Doit-on s’attendre à une baisse du prix de l’essence ?

Le prix de l’essence en France tarde à baisser, contrairement au reste des pays de l’Union européenne. Pourquoi ?

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Doit-on s’attendre à une baisse du prix de l’essence ?

Publié le 22 mai 2023
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Malgré un baril stable autour de 75 dollars et des marges de raffinage qui se sont effondrées depuis début 2023, les prix de l’essence tardent à baisser en proportion. En moyenne, le prix à la pompe affichait toujours ces dernières semaines un prix au-dessus de 1,80 euro par litre alors qu’il devrait mécaniquement afficher 1,65 euro. Rappelons que les prix de l’essence et du diesel dépendent de quatre facteurs principaux : le prix du baril, la marge de raffinage, la marge de distribution et enfin les taxes.

 

Malgré une demande toujours vigoureuse, le prix du baril qui, il y a un an, caracolait au-dessus des 100 dollars (il avait atteint un pic à 130 dollars après le début du conflit russo-ukrainien) est depuis quelques mois stable entre 75 et 80 dollars. Par ailleurs, l’euro qui était descendu en 2022 sous la barre fatidique de 1 dollar/euro se négociait ces dernières semaines autour de 1,08 dollar/euro. Un taux de change plus favorable abaisse mécaniquement le prix du baril de 10 %. Le litre de pétrole qui, il y a un an, nous coûtait 0,69 euro est ainsi tombé à 0,44 euro.

 

 

Gauche – Cours du Brent

Droite – Marges de raffinage

Source des données – UFIP

Pour en extraire l’essence et le diesel, le pétrole brut doit être raffiné. D’un litre de pétrole brut, on extrait environ 46 % de carburant, mais aussi du fioul domestique, du kérosène, du GPL ou encore de l’asphalte et du coke.

Tous ces composants n’ont pas la même valeur marchande et leurs cours respectifs dépendent entre autres de l’offre et de la demande sur leurs propres marchés. La « marge de raffinage » intègre le coût technique du raffinage, mais surtout les conditions de marché du moment. Il y a un an, les marges de raffinage avaient atteint des sommets avec des valeurs pics approchant en septembre les 200 euros/tonne. Sur l’année 2022, la marge brute de raffinage était en moyenne de 100 euros/tonne.

Malgré l’embargo sur les produits raffinés russes décrété début février qui aurait pu tendre les marchés, les marges se sont effondrées au cours des derniers mois, passant de 115 euros/tonne en janvier à 25 euros/tonne en avril. Si cette tendance est une bonne nouvelle pour le consommateur, elle pose question par rapport à l’efficacité réelle de l’embargo. Comme nous l’indiquions récemment, l’accroissement des importations européennes de produits raffinés depuis la Chine et surtout l’Inde correspondent quasi certainement à du brut russe importé puis raffiné sur place.

À la marge de raffinage vient s’ajouter la marge de distribution. Cette dernière intègre les frais logistiques de transport, les frais d’exploitation de la station, mais reflète aussi les conditions de concurrence sur les marchés nationaux. Elle fera la différence de prix entre une station à Paris intra-muros, sur  uneautoroute ou dans une grande surface. En moyenne, sur le territoire français, elle est de l’ordre de 22 centimes d’euro par litre.

La somme du prix du baril, de la marge de raffinage et de la marge de distribution constitue le prix HT du carburant. Les données développées ci-dessus conduisent à un prix HT du litre d’essence de l’ordre de 0,70 euro. En y ajoutant les taxes (TICPE de 0,68 euro et TVA de 20 % sur la somme HT+TICPE) on arrive à 1,65 euro.

Le pétrole et les produits pétroliers étant un marché à terme, il y a certes un retard à l’allumage de plusieurs semaines entre les prix des différents marchés et ceux à la pompe. On remarquera toutefois que les prix à la pompe dans l’Hexagone sont parmi les plus élevés de l’Union européenne, ce qui indique que contrairement à la plupart de nos voisins, la baisse tarde à venir. Si elle n’était pas observée au cours de la première quinzaine de juin, il incombe au gouvernement d’en chercher les raisons auprès des principaux distributeurs.

