Thomas Piketty se trompe

Publié Par Michael D. Tanner, le dans Économie générale, Fiscalité

Par Michael Tanner, depuis Washington DC.

Piketty CC PS du LoiretLes adeptes de la redistribution de la richesse en Amérique ont trouvé un nouveau héros dans la personne de l’économiste français Thomas Piketty. L’auteur de l’ouvrage Capital au XXIe siècle, récemment traduit en anglais, critique sévèrement les inégalités engendrées par les économies capitalistes modernes et avertit que l’économie de marché « peut potentiellement menacer les sociétés démocratiques et les valeurs de justice sociale qui en découlent. » Pour corriger le tout, il propose un impôt mondial sur la fortune et un taux d’imposition de 80 % pour les revenus supérieurs à 500 000$ aux États-Unis.

Il n’en fallait pas moins pour soulever l’euphorie à gauche. Dans les deux derniers mois, le livre de Piketty a été cité plus d’une demi-douzaine de fois par le New York Times, honneur qu’aucun livre n’a reçu récemment. L’économiste et chroniqueur Paul Krugman encense l’ouvrage comme étant « le meilleur livre sur l’économie de l’année. »  De son côté, Martin Wolff du Financial Times louange le livre en le qualifiant de « livre extraordinairement important. »

Capital au XXIe siècle est bien documenté, contient beaucoup d’informations utiles et offre d’importantes réflexions. Mais le livre n’est pas sans faille. Il y a quelques problèmes d’ordre technique – Thomas Piketty tend à sous-estimer l’élasticité du retour sur investissement en capital –, mais la plupart sont plutôt d’ordre philosophique. Thomas Piketty prend pour acquis les méfaits de l’inégalité, négligeant au passage de se demander si ce qui augmente la richesse des plus riches n’augmente pas aussi le bien-être des plus pauvres. En d’autres termes, doit-on se soucier que certains soient immensément plus riches du moment que l’on puisse réduire la pauvreté au passage ? Doit-on prioriser l’égalité ou la prospérité ?

Pour ne prendre qu’un exemple, Piketty consacre beaucoup de temps à critiquer l’augmentation des inégalités en Chine ces trente dernières années au fur et à mesure qu’elle adoptait des politiques de libre-marché. Par contre, il passe complètement sous silence que ces politiques ont arraché plusieurs millions de personnes de la pauvreté.

Les « solutions » qu’il apporte sont tout aussi problématiques. Il semble croire que l’on peut imposer un « impôt prohibitif » (son expression) sans changer les incitatifs ou décourager l’innovation et la création de richesse. Le monde selon Piketty serait sans doute plus égal, mais serait aussi nettement plus pauvre.

Néanmoins, l’auteur marque quelques points. Plus particulièrement, il observe correctement qu’un retour sur investissement en capital surpasse presque toujours un même investissement en travail. Comme le capital est détenu par un groupe relativement restreint, on observera une augmentation inévitable des inégalités. De plus, quand les riches transmettent ce capital à leurs héritiers, cette inégalité se perpétuera et risque même d’augmenter.

L’on peut donc se demander pourquoi les partisans de Piketty esquivent la réponse évidente au problème. Plutôt que d’attaquer le capital et le capitalisme, pourquoi ne pas augmenter le nombre de personnes pouvant bénéficier de capital ? En somme, pourquoi ne pas créer plus de capitalistes ?

Or, la gauche est justement hostile envers les politiques qui permettraient aux travailleurs d’avoir un meilleur accès au capital.

Aux États-Unis par exemple, les régimes de retraite privés (401 (k)) permettent à quelque 52 millions de travailleurs d’y détenir actions et obligations. Plusieurs politiciens et chercheurs proposent d’abolir ces régimes et/ou d’en éliminer les crédits d’impôt – le Président Obama approuve la seconde proposition, du moins pour les plus riches. Enfin, la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, en faveur d’une expansion du régime public de retraite (Social Security, déduit directement du salaire), dénonce les régimes de retraite privés car ils laissent les retraités à la merci des fluctuations boursières et des produits d’investissement douteux.

Pourtant, aucune autre proposition des dernières années n’aurait permis d’augmenter l’étendue de la propriété du capital que de permettre aux jeunes travailleurs d’investir une partie de leurs déductions de Social Security dans un compte épargne personnel. Une telle réforme aurait permis même au travailleur le moins bien rémunéré de bénéficier d’un investissement en capital. En effet, puisque les plus riches peuvent sans doute investir comme il leur plait, les travailleurs les plus pauvres seraient donc les principaux bénéficiaires de cette nouvelle opportunité d’investissement.

