Visite à Washington : Zelensky plus influent que Macron

La différence de la couverture médiatique est explicite entre les visites de Zelensky et de Macron à Washington.

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Volodymyr Zelensky by U.S. Embassy Kyiv Ukraine (Creative Commons CC BY-ND 2.0)

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Visite à Washington : Zelensky plus influent que Macron

Publié le 24 décembre 2022
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La visite du président ukrainien Zelensky à Washington DC fait la Une d’une bonne partie de la presse occidentale. Il n’est pas le premier dirigeant à se rendre à Washington ces derniers mois. Le président Macron y était aussi allé fin novembre.

Pourtant la différence de la couverture médiatique est explicite. En dehors des médias français la visite de Macron a été à peine couverte, les médias américains la mentionnant à peine. Alors que la venue de Zelensky est une information majeure pour la presse occidentale.

Cet indicateur révèle à la fois la différence de poids diplomatique en faveur de Zelensky mais aussi vers où les intérêts et l’attention américains sont dirigés : l’Europe centrale et orientale. Une conjoncture qui n’est pas favorable à la France mais qui peut au contraire être utilisée par d’autres pays européens comme l’Allemagne et la Pologne.

 

L’influence de Zelensky domine en Occident et éclipse Macron

Au moment de son élection en 2017, Emmanuel Macron était apprécié des milieux internationaux. Face à Donald Trump président, il représentait la caution progressiste et le rempart contre le populisme. Zelensky, élu président d’Ukraine en 2019, n’était considéré que comme un acteur populiste qui suscitait au mieux l’amusement ou au pire de l’inquiétude du fait de sa tendance russophone.

Sauf que les temps ont changé et que le conflit en Ukraine a permis de faire de Zelensky le rempart contre la Russie de Poutine. Le retour du vieil adversaire russe a réveillé les réflexes de Washington qui a poussé la médiatisation du président ukrainien.

Le conflit actuel montre qu’entre Macron et Zelensky, c’est ce dernier qui arrive le plus à influencer la politique européenne. Le souhait des sanctions exprimé par le gouvernement ukrainien est souvent écouté. La limitation des visas accordés aux ressortissants russes adoptée par l’Union européenne part d’une demande de l’Ukraine. Tout comme la limitation des liens commerciaux avec la Russie.

Inversement, les propositions d’Emmanuel Macron de donner des garanties à la Russie semblent être peu acceptées en Europe. Le Kremlin lui-même semble n’avoir qu’une confiance plus que réduite envers l’Élysée.

Comme le rappelait Jean-Dominique Merchet, les pays de l’UE ont confié leur sécurité aux États-Unis et à l’OTAN. La position singulière de la France issue du gaullisme est donc difficilement audible de la part des autres pays européens.

 

Les intérêts américains en Europe centrale et orientale

Cette force médiatique du président Zelensky est aussi alimentée par le soutien des États-Unis. Le grand intérêt des médias américains pour sa venue est révélateur de la place du projecteur des États-Unis. Ce n’est plus l’Europe de l’Ouest, mais l’Europe centrale.

Cette situation n’est pas nouvelle : dès le début des années 2000, l’administration Bush divisait l’Europe en deux : la nouvelle Europe (l’Europe centrale) favorable aux États-Unis et l’ancienne Europe (l’ouest) considérée comme plus hostile à Washington. Cette position a pris de plus en plus d’ampleur avec le début du conflit ukrainien en 2014 et l’annexion de la Crimée par Moscou. Une politique que Donald Trump, pourtant isolationniste, a maintenu à travers son discours à Varsovie en 2017.

L’investissement des États-Unis au niveau politique et militaire dans la région est d’ailleurs en train de renforcer certains alliés de Washington comme la Pologne dont le réarmement actuel et l’achat de matériel américain poussent certains analystes à se demander si le pays pourrait devenir la première armée de l’UE.

À travers l’aide en faveur de l’Ukraine et les échanges de plus en plus importants avec les alliés d’Europe centrale, les États-Unis redessinent la carte géopolitique de l’Europe. Il semble que la France ne soit pas au centre de la volonté des dirigeants américains. Et si l’Allemagne peut tirer profit de l’intérêt accru envers l’Europe centrale (qui reste sa zone d’influence économique), la France est en retard dans cette région qui est désormais au centre des attentions.

