OGM : cette étude bidon que les médias français aiment relayer

Publié Par h16, le dans Édito

C’est à un véritable déferlement que nous assistons actuellement : enfin, les médias tiennent une bonne étude bien baveuse, avec des photos abominables à l’appui, qui prouvent sans le moindre doute que les OGM sont nocifs à un point que personne ne soupçonnait avant. L’étude, relayée avec la délicatesse d’un panzer dans une boutique de porcelaine, est maintenant sur presque toutes les lèvres, les autres étant occupées par les crobards de Charlie Hebdo ou les seins de Kate Middleton.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, de quelle étude parle-t-on ici ?

Tout part de cet article du Nouvel Observateur, qui relate l’étude d’un certain Gilles-Éric Séralini. Ce travail, relayé par la revue « Food and Chemical Toxicology« , très sérieuse selon le magazine dirigé par Laurent Joffrin, montrerait que le maïs génétiquement modifié ne serait pas du tout inoffensif.

Photos dramatiques de rats déformés par des tumeurs monstrueuses à l’appui, l’article détaille comment ces animaux sont tombés malades après le traitement qu’on leur a fait subir. Et justement, ce traitement, parlons-en : un échantillon de 200 rats a été soumis à deux régimes alimentaires, l’un à base d’OGM pour la moitié des rats, et l’autre sans OGM. Pour faire bonne mesure, le chercheur a utilisé de l’herbicide Roundup sur une partie du maïs distribué, ou dans l’eau de boisson des animaux. Enfin, l’expérience s’est étalée sur deux ans.

Bien évidemment, le travail journalistique étant ce qu’il est, nous ne saurons absolument rien des résultats précis et chiffrés de cette étude : l’article ne contient, scientifiquement parlant, absolument rien. Sur le plan médiatique, en revanche, c’est l’avalanche de qualificatifs dont la nature péremptoire allume immédiatement plusieurs voyants du bullshit-detector de base que n’importe qui, en possession de deux sous de bon sens, se doit de posséder à l’approche d’un article de la presse mainstream.

Et il y a de quoi faire, et de quoi allumer les voyants : « comparaison implacable », « des conditions de quasi-clandestinité », « crypté leurs courriels comme au Pentagone », « lourdement toxique même à faible dose », « bombe ». C’est étonnant si l’on veut faire croire à la neutralité journalistique, et embarrassant quand l’étude n’est pas aussi tranchante dans ses conclusions… Si l’on ajoute l’étonnante coïncidence de la sortie du documentaire et du livre du chercheur dans les heures qui suivent, on distingue surtout tous les avatars traditionnels d’une bonne lancée médiatique d’un produit phare. L’article n’est pas journalistique, mais publirédactionnel. Certains vendent des films ou des jeux vidéos exactement de la même façon. Ici, c’est un livre et un documentaire, en plus de centaine de milliers de copies supplémentaires d’un magazine qui nous parle aussi des « nouveaux fachos et leurs amis » (avec Zemmour en couverture, miam) pour faire bonne mesure.

Pas de doute, on est bel et bien en présence de l’une de ces habituelles …

Et d’un beau calibre de surcroît lorsqu’on se penche pour de bon sur l’étude elle-même.

Je passe rapidement sur le passé rebondissant et rigolo du chercheur Séralini et sur le CRIIGEN : ce serait, bien qu’informatif, de l’ad hominem. Et puis, ce n’est pas parce que Séralini est ouvertement opposé aux OGM que son étude serait biaisée, hein. Un passé douteux n’élimine pas les changements de méthodes pour le meilleur, après tout. Je ne parlerai pas non plus de la réelle modestie de la revue présentée comme très sérieuse (facteur d’impact de 2.99, ce qui, pour une étude avec ce genre de révélations — on parle d’un risque sanitaire majeur et mondial, caramba ! — est assez faible) : si l’étude est solide, peu importe le média, après tout, n’est-ce pas ?

Bon, eh bien regardons donc l’ensemble des statistiques de l’étude !

Hahem. Petit souci : outre la difficulté d’avoir tous les chiffres statistiques, l’auteur avoue lui-même n’avoir pas testé si ses résultats sont statistiquement significatifs. Autrement dit, on a des rapports et des calculs bruts sur l’échantillon considéré, mais aucun calcul de la pertinence des variations observées. Variations qui sont de l’ordre de 1 à 2%, ce qui, pour un échantillon de 200 individus (100 tests et 100 témoins), eux-mêmes répartis en groupes de 10 individus chaque, est particulièrement … non significatif. Des chiffres sur des paquets de 10 rats, c’est (statistiquement parlant) … du bruit. Caramba !

Autre petit souci comme le note Alexnews : les quelques graphiques qui émaillent l’étude sont bizarrement boutiqués.

