fines des Banques Centrales pour créer un semblant d’inflation se sont avérées nulles et non avenues. Ni le Japon, ni l’Angleterre, ni l’Union Européenne, ni la Fed américaine ne sont parvenus à créer une inflation au niveau de ce qu’ils estiment, depuis leur boule de cristal, devoir atteindre, ce qui démontre amplement leur absence réelle de pouvoir sur les marchés : l’action collective des centaines de millions d’épargnants écrase de façon magistrale les petits moulinets fébriles de nos dirigeants sans pouvoir réel. Les mantras keynésiens et la propagande consumériste idiote s’amplifient, la guerre contre le cash s’amorce très visiblement en prétendant lutter contre les trafiquants mais en bataillant contre les individus et l’allocation intuitive de leurs capitaux, on en vient à songer distribuer de l’argent aux ménages par hélicoptère ou par un revenu universel insidieusement aliénant, mais rien n’y fait : l’investissement ne décolle pas.

Pourtant, l’évidence crève les yeux. On la voit à l’œuvre, actuellement, au Venezuela, sans comprendre que les mêmes causes provoquent les mêmes effets : on a tout fait, là-bas, pour y contrôler le prix du papier hygiénique, et le papier hygiénique est venu à manquer. Là-bas encore, on fait tout, actuellement, pour y contrôler les prix de la nourriture, et la nourriture vient à manquer, cruellement.

Au niveau mondial, les Banques centrales et les gouvernements keynésiens proposent tous les mêmes politiques qui reviennent, in fine, à vouloir contrôler le prix de l’argent. Quel résultat croient-ils obtenir, à part une disparition de celui-ci et de sa raison d’être, l’échange ? Qu’espèrent-ils donc comme effet magique et miraculeux pour qu’au contraire de toutes les expériences passées, cette fois-ci, ce contrôle imbécile aboutisse à un résultat différent ?

Comme je le disais en introduction, vraiment, la conjoncture économique actuelle ne fait rien qu’à embêter nos dirigeants et leurs économistes. Mais avec ce qu’on vient de voir, on ne peut plus guère douter que ces dirigeants et leurs économistes font absolument tout pour l’embêter, et c’est même eux qui ont commencé.

Comment s’étonner du résultat ?

le socialisme sans épargne, c'est magique
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Sur le web

  1. Leur seul objectif est de ne pas voir leurs dettes insoutenables exploser en plein vol.
    Sans dette, ils ne peuvent plus payer leurs planques à potes et leurs assistés. Leurs système s’écroule donc immédiatement.

    Et tous les moyens pour y parvenir seront mis en place (QE, inflation, ponction des comptes, interdictions du cash, voire pire – cf Vénézuéla)

    Il faut donc
    a) affamer la bête
    b) sortir du système financier actuel
    c) attendre

  2. Mélenchon va nous dire que si au Venezuela ils avaient commencé par contrôler les prix de la nourriture, ils n’auraient pas eu le problème avec le papier hygiénique. Le pire c’est que c’est fort probable !

  3. Excellent !
    Ce qu’il faut bien admettre, c’est que la discipiine appelée « macroéconomie », inventée par Keynes à l’usage des gouvernements, qui occupe la quasi-totalité des « économistes » contemporains et guide l’action des banques centrales, est en réalité une fausse science construite sur une collection d’erreurs de raisonnement, et donc sans grand rapport avec la réalité.
    Keynes lui-même était d’ailleurs trop intelligent pour en être dupe, mais assez mégalo pour faire semblant.

  4. Le problème est le lien entre épargne, crédit, investissement et consommation. Si l’on souhaite consommer plus à l’avenir, il faut investir mais peut-on investir plus sans sacrifier une partie de la consommation immédiate ? Que la source de financement des entrepreneurs soit l’épargne (pas de création monétaire) ou le crédit bancaire (donc création monétaire), l’investissement « physique » se traduit forcément par la mobilisation de ressources réelles (main d’œuvre…) et donc par un effet sur la consommation.
    La question est de savoir si le système sera plus efficace en le laissant s’équilibrer spontanément (les épargnants et les banquiers ajustent leurs choix en fonction des taux d’intérêt et des risques de non remboursement) ou en le manipulant artificiellement via des banques centrales qui peuvent créer de la monnaie de façon illimitée. La deuxième méthode malgré son utilisation intensive ne donne pas de résultats, il est temps de revenir à la première !