Au Chili par exemple, les travailleurs détiennent l’équivalent de 60 % du PIB du pays en actif dans leurs régimes de retraite privés. José Piñera, l’architecte de la réforme fructueuse des régimes de retraite, a fait remarquer que les régimes privés « ont fait de chaque travailleur un détenteur de capital. »

De plus, mon collègue à l’Institut Cato Jagadeesh Gokhale a prouvé qu’en permettant de léguer les régimes de retraite privés, privatiser Social Security permettrait de diminuer les inégalités de façon appréciable.

Cette « démocratisation du capital » avait séduit des militants de gauche dans le passé. Et pourtant, les Démocrates présentement au Congrès préfèreraient vendre leur premier-né à George Bush que d’avoir une pensée aussi impure.

Au bout du compte, l’on peut s’attaquer aux inégalités de deux façons : en abaissant le haut ou en élevant le bas. Une économie de marché capitaliste nous permettrait de réaliser la seconde option. Car un problème majeur de notre époque est une présence trop restreinte, et non trop étendue, du capitalisme.

Les partisans de Piketty devraient méditer sur ce point.


Sur le web. Traduction : Pierre-Guy Veer pour Contrepoints.

  1. Cet ouvrage est encore la preuve qu’une bonne analyse peut aboutir à un résultat faux si son auteur n’est pas prêt à remettre en cause ses croyances. Piketty est un socialiste, donc ses conclusions devaient donc être socialistes – même s’il faut tuer la raison et la réalité en route.

    En ce sens, c’est un digne successeur de Karl Marx.

  2. Piketty a été le principal inspirateur des deux années qui viennent de s’écouler en France. On voit le résultat.

    1. M.Piketti cite la Chine sans en connaître les rouages. Il y avait avant l’ouverture, des pauvres et des fonctionnaires enrichis, dont tous les enfants allaient à l’université aux US.
      Maintenant, rien n’a vraiment changé pour les hauts fonctionnaires mais il y a des très riches privés, beaucoup de commerçants prospères qui peuvent avoir le luxe de s’offrir des véhicules à prix d’or (cf. taxes), des employés qui ont l’espoir de s’élever et qui vivent décemment; les plus pauvres, travaillant dans des conditions difficiles qui s’améliorent pourtant, ont la possibilité de s’enrichir à la faveur d’une bonne intuition, de travail, ou d’un concours de circonstances. C’est plus libre qu’en France actuellement.

      1. Non ce n’est pas plus libre qu’en France : la Chine reste un enfer bureaucratique.

        1. (Et je ne parle même pas des droits de l’Homme…

          1. Enfer bureaucratique? Vous y vivez? Moi j’y développe des affaires.
            Le parti pris est clairement celui de la nation puis celui des chinois vis-à-vis des étrangers, c’est ce qui a un peu évolué depuis les le début des années 2000.
            En Chine j’ai vu une femme « usager » se permettre d’agresser et de porter plainte auprès du chef de service, pour une simple peccadille face à un fonctionnaire juste maladroit; cela fait partie de la nouvelle réglementation. L’avantage avec la réglementation très ferme de la Chine, c’est qu’elle devient de plus en plus claire pour le justiciable, même si elle survient parfois très violemment (cf. lois sur les successions, droits etc… )quid de la France avec ses lois rétroactives sur le même sujet? Mais pour en juger il faut la vivre de près.

            1. « Enfer bureaucratique? Vous y vivez? Moi j’y développe des affaires. »
              J’en peux plus de ces collabos qui viennent manger dans la main du système coco-corrompu de Pékin, pour ensuite venir m’en chanter les louanges.
              Si tu aimes tant ta République Populaire de Chine, si tu trouves que c’est mieux qu’en France, prend la nationalité Chinoise. Tiens, ça te tente pas ? Tu dis plus rien ?

              1. Pourquoi vous répondrait-t-il ❓

                1. Peut être qu’il refuse de répondre parce qu’il a peur qu’un de ses clients Chinois le dénonce à la police locale s’il disait ce qu’il pense vraiment.

                  1. Je confirme les dires de « français ». La Chine n’est pas si mal comparée à la France.

          2. Quand aux droits de l’homme en France, depuis Zizi Rider, je ne citerai que les arrestations arbitraires….

            1. je voulais écrire Quant! Pardon.

    2. Oh que non, il a dézingué Hollande plusieurs fois pour ne pas l’avoir suivi, et il y a des anecdotes ahurissantes qui circulent. Vous vous laissez manifestement emporter par vos préjugés, au détriment des faits.