Graphique OGM Séralini

Pas de légende, pas d’unités sur les axes, voilà qui est très professionnel. Pire, le graphique tend à prouver exactement le contraire de ce que l’étude conclut : les rats qui mangent des OGM et biberonnent du Roundup seraient moins vite malades que les rats mangeant des OGM sans cet herbicide. Le Roundup améliorerait la durée de vie ?! Caramba, encore raté !

Si l’on regarde un peu les réactions du monde scientifique, on constate la même surprise. Pas une surprise liée aux résultats, mais bien une surprise quant à la façon de les obtenir et de les relayer :

  • « Toutes les données ne peuvent pas être montrées dans un papier et seules les plus significatives sont décrites ici. » : ceci est une citation de l’étude elle-même.
  • Tiens, pas de rats nourris sans maïs du tout, pour le contrôle ? Pourquoi ? Cela aurait été très pertinent.
  • Tiens, pas de résultats donnés pour les rats nourris au maïs non-OGM ? Pourquoi ? Cela aurait été très nécessaire.
  • Cela fait plus de vingt ans que des milliards d’animaux aux États-Unis et en Europe ont été nourris avec des OGM, provenant principalement d’Amérique Latine. Aucun problème n’a été rapporté par les centaines de milliers d’agriculteurs, d’officiels ou de vétérinaires concernés. Complot ? Complot maousse ? Vraiment maousse ?
  • Dans la même revue scientifique, on trouve une autre étude, sur une durée certes plus courte de 90 jours, qui ne montre aucun effet néfaste des OGM sur des rats. Caramba aussi ?
  • Aucun calcul de pertinence statistique. Est-ce vraiment normal ?

Les citations de chercheurs qui ont pu jeter un œil sur l’étude (ou les maigres données qui en sont disponibles) montrent qu’ils sont perplexes :

« À mon avis, les méthodes statistiques et la façon de rapporter les résultats sont très en dessous de ce que j’attendrais d’une étude rigoureuse – pour être honnête, je suis surpris qu’elle ait été acceptée pour publication. «  – Pr. David Spiegelhalter, Université de Cambridge

Oh. Il n’est pas très gentil, le Pr. Spiegelhalter.

« Comme la plupart des débats sur les OGM, ce travail a peu à voir avec les OGM. Les auteurs du papier ne suggèrent même pas que les effets sont causés par les modifications génétiques » – Pr. Ottoline Leyser, directeur associé du Laboratoire Sainsbury, University de Cambridge

Mmh. Comment dire ? LOL ?

« Aucune donnée sur la quantité de nourriture n’est fournie, ni sur la croissance. Cette race de rats est notoirement sujette aux tumeurs mammaires particulièrement lorsque la quantité de nourriture ingérée n’est pas restreinte. » – Pr. Tom Sanders, directeur de la Division de Recherches Scientifiques sur la Nutrition, au King’s College de Londres

Caramba, encore raté ?

« La première chose qui me vient à l’esprit est que rien n’est apparu des études épidémiologiques dans les pays où tant d’OGM ont été utilisés dans la chaîne alimentaire depuis si longtemps. Si les effets étaient aussi forts que ceux rapportés, et si cette étude peut s’appliquer aux humains, pourquoi les Américains ne tombent-ils pas tous comme des mouches ? » – Pr. Mark Tester, Centre Australien pour la Génomique Fonctionnelle Végétale, Université d’Adélaïde

Ah et puis zut.

Je note enfin le fait de faire durer les expérimentations sur des rats jusqu’à leur durée de vie maximale, et y laisser se développer des tumeurs de cette taille. Voilà qui est très éthique. J’attend les réactions des défenseurs des animaux … Rien ? Étrange.

Accessoirement, la race de rats en question, Sprague-Dawley, est sujette au développement de tumeurs mammaires : une étude publiée dans la revue Cancer Research en 1973 avait montré une incidence de 45% de cette pathologie sans la moindre intervention. Normalement, on n’utilise jamais cette race pour des études de cancérogénèse. Mieux : la tendance aux tumeurs est plus forte encore lorsque le régime alimentaire est mal contrôlé. Avec 11% de maïs, ce régime déséquilibré a d’ailleurs provoqué des tumeurs aussi chez les rats témoins. Et puis, au bout de deux ans (soit, peu ou prou, leur durée de vie normale), c’est un résultat banal. Bref, mis à part l’intérêt purement médiatique et « photogénique » de ces essais, cette durée n’était en rien nécessaire pour constater des tumeurs. Mieux, l’Association française des Biotechnologies végétales (AFBV) a déclaré à ce sujet que :

« Contrairement à ce qui est affirmé, la dernière étude du CRIIGEN n’est pas la première à avoir évalué les effets à long terme des OGM sur la santé. Il existe en effet de nombreuses études toxicologiques qui ont évalué les effets à long terme des OGM sur la santé des animaux. Ces études réalisées sur des rats mais aussi sur d’autres animaux par des chercheurs d’horizons différents n’ont jamais révélé d’effets toxiques des OGM. »

L’AFBV précise tenir à la disposition la liste de ces études et leurs références pour tous ceux qui veulent disposer d’une information diversifiée (et un peu plus sérieuse que la marée journalistique gluante à laquelle on assiste ici). Autrement dit, on comprend ici que le but a été avant tout de choquer par des images de rats déformés, sans le moindre souci ni pour l’animal ni pour l’expérience elle-même.

