Vivons heureux et longtemps, vivons sans stress…

Publié Par Jacques Henry, le dans Santé

Par Jacques Henry.

old couple credits  Marcel Oosterwijk  (CC BY-SA 2.0)

old couple credits Marcel Oosterwijk (CC BY-SA 2.0)

 

J’ai toujours été impressionné par l’effet du stress des adultes, en l’occurrence celui des parents sur leurs enfants. On ne se rend pas compte, je devrais parler au passé en ce qui me concerne, à quel point on peut terroriser nos propres enfants parce que l’on a quelques soucis professionnels ou matériels passagers. Terroriser n’est peut-être pas le mot approprié car en réalité on transfère notre stress vers notre entourage et en famille ce sont les enfants et l’un des époux qui en subissent les conséquences. Les enfants peuvent en garder d’amers souvenirs et pire encore des séquelles psychologiques mais le stress a aussi des effets catastrophiques et durables sur la santé physique. Comme je fais maintenant partie du « troisième âge », que je viens de me remarier et que je ne surveille absolument pas ma tension artérielle et encore moins mon cholestérol sanguin, mon attention s’est portée sur un article paru dans le Journal of Gerontology du 7 avril au titre évocateur : « Stress and Negative Relationship Quality among Older Couples, Implications for Blood Pressure » qu’on peut traduire par stress et mésentente conjugale chez les vieux couples, effets sur la pression sanguine. Le stress chronique et la mésentente conjugale interagissent comme on peut le voir dans ce schéma :

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Le stress chronique n’est pas nécessairement lié à la mésentente conjugale mais cette dernière peut favoriser ce stress. En bio-psychologie il est nécessaire de différencier ces deux facteurs afin d’en analyser plus clairement les implications sur la santé en général et la pression sanguine en particulier. Le stress chronique peut avoir des origines diverses indépendantes de la vie de couple comme des préoccupations financières, des soucis de santé mineurs ou encore des problèmes de travail, beaucoup plus de « vieux » qu’on a tendance à le croire continuent à avoir une activité professionnelle ne serait-ce que pour améliorer leur pension de retraite parfois étriquée. L’interaction entre le stress chronique et les difficultés conjugales aggrave donc la détérioration de l’état de santé car le stress, parmi ses nombreux effets sur l’organisme, augmente la pression artérielle.

Qu’en est-il des couples « âgés », c’est-à-dire formés par des personnes nées avant 1953 ? Existe-t-il une différence entre la femme et l’homme, les femmes étant reconnues comme plus sensibles aux mésententes conjugales mais aussi moins enclines au stress chronique ? L’étude a consisté à interroger depuis 2006 tous les deux ans la moitié de 22000 personnes vivant en couple et à suivre leurs indicateurs biologiques dans le cadre d’un programme « santé-retraite » mis en place par l’Université du Michigan. Les résultats obtenus entre les années 2006 et 2010 ont ainsi pu être rapprochés pour en retirer des conclusions concernant 1356 couples. L’âge moyen des hommes était de 66 ans et celui des femmes de 63 ans (plus ou moins 9 ans) et 91 % étaient des Blancs. Les couples s’étaient formé en moyenne 36 années auparavant. Outre la pression artérielle mesurée dans des conditions standardisées, l’investigation relative au stress chronique comportait une série de questions du genre : problèmes conflictuels avec l’époux ou l’épouse ou les enfants et durant quel laps de temps, problèmes d’alcool ou de drogues avec des membres de la famille, difficultés dans le travail, au niveau finances ou logement, contraintes consistant à aider régulièrement un membre de la famille infirme ou malade. Pour chaque rubrique un classement devait être établi avec une note allant de 1 à 4. Pour ce qui est de la relation de couple, il était demandé par exemple combien de fois l’époux (ou l’épouse) critiquait l’autre, réitérait des demandes ou des récriminations, négligeait de rendre un menu service ou tout simplement était agaçant, un terme français intraduisible en anglais.

Le but de l’étude était de déterminer si tous ces paramètres influaient sur la pression sanguine et s’il y avait une différence entre les femmes et les hommes. Passons sur les analyses statistiques mais ce qui est clairement apparu, c’est la relative indifférence des épouses dans les situations de stress chronique de leur partenaire ou de situations de stress initiées par des facteurs externes au couple. Les hommes réagissent de manière similaire bien qu’ils soient plus sensibles à la combinaison stress de leurs épouses, stress induit par un facteur externe au couple et ce d’autant plus que les relations de couple sont dégradées. Et curieusement si l’homme semble adopter une attitude stoïque devant une situation difficile à supporter il en résulte une augmentation de sa pression sanguine en raison de l’internalisation de ses réactions au stress. Les femmes au contraire s’épanchent plus volontiers et libèrent ainsi leur organisme de cette contrainte.

Au final, la vie de couple chez les « vieux » n’est pas un fleuve tranquille et constitue un des facteurs pouvant dégrader la santé.

Sur le web

  1. pour vivre bien et sans stress, il est nécessaire de rejeter la pollution verbale,
    Quelle violence au quotidien !
    Respecter les voisins, n’allez pas chez eux raconter votre vie

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