Dérives sectaires : n’oubliez pas la plus grande des sectes

L’État explique lutter contre les sectes, il ne cherche qu’une chose : en luttant contre des concurrents, il souhaite avoir le monopole sur son marché.

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1984 by Oscar Martinez Ciuro(CC BY-ND 2.0)

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Dérives sectaires : n’oubliez pas la plus grande des sectes

Publié le 23 novembre 2022
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La stupéfaction est totale : on apprenait il y a quelques jours que la France, pourtant pays du miel et du lait, serait le terreau fertile à l’apparition de certaines sectes et autres groupuscules louches à caractère sectaire. C’est en tout cas ce que s’est époumoné à dire la mission interministérielle dédiée, la Miviludes, dans un récent rapport dont il a rapidement été question dans tous les médias grand public.

Pire encore : ces dérives sectaires seraient même en pleine augmentation dans le pays, à tel point qu’entre deux restrictions supplémentaires de liberté pour le peuple et l’une ou l’autre gabegie financière grotesque, le gouvernement entend fermement lutter contre ce nouveau fléau en instaurant un numéro vert pardon un Grenelle des Sectes des « assises des dérives sectaires et du complotisme ».

Hé oui, pouf, comme ça et avec une décontraction assez caractéristique d’un pouvoir sans plus aucune retenue, vous aurez noté l’apparition du mot « complotisme » en même temps que « dérives sectaires », la Miviludes ayant vu ses missions subitement gonfler de ce nouveau domaine : la France, cornaquée par le Mozart de la Finance, va donc se lancer dans une lutte âpre (mais nécessaire, il va de soi !) contre les sectes et les complotistes qui la gangrènent.

Coïncidence pratique : c’est aussi ce que vont faire d’autres pays occidentaux comme la Nouvelle-Zélande ou le Canada ou tous ceux qui expliquent à quel point « la démocratie est en danger » à cause de ces dérives sectaires et ces théoriciens de conspirations toutes plus farfelues les unes que les autres. Dans ce tableau, on s’étonnera de la briéveté du ministère de la Vérité du « Conseil de gouvernance de la désinformation » américain qui n’a pas survécu plus de six mois. On se rassurera en se disant que ce n’est que partie remise, à l’évidence et devant l’insistance des autres pays à mettre en place ce genre d’institutions.

Bien évidemment, il n’y a pas de doute à avoir : en ouvrant ainsi clairement et ouvertement la chasse aux sectes, les gouvernements occidentaux entendent en réalité lutter contre les complotistes, c’est-à-dire les non-conformistes et toutes ces mouvances gluantes ayant le mauvais goût de ne pas prendre les informations officielles pour argent comptant.

Il n’y a en fait aucune coïncidence lorsque cette lutte renouvelée contre les sectes correspond aussi au moment où les médias grand public remettent deux sous dans le bastringue éculé de la « lutte contre la désinformation » et où les politiciens commencent à réfléchir à muscler leurs contre-offensives à destination des vilains mal-pensants.

N’en doutez pas, tout ceci participe d’une véritable mobilisation des troupes gouvernementales et médiatiques contre l’effritement des opinions publiques par des déviants qui refusent de rentrer dans le moule. Et le mélange du sectarisme et du complotisme ne tient pas du hasard : si on y réfléchit deux minutes, on constate que ceux qui interprètent les faits communément disponibles d’une façon différente des réseaux officiels (sanctionnés par le gouvernement et les médias de grand chemin) peuvent parfois être jugés suffisamment intéressants pour attirer des suiveurs, des disciples qui se chargent ensuite de relayer leurs analyses et leurs conclusions, rarement syntonisées avec les messages (et les buts) de la propag l’information officielle.

Alors rebaptisés gourous, ces vilains complotistes ou désinformateurs deviennent de façon fort pratique les cibles de ces actions anti-sectes. Habile.

Pour bien border juridiquement l’affaire, les gouvernements n’ont pas tardé à définir ce qu’est une secte.

Une lecture attentionnée de l’article Wikipedia consacré à la question permet de dégager les grands points saillants de cette définition : une secte est juridiquement définie comme un groupe disposant d’une organisation pyramidale du pouvoir centralisé aux mains d’une personne (un gourou) ou d’un collège restreint de dirigeants, qui pratique la manipulation mentale de ses adeptes, l’extorsion de fonds, cherche à exclure toute doctrine différente, s’inscrit en rupture de l’environnement d’origine des membres, peut atteindre leur santé physique et psychique, recherche à embrigader les enfants, provoque assez souvent des troubles à l’ordre public et collectionne les démêlés judiciaires.

Or, à la lecture de cette définition, quelque chose apparaît assez clairement : la plus grosse secte qui sévit actuellement en France n’est certainement pas celle qui est la plus combattue, au contraire. Pourtant, aucun doute possible : quasiment par définition, l’État français remplit tous les critères et les dérives des deux dernières années accroissent encore le sentiment que l’augmentation des dérives sectaires constatées provient bien de lui en premier lieu.