La conclusion de tout ceci est sans appel : cette étude ne vaut pas le papier sur lequel elle est imprimée et encore moins les efforts des pisse-copies pour la promouvoir au rang de Saint-Graal des anti-OGM. On ne s’étonnera pas du buzz qu’ils auront réussi à provoquer alors que, par contraste, il y a quelques semaines, sortait une méta-étude, scientifiquement plus solide et bien mieux réalisée, qui détaillait l’impact du bio sur la santé et concluait que le bio n’était pas meilleur :

The published literature lacks strong evidence that organic foods are significantly more nutritious than conventional foods. Consumption of organic foods may reduce exposure to pesticide residues and antibiotic-resistant bacteria.
Les études publiées manquent de preuves claires que le BIO soit significativement plus nutritif que la nourriture traditionnelle. La consommation de nourriture bio pourrait réduire l’exposition aux pesticides et bactéries résistantes aux antibiotiques.

Ce que montre, par contraste, le traitement de l’étude de Séralini et l’absence de battage autour de l’étude sur le bio, c’est que, comme d’habitude en France, on aime se faire peur. On aime pleurnicher pour avoir le plaisir douillet de se jeter dans les jupes de Maman État, qui n’a d’ailleurs pas tardé à réagir, pour montrer qu’elle est là et va s’occuper de ses petits apeurés.

Quelle manipulation !

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Sur le web

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  1. Toxiques ou pas, je ne crois pas vraiment aux ogm agricoles, « produit miracle » qui solutionnerait tout. C’est la « pensée paresseuse » comme dirait Boris Cyrulnik.
    Et tout ça pour se débarrasser de mauvaises herbes et d’un papillon du maïs, c’est disproportionné et faisant complètement fi de l’intégration de la culture dans son milieu.
    Voilà ce qui arrive lorsqu’on se laisse fasciner par certaines popottes de laboratoire.
    Il existe des alternatives plus crédibles, comme le « semis direct sous couvert », technique validée et toujours en recherche par l’INRA.
    Moins tape à l’oeil bien sûr, et peut-être un peu sale (ça parle de terre et de petites bêtes, ce qui n’est pas complètement idiot en matière d’agriculture).
    http://www5.versailles-grignon.inra.fr/agronomie/Recherche/Regulations-biologiques/Peuplements-pluri-specifiques/SCV

    1. Le semis sous couvert et les pratiques de no-till sont utilisées sur le tiers de grandes cultures aux USA. Pourquoi ? Parce qu’elles se mettent très bien en place avec des OGM résistants aux herbicides totaux.

  2. Flo… on peut débattre de l’utilité/efficacité des OGM. Mais ça a peu d’importance dans l’histoire.

    Ce que je trouve dramatique, et ça n’est pas dit dans cet article d’ailleurs, c’est qu’on globalise « LES OGM » au lieu de parler d’un produit particulier « Le maïs de type X produit par Monsanto ».

    Bref il est clair et évident que le but est de diaboliser les OGM.

    C’est vraiment décevant…

    1. Je comprends bien, c’est de la technique de guérilla que Séralini utilise, il n’y a pas d’autres moyen pour relancer (et élargir si possible) le débat semble t’il.
      J’ai été taxé de hors sujet sur mon premier post, la finalité de tout ça est quand même de trouver le meilleur moyen de nourrir les populations. Et il y a des voix qui n’arrivent pas à se faire entendre.

  3. L’étude est clairement criticable mais elle a quand même le mérite de rappeler aux gens que tester les conséquences des OGM sur 3 mois, c’est faire preuve de négligence (criminelle).

        1. Eh bien, les OGM sont massivement utilisés partout dans le monde (sauf chez les irréductibles gaulois) depuis des dizaines d’années, et que jusqu’à présent, il n’y a pas eu une seule victime animale ou humaine clairement identifiée …

    1. Stan : « tester les conséquences des OGM sur 3 mois, c’est faire preuve de négligence (criminelle) »
      —————————————–
      Mais bien sûr. Et les centaines de millions de cochons, vaches et poules qu’on nourrit au MON810 depuis des années sur plus de 2 ans (pour les vaches laitières, ça peut atteindre 10 ans) sans trouver le moindre souci, ça ne compte pas.
      Et les éleveurs de porcs préfèrent le MON810 au maïs traditionnel car leurs porcs mangent moins de mycotoxines et sont en meilleure santé, ça ne compte pas.
      Il y en a qui sont prêts à croire à n’importe quoi.

