Panama Papers : qui est derrière la fuite ?

Publié Par Charles Bwele, le dans Sujets de société

Par Charles Bwele.

Robinet crédit Guillaume Coqueblin (CC BY-NC-ND 2.0)

Robinet crédit Guillaume Coqueblin (CC BY-NC-ND 2.0)

À moins que vous viviez dans une dimension parallèle, vos radars interstellaires ont certainement capté l’écho des Panama Papers

Cette colossale fuite de documents confidentiels sans précédent (2,5 To de données) révèle une très dense constellation de sociétés offshore détenues ou exploitées par des chefs d’État, des milliardaires, des sportifs de haut niveau, des célébrités et des firmes du monde entier. Nul doute que des figures politiques de par le monde seront éclaboussées ou désarçonnées par ce scandale.

Les données initiales, transmises, par une source anonyme, à l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), sont issues du cabinet panaméen de conseil offshore Mossack Fonseca, qui n’est qu’une étoile parmi tant d’autres de l’immense galaxie hautement spécialisée dans les sociétés-écrans et les paradis fiscaux, offrant divers degrés de complexité dans la dissimulation fiscale et financière et baignant dans un environnement légal en constante évolution à l’échelle internationale.

Peu de clients américains

Selon Bloomberg, “The World’s Favorite New Tax Haven Is the United States” mais très peu de traders, de firmes ou de hedge funds plus ou moins américains figurent dans ces petits papiers panaméens. Qu’est donc l’ingénierie made in USA en évasion fiscale devenue ? Cette très faible présence de clients américains dans le portefeuille de Mossack Fonseca aurait-elle quelque lien avec cette fuite inédite de documents ?

Le président russe Vladimir Poutine, ses amis oligarques et son homologue et allié (ou vassal) syrien Bachar El-Assad figurent très souvent en pole position des Unes ou des headlines consacrées aux Panama Papers, et ce, en pleine guerre froide 2.0 et surtout peu après quelques avancées significatives de l’armée syrienne (solidement appuyée par l’aviation et des forces spéciales russes, et plusieurs unités de l’armée iranienne et du Hezbollah) contre l’État Islamique. Le hasard fait bien les choses…

Les Panama Papers ont été publiés par l’Organized Crime and Corruption and Reporting Project (OCCRP) et par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) qui réunit plus de 370 journalistes dans 76 pays, et de grands quotidiens / médias tels que Suddeutsche Zeitung (Allemagne), Le Soir (Belgique), Le Monde (France), The Guardian, BBC (GB), Ouestaf News (Sénégal), Haaretz (Israël), El Mundo (Espagne), The Huffington Post (USA), etc.

Selon l’OCCRP sur son site web, ses principaux donateurs sont la fondation Open Society créée et dirigée par le milliardaire George Soros, et l’agence d’aide au développement USAID qui opère sous la supervision de la Maison Blanche, du département d’État et du Conseil de Sécurité Nationale (cf. Wikipédia).

L’ICIJ est un département ou une subdivision du Center For Public Integrity (CPI), organisation sans but lucratif basée à Washington qui, selon son site Web, compte la fondation Open Society (encore !) et la Carnegie Corporation of New York parmi ses principaux donateurs.

Achtung Baby : il ne s’agit guère de verser dans une théorie du complot, de noyer un gros poisson et encore moins de “blanchir les clients du blanchisseur” mais d’observer sommairement l’arrière-plan des Panama Papers a fortiori dans un contexte stratégique de plus en plus sulfureux et donc imprégné par une sournoise infoguerre…

Sur le web

  1. je suis plus choqué par le non respect de la présomption d’innocence que de savoir qui a laissé fuité cela et pour quelles raisons, qui me semble, de toutes façons, secondaire sauf à révéler éventuellement les ressorts d’une guerre économique et politique qui se joue en général à l’insu des populations.

    1. Ce qui est dingue, c’est l’aspect chasse aux sorcières qu’il y a là.
      Les journalistes possèdent une liste. Quelle est sa validité ? Et depuis celle-ci, ils donnent des noms en pature, sans ses soucier du fait des préjudices créés. Que j’aimerai qu’un nom de journaliste s’y trouve…

      Sinon, j’adore le fait qu’ils refusent de remettre la liste aux autorités… Pas confiance en l’État alors que ça concerne les impôts, c-a-d le financement de l’État…
      Ces gens qui ne font pas confiance à l’administration à qui ils veulent filer 60% de leurs revenus… 🙂

