Épidémies : des hôpitaux irréformables

La saturation hospitalière se répète chaque année, notamment à cause des infections saisonnières, et malheureusement aucun effort de correction structurelle n’est entrepris, au contraire.

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Screenshot 2022-07-11 at 12-50-16 (2) Crise de l’hôpital le docteur François Braun veut un « damage control » pour passer l’été - YouTube

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Épidémies : des hôpitaux irréformables

Publié le 2 janvier 2023
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Le journal Le Figaro a interviewé le ministre de la Santé François Braun (28 décembre) lequel nous explique en quelques mots : la covid est bas, les bronchiolites à VRS (virus respiratoire syncytial), qui étaient élevées, sont en baisse et remplacées par une explosion (sic) de grippe avec des cas graves, cause de la saturation des services d’urgence.

Et bien sûr il condamne la grève des médecins généralistes, mais avez-vous jamais vu un ministre de la Santé applaudir à une grève de médecins généralistes. Moi jamais.

Ce serait bien de changer… une fois !

Le tableau qu’il dresse est sans doute assez juste si on examine le dernier bulletin des médecins généralistes sentinelles (semaine 51). Un covid bas, une épidémie de VRS qui semble diminuer lentement et un syndrome grippal (autres causes) en augmentation. Notons que les infections respiratoire aiguës à VRS touchent principalement les enfants et les personnes âgées.

La saturation des services d’urgence en hiver est une réalité récurrente depuis de trop nombreuses années. Elle ne touche d’ailleurs pas que les services d’urgences, mais tout l’hôpital. Programmation hospitalière oblige, le nombre de lits est en diminution constante depuis des années, même durant la période covid. À ceci vient s’ajouter la difficulté de recrutement de personnels médicals/infirmiers qualifiés, à tel point que des outils performants doivent être mis au chômage, des ailes hospitalières fermées, etc. Nous connaissons cela en Belgique. Les métiers de la santé n’attirent plus. De plus, en France, des décisions absurdes visent à écarter des hôpitaux du personnel hautement performant parce que non-vaccinés du covid ; on touche le fond.

Car scientifiquement, si on peut certes s’envoyer à la tête des articles pour ou contre, en réalité le consensus va vers un vaccin qui protège mal ou pas contre la transmission virale. La décision maintenue par les autorités françaises, bien isolées en Europe, avec la Hongrie et la Grèce, n’apparaît finalement que politique. Aux USA, les choses bougent également, à mon avis plutôt dans le bon sens. En Belgique, heureusement les envies de notre ministre de la Santé, -une saga qui a duré des mois-, avaient été refroidies suffisamment par les représentants des travailleurs de ce secteur pour qu’il s’abstienne de franchir la ligne rouge. Aujourd’hui, il s’en félicite avec en prime une température sociale du secteur pour le moment relativement calme.

Pour ce qui est de la situation de la grippe/RSV/covid, je vais m’appuyer sur les données belges que je connais mieux pour les suivre hebdomadairement.

En réalité depuis fin 2020, le covid ne montre plus d’épisode réellement épidémique en Belgique. C’est assez facile à montrer et je rejoins complètement mon collègue, le professeur Laurent Toubiana, dans ses analyses. L’année 2022 montre que si l’endémie covid est toujours présente en Belgique, elle est à un niveau encore plus bas que l’année précédente en termes de gravité. Quant au futur, je ne le connais pas. Donc oui, le covid n’est actuellement pas un problème important de santé publique.

L’épidémie de VRS que nous connaissons également chez nous montre une structure curieuse depuis 2021, inédite par rapport aux années précédentes. On pourrait penser que c’est le covid ou plutôt la vaccination contre le covid qui en est la cause mais une analyse rapide par corrélation entre régions du pays montrent des couacs. Il faudrait descendre au niveau individuel pour en avoir le cœur net.

Graphiques sciensano :

 

Lorsqu’on va plus loin dans l’analyse, semaine 51, on voit que pour ce qui est des données de laboratoire, le virus influenza est en augmentation et dépasse un VRS en diminution légère. Mais qu’en ce qui concerne l’admission hospitalière, elle est encore largement le fait du VRS pour les personnes de 65 ans et plus, bien que l’influenza soit en augmentation. Notons que les personnes âgées forment le bataillon le plus important de l’hospitalisation pour infection respiratoire aiguë.

Donc oui, l’observation du ministre basée sur le simple témoignage d’un confrère peut être confirmée par les données des organismes de santé publique dont la mission est précisément d’observer ces phénomènes endémiques-épidémiques infectieux dans nos pays respectifs. La saturation hospitalière se répète chaque année, notamment à cause de ces infections saisonnières et malheureusement aucun effort de correction structurelle n’est entrepris, au contraire.

Cela met en exergue la cruauté des programmations hospitalières, la politique aberrante d’engagement de personnels de soins. Le métier n’attire plus et ce point peut certainement être développé, et l’injustice liée à l’obligation vaccinale covid. Tout cela fait dangereusement tanguer l’hôpital, surtout en période d’hiver, ainsi que la qualité des soins dont nous étions, naguère, si fiers.

Voilà, monsieur le ministre, ce dont nous aurions aimé vous entretenir.