  4. A voir cet article, je dirais que c’est lui est bidon.

    Exemple 1 : Figure de l’article. Si notre brillant éditorialiste avait téléchargé la publication, il aurait vu les légendes. C’est bien de croire que l’on a des contres arguments en répétant se que l’on lit sur internet…Mais lire le papier avec ses yeux est plus pertinent… Donc en voyant les légendes il aurait compris un peu mieux les résultats…
    Exemple 2 : Les rats sont les mêmes utilisés pour l’homologation des maîs OGM de Monsanto. Autant de rats par groupe, même lignée… Mais là cela ne pose pas problème pour l’habilitation mais pour cette étude. pourquoi ?
    Donc sans lire la publi notre ami pense en savoir plus que les rewiewers…Mauvais travail.

    1. @Kat :

      D’où sortez-vous votre exemple 2 ??? Et si pour l’habilitation, qui a eu lieu il y a plusieurs années dans plusieurs pays différents, on n’a pas vu d’effets nocifs, et que seule cette étude présetne des effets exceptionnels, cela ne vous interroge pas ?
      Mauvais post…

      1. non non, Kat a raison. Les rats utilisés par Séralini sont les mêmes utilisés pour l’homologation des maïs OGM de Monsanto, c’est Séralini qui le dit lui-même.

        Et il sait très bien à quelle manipulation il se livre en omettant la vérité.

        Les rats en question – de la souche dite de Sprague-Dawley – sont inappropriés pour des recherches toxicologiques à long terme, parce qu’ils sont connus pour développer des cancers en vieillissant. De toutes les souches, c’est la pire: 45% des rats développent spontanément un cancer.

        Cet effet est connu depuis 1973, et frappe plus ou moins toutes les espèces de rat.

        http://www.ratbehavior.org/TumorSpaying.htm

        C’est la raison pour laquelle on ne fait pas ce genre d’étude avec des rats mais avec d’autres animaux, qui ne développent pas spontanément des cancers.

        Les recherches de Montsanto basées sur ces rats sont valides, parce qu’elles reposent sur une période de validité pour laquelle les rats sont appropriés. L’étude de Séralini ne l’est pas, en employant les mêmes rats, exactement pour les mêmes raisons.

        1. mais enfin stéphane prenez vous cette étude pour un rapport de stage? …. la durée d’exposition n’a rien à voir !!!!!
          séralini a repris les mêmes rat et un protocole d’étude plus complet et plus long non pas pour voir si des tumeurs apparaissait plus tard mais pour comparer l’écart de tumeur entre le groupe témoin et les bouffeurs d’OGM pendant plus longtemps. Votre contre-argument décrédibilise votre science.

          1. « séralini a repris les mêmes rat et un protocole d’étude plus complet et plus long non pas pour voir si des tumeurs apparaissait plus tard mais pour comparer l’écart de tumeur entre le groupe témoin et les bouffeurs d’OGM pendant plus longtemps. Votre contre-argument décrédibilise votre science. »

            Vous ne comprenez pas que les rats développent des tumeurs quoi qu’il arrive?

            Du reste, regardez les résultats. Non seulement les rats-témoins soumis à de fortes doses s’en sortent mieux que ceux soumis à de moindres doses, mais le ceux du groupe-témoin se portent souvent moins bien que ceux nourri aux OGM et/ou au Roundup!! Classique des résultats pourris que l’on obtient en s’en remettant au hasard.

            Mais pour tous ceux pour qui l’étude se résume à une photo, évidemment…

          2. « séralini a repris les mêmes rat et un protocole d’étude plus complet et plus long non pas pour voir si des tumeurs apparaissait plus tard mais pour comparer l’écart de tumeur entre le groupe témoin et les bouffeurs d’OGM pendant plus longtemps.  »
            ————————————-
            Les rats Sprague-Dawley ont un taux de cancer ***naturel*** de plus de 70% au delà de 2 ans. C’est un FAIT , testé sur des centaines et des centaines de rats, cf par exemple : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/521452
            Faire des tests dans ces conditions grotesques signifie que le signal « cancer » sera de toute façon complètement noyé dans le bruit.

            Le taux de 30% de cancer sur le groupe de 10 « rats témoins » de Seralini est donc de toute évidence une fraude scientifique (il ne donne aucune stat sur ce taux, quelle surprise !), bref poubelle.