  2. je trouve trés étrange toutes ces révélations ; tout le monde sait depuis longtemps qu’il y a des évasions fiscales ; ça dure depuis 40 ans ….et ça sort maintenant ?poutine nommé en tête , suivi de la chine , de porochenko…. rien que ces trois là sont le cauchemar des usa….je crois à un bel enfumage qui va occuper pendant un moment l’esprit des populations ; et je doute fort que les usa aient les mains aussi propres que l’on veut nous faire croire ;

    1. Marie ,

      Un vrai journaliste d’investigation réagirait comme l’auteur de cet article et se poserait la question : à qui profite ce déballage et pourquoi voit-on apparaître certains noms de certains pays et partis politiques et pas d’autres relevant de la bien pensance , savoir vivre et savoir être …

    2. Tout à fait d’accord. Poutine est cité en premier, alors qu’il s’agit pour l’instant de son entourage et non de lui. Pas blanc comme neige Poutine ? Sans doute, maiss cela en dit long sur l’objectivité des journalistes du Monde qui feraient mieux de s’interroger sur la question : a qui profite le crime ? Sont ils innocents au point de ne pas se poser la question d’un enfumage de la part de nos bons amis américains ?

  3. Beaucoup disent ici au Panama qu’il y a une volonté des Etats Unis de devenir la plus grosse plate forme off shore du monde. Et c’est vrai qu’un peu partout depuis les Panama Papers on voit des articles qui vantent les places américaines comme les plus secrètes …

  4. Bravo pour cette analyse en rupture complète avec la lecture du Monde et des teles à sensation. Si les faits reprochés à tel ou tel sont avérés, il conviendra bien sûr de donner les suites adequates à ces affaires, mais ce positionnement vertueux est insupportable et suspect. Notre grand président s’engouffre dans la brèche, espérant en tirerun peu quelque chose.

  5. Tout à fait d’accord avec les intervenants.
    J’ajouterai qu’il s’agit de secrets de polichinelle, sans intérêt réel, servant de diversion pour les « gogos » et d’os à ronger pour les éternels vengeurs justiciers…
    La « fable des abeilles » de Mandeville ( 1729) résume bien, et prémonitoirement, la question.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fable_des_abeilles

  6. Wikileaks, pour une quantité de données similaire, ont mis 9 ans à 4000 personnes pour en faire une analyse pertinente. Là, soi-disant en 1 an d’investigation, les tabloides genre Le Monde, nous sortent un feuilleton édulcoré – la suite dans le prochain épisode, à ne pas manquer ! – sans citer la source (officiellement, une maitresse mal baisée a sorti 2,5 To de données confidentielles pour se venger), ou donner accès aux documents. le hasard fait bien les choses, c’est sûr…

  7. Cet article sournoisement met une suspicion presque davantage sur ceux qui courageusement dénoncent des organisations favorisant une opacité lorsqu’il s’agit de fortunes gagnées honnêtement ou pas alors qu’on poursuit férocement celui qui a bénéficié d’un petit avantage social indu ou d’un travail au noir.
    Contrepoint ne me semble pas défendre la justice sociale.

    1. la fuite me semble sincère, notamment vu la taille.

      l’absence de client US, et le fait de mettre l’accent sur un absent du dossier, poutine, ne laisse aucun doute que c’est les journaliste de Soros qui vont écrire la conclusion.

      étrange juste qyue Porochenko soit mouillé, mais peut être que Soros veur mettre un autre gars plus clean

      quand on fait de la sécurité on sait qu’il y a plus d’informations à lire dans les trous que dans les données.

      1. Soros finance surtout très généreusement la campagne présidentielle de Hillary Clinton!

  8. « L’ICIJ est un département ou une subdivision du Center For Public Integrity (CPI), organisation sans but lucratif basée à Washington »

    Il est urgent de fonder des organisations sans but lucratif pour surveiller les organisations sans but lucratif … Bref recruter des « idiots utiles » pour surveiller les « idiots utiles ». Sinon on pourrait enseigner à l’école que des menteurs professionnels sont rarement désintéressés, mais ça c’est « has been » et pas bisounours.

    1. « organisation sans but lucratif »
      À moins que ce ne soit « organisation lucrative sans but »… 🙄

  9. Merci pour cet article, réflexion avant l’incrimination.
    Ce n’est pas toujours le cas y compris ici …

  10. Un article expliquant pourquoi il y a peu d’américains dans la liste: http://www.slate.fr/story/116357/riches-americains-mossack-fonseca-cacher-fortune

    1. Un article expliquant pourquoi les américains sont épargnés par le scandale. En vérité, la principale explication tient à l’histoire des relations entre les deux pays. http://www.slate.fr/story/116501/panama-papers-theories-complot

  11. Je me permets de remettre une partie de mon commentaire d’hier:

    J’aimerais quand même bien savoir qui est se cache de la fuite. Il est ridicule de penser que les journalistes ont réussi tout seul ou de penser qu’il y a un lanceur d’alerte qui a décidé tout seul de faire fuiter ses documents. Le motif principal de cette fuite est clairement celui de nuire au Panamá et aux pays du même genre. Il est clair qu’un état est derrière la fuite. Mais lequel ? J’aurais bien dit les usa ( ce sont eux qui étaient derrière la fuite de la HSBC). Cependant, parmi les chefs d’état concernés, il y a plusieurs de leurs alliés notamment le président ukrainien et le président argentin. Je ne crois pas qu’ils auraient fait fuite des documents concernant des chefs d’état alliés.