  5. Merci H16 de souligner ce point essentiel de la découverte du prix.
    C’est d’ailleurs à se demander si l’un des objectifs des BC (car elles oeuvrent maintenant de concert) n’est pas précisément de supprimer cette fonction du marché, et sa conséquence logique: l’impossibilité d’investir autrement qu’en s’inscrivant dans le paradigme ainsi mis en place; i.e. prendre le contrôle de l’économie. Car après tout, quelle peut être la seule explication logique pour un acteur dominant comme une BC quand il torpille de lui-même et joyeusement le principal outil de perception et de mesure de sa politique si ce n’est parce qu’il veut en cacher les effets et opérer des transferts massifs d’actifs sans que cela apparaisse?
    Si l’une des conséquences évidentes que vous décrivez est le refus d’investir (puisqu’on ne peut plus le faire selon des critères d’investissement logique) ne restent plus que deux solutions: « parquer » ses actifs (y compris liquides) le temps de comprendre ce qui se passe ou suivre la direction imposée par les marchés ainsi trafiqués.

    Or dans les deux cas, les conséquences sont à terme de vous séparer de vos actifs.
    En effet dans le premier cas, toutes les formes de détention sont taxables et confiscables au profit des états et du glacis du secteur de connivence. Les derniers textes nécessaires ont tous été passés parfois depuis peu.
    Dans le second, les dés sont pipés et les investisseurs ne peuvent qu’être suiveurs, ne sachant pas qui seront les acteurs économiques adoubés ou les vecteurs de manipulation choisis. Car c’est ainsi qu’il faut à mon sens comprendre le sens des « hedge fund hotels » tels qu’Apple ou le secteur des biomédicales adoubées.

    Et c’est là que ça devient intéressant, car suivre le mouvement initié par les BC est bien cela et uniquement cela. Vous ne pourrez qu’être suiveurs, puisqu’il est de notoriété publique que les BC donnent à l’avance à certains acteurs privilégiés des informations sur les décisions qu’elles prennent, accentuant encore plus la notion d’accaparement de la valeur par le mode de distribution de la disponibilité de l’argent. Le schéma classique ne prenant en compte que l’avantage provenant d’être aux premiers rangs des distributeurs de crédit, c’est à dire au plus près des BC, mais il semble que cela n’était plus assez « décisif ».

    En gros donc, vous pouvez vous faire plumer soit parce qu’on va venir vous prendre ce que vous avez, soit parce que vous allez le risquer et qu’on vous le prendra car al distorsion d’information est trop importante en votre défaveur.

    En ce sens j’ajouterai un point que vous n’avez pas mentionné, probablement pour ne pas lasser vos lecteurs par un écrit trop long: les mesures effectivement prises par les BC ont non seulement échoué quant à réaliser leurs objectifs officiels (le fameux « trickle down »: la percolation de l’argent des QE et autres mesures non conventionnelles vers l’économie réelle par le biais des obligés de premier rang) mais ont de fait systématiquement fait se tarir les fonds disponibles à l’économie réelle marchande (je ne parle évidemment pas des bulles de crédit automobile, cartes de crédit ou autres prêts étudiants qui servent chacune des pans particuliers du glacis de connivence). Au point qu’en reprenant une analyse causes/effets, certains en viennent à constater l’évidence perçue par le commun des mortels: les BC ont mis en place un système pour qu’il échoue. Voir ainsi pour la Fed cette analyse brillante: http://www.zerohedge.com/news/2016-05-15/fed-worries-about-deflation-pays-banks-billions-not-lend-qe-proceeds

    1. Vous oubliez que certaines entreprises pèsent plus lourd que certains états…et si jamais il venait à l’idée de certaines de ces compagnies de créer leurs propres banques (ou d’en racheter comme ce qu’a pu faire Airbus)…sans parler du fait que certaines entreprises de technologie peuvent facilement mettre en oeuvre des moyens de pressions assez important sur n’importe quel individu…fusse-t-il « président du monde »…

      1. Les entreprises sont déjà des banques puisqu’elles se font crédit mutuellement en se faisant payer avec un délai.

  6. de l'economie un peu sérieuse

    vous pourriez au moins distinguer les post keynésiens et les néo keynésiens

    1. C’est vrai. Les néo-keynésiens reprennent les thèses de Keynes le charlatan qui ne cherchait qu’une chose : l’oreille des gouvernements et les honneurs qui vont avec, alors que les post-keynésiens retiennent les quelques positions réalistes de Keynes sur l’impossibilité de quantifier ou de prévoir les phénomènes, et rejoignent en cela les autrichiens.
      Mais n’empêche : le principal coupable de l’illusion macroéconomique, c’est bien Keynes.