  5. Ajoutons que Séralini est un militant anti-vaccinations et prône une « médecine écologique » (la bonne blague! Il faut comprendre sous ce terme qu’il est grand temps de revenir à la bonne vieille sélection naturelle). Le gaillard est classé. L’activisme et la méthodologie scientifique n’ont jamais fait bon ménage et, inévitablement, les biais de confirmation se ramassent à la pelle.

    H16, c’est toujours un régal de vous lire!

  6. Dans sa carrière, Séralini a eut deux reconnaissances.
    Il a été élevé au rang de chevalier de l’ordre national du Mérite en 2008, sur proposition du ministère de l’Écologie pour l’ensemble de sa carrière en biologie. En matière de science le ministère de l’écologie sait de quoi il parle.

    Il a reçu le prestigieux prix décerné par l’International Biographical Centre of Cambridge (Grande-Bretagne) «  pour ses nombreux travaux de recherche sur les effets des OGM et des pesticides sur la santé  ».

    International Biographical Centre of Cambridge envoie à ses nombreuses «  futures vedettes  » une lettre dans laquelle est indiqué  : «  Nous sommes heureux de confirmer votre nomination en tant que scientifique [ou autre qualification] international de l’année  ». Dans ce même courrier, il est précisé que pour obtenir ce «  prestigieux  » diplôme, il suffit d’adresser par retour de courrier la modique somme de 370 dollars (275 euros).
    http://en.wikipedia.org/wiki/International_Biographical_Centre

    L’affaire du vrai-faux prix du « Scientifique international de l’année 2011 », révélée par le site http://www.agriculture-environnement.fr, a plutôt gâché son voyage sous les tropiques. Ainsi, le professeur Mike Jones, directeur du WA Agricultural Biotechnology Centre a diffusé des tracts pendant l’une des conférences du responsable du CRIIGEN, expliquant qu’il fallait se méfier des affirmations de ce dernier. Selon le Pr Jones, « si (Gilles-Eric Séralini) a pu être berné par une arnaque au titre honorifique (…), qu’est-ce que ça veut dire pour l’état de sa science ? »
    Pour sa part, le journal Rural Press a tenté d’avoir un commentaire du professeur Séralini au sujet de ce prix bidon décerné par l’International Biographical Centre, la société qui a décerné ce fameux prix bidon au Professeur Séralini. En vain : le responsable du CRIIGEN a annulé sa dernière conférence. Officiellement « en raison d’un état de santé fébrile et s’en est allé du pays ». On peut comprendre. Rural Press affirme avoir également contacté le CRIIGEN concernant le « prestigieux » certificat, mais sans succès non plus.

  7. L’escrologiste de service est d’accord pour dire que science et propagande sont incompatibles, et que les gens qui ont fait/financé cette étude ont perdu tout sens de la mesure, mettant d’office à zéro le curseur de leur crédibilité.

    Un lamentable gâchis vu les millions d’euros investit là dedans.

  8. Et dire que durant des siècles, l’homme s’est attelé à améliorer le patrimoine génétique des plantes et des espèces animales par le biais de croisements afin de gagner en productivité pour mieux se nourrir ! Nos ancêtres paysans étaient-ils de dangereux irresponsables ? Les écologistes doivent certainement le penser !

    1. C’est vrai que les paysans ont toujours eu l’habitude de « croiser » les plantes avec des bactéries ou de les bombarder aux rayons X et autres substances mutagènes pour inventer de nouvelles variétés …

      1. Où l’on voit la méconnaissance totale d’un citadin du monde rural. Je voulais dire par là que les paysans, depuis la nuit des temps, ne cessent de sélectionner génétiquement les meilleures variétés de céréales, ou les meilleures races d’animaux, afin d’améliorer leur production…. Et tout ceci par des moyens tout à fait naturel, comme l’hybridation, le coït vaginal, l’utilisation de la bouture…. Après, vous pouvez toujours vivre dans un monde qui n’existe pas et qui n’a jamais existé, ou seulement dans le monde des écolos bobos !

        1. J’ai très bien compris ce que vous vouliez dire. Mais sérieusement, vous pensez qu’on peut ranger simplement l’insertion de transgènes à côté des autres techniques d’amélioration des variétés cultivées, sans distinction ?

  9. 1) Un économiste libéral qui défend les OGM, ça annihile tout de suite la crédibilité de toute étude scientifique, en génétique qui plus est. C’est un peu comme laisser le débat sur la laïcité et la liberté de la presse être arbitrés par des journalistes de gauche.

    2) La rigueur de l’argumentation, vous repasserez élève h 16, énormément de choses sont attaquables, à votre service.