  12. Il y aurait eu beaucoup d’américains que ce serait la preuve qu’ils sont très méchants. Il y en a presque pas, dommage, donc arrêtons vite de parler du sujet pour passer au niveau méta et expliquer comment le fait qu’il n’y ait pas d’américains prouve qu’ils sont très méchants quand mème… A tout les coups on gagne…

    Vous dites que vous ne versez pas dans la théorie du complot, mais ce genre de logique infalsifiable est exactement ce que l’on retrouve dans les théories du complots…

    1. oui et c’est secondaire, si il ya fraude il doit y a voir sanction, m^me si bien sur on peut discuter de fiscalité etc…mais…oeu importe d’ou vient la fuite

  13.  » Selon Bloomberg, “The World’s Favorite New Tax Haven Is the United States” mais très peu de traders, de firmes ou de hedge funds plus ou moins américains figurent dans ces petits papiers panameens. »
    Je ne sais pas si l’auteur se rend compte du contresens qu’il a produit dans sa phrase.

    Plus généralement, ce sont là des hypothèses sur hypothèses qu’il brode comme il l’admet lui-même. Mais à aucun moment il ne prend la peine d’en douter alors que la moindre des sincérités vis-a-vis d’une hypothèse serait de réfléchir aussi à ce qui l’invaliderait.

    2,5To de données concrètes et qui ne peuvent être que solides : on ne peut bidonner 11,5 millions de documents sans que ça ne se voie au bout d’un moment. Mais certains auteurs n’ont peur de rien et osent opposer à cette masse de données matérielles des hypothèses spéculatives qui « tiennent sur la paume de main d’un fantôme ». 2,5 To de données ? 11,5 millions de documents ? Ouais bof moi face a cela, ça ne m’empêchera pas d’imaginer qu’il y a quand même un truc louche. Bah quoi ? Vous ne saviez pas que l’imagination est même capable de violer les lois de la physique ?
    Non, vas-y lâche-toi, de toutes les façons ça ose tout. Et, pendant que tu y es, comme il doit y avoir certainement quelques centaines de milliardaires et des hommes puissants dans les petits papiers du Panama, si ton imagination pouvait aussi expliquer comment un seul milliardaire, Georges Soros, pouvait, lui seul, conspirer contre autant d’hommes puissants, je crois que ça me donnerait moins l’impression que tu me prends pour un con.

    Après tout, tu dis bien qu’on est dans l’infoguerre et que donc il faut savoir rester crédible …

  14. Je m’étais posé cette question avec une autre. Comment se fait-il que nos gouvernements friands de l’argent d’autrui, qui taxent comme des sourds, n’ont-ils pas été à l’origine de la manœuvre avec toutes ces journées internationales consacrées à la lutte contre l’argent qui « dévie » ?
    Je poserai une autre question : pourquoi nos gouvernements ne se posent pas la question de savoir pourquoi il y a des paradis fiscaux ?

  15. On remarquera que la première cible de l’OCCRP à tomber est le premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson, qui avait (1) résisté aux pressions de la City qui voulait que les contribuables islandais soient pompés pour rembourser les sommes que les banques privées islandaises en faillite n’avaient pas pu rembourser aux imprudents britanniques et européens attirés par les rendements élevés, (2) renoncé à l’adhésion de l’Islande à l’Union européenne et rompu les négociations d’adhésion, et (3) fait un pied de nez aux vautours en ramenant le taux de chômage en Islande à un enviable 4,3%.