      Si Piketty, ou n’importe quel autre économiste d’ailleurs, avait été écouté ne serait-ce que deux secondes depuis l’arrivée au pouvoir de Hollande, les choses n’en seraient sûrement pas là. Mais c’est presque consubstantiel à la société française, que de mettre sur le côté en les prenant de haut les meilleurs spécialistes mondiaux dans leur domaine (car l’ouvrage de Piketty critiqué ici pourrait lui rapporter le Prix Nobel ; je serai alors curieux, si ça devait arriver, de voir les réactions des mêmes personnes qui le critiquent abondamment ici…).

  3. Ce qui marrant, c’est que si le USA suivent Piketty, c’est tout leur pays qui va se casser la gueule et terminer une époque où ils dirigeaient le monde. Donc plus d’égalité au final! Vers le bas…

    1. Les USA glissent vers le socialisme depuis un siècle, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont dans une telle difficulté maintenant. C’est le capitalisme libéral qui les mis au 1er rang, et c’est le socialisme qui le leur a fait perdre.

  4. Dès qu’on parle de « justice sociale », je sors mon revolver…

    1. Oui, il faut d’ailleurs lire ce qu’en dit Daniel Tourre dans Pulp Libéralisme, c’est « spot on ».. Malheureusement, on se peut distribuer des points Godwin à la pelle quand on commence à dire ça autour de soi en France.

    2. Pardon, « on doit se préparer à distribuer.. »

  5. Ces savants fous du socialisme se reproduisent de génération en génération. On ne parvient pas à les éradiquer. Le mal est partout et voit bien qu’on n’a retenu aucune leçon du stalinisme, du nazisme, du maoisme, etc. C’est terrifiant.

  6. Piketty « observe correctement qu’un retour sur investissement en capital surpasse presque toujours un même investissement en travail » : voilà le truisme économique le plus crasse qu’on pouvait imaginer ! On ne va pas investir pour se donner encore plus de travail. Si ? Non ! Par définition, un investissement est nécessairement plus utile, efficient, rentable, que l’équivalent en travail sinon il n’est pas réalisé. L’économie, c’est simple ! Visiblement, cette simplicité n’est pas à la portée des socialistes.

    « Les riches transmettent ce capital à leurs héritiers, cette inégalité se perpétuera et risque même d’augmenter » : le stock initial est divisé autant de fois qu’il y a d’héritiers, dont la plupart n’a pas les mêmes compétences, le même esprit d’entreprise, que l’ancêtre. Par construction, l’héritage est un processus de division du capital, donc de réduction des inégalités pour reprendre cette terminologie mensongère. En outre, on sait bien que, sauf exception, la première génération crée, la seconde gère, la troisième dilapide. Dans la liste actuelle des plus riches mondiaux, combien étaient déjà présents il y a un siècle ou deux ? 1/100, 1/1000 ? Les inégalités ne se perpétuent pas car les membres des classes n’y ont pas une place définitive. Etre riche, quoi que cela puisse signifier, n’est jamais qu’une situation temporaire. Avec le temps, les classes (de revenus) ne sont pas constituées des mêmes individus. C’est précisément pour cette raison que la thèse de la lutte des classes et l’obsession contre les inégalités qui en découle est une perversité de l’esprit, certainement pas une proposition économique réaliste.

    Chacun doit comprendre que, pour Piketty et les autres socialistes, Obama en tête, lutter contre les inégalités est le dernier de leurs soucis. Ce qu’ils recherchent, c’est la collectivisation du capital à tout prix, au prix notamment de l’appauvrissement des populations. En effet, taxer les revenus d’un impôt spoliateur au delà d’un seuil quelconque revient à interdire toute possibilité d’accumulation du capital privé. Dès lors, il ne reste plus que l’Etat obèse à disposer des moyens d’investir, avec l’immense succès observé en URSS, à Cuba, au Venezuela ou en France (et même aux USA désormais). Et lorsque l’Etat obèse reste le dernier investisseur, les inégalités deviennent dramatiques, au profit de la nomenclatura étatique omnipotente, car cette dernière détient alors tous les pouvoirs sans exception. Collectiviser le capital, c’est créer l’Etat totalitaire et réduire inexorablement la population en esclavage.

    Réduire les populations en esclavage est l’objet ultime du socialisme, anachronisme barbare périmé inclus dans le monde moderne. Il est plus que temps d’interdire le socialisme, au nom de tous ses crimes passés et présents.

    1. Non, on ne peut pas l’interdire, sinon on ne vaut pas mieux qu’eux. Il faut simplement avoir le droit de ne pas participer à leur système.

      1. Si si ! il faut l’interdire car le socialisme est une atteinte aux droits de l’homme, à sa propriété, sa liberté et son intégrité. Le socialisme est une relique barbare qui freine ou détruit la civilisation.

