Trois entreprises du CAC 40 en train de délocaliser une partie de leur état-major

Publié Par Alexis Vintray, le dans Entreprise et management, Fiscalité

L’exil fiscal s’amplifie face à la folie fiscale française. Trois entreprises du CAC 40 seraient ainsi en train de délocaliser une partie de leur état-major.

Par Alexis Vintray.

Selon une information parue aujourd’hui dans les Echos, trois entreprises du CAC 40 seraient actuellement en train de transférer à Londres une partie de leur état-major. Le quotidien économique, sans citer de source nommément ou de nom d’entreprise, indique que l’information provient « d’un des plus éminents notaires parisiens ».

Toujours selon la même source, plus d’une centaine de cadres dirigeants serait concernée par cette délocalisation partielle des sièges, dont la motivation ne fait aucun doute : « tous répondent au même objectif : profiter d’une fiscalité plus avantageuse pour les cadres dirigeants ». Au vu de la détestation actuelle « des riches » en France, les entreprises en question « étaleraient sur deux ou trois ans [les délocalisations] pour plus de discrétion. »

Une des entreprises a mené une étude sur les coûts de la délocalisation et a constaté que les cadres de l’entreprise passaient près de la moitié de leur temps à l’étranger, rendant leur localisation n’importe où ailleurs peu impactante.

L’exil fiscal connaît une croissance sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande et la hausse massive d’une fiscalité déjà l’une des plus élevées au monde. Selon Jean-Michel Fourgous, sur 2012, 5 fois plus de personnes assujetties à l’ISF qu’en 2011 auraient fuit l’enfer fiscal français pour trouver des cieux plus cléments. La facture est lourde pour la France, qui perd outre des capitaux et des rentrées fiscales importantes, de nombreux talents, découragés par une fiscalité qui détruit tout intérêt à entreprendre. A l’inverse, le Royaume-Uni a fait à de nombreuses reprises des appels du pied aux victimes de la fiscalité française, les encourageant à venir créer et entreprendre à Londres plutôt qu’à Paris.

Cette information, qui n’a rien de surprenant au vu de la folie fiscale actuelle, vient confirmer que la France est tombée depuis longtemps du mauvais côté de la Courbe de Laffer : la hausse de l’imposition détruit les revenus en tuant la prise de risque et en nourrissant l’exil fiscal. A l’inverse, réduire l’imposition permettrait de relancer les rentrées fiscales en encourageant la prise de risque et en stimulant l’activité.

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  1. Mon degré de confiance dans les propos des journalistes français étant peu élevé, même s’il s’agit de journalistes écrivant pour les Echos, je demande cependant à voir la réalité..
    Il est assez clair que des activités financières, d’assurances ou de trading (gaz, électricité, etc.), seront plus susceptibles de se développer à partir de Londres plutôt qu’à partir de Paris. Une délocalisation de ces activités vers l’Angleterre traduit plus le dynamisme londonien et la perte de compétitivité de la France que le problème de la taxation des rémunérations des cadres-dirigeants (qui est bien réel et grave aussi, je n’en disconviens pas).
    Donc, ces délocalisations, si elles sont réelles, ne sont pas nécessairement la résultante de la taxation sur les rémunérations mais un symptôme d’un mal plus profond.

    1. Les départs sont plus nombreux qu’on ne le dit.
      Ce ne sont pas que les 75% qui font fuir, ne pas oublier que les tranches inférieures ont été relevées, que l’ISF touche beaucoup plus de gens qui ne sont pas riche pour autant.
      Il suffit de posséder 2 ou 3 apparts que vous avez acheter pour vos vieux jours, et vous êtes dedans même si votre revenu est minime.
      Quant aux frais de succesion, ils sont à mon avis la cause majeure de tous ces départs, cela signifie qu’ils partent pour toujours.
      Ce pays qui change en permanence ses lois fiscales, a fini par lasser tous ceux qui paient.
      Je fais le pari que les recettes vont sérieusement diminuer dès 2013, la Bérézina en2014, les créateurs et les managers partis, il restera des chômeurs, des rentiers fonctionnaires, des politicards, des retraités, et quelques grosses sociétés qui paient leurs impôts ailleurs car travaillant surtout à l’export.
      On a à faire à une équipe de fous, gouverner c’est prévoir paraît-il, ils sont donc incapables de gouverner.

    2. Mis à part une taxation hystérique dans le but de financer une bureaucratie omnipotente et la haine démagogique qu’elle suscite volontairement pour survivre à tout prix, quel est donc ce mal « plus profond » dont vous parlez ? Quelle autre origine devinez-vous à la perte de compétitivité de la France ?

