François Hollande, symbole d’une démocratie fatiguée

Publié Par Claude Robert, le dans Politique

Par Claude Robert.

Les exemples ne manquent pas de la part de François Hollande, et il serait tentant de considérer sa dernière saillie, le « ça va mieux » du 8 mai, comme étant particulièrement mal placée. N’a-t-il pas affirmé devant les caméras de France 2 : « nous avons bien redressé le pays en quatre ans » ?

Or, le bilan de son gouvernement est catastrophique, car il accumule les échecs sur tous les plans : celui du chômage, de la croissance, de la pression fiscale et de la dette de l’État.

Il fallait un sacré doigté pour ponctionner aussi violemment les ménages et les entreprises sans que la dette ne s’améliore pour autant, et sans que cela ait la moindre influence sur la croissance et sur le taux de chômage (tandis que tous ces ratios se sont embellis chez nos voisins européens depuis les années 2014) ! Mais où est donc passé l’argent ? Telle est la question qui s’impose, et à laquelle la réponse tient en quelques mots : l’argent a été gaspillé par l’incohérence et l’inconséquence du gouvernement.

Que François Hollande se soit targué d’avoir redressé le pays après lui avoir infligé de telles déconvenues est donc tout simplement odieux. Tout cela transpire le mépris pour le peuple, aux antipodes de l’autocritique constructive…

Pourtant, quand bien même il serait facile d’accuser notre Président de tous les maux qui affectent notre pays, François Hollande n’en est que l’un des symptômes. Il est probablement le plus visible d’entre eux, mais il n’est pas le seul. Car le mal qui gangrène l’hexagone est, hélas, bien plus général qu’un simple accident d’élection présidentielle. Le fait que François Hollande ait réussi à se retrouver à la tête de l’État est bien évidemment révélateur d’une cascade de dysfonctionnements.

Le problème a été analysé de multiples fois ici (cf notamment « Comment la France sélectionne ses élites ») mais il prend toutefois une nouvelle configuration depuis quelques années. Que voyons-nous aujourd’hui ? Nous observons un Président incompétent accélérer le recul et l’endettement de notre pays tout en préparant sa réélection. Pour ce faire, il se sert des médias nationaux comme porte-voix, tout en laissant barboter son gouvernement dans des querelles stupides et une inaction ruineuse.

Ainsi, pour qu’un pays laisse opérer un Président aussi problématique, cela suppose la perversion de tout un système. Or, il semble maintenant que cette perversion se développe autour de ces quelques travers particulièrement toxiques :

  • l’abandon par les médias de leur fonction de contre-pouvoir
  • la contamination de la sphère politico-économique par le relativisme culturel
  • la lassitude et la perte de confiance des citoyens

Les médias ne font plus office de contre-pouvoir, bien au contraire

hollande fatigué rené le honzecCela fait quatre ans que François Hollande est président, mais il ne se passe pas une journée sans que les médias ne relatent ses états d’âmes. Va-t-il se présenter ou pas en 2017 ? Qu’a t-il rétorqué suite au dernier sous-entendu de son ministre de l’Économie ? Comment a t-il recadré en aparté son sanguin Premier ministre ? Telles semblent être les considérations des rédactions qui, de ce fait, ne cessent d’assumer le rôle de porte-voix du Président.

Pire, elles le suivent pendant ses voyages à l’étranger, le prennent en photo, et reproduisent l’ensemble de ses déclarations, pour le plus grand bonheur de l’intéressé. En réalité, le fait de coller à l’actualité présidentielle, de dupliquer l’ensemble de ses développements, tout cela revient à en assurer, sans le dire, sa totale légitimation. Or, tant que les médias se comportent de la sorte, animés par une idolâtrie réflexe, pour quelle raison le Président s’en priverait ? Ainsi médias et Président s’auto-entretiennent dans une relation réflexive dont le grand perdant est le pays :

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Dans un pays démocratique et ouvert, il semble pourtant que le Président a suffisamment démontré son inadaptation à la fonction pour susciter à la fois un désintérêt pudique des journalistes, et un surcroît de critiques de leur part. Pourtant, les médias français ont atteint un tel niveau de soumission que même ceux dits libéraux restent polis et courtois face aux déclarations les plus inconsistantes de François Hollande !

Qu’il est respectueux le ton des articles et des reportages quand on le compare avec celui des groupes de discussion sur Facebook ! D’ailleurs, l’une des principales fonctions de ces groupes n’est-elle pas de laisser s’exprimer les critiques et les informations qui sont partout ailleurs censurées ou, au mieux, édulcorées ?

Le relativisme culturel contamine la sphère politico-économique

La chute de l’esprit critique dont parlent sociologues et historiens, ce rabaissement de tout système de valeur culturel au niveau du tout venant, en un mot le « relativisme », contamine à son tour ce qui touche à la politique et à l’économie.

