Qui paie ses salariés au Smic ?

Publié Par Guillaume Nicoulaud, le dans Travail & emploi

Par Guillaume Nicoulaud

J’ai posé cette question :

Nicou capture ecran

Pour ne pas faire durer inutilement le suspens, la bonne réponse était la première, les entreprises de moins de dix salariés, aussi connues sous le nom de Très Petites Entreprises (TPE).

Voici, en fonction du nombre de collaborateurs par entreprise, la proportion de salariés rémunérés au Smic en 2010 selon la DARES et l’Insee1 :

Nicoulaud2

En % Source : DARES / Insee

Comme vous pouvez le constater, 23,6% des salariés de TPE sont rémunérés au Smic tandis que, dans les grandes entreprises2, seuls 4,2% des salariés sont concernés. Si vous y réfléchissez, c’est assez logique : non seulement les grands groupes ont des moyens que les TPE n’ont pas mais aussi, leurs grilles de rémunérations ont souvent fait l’objet de négociations internes ou d’accords de branche ce qui fait que le salaire minimum chez Axa, Danone ou Renault est toujours supérieur au Smic, ne serait-ce que légèrement.

Autre détail intéressant : les TPE, l’air de rien, ça représente 18,6% des salariés du secteur privé (hors agriculture) ce qui fait que, sur 100 salariés payés au Smic pas moins de 41,4 travaillent pour une TPE. En d’autres termes et contrairement à ce qu’une solide proportion de participants semble penser, ce ne sont pas les grands groupes qui sont les plus impactés par une hausse du salaire minimum légal mais les toutes petites entreprises ; le « patronat » qui va payer, ce ne sont pas les dirigeants du CAC 40 mais plutôt le restaurateur du coin de la rue, votre garagiste ou l’agence immobilière d’en face.

Sur le web

  1. Voir DARES analyses, Les emplois rémunérés sur la base du Smic en 2012, décembre 2012 ; notez qu’il existe un rapport plus récent mais dans lequel ne sont analysées que les entreprises de 10 salariés et plus (DARES analyses, Les emplois du privé rémunérés sur la base du Smic, mars 2016).
  2. La définition officielle d’une grande entreprise c’est plus de 5 000 salariés.
  1. En tout cas, une chose est sûr : en payant ses employés au minimum, on obtient des employés motivés au minimum qui travail au minimum.

    1. Ben pas forcément il suffit de les intéresser au résultat 😉

      1. Ce n’est plus un salaire au minimum dans ce cas.

    2. quand on réfléchit au minium on obtient des commentaires d’une qualité au minimum.

    3. La motivation n’a rien à voir avec la rémunération, ça a été maintes fois prouvé aussi bien en psychologie qu’en pratique.
      Le travail minimum s’observe par exemple dans la fonction publique, sur-payée (même si elle pleurniche en permanence …) et bénéficiant d’augmentation automatique ou « politique » (vous croyez que l’augmentation annoncée du point d’indice va augmenter la motivation, réduire l’absentéisme, etc. ? LOL).

      1. 1/ Les gens travaillent pour l’argent. Arrêter de payer 100 personnes, vous verrez combien continueront à venir travailler. L’argent n’est pas sale. Travailler pour l’argent n’est pas synonyme de mal travailler.
        Quand à vos prétendues études, j’attends de les voir pour juger sur pièces. Sans doute sont-elles plus du niveau d’un Picsou Magasine que d’un Science ou Nature.

        2/ Sous payer ses employés est le meilleur moyen de les démotiver et de les pousser à travailler plus ou moins n’importe comment. Sur payer ses employés n’est pas le meilleur moyen de les motiver.
        Vous confondez l’un et l’autre et m’attribuez des propos qui ne sont pas les miens.

        1. Aqua, vous faites une erreur de raisonnement.
          S’il n’y avait pas de SMIC des gens seraient payés 500 euros, d’autres 800 euros, d’autres 1000 euros et ils seraient simplement payés au prix auquel le marché estime leur travail. Personne ne serait payé au minimum (qui n’existerait pas). Ca ne suffit peut être pas de votre point de vue à vivre (tout est relatif) mais ce n’est pas aux entreprises à supporter des choix de société.