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  • LE paradoxe reste que l’état nous est vendu comme celui qui à une vision non court-termiste.. stratégique…
    La santé a un prix, nos politiques et les idéologues nous affirment toujours que notre système de santé est un des meilleurs ..en raison de son cout global plus bas!!!
    trabant!!!!
    Un objectif de cout bas est le prétexte à mille petite entorse à la liberté des gens de décider de leur vie;.  » pour faire faire des économies à la collectivité »…

    sans oublier que le cout bas est obtenu en sous payant les médecins et infirmier.. 77 ( tarif et équilibre d’edf un rapport?)

    la collectivisation tue le concept de prix or le prix est NECESSAIRE…elle honnit aussi le profit dans le domaine de la santé…
    Un système de santé débordé est un concept qui n’existe que SI il ya un système de santé!! Sinon on ne trouve simplement pas de place à l’hosto ou chez le médecin..ce qui fait monter les prix..ce qui incite à devenir médecin et répondre à ce besoin de manière adaptée..

    un système de santé doit refléter les opinions des gens et leur caractère un pays insouciant, et il a le droit de l’être connaitra donc des crises… dans un paus peuple de gens prevoyant les assurances garderont en reserve des médecins… ( cous savez les stocks de masques toussa)…

    et on devient plus ou mains prévoyant quand on a VU….ou été convaincu..

    rien de tel que quelques enfants qui meurent pour booster la vaccination!!!

    Mais non…on doit tous être soignés pareil et BIEN.. ça tombe bien pour l’état c’est lui qui vous dit si c’est BIEN..libres de choisir rebouteux ou homéopathie ne pas se vacciner de ceci ou cela… mais surtout être responsables de leurs choix et de leur imprévoyance!!! ou de SURPAYER de precautions qui apparaissent aux statisticiens inutiles..

    de toutes façon le statisticiens qui aura choisi pour vous.. vous dira qu’il n’est pas responsable en cas de crise exceptionnelle..

    et on ne PEUT pas tout prévoir et tout assurer…parfois …on meurt.. faute de soins..

  • La crise de l’hôpital de ces derniers jours est due au départ en vacances entre Noël et le premier de l’an. Les soignants sont partis, ce qui est normal dans une société des loisirs. Les 35 heures ont déstabilisé les hôpitaux, les vacances passant de 5 semaines à 10 semaines.
    Pareil pour les libéraux qui ne sont pas là.
    Les médecins travaillaient beaucoup il y a 40 ans. Plus maintenant, mais ce sont les malades qui trinquent. Ils n’ont pas à se plaindre, ils ont votés depuis 40 ans dans ce sens.

  • Ceux qui ont travaillé en hôpital le savent : le problème vient aussi de certains soignants dont le statut de fonctionnaire les pousse à en faire le minimum, voire moins. Il s’ensuit une démotivation des jeunes qui en veulent et donc qui démissionnent pour chercher dans le privé. Les actes médicaux sont remboursées pareil mais les cliniques payent mieux.
    C’est la même chose dans l’éducation nationale et dans toutes les administrations. L’état compense par de nouvelles embauches parmi lesquelles, ceux qui restent sont ceux qui veulent en faire toujours moins. L’état se retrouve devant une situation impossible où il doit payer quantité de gens à ne rien faire et à voir les bons éléments partir. En payant ces inutiles, il ne peut plus payer au prix du marché les bons éléments.
    L’éducation nationale en est la caricature où 1 million d’enseignants donne des cours à 14 millions d’élèves : en comptant 20% d’enseignants à faire autre chose que de l’enseignement, il devrait y avoir en moyenne 17 élèves par classe et non 34. Ainsi, L’état, avec 600.000 enseignants pourrait enseigner à 34 élèves par classe mais chaque enseignant gagnerait 1,6 fois son salaire actuel.
    À bout de course, L’État n’a plus les moyens de payer des talents et seuls des analphabètes se présentent à ses concours étant sûr d’atteindre le Graal du statut de fainéant.
    Le système atteint ses limites et est proche de s’effondrer.

  • Actuellement en attente d’un petit, et n’ayant pas l’occasion d’aller à l’hôpital souvent (car rarement malade), j’ai pu découvrir un peu son fonctionnement (examens, laboratoire, anesthésistes, sage-femme, etc.). Eh ben après avoir vu cela, l’un des gros problèmes est clairement l’organisation (et non pas qu’un problème de personnel, sur lequel on se concentre par simplisme)… Pas de numérisation des résultats de labo (envoi par courrier !!), pas de synchro entre l’hôpital et l’extérieur (obligé par exemple d’emmener ma femme en voiture à l’hôpital pour faire des prises de sangs alors qu’on a un laboratoire à 5min à pied… et pas de synchro entre le gynécologue externe avec l’hôpital qui doit tout se retaper à la main…), mauvaise gestion de planification de rendez-vous (en moyenne 1h de retard de ce que j’ai vécu pour le moment)…
    Du coup, le petit est prévu pour début d’année, j’attends de voir si il y aura une chambre de dispo tiens, ça serait le pompom…

  • la gestion socialiste engendre toujours des pénuries.

  • Les commentaires sont fermés.

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