Grève RATP : les Franciliens en otage, une fois de plus

Publié Par Le Parisien Libéral, le dans Transports

Par le Parisien libéral

La grève sur le RER B crédits Jean-Pierre Dalbéra (CC BY 2.0)

La grève sur le RER B crédits Jean-Pierre Dalbéra (CC BY 2.0)

Dans le cadre de la mobilisation de nombreux citoyens contre le projet de Loi Travail, dit loi El Khomri, les syndicats UNEF – UNL – FIDL – CGT – FO – FSU – Solidaires – FGAF appellent les Français à manifester aujourd’hui.

Le préavis concerne les ports (dockers cégétistes qui coulent la France), la presse (subventionnée, contre le gré des contribuables), et les services publics RATP et SNCF.

L’impact risque d’être sévère, notamment en ce qui concerne les déplacements en Île-de-France.

Métro bondé

Dans le métro parisien, 3 rames sur 4 sont prévues en moyenne. Sympa, notamment, pour les usagers de la ligne 13 !

Sur la ligne du RER A,  la plus surchargée d’Europe, 1 train sur 2 est maintenu.
Sur la ligne B du RER, il y a également 1 train sur 2 programmé. De plus, il y aura des problèmes d’interconnection, un changement de train est impératif à la gare du Nord afin de poursuivre un trajet en direction du sud ou du nord, d’après les informations communiquées par la régie.

Sur le RER C, seulement 1 train sur 3 est prévu en moyenne. Concernant le RER D, 1 train sur 2 est prévu, et, cherry on the cake. aucun trafic n’est assuré entre gare de Lyon et Châtelet-Les Halles. Amis usagers du RER D, passez sur le RER A dans la section la plus chargée de la ligne !

Pour le RER E, il faut prévoir 1 train sur 2 en moyenne.

Sur les réseaux Transilien et TER, 1 train sur 2 est prévu en moyenne, mais les lignes J, R et U risquent d’être un peu plus perturbées.

Et évidemment, comme il y aura l’inévitable défilé syndical, de la place d’Italie à Nation, en passant par la gare d’Austerlitz et Reuilly Diderot, le trafic des bus sera perturbé, notamment dans le 12ème arrondissement.

Tout ceci tient vraiment de l’imposture la plus totale !

Les syndicats disent lutter pour le travail, et ils s’apprêtent à pourrir la journée des millions d’usagers des transports qui cherchent, justement, à aller travailler.

Quelques questions importantes

Mais cette grève amène aussi quelques questions, à commencer par la plus importante : les fonctionnaires doivent-ils avoir le droit de grève ?

En effet, on nous répète souvent que notre pays se caractérise par l’existence d’un filet social censé aider tout le monde, mais aussi et surtout par la disponibilité permanente d’un service public de qualité. C’est le fameux modèle social à la française, et les célèbres services publics à la française.

Question : pourquoi les fonctionnaires font-ils grève sur un sujet qui ne les concerne pas ? Le Code du Travail ne s’applique pas à la fonction publique. Sa réforme non plus, donc.

Est-ce que ça ne devrait pas être les 6 millions de chômeurs, qui devraient s’exprimer, et non pas les insiders retranchés que sont les salariés de la fonction publique ?

D’autre part, quand avons-nous oublié que le service public est censé être au service du public, mais qu’en revanche, il n’est pas forcé d’être géré par le secteur public, c’est-à-dire le gouvernement ? Mais dans la réalité, quel levier possèdent les citoyens, usagers et contribuables sur la fonction publique ? Ce levier est nul, nous le voyons bien un jour comme aujourd’hui. Si quelques milliers de fonctionnaires oint choisi de bloquer l’Île-de-France, des millions d’usagers, eux, subissent !

Du coup, se repose la question de la mise en concurrence de la RATP sur son marché clef, l’Île-de-France. Et qu’on ne nous dise pas que cela n’est pas possible.

D’une part, la concurrence, la RATP connait, mais à l’étranger, à Londres notamment. D’autre part, le seul fait que la SNCF et la RATP se partagent l’exploitation de lignes de RER en Île-de-France montre bien que plusieurs entreprises de service ferroviaire peuvent bien exploiter une même infrastructure.

À long terme, le monopole ne tiendra pas, de toutes façons. Dès 2020, nous dit-on, les voitures autonomes arriveront, ce qui permettra d »individualiser et de flexibiliser au maximum les déplacements urbains. Mais, en attendant, combien de grèves faudra-t-il supporter ?

Sur le web

  1. Un véhicule autonome, forcer un barrage syndical ? Vous rêvez. Les usagers disposent d’un seul moyen efficace de lutter pour un service public de qualité, mais ils se refusent à l’utiliser : celui de la manifestation publique de leur mécontentement. Qu’ils portent des T-shirts avec des slogans genre « j’aime le cheminot qui conduit, je conchie celui qui me bloque » ou « contribuable, je couvre déjà 12 milliards de pertes de la SNCF », qu’ils rappellent dans les micros-trottoirs la différence entre droit de grève légal et droit de grève immoral et illégitime, qu’ils affirment leur droit à juger les responsables de la mauvaise qualité du service public. Les grèves qui perdent le soutien de l’opinion s’arrêtent rapidement.

  2. Pour ma banlieue, pas de changement par rapport à d’habitude! Ca ne fonctionne pas plus mal.

  3. Dans le cadre de la mobilisation de nombreux citoyens
    J’aurais plutôt dit « de quelques branleurs »

  4. Usagé de la ligne 14 de la RATP, je pense naïvement à chaque grève je devrais être épargné de désagréments car cette ligne dispose de trains sans chauffeurs.
    Sauf que sur les deux dernières grèves, des « incidents » aux heures de pointe ont créé une pagaille infernale, notamment à Châtelet. La dernière fois c’était un dégagement de fumée à Madeleine.
    J’en suis arrivé à la conclusion que des agents RATP, grévistes et probablement échaudés par le fait que les trains sans chauffeurs « volent » leurs emplois et ne peuvent faire grève, doivent probablement saboter volontairement cette ligne.
    Des évènements de ce genre ayant déjà eu lieu par le passé cela ne m’étonnerait aucunement.
    http://www.franceinfo.fr/actu/faits-divers/article/deux-agents-de-la-ratp-condamnes-pour-sabotage-44685

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