Comparaison France/Allemagne du coût des fonctionnaires : le dérapage qu’on nous cache

Publié Par Alain Mathieu, le dans Fonction publique

Avec une population inférieure de 20% à celle de l’Allemagne et un niveau de vie comparable, la France devrait avoir une rémunération globale de ses fonctionnaires inférieure de 20% à celle de nos voisins d’outre-Rhin.

Par Alain Mathieu
Publié en collaboration avec Le Cri du Contribuable

D’après  l’OCDE, l’organisme international qui compare les statistiques des pays développés, cela n’est pas vrai depuis longtemps. La rémunération globale des fonctionnaires français était en 1992 inférieure de 5% seulement à celle de l’Allemagne (141 milliards € contre 148).

Depuis 1992, les gouvernements allemands  se sont efforcés  de contenir la croissance des effectifs,  des salaires et des retraites de leurs fonctionnaires, tandis que la France les laissait déraper. En 2008, la rémunération globale des fonctionnaires français était devenue supérieure de 35% à celle de l’Allemagne (247 milliards € contre 182). En 16 ans, le dérapage est donc de 40 points !

Le dérapage s’est produit chaque année sans exception pendant ces 16 ans. Il a été particulièrement fort pendant les années Jospin (+ 14,6 % en 5 ans) alors que l’Allemagne avait comme la France un gouvernement de gauche, et pendant les années Villepin (+ 11,9 % entre 2004 et 2007), l’Allemagne étant alors  gouvernée par la « grande coalition »  CDU- SPD.

En 1992, le commerce extérieur de la France était excédentaire, et supérieur à celui de l’Allemagne. Depuis 2003, il est en déficit et l’excédent allemand s’accroît. Depuis 2006, le taux de croissance de l’Allemagne est supérieur en moyenne de 1,3% par an à celui de la France.

L’explication est simple : si la France avait le même coût global de ses fonctionnaires que l’Allemagne, elle aurait 120 milliards € de dépenses publiques en moins ; ses entreprises pourraient être à égalité de charges avec les allemandes et seraient compétitives.

Conclusion : la France ne redeviendra compétitive vis-à-vis de l’Allemagne que si elle maîtrise les effectifs, salaires et retraites de ses fonctionnaires. Aucun candidat à la présidentielle n’aborde ce sujet essentiel. Ils s’estiment tous prisonniers du vote des fonctionnaires.

S’ils n’annoncent pas cette maîtrise, ils ne la réaliseront pas. Les créanciers étrangers refuseront alors de prêter davantage à la France.

C’est la « troïka » (FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne) qui  sera appelée à diriger la France pour la rendre compétitive. Les Français auront cru voter pour Hollande ou Sarkozy. Ils auront en fait voté Lagarde et Merkel.

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Sur le web

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Les fonctionnaires sont bien mieux payés que les salariés du privé.

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  1. Lorsque l’état dépense 56% du PIB il n’y a pas une seule famille qui n’ait un fonctionnaire parmi ses membres ou quelqu’un dont les revenus ne dépendent directement ou indirectement de l’état, la réforme de la fonction publique devient alors impossible. Les politiques sont en effet prisonniers du vote des fonctionnaires et al.

    1. Je ne crois pas à la situation de « prisonnier » ; les politiques sont les fonctionnaires ; c’ est pourquoi ils n’ ont aucune envie d’ agir à l’ encontre de leurs intérêts personnels.
      Les communautés de communes, régions, départements, etc. sont des fromages dont les fonctionnaires cachés sous l’ apparence d’ élus sont les maîtres.

  2. les salaires des fonctionnaires sont gelés depuis quelques années malgré l’inflation… pour autant la croissance de la France ne suit pas celle de l’Allemagne, et dépense de l’état continue de croître… les fonctionnaires sont une cible facile, mais ce n’est pas la bonne…. c’est directement la gestion de l’état qui est catastrophique. cf la gestion des caisses de sécu et retraite en ce moment, qui est absolument ignoble. les agents publics ne peuvent pas être efficace vu ce que les hauts fonctionnaires leur font faire…

    1. @ inso :

      votre affirmation est parfaitement fausse. Les salaires des fonctionnaires ne sont pas gelés malgré l’inflation, il y a l’évolution du point d’indice, les primes diverse et vairées qui ont progressé et le GVT qui profite à tous.

