“Global Gateway” de l’UE : projet d’ego à 300 milliards d’euros

Avec Global Gateway, l’UE prépare à présent des directives et missions au-delà des frontières de la zone.

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Ursula von der Leyen by EU2017EE(CC BY 2.0)

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“Global Gateway” de l’UE : projet d’ego à 300 milliards d’euros

Publié le 3 février 2023
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L’UE prépare à présent des directives et missions au-delà des frontières de la zone.

Le groupe répand ses bienfaits jusqu’au cœur de l’Afrique.

Rapporte Politico :

« Les projets-phare du Global Gateway de l’Europe visent à offrir aux pays en développement une alternative à la générosité stratégique du programme Belt and Road de la Chine, à travers lequel Beijing projette son autorité sur des voies commerciales, via le développement de ports, des projets dans l’énergie, et des réseaux de télécoms.

Les premiers projets du Global Gateway de l’UE incluent des câbles électroniques sous la mer Noire, une fibre optique sous-marine pour relier les pays méditerranéens à l’Afrique, et un barrage et une centrale hydroélectrique au Cameroun.

Ce ne sont qu’une poignée des 70 projets que l’UE poursuit en priorité cette année dans le cadre du Global Gateway, d’après un document obtenu par Politico. »

Le programme inclut un budget de 300 milliards d’euros, jusqu’en 2027 pour le financement des projets.

Le site de la Commission donne des détails :

« Plus particulièrement, le Fonds européen pour le développement durable Plus … débloquera jusqu’à 135 milliards d’euros pour des investissements garantis en faveur de projets d’infrastructure entre 2021 et 2027.

Jusqu’à 18 milliards d’euros seront mis à disposition sous forme de subventions au titre du budget de l’UE.

Les institutions financières et de financement du développement européennes ont prévu des volumes d’investissement allant jusqu’à 145 milliards d’euros. »

Le pouvoir de la Commission émerge de plus en plus. L’annonce de projets d’investissement viennent peu de temps après le début d’émissions de dette, au nom des citoyens de la zon euro.

« La Commission va financer jusqu’à 250 milliards d’euros (ou 30 %) [de son budget sur la période de sept ans en cours] via des obligations vertes libellées NextGenerationEU.

« La Commission sera donc le plus gros émetteur d’obligations vertes au monde. »

Le statut d’un groupe de dirigeants augmente avec la taille des dépenses sous son contrôle. Avec le pouvoir d’émettre de la dette, fixer les taux d’intérêts, et lancer des programmes de dépense, l’UE renforce son pouvoir sur les citoyens de la zone.

 

Vers des créances en détresse

L’inspiration pour le programme provient de l’initiative Belt & Road de Beijing, une combinaison d’investissements dans des mines, énergies, ou infrastructures des transports à travers l’Asie et l’Afrique.

Selon un rapport publié par le Wall Street Journal, le projet rencontre des soucis : les banques chinoises, encouragées par Beijing, ont prêté 1000 milliards dollars à des pays en développement au cours de la dernière décennie, d’Angola à la Biélorussie.

Aujourd’hui, 60 % des prêts reposent sur des gouvernements à travers le monde en difficulté financière.

Sans peau en jeu, les dirigeants derrière le programme n’ont pas d’incitation à éviter les erreurs. Ils ne souffrent pas de revers en cas d’échec. Les faillites viendront à l’avenir.

 

Rêves américains

L’UE prend aussi son inspiration de l’Oncle Sam.

Le gouvernement américain promet des centaines de milliards de dollars en subventions pour les fabricants de semi-conducteurs et les constructeurs de véhicules électriques.

Le New York Times rapporte :

« Les nouvelles dépenses devraient améliorer la place des États-Unis dans le classement [des pays producteurs de semi-conducteurs].

50 milliards de dollars de nouveaux investissements par le gouvernement devraient promouvoir des dépenses par des entreprises privées afin de porter la production de semi-conducteurs sur le territoire à 14 % du marché mondial en 2030, selon l’estimation du Boston Consulting Group.

Les nouvelles dépenses devraient réduire, mais non forcément effacer, la dépendance des États-Unis sur l’Asie pour d’autres types de semi-conducteurs. Les sociétés américaines produisent seulement 4 % des cartes à mémoire, qui sont nécessaires afin de stocker les données informatiques dans des ordinateurs ou autres appareils. Les investissements prévus par Micron pourraient augmenter cette part. »

Du côté des véhicules électriques, l’Inflation Reduction Act promet des milliards aux constructeurs automobiles. Le total pour les véhicules et la production de renouvelables monte à 369 milliards de dollars sur 10 ans, selon les estimations.

Dans les semi-conducteurs, comme avec les voitures électriques, les États-Unis promettent une manne de subventions…

 

Notre marché, nos règles

Le même genre de chose prend racine ici.

Les dirigeants poursuivent à présent des politiques en faveur de l’industrie du continent, aux dépens du commerce avec l’étranger. Les autorités veulent davantage de restrictions aux frontières. Davantage de taxes. Des normes. Ils préparent aussi des dépenses.

Le Figaro rapporte que le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, veut un « fonds européen de souveraineté pour soutenir des projets industriels. »

Le commissaire affirme qu’il « faudrait sans doute envisager un financement autour de 2 % du PIB de l’Union européenne, soit environ 350 milliards d’euros ».

Les chiffres sortent d’une équivalence avec l’économie américaine. Les États-Unis ferment les frontières et distribuent de l’argent. En toute logique, les élus doivent faire de même !

Le commissaire continue :

« Il faut nous faire respecter, on est le plus grand marché du monde, donc on met aussi nos règles.”

Breton propose « des subventions pour aider, très vite, les industries européennes contribuant aux technologies vertes à développer des usines hydrogènes, des usines de batterie et des usines de composants pour ces batteries ».

Il veut aussi encourager les pays à « s’endetter dans les mêmes conditions pour soutenir des secteurs particuliers de leur industrie, faute de quoi celles-ci risqueraient rapidement de quitter le territoire européen, et les emplois avec ».

Oui, le projet de l’UE a toujours eu ses racines dans le désir de statut des dirigeants.

Ils voient dans les 350 millions d’habitants de la zone des pions – et sources de fonds – dans une lutte pour la suprématie avec leurs homologues à travers le monde.

(Suivez les écrits quotidiens de l’auteur et de son équipe – sur l’économie et la Bourse – en cliquant ici.)

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  • Dans une économie européenne asphyxiée par la crise énergétique et le manque de compétitivité qui en découle, voilà un beau projet comme savent si bien en concocter les fonctionnaires français et bruxellois,
    à coups de subventions, de dépenses publiques et de dettes, tout çà dans un contexte hyper inflationniste et de guerre européenne, et à l’arrivée, un appauvrissement général.

  • Projet qui ressemble déjà à une gabegie. Dès qu’on y met du « vert », on est sûr que ça va finir en l’achat de panneaux solaires chinois, de pompes à chaleur coréennes ou d’éoliennes à l’arrêt.
    Et ne parlons pas des investissements à l’étranger : les chinois investissent à condition d’avoir un retour sur investissements (base élémentaire de l’économie), comme l’extraction des minerais, le bois, les terres agricoles, etc. Ce ne sera certainement pas le cas de l’Europe qui investit pour le prestige et dans des domaines encore une fois aussi verts qu’ inutiles dans leurs majorités pour l’avenir des populations locales et pour le retour sur investissement.

  • Les commentaires sont fermés.

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