« Crise de la demande », « crise de l’offre », « étatisme », « libéralisme », « endettement », tous ces mots sont utilisés à tort et à travers, en dépit du bon sens, par les médias et les hommes politiques, à un tel point que leur signification se dilue dans un brouhaha neutralisant, pour se retrouver in fine reléguée au rang des idéologies ou des gadgets.

Comment pourrait-il en être autrement dans un pays où la presse de gauche, largement dominante, est ulcérée par le comportement, « ultralibéral », (sic) du gouvernement de François Hollande tandis que du côté des libéraux et des médias non socialistes (il en existe encore quelques uns), on tempête contre un gouvernement qui, derrière les discours de façade, donne toujours libre cours à son socialisme, à son inclination pour l’impôt et pour les recrutements compulsifs de fonctionnaires ?

Ainsi, en 2016, dans un pays soi-disant riche et instruit, les discours les plus contradictoires sont servis aux citoyens, indépendamment de la réalité des faits ! Tout et son contraire est devenu possible ! Avec pour résultat des hommes politiques, des indignés et des journalistes très nombreux à s’offusquer de la cruauté ultralibérale de notre gouvernement, malgré le fait qu’il s’approprie près de 60% du PIB annuel et qu’il continue d’aider les chômeurs via un keynésianisme dont on sait qu’il ne répond en rien aux problèmes de notre économie !

Les citoyens sont las et perdent toute confiance en notre classe politique

Les sondages démontrent chaque année le piètre niveau des Français en matière de culture économique (cf Les différentes formes de pouvoir). Mais face à un tel méli-mélo, le pire est à venir ! Ballottés au milieu de versions diamétralement opposées quant à la situation économique de leur pays, abreuvés nuit et jour par des reportages idolâtrant leurs leaders politiques les plus improbables et reproduisant leurs mensonges les plus grotesques, en proie à une situation sociale continuant de se détériorer lentement, les citoyens français courent un risque majeur : celui de se désintéresser encore un peu plus de la « vie de la cité » et de ne plus croire en rien.

La montée du Front National, parti typiquement anti-système, illustre bien la matérialisation de ce risque. Ce risque prend corps sous nos yeux depuis des années maintenant. La probabilité qu’un Président FN soit élu en 2017 n’a jamais été aussi élevée, malgré un programme économique d’extrême gauche.

Sa présence au second tour semble déjà assurée, ce qui prouve le niveau d’exaspération de la population française, et des jeunes en particulier, dont les deux tiers penchent pour ce parti.

Au final, un triste tableau

Idolâtrie des médias vis-à-vis de nos leaders politiques, chute de leurs capacités critiques, déni de réalité, avachissement des idées politico-économiques, désintérêt pour la vie de la cité, perte de confiance, tout cela n’est pas très affriolant. Il devient urgent de freiner l’ensemble de ces processus destructeurs. Ne mettent-ils pas en danger le fonctionnement même de notre démocratie ?

Sur le web

  1. Népotisme et clientélisme sont les deux mamelles de la rrrrépublique française.

  2. La Coupe Est Pleine

    Garbages in = garbages out !
    Il avait raison, il sera toujours dans le vrai.

  3. « Le symbole d’un système politique qui ne fonctionne plus ».
    François HOLLANDE n’est que la partie la plus visible de l’iceberg du monde politique français.
    Un monde politique qui se détermine en fonction s’assouvissements d’ambitions personnelles, d’impostures et d’abus de pouvoirs.

  4. la dette n’est pas prêt d’être réglée vu que nous ne réglons que les intérets de la dette , ( 50 milliards par an je crois ) ; concernant 2017 , le ps espère toujours une confrontation au second tour avec le FN qui se finira comme le duel chirac / le pen en 2002 ; et en ce qui concerne les louanges de la presse pour hollande , elles sont innutiles because la france est bel et bien confrontée quotidiennement à des problêmes qui s’accumulent à son encontre et contre cette réalité les mensonges de certains merdias sont kaduc ; le seul moyen pour hollande d’exister , c’est de continuer  » la redistribution de l’argent des contribuables  » via un endètement sans fin ; belle perspective pour un avenir bien triste et bien noir ;

  5. Une démocratie, pour fonctionner correctement, nécessite un minimum d’éducation du peuple. Des années de dérive étatiste dans l’EN et de discours médiatiques soigneusement cadrés ont produit ce que l’on constate. L’espoir est du côté d’internet: la diversité des opinions qui y circulent provoque au débat et alimente le jugement.