      Les derniers chiffres publiés parl ‘INSEE montre d’ailleurs (cf le parisien de ces derniers jours qui les communique) que le pouvoir d’achat de tous les français a progressé depuis 10 ans, et celui du public a plus progressé que celui du privé (car crise éco).

      1. Le salaire est gelé, mais il y a toujours le mécanisme d’évolution de carrière automatique qui fait donc monter continuellement le pouvoir d’achat des agents publics. Ce mécanisme est complètement absurde. Mais c’est encore une fois la gestion de l’état qui est a revoir.

    2. @ Inso

      La sécu n’est pas gérée par l’État mais par les syndicats. Sa gestion est encore plus catastrophique que celle de l’État et les comptes sont « obscurs » pour parler en « politiquement correct »…

      1. La gestion paritaire par les syndicats n’est qu’une façade (qui nous coûte quand même une jolie somme puisque les syndicats se servent au passage).

        La sécu de fait est une partie de l’état :
        - Les caisses nationales (CNAF, CNAVTS, CNAMTS) sont des organismes publics dont les salariés sont fonctionnaires
        - Le budget de la sécurité sociale est strictement encadré par la loi de finance de la sécurité sociale et les autres objectifs fixés par les caisses nationales et ARS
        - L’état a des représentants dans les conseils d’administration des caisses de sécurité sociale
        - Les directeurs des caisses de sécu doivent être approuvés par les ARS (ils doivent faire partie dans une liste d’aptitude établie par les ARS) et disposent de pouvoirs directement confiés par le législateur et non par les conseils d’administration des caisses
        - Toutes les règles concernant les prestations/cotisations et le fonctionnement des caisses sont édictées au plus haut niveau de l’état (il n’y a qu’à voir les diverses « réformes » qu’on nous présente régulièrement)

        La sécu est ce qu’on appelle en Grande-Bretagne un Quango, un organisme privé qui dépend directement de l’état et qui sert à recaser les amis des politiques et à diminuer artificiellement le budget de l’état.

        Maintenant je suis d’accord, sa gestion est désastreuse (même si elle l’est moins que celle de l’état, il n’y a qu’à voir les différences de déficits à budget global à peu près équivalent, l’état et la sécu représentant chacun environ 25% du PIB français)

  3. Eh oui. La France est confisquée depuis longtemps par la classe bureaucratique qui a pris tous les leviers en main et agit à son bénéfice exclusif.
    Les politique cumulards de tous les partis agissent de concert pour développer leur emprise, créent de nouvelles institutions génératrices de places et prébendes et prélever de plus en plus tout en apportant de moins en moins au pays.
    Le « débat » entre Hollande et Juppé d’il y a quelques semaines est à cet égard parfaitement éclairant ; ils ont manifesté leur parfait accord pour que cela continue.

  4. Si c’est le FMI qui va arrêter ça, je vote pour le FMI.
    Comme je ne suis pas fonctionnaire, « leurs » explications ne m’intéressent pas

  5. « Les Français auront cru voter pour Hollande ou Sarkozy. Ils auront en fait voté Lagarde et Merkel. »

    Est-ce nécessairement une mauvaise chose ? Quand on voit comment Monti secoue l’Italie et libéralise, on se dit que l’on est parfois injuste avec les technocrates européens…

  6. La majorité activiste et influente n’a aucun intérêt à la réforme en profondeur, la faillite est inévitable. C’est avant que cette masse devienne critique qu’on peut la contenir et pour cela il faut la démocratie semi-directe. Avec elle la masse des payeurs à tendance naturellement à limiter le poids de l’état comme cela c’est passé en Suisse et ailleurs.

    Cela dit des liens vers des chiffres officiels seraient bienvenu pour convaincre les citoyens « sceptique ».