La dette : la troisième bombe à retardement

Faute d’une politique de désendettement, l’État été obligé d’emprunter pour rembourser cette dette ce qui en soi est déjà une aberration.

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La dette : la troisième bombe à retardement

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 septembre 2022
- A +

C’est un sujet que j’ai déjà traité plusieurs fois et qui remonte à un audit de la dette française demandée en 2005 par Thierry Breton ministre des Finances sous le gouvernement de Jacques Chirac à l’ancien responsable de la BNP Michel Pébereau.

 

La situation en 2005

Le rapport, publié en 2006, indique un endettement de 1200 milliards d’euros mais il ne tient pas compte les dettes dites hors bilan qui incluent les engagements de l’État en ce qui concerne les retraites des fonctionnaires, les déficits des entreprises d’État et les cautions et engagements divers garantis par celui-ci.

Pébereau donne alors une fourchette qui se situerait entre 1200 et 4000 milliards et démontre la méconnaissance, à l’époque, de l’endettement réel du pays.

En ne prenant en compte que la dette officielle de 1200 milliards j’avais pu constater que ce chiffre était difficilement appréhendable par le citoyen lambda sauf à dire, comme d’ailleurs pour toute somme dépassant le milliard d’euros, que c’est beaucoup d’argent.

Pour faire comprendre le degré d’endettement du pays il fallait choisir une autre unité de compte plus significative, j’ai donc choisi la Twingo qui était à l’époque la voiture à la mode (vendue approximativement 10 000 euros) construite cette année 2005 à 130 000 exemplaires.

Une simple division indiquait que l’endettement du pays correspondait à 120 millions de Twingo. En ramenant le chiffre en années de production on arrive à presque 1000 années de production au rythme de fabrication de l’époque.

 

La situation en 2022

La dette officielle de bientôt 3000 milliards atteint, avec le hors bilan. C’est donc l’équivalent de plus de 3000 ans de fabrication d’un véhicule identique, voire 7000 ans en tenant compte du hors bilan.

Il n’est pas difficile de comprendre que cette situation est inacceptable pour un pays qui par ailleurs veut faire la morale au reste du monde.

La France est dans la position d’un drogué qui ne parvient pas à se sevrer. La dette est sa drogue et chaque président renvoie au prochain la décision de suivre une cure.

Il faut voir dans la dette deux problèmes.

Le premier, souvent occulté est le remboursement du capital. En effet, il est question exclusivement des intérêts comme si c’était le seul problème. Dans une entreprise un endettement supérieur à 33 % des fonds propres est considéré par un banquier comme une limite acceptable.

En considérant que l’ensemble des Français est cautionnaire de la dette de la France son équivalent fonds propre sera son patrimoine estimé à environ 14 000 milliards. Si on considère l’ensemble de la dette d’État, le taux d’endettement est alors de 50 % soit, comme l’annonçait François Fillon, un État en quasi faillite.

Le deuxième problème, qui devrait exploser à court terme, c’est la charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts à rembourser chaque année. Jusqu’à 2021, grâce à une inflation maîtrisée depuis les années 1990, ils ont été importants mais supportables.

Après avoir été en territoire négatif ces dernières années nous avions cru qu’après une première décrue la charge de la dette allait rester à ces niveaux pour encore de nombreuses années. Je n’ai eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme sur l’inconscience de nos dirigeants qui restaient persuadés que les taux n’évolueraient qu’à la marge.

Faute d’avoir assaini l’endettement lorsque la conjoncture le permettait, et à l’inverse de tous les pays européens, à l’exception de l’Italie qui a néanmoins réagi tardivement, les gouvernements français ont continué leur fuite en avant qui mène le pays dans le mur.

En effet tous les économistes savent que un point de taux d’intérêt coûtera à terme 40 milliards supplémentaires par an !

Le taux à 10 ans étant passé en une année de négatif à plus de 2 % il est clair que nos financeurs ajusteront prochainement leur taux, sachant qu’ils sont majoritairement étrangers, aucun cadeau ne nous sera fait.