  6. Au contraire le système fonctionne bien puisqu’il n’est même pas nécessaire de respecter ses engagements, d’être compétent, de réussir quelque chose, de tenir compte de ce que veut le peuple … pour se servir et bénéficier des privilèges jusqu’à sa mort. La seule chose qui pourrait bloquer le système c’est la révolte du peuple, c’est pour cela que la stratégie consiste à le décourager, à le soumettre , à le contrôler, à le désarmer, à le spolier, à le diviser, etc..Ils sont au dessus des lois, peuvent tout se permettre sans être inquiétés.Elle n’est pas belle la vie ?
    La démocratie n’est pas  » fatiguée  » : elle existe d e moins en moins

    1. c’est tout à fait ça…pour ce qui est de l’avenir, faudra s’attendre à etre tres pauvres, betes, moches et avec une vie de merdes et de grandes difficultés sociales, pour les uns. Pour les autres, ceux qui n’ont rien à voir avec le peuple, les nantis, s’attendent à etre tres riches, impunis, et feneants… voilà le sombre tableau qui est notre avenir, mais qui est ce que nous vivons depuis des lustres et n’est pas pres de changer… pour etre « heureux », ne jamais se meler aux riches c’est un monde à part, comme les pauvres dailleurs, il faut imprimer ça une bonne fois . Il y a 2 mondes bien distincts, la richesse et la pauveté…il pourrait y avoir plus de details, bien sur, mais faudrait deja reussir à imprimer ça avant d’aborder les details…

  7. « Au final, un triste tableau
    Idolâtrie des médias vis-à-vis de nos leaders politiques… » Je précise : de gauche, car malheureusement si Nicolas Sarkozy n’a pu faire mieux, c’est justement parce qu’il a eu les médias contre lui depuis la 1ère minute de son élection… , et que ces médias à 98% de gauche, si prompts à parler déontologie, n’en ont aucune et pratiquent le lavage des cerveaux français depuis 40 ans pour faire passer Leurs idées, Leurs idoles. Tout est permis, déformation des faits et des mots, mensonges, manque de sens critique, déni de réalité, avachissement des idées politico-économiques… D’ailleurs ils sont intimement liés au pouvoir… Quant à la justice… Souvenez-vous du mur des cons, tout est dit !
    Ceci dit, cela n’enlève absolument pas la responsabilité de François Hollande dans le désastre que vit la France aujourd’hui. C’est lui le grand manipulateur qui tire les ficelles depuis 4 ans. Il a pourtant bénéficié d’une période très faste qui aurait pu permettre de redresser notre pays ( taux d’intérêts proches de 0, pétrole bas …)

  8. L’État Français ne fonctionne plus .
    Par exemple, nous sommes censé, en droit français, appliquer les traités avec une force supérieure à celle des lois, et ça vaut aussi pour le traité qui fixe la limite du déficit à 3% et la dette à 60% du PIB. Les fonctionnaires du ministère des finances ont un statut protecteur qui ne se justifie que pour leur permettre de dire au ministre dépensier « désolé, mais on a pas le droit ». La haute fonction publique n’est plus une solution, elle est le problème.
    Et la justice n’est pas en reste : elle aussi aurait pu, aurait du, s’emparer du problème , poursuivre les contrevenants (car faire obstacle à l’application des lois (dont les traités) est un délit, et même un délit grave. Et bien non …

  9. Bel article.
    Les exemples sont quotidiens, innombrables, et bien sur, fortement subventionnés avec nos impôts.
    Quitte a se foutre de la gueule du monde, autant faire les choses en bien et en grand. 2 Milliards, une paille.

    Par exemple, titre LePoint: « Les industriels sont galvanisés, car Le Drian s’engage personnellement »

    Ardis, entrepreneurs, tu ne savais pas faire, tout seul, dans ton coin, dans ta cave humide. Quelle bénédiction! Un haut fonctionnaire s’est engagé! Et personnellement avec ca! Oyez oyez, braves gens, les entrepreneurs marchent dans les pas du nouveau Jesus, baignés d’une lueur divine, galvanisés vous dis je, pour un peu, en rut.
    En l’occurence, de rut, je ne vois que le journalleux a genoux du nouveau Jesus, s’efforçant de n’en perdre une goutte.

    Welcome back to the USSR boy, you don’t know how lucky you are.

  10. Vous avez raison, tout cela est insupportable, mais Hollande, la caste politique au pouvoir, sont tellement aveugles, imbus, qu’ils ne peuvent tout simplement pas comprendre et encore moins admettre qu’ils sont dans l’erreur. Si l’opposition ne l’emporte pas avec panache en 2017, c’est à désespérer.

  11. « ça va mieux » et « nous avons bien redressé le pays en quatre ans » sont juste des slogans électoraux. Faute de mieux il commence déjà à se placer dans le cadre de l’élection de 2012. En réalité, il ne fait que parler du bilan du quinquennat précédent. Il fait semblant de croire que tous les problèmes sont liés aux 5 ans de pouvoir de la droite et se pose en victime de leurs actions. C’est une stratégie de petit, de médiocre. N’ayant aucune réussite à exhibr, il ne fait que parler en creux des erreurs des autres.

    1. En fait il sous-entend pour ecux qui veulent l’entendre :
      – « cela va mieux » que sous Sarkozy et la droite
      – « nous avons redressé le pays en 4 ans » après 5 ans d’horrible gestion de la droite

      C’est cela son vrai message à la gauche française. Il ne propose rien si ce n’est de dire que cela va mieux quand on est dans le siège du chef.

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