        1. Demain, on reconnaitra une civilisation avancée à son interdiction de tout collectivisme socialisme communisme etc. et à sa capacité à protéger et promouvoir les droits inidivudels ainsi que les progrés qui en résultent.

          1. Vous allez donc interdire à des socialistes d’aller monter une commune ou un kibboutz quelque part, sur un terrrain qu’ils possèdent, avec leurs propres moyens ? De mon point de vue, c’est une intolérable atteinte à leurs libertés individuelles.

            1. S’ils sont volontaires et/ou qu’ils ont signé un contrat pour donner 70 % (taux en France) ou plus de leurs revenus à la collectivité, je ne vois aucun inconvénient à ce que des gens fondent des kibboutzim. Mais comme ce type de socialisme ne fonctionne pas, qu’ils ne viennent pas chialer ensuite.

      2. Réclamer le droit de ne pas participer au socialisme est strictement équivalent à interdire à l’Etat de mettre en oeuvre le socialisme. L’interdiction constitutionnelle du socialisme ne concerne pas les individus mais l’Etat.

        1. Justement, le rôle de la constitution est de garantir des droits, pas d’interdire à des individus de faire ce qu’ils veulent avec leur vie. La constitution interdit le socialisme étatique, en établissant des droits individuels, mais garantit que ces droits individuels sont universels, y compris pour des socialistes. Si 200 socialistes veulent volontairement vivre ensemble leur « paradis » quelque part, cela ne viole aucun droit individuel. Donc, la constitution ne peut l’interdire.

          1. Tout à fait !

            A propos de la constitution, les ajouts d’après 1945 ressemblent un peu trop à la constitution des soviets et apparaissent hautement contradictoires avec la DDH. Il faudra dépoussiérer tout ce fatras…

            1. OK, Cavaignac, tu fais comment, concrètement, pour interdire ce que tu appelles le Socialisme ?
              Tu controle Internet et la presse pour faire taire ou censeurer tous ceux qui écrivent des trucs que t’aimes pas entendre ? Tu les emprisonne ? Tu les tues ? Tu les exiles ? C’est quoi ton plan, qu’on rigole ,

              1. Il parle d’une interdiction au niveau de l’état, pas au niveau des individus. I.e. oui au socialisme librement consenti, interdiction du socialisme imposé par l’état.

                1. Ah ouais, et il interdit ou non de faire campagne publiquement pour une réforme constitutionnelle qui rétablirait son « socialisme » ? Et si oui, comment ?
                  Laisse le répondre, qu’on rigole un coup.

                2. Il me semble que les allemands ont interdit une forme de socialisme.
                  Malgré cela, il existe toujours un parti socialiste, le SPD.

                  Il y a donc socialisme et socialisme.

                  Pas simple.

    2. « le stock initial est divisé autant de fois qu’il y a d’héritiers, dont la plupart n’a pas les mêmes compétences, le même esprit d’entreprise, que l’ancêtre. Par construction, l’héritage est un processus de division du capital, donc de réduction des inégalités pour reprendre cette terminologie mensongère »

      nos anciens avait inventé le droit d’ainesse et j’ai appris qu’une étude récente donnait a l’ainé une meilleur réussite donnant ainsi raison aux anciens . mais ils n’ont jamais connus Nos supers économistes , tel piketti , champion éphémère d’amazone 😉

    3. Je n’ai rien à ajouter!
      très bien décrit!

    4. Je n’aurais pas écrit mieux!
      Bravo!
      On pourrait au plus établir quelques lois anti-trusts à certains moments de certains cycles, pour éviter les effets de gap, et encore…

      1. On pourrait faire pas mal de choses si on constate effectivement un appauvrissement de la population moyenne (Le libéralisme doit être accepté par le plus grand nombre, sinon il devient coercitif et n’est plus du libéralisme). Il est de l’intérêt de tous d’assurer l’accès de chacun à l’éducation, la santé, la culture, la formation professionelle …

        Mais le gros problème, c’est les théories foireuses d’économie collectiviste ou de partage du travail (35 heures), les idées fumeuses d’égalité (comme si on pouvait être égaux et différents à la fois) ou de justice sociale (chacun a sa propre définition égocentrée de la justice). Il faudrait qu’ils admettent que seul le libéralisme peut produire un accroissement des richesses et que toute intervention de l’état si elle est parfois justifiée pour empécher les dérives nuit dans un premier temps à l’accroissement global des richesses.

        Devant la faillite de notre économie par excès d’étatisme, ils cherchent encore à expliquer que c’est la faute au capitalisme.