    1. Tout le monde s’en fout de l’Islande. Je ne sais pas pourquoi tant de gens (y compris des libéraux) fantasment sur ce pays. Un excellent article que je vous conseille de lire: http://sans-commentaire.info/2013/01/20/le-mythe-de-lislande-anticapitaliste-et-revolutionnaire-les-faits-rien-que-les-faits/

      Vous croyez vraiment que des gens ont organisé tout cette affaire juste pour faire tomber un Premier Ministre dont tout le monde s’en fout ?
      D’ailleurs, ce que vous dites est tellement absurde car cette fuite a mis dans l’embarras Cameron car son père qui est aujourd’hui mort est cité dans la liste. On est à quelques mois du référendum sur la sortie ou non de la Grande Bretagne. Cette fuite va grandement nuire à Cameron qui est favorable au maintien du RU dans l’UE au profit de Boris Johnson eurosceptique.
      La City s’oppose au Brexit et soutient Cameron.
      Or, toute cette histoire avantage les eurosceptiques et nuire au camp favorable au maintien de la GB dans l’euro.
      La City a bien plus à perdre dans cette histoire qu’à y gagner.

      D’ailleurs, en Islande, le Premier Ministre a démissionné mais à cause de cette histoire, cela risque d’avantager encore plus les forces politiques hostiles aux banques

  16. Qui est derrière la fuite? Il n’aura pas fallu chercher très loin : https://twitter.com/wikileaks/status/717670056650530816?l
    Au vu des personnalités incriminées, la ficelle paraissait grosse mais avec Soros derrière cela devient caricatural.
    Un clou de plus dans le cercueil de la crédibilité de la presse occidentale

    1. C’est juste complètement ridicule. Parmi cette liste, il y a pas mal d’alliés des USA (chose que vous avez l’air d’oublier). Pourquoi les USA auraient mis délibérement leurs propres alliés en danger (notamment le président ukrainien ou Macri ou encore Cameron) ?
      Cela n’a pas bcp de sens.
      D’ailleurs, une chose qu’il ne faut pas oublier: la fuite a affaibli Cameron (et renforcer le camp pro Brexit) alors que l’on est à quelques mois d’un référendum crucial sur le Brexit. Or, les USA s’opposent au Brexit. Alors, jamais ils n’auraient fait cela à quelques mois de ce référendum. Penser que les USa sont responsable de la fuite est juste ridicule….à condition que l’on sache réfléchir (chose dont est incapable les anti américains)

      Imaginer George Soros comme le grand architecte de cette enquête, c’est occulter la manière dont elle a été menée. Les premiers à avoir mis la main sur ces quelque 11,5 millions de documents sont en effet des journalistes du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Eux-mêmes les tiennent d’une source anonyme.
      Les moyens de l’ICIJ ont permis d’étendre cette enquête à pas moins de 109 médias du monde entier, dont Le Monde, mobilisant 376 journalistes pendant près d’un an. Ces médias ont collaboré pour faciliter leurs recherches dans cette énorme base de données (2 600 Go, ce qui en fait le leak – « fuite » – le plus massif à ce jour).
      L’ICIJ a donc joué un rôle important dans cette enquête, mais elle n’avait pas la mainmise sur le travail des 109 rédactions impliquées. Il est également faux de dire que cette association à but non lucratif dépendrait exclusivement de George Soros, qui n’est qu’un de ses nombreux donateurs.

    2. Quand à s’étonner du peu d’américains sur la liste, il suffit juste de se renseigner sur l’histoire des relations entre le panama et les USA pour comprendre pourquoi les américains n’ont pas mis leur argent dans ce pays. Dictature

    3. anti américaine jusqu’en 1989. Opération Just Cause en 89. Normalisation des relations entre les deux pays qui a conduit le Panama à collaborer avec les USA en matière fiscal (donc,impossibilité des américains de cacher leur argent dans le pays)

    4. De toute la facon dans l’esprit des anti américains (pro russes), tout est tjs la faute des américains (ou des sionistes , ou les deux à la fois). Dès qu’une information peu flatteuse concernant Poutine sort, directement c’est un complot de la CIA. Ils sont toujours aussi pitoyable qu’avant (durant la guerre froide).

      « la crédibilité de la presse occidentale » elle est bien plus crédible que la presse russe entièrement contrôlé par les proches de Poutine. C’est sur que les sites de propagande russes sont tellement fiables.

      Cette affaire illustre bien la stupidité des prorusses et leur totale incapacité à réfléchir. En réfléchissant deux secondes, on se rends vite compte qu’il est idiot de penser que les USA sont derrière la fuite (ou sinon, ils auraient enlever de la liste leurs principaux alliés)

  17. FAIRE SENS, je ne crois pas que l’on puisse fabriquer du sens
    http://www.etudes-litteraires.com/forum/topic32045-faire-sens.html

  18. Pourquoi les entreprises Américaines iront chercher au Panama ce qu’il peuvent trouver à domicile ( cherchez « tax haven delaware »).
    Aussi, leur culture du secret « et » de la négociation peut laisser penser que l’IRS possède déjà routes les informations, qu’elle a déjà contacté et commencé à discuter avec les entreprises contrevenantes.

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