En effet, est-il utile de revenir sur l’actuelle centralisation du pouvoir entre les mains d’un énarque de plus en plus difficilement contrôlable ? Doit-on évoquer la multiplication (artificielle) des collèges d’apparat pour les décisions les plus iniques et loufoques qui se sont succédé ces dernières années ?

Est-il vraiment nécessaire de revenir sur les manipulations mentales qui ont eu lieu pendant cette période, la multiplication des injonctions paradoxales, l’alternance visible de périodes de relâchement puis de privation, les messages contradictoires et les interdictions ou obligations complètement loufoques dont on peut, pour l’essentiel, retracer la naissance dans les petits papiers de cabinets de conseils payés (par le contribuable) pour manipuler l’opinion publique dans le sens désiré ?

Est-il utile de rappeler que le chef de l’État entend depuis plus de deux ans faire entrer le peuple français (de gré ou de force) dans un « monde d’après » en véritable rupture avec le « monde d’avant » ? Comment ne pas voir là ce projet de rupture que toute secte mettrait en place pour durablement sectionner les liens des membres avec la réalité du monde extérieur ?

L’extorsion de fonds n’a jamais été aussi visible qu’actuellement où les finances de l’État français sont catastrophiques. Depuis les taxes (souvenez-vous qu’elles représentent plus de la moitié des prix de l’essence à la pompe, par exemple) et impôts jusqu’aux milliards distribués pour différentes causes qui violent toutes le bon sens ou les besoins fondamentaux du peuple français, est-il question d’autre chose que d’un véritable racket actuellement mis en place par la Macronie ?

L’exclusion de toute doctrine différente est précisément l’action actuellement engagée pour réduire les « complotistes » au silence : la Vérité ne peut être partagée, elle ne peut provenir que des porteurs officiels de la lumière gouvernementale.

Pour ce qui est des atteintes à la santé physique ou psychique du peuple français, nul besoin de détailler. Chacun a payé, paie et paiera lourdement dans sa chair et dans son âme cette période qui s’est ouverte avec l’arrivée de Macron au pouvoir (les Gilets Jaunes s’en souviennent encore), s’est poursuivie avec la distribution d’injections miracle et continue actuellement avec les mantras permanents de crise énergétique ou de catastrophe climatique inéluctables.

Cette secte étatique, pieuvre malfaisante qui infuse maintenant toute la société française, s’est aussi attelée, comme toute secte, à embrigader les enfants qu’elle prétend éduquer. On en voit chaque jour le résultat calamiteux.

Sans surprise, par les décisions qui ont été prises et qui continuent de s’enchaîner avec un rythme inquiétant, cette secte provoque bien des troubles à l’ordre public (repensez-y lorsque le courant sera interrompu en plein hiver) et collectionne les démêlés judiciaires qu’elle n’a aucun mal à écraser puisque la Justice, c’est elle.

En somme, lorsque l’État explique lutter contre les sectes, il ne cherche qu’une chose : en luttant contre des concurrents, il ne cherche qu’un monopole sur son marché, par la force s’il le faut.

Cependant, rassurez-vous : ce constat posé, il est évident qu’absolument personne n’en tirera la moindre conclusion. Aucune action ne sera entamée, aucune remise en question ne sera envisagée. Et tout comme dans d’autres sectes, les membres actuels de l’Église de l’État Macronien Millénariste et Catastrophile iront jusqu’au bout. Il ne pourra y avoir d’autre voie, celle choisie par le Gourou étant la seule juste et bonne.

gouvernement relation abusive - contrainte psychologique et émotionnelle

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  • Brillante démonstration !

  • Notre seule consolation: dans la moitié du monde c’est pire URSS, Chine, Corée du Nord etc. Certes ce n’est une raison pour ne rien changer.

  • L’autre élément clé essentiel dans la définition juridique d’une secte (qui peut donc potentiellement être dissoute/interdite en droit français) est l’interdiction/impossibilité faite à ses membres d’en sortir. Une des grandes religions dominantes (et en expansion) mentionne précisément cet interdit dans son texte fondateur, interdit sanctionné par une punition capitale…

  • Il n’est pas pire état de constater que notre idée chérie de démocratie n’était véritablement pas raisonnable. Nous avons pris le chemin vers un idéal mais il faut prendre désormais conscience que nous n’y arriverons jamais. Les diverses opinions trop individuelles la mettront toujours à mal. Il ne sert à rien de s’obstiner puisqu’on se tourne inévitablement vers un autoritarisme sans finalité.

  • la definition d’une secte était auparavant un simple groupe de personnes acceptant un dogme;.. donc a priori e la incluait les religions.. et a priori par « mauvais  » ensoi..

    les définitions suivent et justifient l’action politique..

    regarder la définition de wiki..si il ya extorsion de fonds pourquoi diable avoir besoin de singulariser la secte..entière et non les coupables;.

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