    3) L’étude est ce qu’elle est, j’apprécierais énormément un lien vers le papier lui-même, pas une critique faite par un anglo-saxon ou un ultralibéral. Sur le fond je pense que comme pour le tabagisme ou la radioactivité, les effets étant statistiques, toute preuve dans un sens ou l’autre semble particulièrement compliquée.Le tout est de savoir se déclarer incompétent…

    1. Je lis votre commentaire, et je ne vois absolument aucun argument. Etrange.

      Au fait, savez-vous ce qu’est la variance ? Apparemment, l’auteur de l’étude non plus.

    2. Et qui sera compétent pour juger sinon quelqu’un qui comprend au moins la statistique et le calcul de corrélation. Le lien vers le papier eut été appréciable mais la contre étude reste valide.

      Je ne suis pas particulièrement favorable aux OGM mais j ai conscience que la presse s est bien vendue grace à ce papier… donc neutralité mise en doute

    3. Tuorp : « L’étude est ce qu’elle est, j’apprécierais énormément un lien vers le papier lui-même, »
      —————————–
      Après deux jours et des centaines de sites qui ont posté le lien sur le papier, le mec qui vient nous demander le lien. On sent le gars vachement bien informé…

    4. « Dans la même revue scientifique, on trouve une autre étude, sur une durée certes plus courte de 90 jours, qui ne montre aucun effet néfaste des OGM sur des rats. Caramba aussi ? » L’intérêt de cet étude était qu’elle portait sur la vie entière du rat, c’est pas « on a suivi une population de 100 fumeurs pendant trois mois, on n’a pas remarqué de différence statistique => le tabac est inoffensif ».
      Oui je sais ce qu’est une variance et des coefficients de corrélation. Par contre je ne suis pas certain de savoir résoudre ce genre de problème en 5 ou 6 (ou 30) dimensions. Parce que penser qu’un toxique agit de façon linéaire, c’est faux et c’est pour ça qu’on peine autant à prouver les effets précis du tabac: consommation régulière ou par pic, à partir de quel age, quelle quantité, interactions, prédispositions, étude de quel organe… Sur des sujets aussi compliqués, une étude statistique sérieuse c’est 10000 rats qui meurent dans d’atroces souffrances sinon on reste dans le bruit…
      Un statisticien peut, à la rigueur, dire « commencée jeune, une consommation régulière de tabac réduit l’espérance de vie de 10 ans », s’il vous dit « une cigarette réduit votre espérance de vie de 10 mins, il se moque déjà de vous ».

      Pour ce qui est des légendes et des unités, on aimerait avoir toute la figure, ce qui nous est présenté ici manque de clarté ( pardon Alexnews).

      Je reste d’accord avec la plupart des autres commentateurs: outre que le fait qu’apparemment nous soyons tous en train de parler d’un article que personne n’a lu (un lien, s’il vous plait, quelqu’un…), le problème de fond, c’est la partialité. Et quand on connait leurs antécédents (http://en.wikipedia.org/wiki/Bovine_spongiform_encephalopathy), on se méfie de l’agroalimentaire anglo-saxon.

      « La première chose qui me vient à l’esprit est que rien n’est apparu des études épidémiologiques dans les pays où tant d’OGM ont été utilisés dans la chaîne alimentaire depuis si longtemps. Si les effets étaient aussi forts que ceux rapportés, et si cette étude peut s’appliquer aux humains, pourquoi les Américains ne tombent-ils pas tous comme des mouches ? »
      Les effets ne sont sans doute pas aussi fort que ceux annoncés, on peut le dire sans prendre trop de risques. De là à dire qu’il n’y a pas d’effets… On sait que le nombre de cancer augmente ( http://en.wikipedia.org/wiki/Cancer#Epidemiology ), ce qui est logique et peut être expliqué pour plein d’autres raisons que les OGM, bien entendu. Sauf que je souhaite bon courage à qui souhaitera trouver une population témoin aux USA… Il faudrait des végétariens n’ayant jamais mangé autre chose que du BIO ( nous parlons de génétique, il n’y a pas de quantité négligeable ou de linéarité).

      Donc oui l’article du nouvel obs est moche et mal étayé, certainement, il y a des biais dans l’étude et un effet d’annonce contreproductif d’un point de vue scientifique. On a eu la même chose pour le nucléaire et le tabac…
      L’idéal serait une étude rigoureuse et objective. Mais privée hein, restons libéraux et l’état: beurk. Il y a plein de gentils investisseurs privés qui sauront trouver des scientifiques compétents pas du tout partie prenante de leur travail (ils risqueraient d’avoir une opinion) et insensibles à toute forme de pression.