    5. Oui, c’est bien dit

    6. « Piketty « observe correctement qu’un retour sur investissement en capital surpasse presque toujours un même investissement en travail » : voilà le truisme économique le plus crasse qu’on pouvait imaginer ! On ne va pas investir pour se donner encore plus de travail. »

      Oui, et en toute discrétion, Piketty assassine ainsi le marxisme. Ca me ravit de voir que d’autres sont aussi stupéfaits du simplisme atterrant qui se cache derrière les formules mathématiques de nos macro-économistes.

    1. Ces formules sont de tout façon ridicules. Les relations entre les données étudiées sont infiniment plus complexes que cela.

    2. J’ai dit ne pas vouloir lire ce bouquin faute de temps. Mais difficile de ne pas être d’accord avec cette analyse déjà…

  7. L’auteur avec une argumentation spécieuse se paye un peu de notoriété en critiquant Piketty. Qui aurait lu sinon ?

  8. Il y a deux mille ans, Jésus multipliait les pains. Aujourd’hui, Piketty les distribue, dixit Oréliefilipéti…

  9. « Plutôt que d’attaquer le capital et le capitalisme, pourquoi ne pas augmenter le nombre de personnes pouvant bénéficier de capital ? En somme, pourquoi ne pas créer plus de capitalistes ? »

    Je vais à 100% dans ce sens ! Il nous faut démocratiser le capitalisme : permettre à chacun d’être le propriétaire privée de ses biens, de son salaire.
    Savent ils donc que le Capitalisme se définit le plus simplement du monde par la propriété privée de biens, de capitaux et de moyens de production ?

    Sur le plan idéologique, nous sommes face à un adversaire socialiste particulièrement hostile. Il me semble évident qu’à travers l’opinion publique (exprimée à travers des sites d’informations générales en ligne que je consulte Agoravox, Atlantico, Boulevard Voltaire, Marianne.net…) beaucoup dénoncent les Gouvernement UMP et PS… pour leur faiblesse ! mais souhaitent qu’un autre gouvernement fort s’y substitue au petit détail s’il doit être Nationaliste ou Internationaliste.

    Concernant le principe de donner un tout nouveau statut au salarié, c’est une hérésie en France illustré par notre style de de management du personnel. Le salarié est un grand enfant qui souhaite être protégé par un Etat Nounou, ne supportant pas la frustration, ne voulant pas être responsabilisé. Combien de patrons se complaisent aussi dans leurs rôles paternalistes ?

    Ne nous étonnons pas que Thomas Piketty soit à ce point encensé. Il est la référence (médiatiquement) de l’économie française. C’est notre John Meynard Keynes Bleu Blanc Rouge.

    Notre économiste providentiel empêche toute discussion, tout débat sur une (nécessaire) réforme du Capitalisme. Il n ous décrit d’ailleurs merveilleusement ce système comme figé, intemporel et universel alors que tout bon économiste sait qu’il est dynamique, évolutif et malléable à toutes les politiques.

    Eco-corico-nomie !

    1. Excellent article, merci.

  10. mais justement ! La redistribution permet de répartir plus équitablement (au sens mathématique) le capital !

    1. Sauf qu’il ne faudrait pas le gaspiller. C’est bien la le problème.

      1. gaspiller quoi ? Le capital produit par ceux qui travaillent et capté par les improductifs ? Ne vous inquiétez pas pour ça !

        1. Improductifs, les retraités. Coooooooooooooooooooool :mrgreen:

    2. Le capital, comme le travail, ne se divise pas, il se multiplie. C’est pourtant le b.a.-ba pourtant. Toute tentative de redistribution diminue de facto la quantité globale disponible.

      « équitablement ». Et qui va définir cet « équitablement »? Vous? Moi? Un polytocard désigné par la « majorité des électeurs ayant exprimé un vote » (c’est-à-dire une petite minorité de la population)? Et on fait quoi si ce qui apparaît comme équitable à Paul ne semble pas équitable pour Pierre? On écrase Pierre en lui prenant de force ce qu’il a obtenu honnêtement par le travail, l’investissement ou le don? C’est ça que vous appelez « justice sociale »?

      1. J’avoue ne pas bien voir en quoi redistribuer détruit du capital ! Cela demande à être explicité. Concernant « équitablement », le sens mathématique me semble le plus adapté.

        1. « Equitablement » n’a pas de définition mathématique à ma connaissance. Vous voulez sans doute dire « uniformément », et il n’y a alors alors que le souhait d’être ennuyeux qui puisse motiver de tout ramener à l’uniformité. A noter que pour les distributions, la pratique est de tout ramener à une distribution simple et de bon goût, qui facilite les calculs, par exemple Gauss ou Pareto, et jamais à la distribution uniforme 😉

          1. partage équitable me semble avoir un sens mathématique parfaitement clair : partage en parts égales. Ensuite concernant les lois de probabilités et la distribution qui en résulte, tout dépend du phénomène observé.