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  • Assurément : le rayonnement médiatique de M. Zelinsky est énorme, notamment parce que toute la puissance directe et indirecte de l’hyperpuissance étasunienne travaille à promouvoir sa créature dont les propos et les actes appliquent fidèlement les instructions de son maître.
    Quand au pitoyable Freluquet 1er, comment pourrait-il avoir le moindre rayonnement alors que sa marque de fabrique, en diplomatie comme dans tout domaine, consiste à bêler « En mêêêêême temps » au milieu de l’indifférence générale ? Pérorer que l’OTAN « est en état de mort cérébrale » (ce qui est archifaux : l’OTAN remplit parfaitement son office consistant à contribuer à la mise en oeuvre de la politique des États-Unis et d’enrégimenter le minable troupeau des dirigeants des pays européens) tout en se conduisant en pratique comme un allié (= vassal) des États-Unis constitue l’essentiel de la « politique étrangère » de cet individu.
    De M. Macron, il ne faut pas attendre le sens de l’intérêt national et la hauteur de vue qui auraient dû, dès son arrivée au pouvoir, le pousser à lutter contre l’hégémonisme des États-Unis et de rapprocher de la Russie : il ne s’agit pas de « soutenir » V. Poutine, lequel n’en a d’ailleurs pas besoin, mais d’avoir une vision géopolitique saine tenant compte, au-delà des péripéties, de la complémentarité évidente et multiforme entre l’Europe de l’ouest et la Russie et la nécessité de faire contrepoids aux empires étasunien et chinois : Richelieu, Palmerston, Bismarck, De Gaulle ou Kissinger ont montré l’incontestable réussite de politiques étrangères fondées sur de telles réalités.
    Je profite de cette occasion pour recommander la lecture, fût-elle partielle (l’intégralité de l’article est réservé aux abonnés) de l’article [https://www.herodote.net/Poutine_comment_l_OTAN_a_fabrique_un_monstre-article-2846.php] paru dans l’excellente revue historique en ligne Hérodote (www.herodote.net) à propos du capital entretien accordé le 07 décembre 2022 par l’ex-chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, à l’hebdomadaire allemand de référence Die Zeit [infiniment au-dessus des Spiegel, Point ou autres Time Magazine : toute comparaison serait une insulte], curieusement intitulé « Hatten Sie gedacht, ich komme mit Pferdeschwanz? » » (« Pensiez-vous que je viendrai avec une queue de cheval ? »). On y lit notamment que :
    – « elle a regretté l’offre faite en 2008 à la Géorgie et à l’Ukraine d’entrer dans l’OTAN. Elle a surtout confessé que l’accord entre Kiev et Moscou, signé à Minsk en 2015, avait seulement pour but de gagner du temps et de permettre à l’Ukraine de renforcer son armée en vue d’un affrontement jugé inévitable » ;
    – Mme Merkel déclare que « L’accord de Minsk était une tentative de donner du temps à l’Ukraine. Elle a également utilisé ce temps pour devenir plus forte, comme vous pouvez le voir aujourd’hui. L’Ukraine de 2014/15 n’est pas l’Ukraine d’aujourd’hui. Comme vous l’avez vu lors de la bataille de Debaltseve [ville ferroviaire du Donbass] début 2015, Poutine aurait facilement pu les envahir à l’époque. Et je doute fort que les pays de l’OTAN auraient pu faire autant qu’ils font maintenant pour aider l’Ukraine. Il était clair pour nous tous que le conflit était gelé, que le problème n’avait pas été résolu, mais cela a procuré à l’Ukraine un temps précieux. »
    Mme Merkel sait de quoi elle parle. Et, à la retraite depuis un an, elle a recouvré une liberté de parole dont elle ne disposait pas lorsqu’elle était au pouvoir. Quant à la qualifier de complotiste manipulée par la Russie afin d’essayer de décrédibiliser ses propos…

  • « La position singulière de la France issue du gaullisme est donc difficilement audible de la part des autres pays européens. »
    Cette position ne pouvait se tenir qu’avec des efforts conséquents.
    5,44 % du PIB en 1960 étaient consacrés à la Défense.
    Pour autant à cette époque l’éducation nationale jouait son rôle : les enfants parlait un français élaboré, faisaient très peu de faute d’orthographe (au moins de façon relative par rapport à actuellement) , la discipline régnait à l’école, la justice fonctionnait, l’immigration était contenue (jusqu’à VGE qui était un centriste), la police était respectée, on avait de l’électricité pas chère en abondance etc, etc…
    En résumé un pays que la valeur travail rendait « juste » fonctionnel avec encore de l’industrie : passée de 25% en 1960 à 10% aujourd’hui.
    Pays indépendant, respectable…et respecté.