      1. « Les effets ne sont sans doute pas aussi fort que ceux annoncés, on peut le dire sans prendre trop de risques. De là à dire qu’il n’y a pas d’effets…  »

        On n’a pas non plus de preuve que Dieu n’existe pas, que le LHC ne va pas provoquer un trou noir qui va détruire la Terre ou que le train ne rende pas fou à partir d’une certaine vitesse.
        Le principe de précaution implique aussi cela.

        « On sait que le nombre de cancer augmente »

        Ce qui est normal lorsque les gens vivent plus vieux.
        Papy Boom, toussa…

        « L’idéal serait une étude rigoureuse et objective. »

        Mouhahahahahahahahaha. Certains croient encore au père Noel…

        « Dans la presse, seules les publicités disent la vérité » ~ Jefferson

  10. Article qui est un tissus de bêtises.

    J’ai lu l’étude. A première lecture je dirais que :

    - Ca a manqué de moyens, et de rigueur parfois (je suis d’accord qu’un groupe témoin supplémentaire aurait été malin). Mais je lis tous les jours des papiers bien moins rigoureux que celui ci, et qui se retrouvent cités encore et encore dans des études subséquentes.
    – Les résultats sont suffisamment troublants et significatifs pour mériter une étude supplémentaire. Je dirais qu’il y a 2 chances sur 3 de prouver un vrai problème, sur CETTE semence, je précise.

    Je précise je suis pro OGM car je suis a moitié Chinois, et sans OGM, la Chine mange pas.

    Mais c’est indiscutablement le boulot le mieux fait par les anti OGM depuis longtemps, même si c’est dirigé par un parano. Sachez aussi que dans la recherche pharma, biologique et médicale, la parano est un réflexe professionnel répandu, donc je juge pas.

    Méditez ça :

    « Si la géométrie s’opposait autant à nos passions et à nos intérêts présents que la morale, nous ne la contesterions et ne la violerions guère moins, malgré toutes les démonstrations d’Euclide et d’Archimède, qu’on traiterait de rêveries, et croirait pleines de paralogismes  » (Leibniz).

    h16, je pense que vous ne supportez pas les faits qui vont à l’encontre de ce que vous prenez pour une morale et qui n’est qu’un sectarisme mal déguisé. Je ne vous jette pas la pierre cependant, car toute la recherche internationale souffre du même travers, même dans les peer reviews.

    1. HoHoHo : « Mais je lis tous les jours des papiers bien moins rigoureux que celui ci, et qui se retrouvent cités encore et encore dans des études subséquentes. »
      ————————————————
      Des papiers qui font la une de tous les médias et qui font l’objet de déclarations tonitruantes d’un ministre ???

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      HoHoHo : « Les résultats sont suffisamment troublants et significatifs pour mériter une étude supplémentaire. »
      ————————————————-
      Il n’y a aucun résultat troublant. Les résultats de Séralinis n’ont aucune signifiance statistique, même un élève de seconde peut le démontrer (recouvrement des intervalles de fluctuations). Ah si, ce qui est troublant, c’est que les résultats, si on ne fait aucun traitement statistique de la mortalité comme le fait Seralini (!) démontrent que plus les rats mangent des OGMs, plus ils vivent longtemps (figure 1), tout le contraire des conclusions mensongères de Seralini et ses co-religionnaires.
      Mais on attend que vous nous montriez d’autres « résultats troublants », pour l’instant, tout ce que vous avez fait, c’est brasser de l’air.

      1. Les OGM, c comme l’amiante, le nucleaire, les petroliers, etc… C formidable, jusqu’au jour ou ca vous pete a la gueule. Et vous pouvez etre certain d’une chose, ca vous petera a la gueule, et ce jour là, vous direz quoi ? On ne savez pas ? C’est bien de jouer aux apprentis sorciers, mais perso, je demande des etudes poussees, non pilotées par des lobbies avant d’adherer betement comme des moutons transgeniques

        1. Eh bien dans ce cas, on ne se fend pas d’une étude scientifiquement minable. Evidemment, qu’il faut étudier ces éléments. Mais de façon toute aussi évidente, il faut que les études en rapport soit irréprochables. Là, c’est juste n’importe quoi.

        2. Vous savez, l’intuition personnelle ou collective qu’une techno est néfaste ou qu’elle soit exploitée par un vil industriel capitaliste n’est pas la preuve qu’elle soit néfaste.

          Personne ne peut prétendre connaitre la vérité avant les autres tant qu’elle n’est pas prouvée, ce ne sera jamais que de la croyance.

          Si de tels arguments étaient valides, on aurait du interdire le LHC, le train, la voiture, l’électricité, le pétrole…

  11. Moi ce qui m’emmerde c’est que pour rattraper le coup ça va pas être simple… Le feu a pris et quand on s’apercevra qu’il ne s’agissait que d’une étude bidon de plus il sera trop tard. Combien d’hommes et de femmes politiques reconnaîtront être allés trop loin dans leurs déclarations tonitruantes court-termistes? Combien de journalistes feront leur mea-culpa? Pas un seul… Et dans l’inconscient collectif en France et en Belgique on ne se souviendra que de ces rats monstrueux nourris aux OGM.