 

 

Prix moyen à la pompe du litre d’essence 

au sein de l’Union Européenne le 15 mai 2023

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  • Une analyse précise des surcoûts générés par les grèves et blocages des mois passés serait très souhaitable.

    • Analyse à laquelle il faut ajouter les cadeaux demandés par le gouvernement à Total pour baisser ses prix artificiellement durant la crise.

  • Ce n’est pas le cas pour le gasoil pourtant plus cher que l’essence il y a quelques mois.

  • C’est un prix politique… Il faut juste remercier les écolos.

  • Encore un domaine dans lequel la France est le plus mauvais ou parmi les plus mauvais de la classe. Le prix de l’essence à la pompe en France baissera lorsque l’Etat baissera les taxes et redevances qu’il prélève à des taux élevés défiant toutes concurrences. C’est le « quoi qu’il en coûte à l’envers » nécessaire à compenser le « quoi qu’il en coûte à l’endroit » du covid et de l’immigration incontrôlée.

    • Un litre d’essence à la pompe, ça coute 70 cts.
      Le reste (1,30 Euros – 1,40 Euros) ce sont des taxes, soit 200% (et non pas 60%
      comme on l’entend un peu partout).
      Alors oui, le prix de l’essence baissera quand ces taxes baisseront.
      Mais laissons les gogols croire que Total, les transporteurs et les stations-service « se gavent »,
      c’est tellement plus agréable à raconter sur un plateau télé.

  • Quand il y a une augmentation du prix du pétrole, ça se voir dès les jours suivants à la pompe. Par contre, quand c’est l’inverse, ça ne se fait que potentiellement plusieurs semaines voire mois plus tard… Quand ça se fait !
    Ce n’est pas demain la veille que le prix à la pompe reviendra à 1,5-1,6€…

  • Et n’oublions pas 125% de taxes sur le prix HT, ce qui arrange bien l’état… Ca ne semble choquer personne…

  • à peu près tous les experts qui interviennent sur ce domaine se sont plantés dans leur prévisions, tant dans le domaine des réserves que dans l’évolution des cours du baril: Au premier choc pétrolier de 1973, puis 1977 on nous annonçait « joyeusement » plus de pétrole disponible en 1998. Quant au prix, dernier exemple en janvier 2023, les experts nous prédisaient une envolée du prix du Gaz oïl, suite a mise en application des sanctions contre la Russie fin février. Aujourd’hui le prix du GO est redevenu moins cher que l’essence (ce jour prix moyen essence SP 95 1.860 /l ; GO 1.70 /L).
    Personne ne sait, à l’heure actuelle, ce que sont les réserves de pétrole. Toutes les informations sont basées sur des calculs de probabilité, donc très aléatoires. Je ne vous parle même pas du pétrole d’origine abiotique *(théorie russe, encore peu diffusée chez nous). Voir ce lien très interessant
    *https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/280315/petrole-biotique-ou-petrole-abiotique

    Le pétrole reste avant tout une arme économique très sensible. Les états pétroliers et les compagnies pétrolières, ne diffusent que des informations floues qui varient toujours en fonction de leurs intérêts immédiats ou à venir. Ils n’ont aucun intérêt à ce que les marchés sachent exactement ce qu’il en est dans ce domaine, car ce marché du pétrole et du gaz est majoritairement spéculatif il doit pouvoir être manipulé par les différents acteurs.
    Que savons-nous de l’horizon 2050 /2100 en matière de pétrole. Certains extrapolent, mais c’est un domaine dans lequel, on nous affirme que la fin des réserves est proche…depuis des décennies. Or plus on avance plus on s’aperçoit que les réserves existent bien. Les techniques de forage évoluent, les US sont maintenant autonomes. Et puis la politique générale évoluant vers les énergies renouvelables, il n’y a pas de risque majeur de manquer de pétrole.
    Quant aux prix, ils subissent en plus, du comportement irrationnel des marchés spéculatifs, la taxe carbone imposée depuis 2012 par l’Europe, taxe destinée alimenter les énergies renouvelables, au nom d’une lutte climatique hypothétique basée sur le zéro carbone. Objectif chimérique, assis sur des éléments pseudo scientifiques, utilisés comme argument par les paranos climatiques de la commission européenne et ONG « d’obédience vertes ».

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