          Pour vous convaincre que les employeurs ne paient pas au minimum, regarder les grilles de salaire des conventions collectives et vous verrez que beaucoup de personnes dans votre entourage sont payées largement au-dessus (50% au-dessus facile dans la métallurgie dans mon secteur qui n’est pas spécialement porteur).

          Pensez aussi que si un employeur est obligé de payer un salarié au SMIC alors que la valeur tiré de ce travail ne les vaut pas alors ce poste de travail disparaîtra ou alors ce sront les autres employés qui subventionnent cet emploi au SMIC : ça se voit beaucoup dans les métiers du bâtiment où un manoeuvre est payé au SMIC et un ouvrier avec un CAP aussi ou 50 euros au-dessus juste pour faire la différence. Celui qui a un CAP subventionne le manoeuvre. D’où le peu d’intérêt de se former. C’est le nivellement par le bas… et tout cela à cause du SMIC.

          1. Je ne parle pas de SMIC. Je parle de minimum.

            Cf. ma réponse à Théo31.

            1. Payé au minimum ça ne veut rien dire… minimum de quoi ? De quel point de vue ? Eclairez moi.

              1. Mon propos est très simple.

                Imaginons que vous proposez, en France et en 2016, un emploi pour 150 h/mois à 500 euros/mois. Quel genre d’individu allez-vous attirer ?

                1/ Celui qui n’a pas le choix.
                1a/ Le stagiaire en études qui est prêt à sacrifier sa rémunération financière par une rémunération en compétences, en réseau ou en espoir. Celui là travaillera correctement eu égard qu’il attend en réalité du travail que vous proposez, non pas une solde, mais des connaissances pratiques ou académiques (ex: apprendre une nouvelle recette de gâteau pour un patissier), des connaissances sociales (ex: rencontrer un parlementaire socialiste pour un « étudiant » de l’UNEF) ou des opportunités futures (ex: un travail dans l’entreprise où il fait son stage pour un étudiant ingénieur de troisième année). Dans tous les cas, ces individus sont prêts à limiter leur gain immédiat dans l’objectif de maximiser leurs gains futures.
                1b/ Le désespéré qui a faim mais qui présente les compétences pour remplir les tâches que vous voulez voir être remplies par votre employé. Celui là est pris à la gorge, soit il travail et il mange, soit il ne travail pas et il dort sous un pont. La misère que vous lui donnez est à peine suffisante pour survivre. Il sait très bien qu’il vaut plus. Vous le prenez pour un con mais vous êtes en position de force. Clairement, il ne l’est pas. Il s’écrase devant vous mais il l’a très mauvaise. Concrètement, il travaillera dans sa zone de confort sans se faire chier. Dès qu’il trouvera mieux, il se tirera.
                2/ Le tocard. Celui-là est un tocard. S’il postule chez vous alors que vous offrez une insulte en guise de rémunération, c’est parce que c’est un boulet que personne n’a été assez con pour employer. Même si sa vie en dépendait, il serait incapable de remplir correctement les tâches que vous lui confierez. Alors, certes, vous ne le payez pas plus que ce qu’il vaut. Faites vous pour autant une bonne affaire ? La réponse est non.

                La moralité est qu’on attrape pas les mouches avec du vinaigre. Vous donnez une misère, vous obtenez une misère. Sous payer ses employés est le meilleur moyen de tomber sur des tocards (que vous payez, alors, à leur juste valeur de tocard), des désespérés qui en feront le minimum et se barreront à la première occasion ou des gens qui cherchent un tremplin, par essence provisoire, et qui pilleront tous les actifs immatériels de votre entreprise pour au final se rémunérer à leur juste valeur.

    4. Ils ne sont pas payés au minimum mais au SMIC.

      1. Je n’ai jamais dit le contraire.

        1. Le minimum, c’est zéro. Est-ce le cas ?

          1. Le minimum varie en fonction de l’individu qu’on considère.

    5. il existe des tas de petits employeurs qui ne peuvent simplement pas employer au dessus du minimum(càd au smic, pas la peine de pinailler).
      C’est simplement une question de survie.

      Heureusement pour eux, beaucoup arrivent à trouver des « collaborateurs » efficaces et motivés malgré le niveau de salaire, avec qui ils travaillent parfois en tête à tête.

      A l’inverse, des salariés mieux payés, mais dans l’anonymat d’un grand nombre, se permettent souvent certaines dérives que l’on ne rencontre pas dans les tpe, qui ne peuvent se le permettre.

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