        2. Pffff… Du grand n’importe quoi (sérieusement,accordez-vous quelques minutes de réflexion sur votre idée, vous vous rendrez compte par vous même). Trop de lacunes, renseignez-vous un minimum sur le fonctionnement de l’économie (allocation sous-optimale des ressources touça…). Désolé, je n’ai pas le temps, et encore moins l’envie de vous expliquer (de toutes façons, vous refuserez de comprendre).

  11. Ce qui est chiant avec Piketty et son succès, c’est qu’il est en train de casser tout le travail en profondeur des libéraux en remettant encore une fois sur la table l’utopie égalitaire avec des développements qui ont l’air scientifiques, mais ne sont que simplismes et sophismes…

    Les dés du débat sont pipés et avantagent encore les mystiques, les démagos, les utopiques… Et lorsqu’on pense avoir réussi à démystifier cela, lorsqu’on pense avoir réussi à convaincre après avoir démontré à quel point les arguments étaient fallacieux, paf, un autre apparait et vient foutre un nouveau bordel, réussit à attirer l’attention des gens…

    C’est lassant… Cette route de la servitude est un labyrinthe dont les sorties finissent par nous ramener sur la voie centrale…

    1. Stop ce ramassie de conneries. Est-ce que vous connaissez au moins le travail des libéraux ? Le pensée (historique) économique libérale essaie de mettre en relief les cléfs pour atteindre de ce que l’on pourrait qualifier de « paradis économique ». Je pense que vous devez connaitre, rationnalité des agents, symétries des informations, concurrence pure et parfaite etc etc.

      Le problème est simple, le capitalisme a permis de resorber les inégalités, sauf qu’aujourd’hui, la courbe s’inverse et ce même capitalisme crée de plus en plus d’inégalités. Pourquoi ? C’est simple, relisez la pensée libérale, est-ce qu’elle préconise les aléas moraux ? Les asymétries d’informations ? Absolument pas. Aujourd’hui, une classe de la population (les riches et ceux détenant le pouvoir), ne joue pas le jeu du vrai libéralisme,pots de vin, délis d’initiés etc etc. Les régles du jeu sont complétement biaisés.
      De plus aujourd’hui les détenteurs du capital, que font-ils ? Leur seul objectif est d’avoir des rendements par action de plus en plus important et cela sans mener de politiques d’investissements, mais par d’autres moyens (licenciement, optimisation).

      Ce que ne prends pas en compte la théorie libérale, c’est l’aspect ethnologique. La nature même de l’homme. Est-il rationnel ? Va-t-il oeuvrer pour le bien de la communauté ou uniquement pour lui même. Avec une société qui devient de plus en plus individualiste, la réponse est toute trouvée et par conséquent, l’homme en tant que telle agira de façon a toujours biaiser les régles du jeu et c’est pourquoi la théorie libérale ne peut pleinement s’appliquer. Le libéralisme n’existe pas, et encore moins en démocratie quand chacun défend ses propres intérêts et est incapable de raisonner à long terme.

      Tout ça pour dire que le libéralisme doit être accompagné d’une part de social, le social défend l’homme, le libéralisme défend le capital, l’homme ne reste qu’un moyen production…sauf quand il est riche et qu’il détient par conséquent un peu de pouvroir.

      1. Vous en tout cas, vous n’avez pas dû lire grand chose des auteurs libéraux! C’est du n’importe quoi de A à Z (« rationnalité des agents, symétries des informations, concurrence pure et parfaite » -> école classique, c’est juste dépassé depuis au moins un siècle).

        Allez, ce grand morceau est à encadrer, faudrait d’ailleurs penser à mettre une rubrique « les plus belles perles des commentateurs ». Je le laisse en entier, pour la rigolade:
        « Ce que ne prends pas en compte la théorie libérale, c’est l’aspect ethnologique. La nature même de l’homme. Est-il rationnel ? Va-t-il oeuvrer pour le bien de la communauté ou uniquement pour lui même. Avec une société qui devient de plus en plus individualiste, la réponse est toute trouvée et par conséquent, l’homme en tant que telle agira de façon a toujours biaiser les régles du jeu et c’est pourquoi la théorie libérale ne peut pleinement s’appliquer. Le libéralisme n’existe pas, et encore moins en démocratie quand chacun défend ses propres intérêts et est incapable de raisonner à long terme.