  7. Les 2 liens du début d’article sont intéressants, mais les commentaires de ces articles le sont encore plus. Et si, assez logiquement, les lecteurs de la tribune ont peu ou prou le même avis qu’H16, ceux du Monde se complaisent dans la critique et l’envie. ..et puis. ..ces sales rentiers, qui sont aussi des sales capitalistes voire de dangereux libéraux ne méritent qu’une chose: qu’on récupère l’argent qu’ils ont volé pour le rendre au peuple et à l’économie réelle.

    Bon, évidement, quand on leur piquera leur livret A ou leur assurance vie, ou qu’on leur appliquera le loyer fictif, ce sera beaucoup moins drôle. .. mais toujours la responsabilité du méchant capitalisme.
    Et finalement quand ils feront la queue, leur ticket de rationnement à la main, pour des denrées absentes, ce sera la faute à la finances, hein, non mais, mon bon monsieur, comme ils disent dans le poste, et mon beauf qui s’y connaît parce qu’il bosse au guichet retrait de la poste.

    C’est marrant, ça a commencé comme ça au Venezuela. … sans doute un hasard

  8. Mon cher h16, très bon billet ! (En ce lundi de pentecôte,vous vous êtes passés le mot avec l’excellent Charles Gave ?).

  9. Excellent… et Charles Gave est en phase avec vous ce jour…

    http://institutdeslibertes.org/de-limbecilite-foudroyante-du-keynesianisme/

    A vous deux c’est quasiment un effet El Niño décuplé… 🙂 ça va chauffer et brûler quelque part 😀

    1. « ça va chauffer et brûler quelque part »
      … si seulement c’était vrai …

  10. Cette furieuse envie de contrôle est effrayante .
    Cette société ressemble de plus en plus à un mélange de 1984 et de « Sur la route de la servitude  » . Les États Unis qui sont pris en exemple pour leur taux de croissance exceptionel ( par les temps qui court !) est interresant :

    – taux d’endettement des ménages au plus haut historique 125% du revenu dispo !
    – valorisation boursière déconnectées de toutes réalité ( voir les PER de Facebook et autres )
    – Dettes étudiantes qui risque d’exploser
    – etc

    Dieu merci , l’état nous protège !

    1. 125% du revenu disponible ça ne veut rien dire : les canadiens sont à 160% et ne consacre que 7% de leurs revenus au remboursement de la dette.
      Suisse, Suède : 200%; Danemark, Pays Bas 300%.

      Dettes étudiantes américaines : $22,500 en moyenne.

      PER de Facebook : sa décrue rapide prouve bien que les investisseurs avaient raison. Son PER ramené à son cours d’introduction ($38) est de 23. Le PER mesure une espérance de gain dans le temps (l’avenir), pas à l’instant T. Vous l’avez juste raté quand il est descendu à $18 et qu’il en est maintenant à $118.

      Amazon c’est pareil, ils commencent à distribuer leur premiers bénéfices.

      Anything else ?

      1. Merci , Mais je connais le PER .
        Amazon et Facebook ne sont pas comparable même si elle sont dans le même acronyme .
        Autant comparer Facebook et Walmart!

        1. « Merci , Mais je connais le PER. »
          Faudrait savoir alors, ne l’analysez pas à l’instant T.

          « Amazon et Facebook ne sont pas comparables… »
          Elles sont sont cotées au NASDAQ, ont la même capitalisation, elles font partie des GAFA (Google, Apple, FaceBook, Amazon) et des 10 sites les plus visités au monde et ces sociétés ont entre 10 et 20 ans d’existence et donc des modèles en développement.

          « …même si elle sont dans le même acronyme » : ooops, ça a dû buggué là

    2. Des PER élevés ne signifient pas forcément que la bourse est déconnectée de la réalité. Les manœuvres des banques centrales pour déprimer les taux d’intérêt incitent forcément les capitaux à se reporter sur ce qui rapporte encore un peu, même si cela rapporte moins qu’avant. Par ailleurs un investisseur n’ayant pas une aversion excessive pour le risque peut très bien faire le pari de miser sur des sociétés prometteuses ayant un fort PER sachant qu’il y aura sans doute du déchet mais que celles qui perceront compenseront les déceptions des autres. Je suis bien d’accord que les facebook et autre twitter sont fragiles, un nouvel entrant peut surgir et les rendre obsolètes du jour au lendemain. C’est plus difficile pour Amazon qui s’appuient sur des infrastructures couteuses entrainant un fort ticket d’entrée.