    • Bien dit. En réalité, dans la droite ligne de son également détestable prédécesseur, à part un suivisme maladroit vis-à-vis de Washington, M. Macron n’a aucune politique étrangère digne de ce nom tout simplement parce qu’il n’a pas le sens de l’intérêt national et que sa seule « pensée » en la matière est une soumission passive et titubante [« En mêêêêême temps »] à un mondialisme en partie piloté par l’hyperpuissance étasunienne et ses relais (essentiellement, l’OTAN et l’UE).
      Dans l’Histoire de France, Freluquet 1er est en train de se tailler une place équivalente à celle du calamiteux Louis XV.

  • Le vrai patron de l’union européenne, c’est tout simplement Zelinsky, il a réclamé 18 milliards et tout les pays qui font parti de l’UE sont passés à la caisse( excepté certains pays) que Von der Leyen donne sa place au président Ukrainiens les résultats seront meilleurs

  • C’est logique puisque M. Zelenski mène une guerre avec l’aide des USA !

    • Exact.
      Quant aux propos creux, incohérents et ridicules de M. Macron, leur seul intérêt est, hélas, de contribuer à prouver que notre infortuné pays n’a plus de vision géopolitique qui lui soit propre et donc de politique étrangère digne de ce nom, cela depuis des années.
      Et pourtant, la multipolarité croissante du monde, tendance de fond en dépit de certaines péripéties, donne des possibilités d’action très intéressantes pour des puissances moyennes à réel potentiel comme la France. Encore faut-il des dirigeants de qualité : après quelques sursauts de Jacques Chirac, comme la courageuse et indispensable des essais nucléaires en 1995 et le refus de participer à l’invasion de l’Irak en 2003, acte de piraterie internationale qui entraîna la mort de centaines de milliers de civils irakiens, on n’a plus rien vu à l’Élysée et cette absence continue.

  • Ça fait la une car c’est la première sortie de Zelensky depuis le début du conflit. Il ne faut pas aller chercher plus loin.

    Mais il est vrai que Zelensky est « in ». Il est très tendance.

  • Le grand méchant complot étasunien pour dominer l’Europe grace à Zelinsky et tous ces pauvres européens de l’est dont la Finlande et la Suède qui tombent dans le panneau
    Heureusement que le bon et clairvoyant président Putin est intervenu pour s’y opposer

    -2
    • D’abord, c’est « Poutine » et non « Putin » quand on écrit en français et non en franglais étasunien. Nommer le monde dans sa langue ou, au contraire, dans celle de l’hyperpuissance étasunienne n’est pas innocent.
      Ensuite, avez-vous lu l’article que je signale ? Car débattre – y compris en contredisant frontalement – implique qu’on a pris la peine et ainsi fait preuve d’une élémentaire courtoisie de prendre connaissance des éléments fournis par son interlocuteur avant de s’adresser à lui… surtout si c’est pour se limiter à énoncer des insinuations primaires.
      « Européens de l’est » n’a plus de sens depuis la fin de l’empire soviétique et les intéressés détestent qu’on les désigne ainsi, comme s’ils étaient encore des satellites de la Russie, à l’époque l’URSS. Sur le fond, j’ai une réelle compréhension pour la position des petits pays baltes voisins de la Russie qui les a longtemps asservis, parfois avec une grande brutalité : on peut aisément concevoir qu’ils s’accrochent à n’importe quelle planche de salut, fût-elle hérissée de clous.
      Mais cette compréhension ne doit pas signifier que les lâches et dodus pays européens (bien) plus éloignés de la Russie doivent s’aligner sur la position desdits pays baltes et encore moins docilement déférer aux ordres de réquisition de M. Zelinsky qui se croit tout permis, notamment de dépouiller les pays européens de leur armement. Ces pays, notamment, l’Allemagne, les 3 du Bénélux, l’Espagne et l’Italie, ne risquent rien sauf une hautement improbable frappe nucléaire (en dépit des sottises proférées par des médias grand public qui répètent docilement ce qui est habilement instillé par les officines de propagande au service des États-Unis) : avec moins de 4 000 chars de combat et le reste de l’équipement militaire à l’avenant, cela AVANT le début de la guerre russo-ukrainienne, la Russie ne serait même pas capable d’envahir la Pologne qui est nettement mieux armée que l’Ukraine alors qu’elle a échoué à occuper cette dernière.
      Plus généralement, ne pas être dupe des manœuvres des États-Unis et de leurs vassaux docilement embrigadés dans l’OTAN et l’UE ne signifie pas être un partisan de M. Poutine. Votre vision binaire du monde n’est pas la meilleure façon de raisonner.
      Pour ma part, je m’en tiens toujours au mot de Kant : « Ne rien accepter sans examen ». Cela s’appelle l’esprit critique.

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