        Tout ça pour dire que le libéralisme doit être accompagné d’une part de social, le social défend l’homme, le libéralisme défend le capital, l’homme ne reste qu’un moyen production…sauf quand il est riche et qu’il détient par conséquent un peu de pouvroir. »

        Sérieusement, renseignez-vous sur la signification du mot « libéralisme ». Parce-que critiquer le libéralisme sans savoir ce que le mot veut dire est le meilleur moyen pour passer pour un c*n. Indice: le libéralisme ce n’est pas une doctrine économique ou je ne sais quoi. 2ème indice: ça parle de droit. Google est ton ami.

        1. Je pense que c’est vous le con. On est sur un article d’économie ? Donc on parle de libéralisme économique, logique. Le libéralisme en tant que tel est une philosophie politique, je ne crois pas à avoir de leçon à recevoir de vous. Mais le libéralisme économique trouve sa source chez les classiques et néoclassiques non ? Leur pensée (bonne au demeurant) est toujours d’actualité et a toujours des adeptes qui ont une approche plutôt nouvelle du libéralisme, le fondement reste le même heureusement), mais avec quelques inepties en plus et un constat de la réalité (et sur l’approche des individus) à revoir.

          1. Bon ben ne vous renseignez pas sur ce qu’est le libéralisme depuis un siècle alors, continuez à croire que « le libéralisme défend le capital et le social défend l’homme », qu’est-ce que vous voulez que je vous dise…

            PS: connaissez-vous la differce entre « être un con » et « passer pour un con »? Indice: même le plus intelligent du monde peut passer pour un con, notamment quand il parle de sujets qu’il ne maitrise absolument pas.

      2. « Stop ce ramassie de conneries. »

        C’est gentil de prévenir ce qui va venir…

      3. L’avantage du libéralisme est qu’il prend l’homme comme il est avec ses qualités et ses défauts car il paraît difficile ou impossible d’en faire un être parfait (les socialismes, manichéismes,… passent leur temps à définir ce que doit être l’homme nouveau et comme ça ne marche pas, cela se termine en génocides et en Goulags). L’homme n’a pas une seule nature, chaque homme est différent de son voisin et évoluera au cours de sa vie (donc deviendra différent de ce qu’il était). L’aspect ethnologique est donc parfaitement pris en compte par le libéralisme. Chacun va au mieux de ses souhaits et de ses libertés et l’homme étant un animal social, bien personnel et bien commun risquent de souvent se rejoindre. Même avec des individus qui tirent la couverture à eux et qui trichent. Des tas d’expérimentations montrent d’ailleurs les bénéfices de la collaboration (« Le dilemme du prisonnier et l’illusion de l’extorsion » http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-le-dilemme-du-prisonnier-et-l-illusion-de-l-extorsion-32449.php et beaucoup d’autres expériences de sociologie des échanges) sur la tricherie. Le cerveau humain a amené les notions d’égoïsme et altruisme à un niveau de complexité inimaginable (ne suis-je pas altruisme par égoïsme pur?). Avec la philosophie libérale, individualisme, tricherie, biais, défense de ses propres intérêts (et en plus c’est la moindre des choses) ne sont plus des problèmes. L’intérêt de chacun rencontre les intérêt de tous et le résultat est, en dépit des frottements et des heurts toujours possibles, à l’expérience économique réitérée, supérieur à la somme des intérêts.

    2. 1) Piketty nous renvoie en pleine face une réalité indiscutable : l’accroissement des inégalités US, l’émergence de l’hyper richesse. On ne peut surtout pas lui reprocher d’avoir publié ce constat, et encore moins d’avoir du succès. Il oblige les libéraux à se reposer des questions fondamentales qu’il a longtemps pris l’initiative de poser, comme « c’est quoi le niveau d’inégalité tolérable par une société ».
      2) Vous donnez l’impression que vous ne serez heureux que lorsque le dernier socialiste aura prêté serment d’allégeance à votre vision libéralisme. C’est aussi une utopie. J’ai une nouvelle pour vous : arrêtez ça tout de suite ou vous allez mourir malheureux.

  12. Si bourdieu étaient encore en vie, il rirait du caractère absurde de cette analyse : vous défendez le capital car vous faites partie des 80% au dessus de la masse qui gagne un salaire plus que confortable (que vous devez essentiellement au travail de vos subordonnés et de vos stagiaires). Sinon comment auriez-vous le temps d’écrire cela au vue des responsabilité que vous prétendez occuper ? Bref, charité bien ordonnée commence par soi même, on vous comprends. Pourquoi cracher dans la main qui vous nourrit, le capitalisme ?

    1. ET vous, vous ne crachez pas dans le socialisme qui vous nourrit grassement non ❓

    2. S’il était en vie, ce serait rigolo pour nous aussi d’avoir de nouvelles bourdieuseries…

  13. J’aime bien cet article, principalement parce qu’il ne conteste pas les constats de Piketty, et reconnait que son bouquin est ‘bien documenté, contient beaucoup d’informations utiles ».