    Et puis ce qui me fatigue à l’avance c’est que les profs vont de nouveau bourrer le crâne de nos gosses de belles idées bio et climato-comptatibles pour en faire les citoyens éco-responsables de demain. Je vais devoir loger et nourrir de petits khmers verts en puissance, quelle horreur ;-)

  12. Tous les médias franchouillards font le buzz comme un seul homme autour d’une pseudo-étude totalement bidon, visant à provoquer une peur panique et un rejet total des OGM. Normal dans un pays ou les médias unanimement gauchistes sont tout acquis au gouvernement, qui les abreuve de subventions et de privilèges protecteurs. Normal pour un pays qui a tué la recherche sur les OGM alors que certaines de ses entreprises étaient en mesure d’être en tête de liste de l’innovation dans ce secteur, et s’acharne contre le méchant capital américain.

    1. @Kermit
      C’est vrai que l’impact de cette étude est néfaste… pour la France tout au moins.
      C’est vrai aussi que lorsque l’étude aura été considérée comme bidon par l’ensemble de la communauté scientifique mondiale, cela ne fera pas la Une, ni même un article rectificatif dans le NovelObs.
      Néanmoins, c’est pareil pour la politique.
      Un Premier Ministre effacé pourra prendre, à l’appui de cette « étude », une virile interdiction d’importation d’OGM en France, et, avec le temps, les bons arguments, cette interdiction sera levée, et cela ne fera pas la Une, ni même un article caché dans le NovelObs.
      On en reviendra à la position initiale : les Pro-OGM importeront des produits ; les Anti-OGM seront contre, quelles que soient les études qui montrent l’innocuité des OGM sur le marché (ceux qui ont obtenus une autorisation).
      Ces derniers ont eu leur heure de gloire grâce à Seralini, pensaient tenir le Graal de la Vérité, mais, même sans cela, rien n’aurait en rien changé leurs préjugés.

  13. Les OGM ne sont pas naturels, plutôt que d’utiliser des rats de laboratoire (pauvres bêtes), les pro-OGM qui sont si confiants, devraient se proposer pour qu’on fasse les tests sur eux pendant 2 ans, soyons sûrs que ceux qui se targuent du bienfait des OGM ne seront pas nombreux à se bousculer au portillon…

    1. Merci. Il est bon d’avoir dans les commentaires de contributeurs articulés qui développent des agruments étayés. Votre participation n’a pas de prix dans ce débat où règne la confusion.

  14. Comme souvent superbe article !
    Les manipulateurs peuvent toujours s’appuyer sur l’insondable bêtise du journal qui a besoin de boucler chaque semaine et publie n’importe quoi du moment que cela remplit les cases en flattant son supposé lectorat.
    Ceux qui sont traités de fachos par le même du fait de leur refus de la crétinerie ambiante apprécient la coïncidence.

  15. Le capitalisme américain est pire que le communisme, car il est impérialiste et totalitaire sous une forme déguisée : les USA sont le pays le plus pollueur de la planète et ne cessent de fomenter et d’entretenir des guerres aux quatre coins de la planète. Alors oui, vive le communisme soviétique car il a su tenir tête à la pourriture américaine qui veut envahir le monde entier et qui détruit toutes les valeurs sur son passage, et ceux qui croient encore que les USA ont des valeurs morales sont les pires gogos de toute l’histoire de l’humanité, car ce pays ne connaît que la religion du fric et l’obsession de la domination. Et cette histoire d’OGM nous le prouve encore : pour asseoir leur domination les américains veulent empoisonner le monde ! Heureusement, leur heure de gloire s’achève, et leur faillite est imminente, quoiqu’en pense les stalino-libéraux qui lisent et écrivent sur ce site la pensée libérale poubelle !

  16. Ah d’accord… donc le fait que le chercheur soit « ouvertement hostile » aux OGM remet en cause son étude. Bien… et le fait que toutes les autres études soient financées par ceux-là mêmes qui les produisent, ces OGM, ça ne pose pas de problème ?

  17. « Ces études réalisées sur des rats mais aussi sur d’autres animaux par des chercheurs d’horizons différents n’ont jamais révélé d’effets toxiques des OGM. »

    Oh flute. Vous avez oublié de compléter cette citation en précisant quels étaient les animaux utilisés et leur durée de vie. quel domaaaggge ! Mais rassurez-vous, peu de lecteur prendrons la peine de rechercher l’information qui lorsqu’on la connaît (ce qui est mon cas) sème le doute sur l’objectivité de votre article.