  2. si une entreprise décide de délocaliser, et l’information arrive aux échos, c’est que la décision est déjà dans les esprits depuis plusieurs années
    ..il faut comprendre une chose, vous pouvez dire ce que vous voulez, une entreprise délocalise car elle décide d’aller là ou est la croissance rien avoir avec la fiscalité des entreprises.
    pour les personnes physique qui fuient pour payer moins d’impôts ils ont pour patrie leur fric

    1. Mon petit fric m’appartient, ce sont des économies c.a.d de l’argent non dépensé par rapport à mes recettes.
      L’état depuis + de 30 ans emprunte 30% de plus que ses recettes chaque mois pour payer leurs électeurs fonctionnaires, et garder le pouvoir donc leur train de vie royal.
      Dois-je me sentir responsable d’une telle gabegie ?, NIET.
      Je n’ai pas les moyens de partir car il faut des moyens, mais j’approuve tous ceux qui le font.
      Quand le pays sera au fond du trou, peut-être que les « votants » comprendront comment fonctionne l’économie d’un pays, lorsque l’état ne pourra plus payer ses rentiers fonctionnaires etc., je pense qu’ils analyseront mieux la situation.
      Quand les employés n’auront plus de patrons, ils comprendront mieux le rôle du patron, qui n’est qu’un exploiteur mais le seul réel acteur économique.
      Les Français ont besoin de se trouver dans le creux du bourbier pour revoir leur façon de penser, de travailler etc., je fais confiance à ce gouvernement on va y être très vite.

      1. @akpoonne : je suis d’accord avec votre propos, mais en désaccord avec votre affirmation selon laquelle il faudrait de l’argent pour partir. Pour ma part, j’ai 22 ans, bientôt fraîchement diplômé et j’ai trouvé un travail à l’étranger. Je n’ai pas grand chose sur mon compte en banque, je ne possède pas d’immobilier ni de biens notables. Pourtant, je vais partir et faire ma vie ailleurs. Même sans avoir de gros moyens, il est possible de partir, il suffit de s’en donner les moyens !

        1. @Blueglasnost
          C’est bien d’avoir 22 ans, profitez-en, mais ne venez pas donner de leçons à vos aînés. Si vous aviez entre 35 et 40 ans, une épouse, deux ou trois gosses scolarisés et un emprunt pour payer votre baraque, vous feriez quoi?

  3. il n’y a pas que les contribuables assujettis à l’ISF qui sont dans cette situation.
    Je travaille dans une entreprise de R&D, et je peux vous dire que sur 300 personnes, on va dire un bon 5% regarde ce qui se passe ailleurs en quête d’opportunité (surtout quitter la zone euro). La fiscalité est un levier de ce genre de comportement, mais la vision du marasme dans lequel on s’empêtre, l’étroitesse d’esprit et de vision de l’élite, la proportion trop grande d’assistés, la génération d’enfant roi en devenir et où il est difficile d’imaginer des semblants de sorties crédibles.

    1. Petit commentaire sans intérêt qui essaye de noyer le poisson.
      C’est vrai que dans un pays où l’état représente 60% du PIB (record du monde), on est bien placés pour critiquer les vilains capitalistes…
      Je suis sur qu’on peut arriver à 100% comme nos riants amis Nord Coréens.

  4. Peu de personnes sont pour le moment conscientes des conséquences sur leur porte-monnaie des nouvelles lois fiscales.
    Donc seules les grandes entreprises sont en train de réfléchir à la déloc des cadres..
    Mais quand les premières feuilles d’impôts, et la déclaration ISF vont arriver, les cadres et chefs d’entreprises vont réellement prendre conscience de l’impact de ces décisions sur leur revenues et prendront les décisions qui s’imposent nécessairement.
    Et c’est à ce moment là que l’on pourra parler d’une émigration massive des talents et capitaux hors de FRANCE et peut étre d’EUROPE;
    merci Flamby.

    1. c’est exactement ça.
      Les plus téméraires, et par extension, les entrepreneurs qui ont la niac partiront, restera les résignés soumis en qui la colère bouillira.

      ponctionner plus dans un but électoral ou de départ vers une révolution civile justifiant les futurs politiques de coupure totale d’aide à l’emploi et la santé.

      vous ne trouvez pas bizare que le terme competitivité soit repris à toute les sauces sans dire ce qui se cache derrière ?
      Accepter la baisse de salaire, accepter de mettre 2 mi-temps à la place d’un temps plein, revenir sur les acquis sociaux des travailleurs…faut pas se voiler la face, la plupart des chômeurs ne pourraient intégrer qu’un emploi qui n’existe plus depuis longtemps en europe.

      par contre on ne parle jamais de restreindre les aides aux assistés, seuls les travailleurs fond des efforts.

      on ne parle jamais de placer des fonctionnaires pour analyser si les aides distribuées sont mériteés ou profitées. On ne parle pas de la reforme des universités, dispensant des compétences foireuses et inutile à un employeur.

      On dit juste qu’il y a un nuage de plus en plus maigre, mais sur lequel veut tirer encore plus pour irriguer des cultures de plus en plus gourmandes et au pietre rendement .