    On peut objecter sur les conclusions de Piketty, mais pas son constat : il y a bien une explosion des inégalités aux US depuis plusieurs décennies.

    Ce constat est bien fait, complètement inattaquable (sauf sur des micro marges qui changent absolument rien, la critique du FT est à pisser de rire : elle revient à dire que l’éléphant au milieu de la pièce n’existe pas car on ne peut en mesurer précisément les plis de la trompe).

    Ce constat est partagé et pressenti depuis longtemps. The Economist l’a reconnu dans les années 2005-2006. Le journaliste du WSJ avait publié son « Richistan » en 2007, montrant par le petit bout de la lorgnette l’émergence des hyper riches…

    il y a bien une explosion des inégalités aux US. Est-ce un bien, un mal ? c’est ouvert au débat politique, scientifique, ou philosophique. SI c’est un mal, comment y remédier ? Là les propositions de Piketty peuvent être discutées ou contre-argumentées.

    Piketty le politique est mauvais, mais Piketty le chercheur est bon. Ses data, c’est du béton armé, en tout cas c’est incroyablement plus consistant que ce que d’autres ont pu compiler sur le sujet des inégalités.

    Piketty collecte ses données sur les inégalités depuis la fin des années 90 : il est le meilleur et le plus rigoureux, probablement au monde sur ce sujet bien précis. Il collecte bien les données et les maîtrise très bien.

    Un réflexe que devraient suivre les rédacteurs et commentateurs de ce site.

    On a le droit d’avoir des opinions différentes, mais on doit avoir les mêmes faits. Tous ceux qui contestent les faits dégagés par Piketty doivent quitter la table des débats, s’acheter des lunettes, ou bien prendre leurs médicaments, ou au pire s’acheter un cerveau en état de marche.

    1. Alors là pas du tout: c’est pas du béton, c’est bourré d’erreurs, c’est souvent plus idéologique que scientifique, bref c’est très fortement sujet à caution.

      Cf euh… y’a tellement d’articles je ne sais même pas lequel choisir… Celui de l’iFRAP est pas mal mais un peu trop « épais ». Bref, Google est ton ami!

      1. Je rajoute que Piketty est un habitué des erreurs statistiques, pour ne pas dire des stats trafiquées, on ne devrait donc plus être surpris.

        Mais c’est sûrement que je n’ai pas du bien prendre mes médicaments, ni ne m suis acheté un cerveau…

      2. Tais toi, tais toi, tais toi, et

        Tais toi. Tu as gagné un ticket pour l’internet des nuls. Bye.

        1. Je vois qu’il y a du niveau… Ça c’est du commentaire argumenté! Bon je vais pas m’embêter à discuter avec un supporter du bidonnage de stats (à moins que cela soit de la simple incompétence?), qui adore, comme tant d’autre, institutionnaliser la jalousie (« lutte contre les inégalités » en novlangue politiquement correcte – personnellement, je ne vois pas trop ce qu’il y a de choquant à ce que mon voisin gagne 1000 ou 10000 fois plus que moi, par contre je suis choqué par la pauvreté… enfin chacun ses priorités).

          PS: si tu comprenais ce que tu lisais, tu verrais que des articles qui démonte les Piketteries, il y a en des tas…

          1. Le modo est passé avant moi… Je vous garantis que ça volait vraiment bas…

            1. Je confirme !

      3. Tiens, Minarchiste nous a fait un bon petit résumé de plusieurs articles sur Piketty: http://minarchiste.wordpress.com/2014/06/05/les-critiques-de-thomas-piketty/

        Et j’ai confondu IFRAP et IREF dans mon commentaire précédent…

      4. S’il y a des erreurs, remontez-les et faire en profiter la communauté. Sinon, abstenez-vous de faire des commentaires. Les « erreurs » dénoncées par l’iFrap n’en sont pas, ce sont des choix de présentation sur lesquels elle n’est pas d’accord, mais « ne pas être d’accord avec » et « affirmer que l’on se trompe » ne sont pas des synonymes. Si vous tapez « ifrap piketty » et que vous lisez le premier article, les quatre courbes du graphique montrent exactement la même chose : que l’impôt n’est pas progressif car les 0,1% les plus riches ont un taux d’imposition qui décroit. Que Piketty et al. aient choisi un graphique plus spectaculaire ne change *en rien* les conclusions de l’ouvrage. Au contraire, de mon point de vue ce que montre l’iFrap, c’est qu’elles tiennent quelque soit le mode de calcul.

Les commentaires sont fermés.