  11. Pour Keynes la création et la détention de la masse monétaire constituent des moyens qui doivent être mis au service de l’intérêt général. La détention de monnaie ne doit pas constituer une fin en soi.
    Les disponibilités monétaires doivent donc être utilisées comme des leviers du développement économique d’une nation.
    Par contre, Keynes a sous estimé dans son raisonnement le fait que les prélèvements fiscaux et sociaux sur l’activité économique ont l’effet inverse puisqu’ils ont pour effet de ralentir les économies de nos pays.

  12. Il y a une erreur majeure et probablement volontaire de lecture du keynésianisme par les socialistes et les étatistes en général, c’est de recourir à la fameuse « relance par la demande » (justifiant une politique monétaire extensive) à des fins structurelles (c’est-à-dire durablement et à long terme), quand Keynes lui-même a énoncé les strictes conditions justifiant cette politique : 1) un environnement fermé (sinon l’augmentation de la demande crée mécaniquement une hausse des importations),2) une capacité de production sous employée (or de nombreux pays ont abandonné une grande partie de leurs industries) 3) un taux de chômage temporairement en hausse (et non un chômage structurel de masse) 4) une durée limitée de cette politique censée injecter une énergie temporaire dite « contracyclique » dans un économie qui ralenti, et non palier ses carences structurelles.
    Ne pouvant imaginer un seul instant que les économistes keynésiens de gauche n’ont pas entièrement lu la théorie de leur idole, on en déduit qu’ils sont prêts à toute forme d’usurpation d’idée et de fausse référence pour enfumer le citoyen , leur recours précédent au marxisme ayant en effet pris quelques rides au fil des échecs systématiques des régimes qui s’y sont brûlés.

    1. L’économie n’est qu’un moyen pour les hommes politiques. Il ne l’utilisent que pour appuyer leur soif de pouvoir. Peu leur importe de bien ou mal interpréter les textes fondateurs, seul compte leur objectif ! Remplacez dans cette phrase économie par écologie et elle reste vraie !

  13. Sam, sortez un peu la tête du guidon. L’acronyme auquel il fait référence est celui-là même que vous utilisez un peu plus haut. Il voulait simplement dire qu’ils partageaient le même acronyme (GAFA).
    Quant au PER et à ces deux boites, il convient quand même de relever qu’ils s’agit de la construction ex-nihilo ou presque de véritables outils de guerre capitaliste (et de connivence). En gros, le pari dans le temps, est que les moyens dont on les dote en capital permettront d’asseoir une position dominante, aidée en cela par tous les acteurs qui auront précisément concouru à son établissement. C’est assez limite je dois dire, mais très efficace par les temps de connivence qui courent.

  14. Pour dépenser de l’argent que l’on n’a pas gagné, il n’y a que deux solutions : soit faire appel à l’épargne de ceux qui ne dépensent pas tout leur revenu, soit faire appel à la création monétaire faite par les banques. Le bon sens voudrait que s’il y a pléthore d’épargne, la création monétaire non seulement ne se justifie plus mais il est alors temps d’engager la contraction de la masse monétaire (les banques accordent moins de nouveaux prêts qu’elles ne reçoivent de remboursement des anciens prêts). Les bas taux d’intérêt sont effectivement un excellent signe de l’excès d’épargne.
    Je soupçonne ceux qui déplorent l’excès d’épargne, de déplorer en réalité le défaut d’investissement.
    Là encore le bon sens indique que si l’on souhaite plus d’investissement, il faut récompenser les investisseurs par des profits plus élevés (donc moins d’impôts sur ces profits) et il faut arrêter de détourner les capitaux disponibles vers plus de consommation. Il n’y a en effet pas besoin de savantes théories pour comprendre que les moyens de production se répartissent entre la production de consommable et la production de moyens de production supplémentaire (ce qui est l’investissement). Pour rééquilibrer le couple investissement/consommation, il faut donc freiner le consommateur le plus abusif qui est l’état.
    Le problème pour les égalitaristes convaincus est que récompenser les investisseurs qui réussissent va à l’encontre de leur souhait puisque cela induit des inégalités. C’est bien pour cela que croissance et égalitarisme sont à peu près incompatibles.

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