On peut donc s’attendre à un poste budgétaire qui dépassera largement les 100 milliards à la fin de la décennie, soit deux à trois fois le budget défense.

 

Le compte à rebours a commencé

Faute d’une politique de désendettement, l’État été obligé d’emprunter pour rembourser cette dette ce qui en soi est déjà une aberration. Il va devoir passer un cap supérieur en empruntant cette fois-ci pour pouvoir payer les seuls intérêts de cette dette.

Chacun sait que ça ne peut que mener notre pays à la faillite et dans ce cas-là plus aucun créancier ne prêtera avec comme premier effet l’incapacité d’honorer les salaires des fonctionnaires à partir de septembre puisque c’est le cas depuis de nombreuses années.

Le pays se dirige donc tout droit vers un scénario à la grecque, le FMI, la BCE et l’Europe imposerons, avec raison les réformes qui n’ont jamais été entreprises.

La première est la réduction d’un tiers du nombre de fonctionnaires, soit deux millions, chiffre que j’avance depuis des années et qui correspond aux capacités de financement de leur salaire jusqu’au 31 décembre de chaque année.

Ces mesures seront accompagnées d’autres tout autant violentes comme la baisse de toutes les aides d’État et la réorganisation de toutes les administrations.

 

Conclusion

Chacun sait que ces réformes sont indispensables et urgentes.

Faute de les avoir anticipé et appliqué progressivement comme l’a fait l’Allemagne depuis le début des années 2000, c’est par la force qu’elles seront imposées et c’est peut-être la meilleure des choses qui puisse nous arriver.

C’est la survie de notre pays qui est en jeu et donc celui de l’Europe.

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  • un peu n importe qui cet article.
    Deja la limite de 33 % des fonds propres pour une entreprise me semble bizarre. Prenez l exemple d amazon qui a mit plus de 10 ans a etre beneficaire. Ils ont surement eut une dette gigantesque qui s’accroissait chaque annee. Et pourtant c est une entreprise aujourd hui propere et qu on aimerait bien avoir ici.

    Ensuite l auteur suppose qu on va rembourser les dettes. Ni la France, ni les USA ni le Japon (pour prendre 3 pays lourdement endettés) ne rembourseront. Comment ? j en sais rien (a priori on ne mettra quand meme pas les creanciers sur un bucher comme au bon vieux temps ;-)). On peut quand meme supposer qu une inflation forte permettra de resoudre le probleme comme en 45

    Pour finir l auteur indique comment reduire les depenses. Helas c est la encore n importe quoi !
    Dire qu on va reduire le nombre de fonctionnaire de 2 millions sans indiquer les postes et les services supprimés c est un gag !
    Parce que si c est juste supprimer 2 millions de fonctionnaires pour les remplacer par 2 millions de vacataires on a rien gagné. Il faudra bien supprimer des services
    Ensuite je signale a l auteur qu il vaut mieux supprimer 1 poste d agnes saal que 3 poste de cantonniers
    Donc se focaliser sur le nombre est une erreur

    Pour finir comme l auteur l evoque un peu, une bonne partie du probleme n est pas l etat stricto sensu mais les engagement de l etat ailleurs, securite sociale, sncf ….
    Le gros des depenses c est les pensions de retraites, vient ensuite la securite sociale. A eux 2 on a 57 % des depenses (https://www.aft.gouv.fr/fr/argent-public).
    En quoi supprimer des fonctionnaires va resoudre le probleme ?

    le premier poste ou supprimer des fonctionnaires permettrait de faire des economies c est l eduction nationale (9.5 % des depenses). Meme en supposant qu il reussise a diviser par 2 le nombre de fonctionnaires la, il aura reduit les depenses de 5 % (je suppose ici que toutes les depenses du ministres sont les salaires ce qui est deja faux). Et je rassure l auteur, vu que le metier de prof n attire pas, la reduction du nombre de fonctionnaire est deja en route 😉

    Pour finir je constate que l auteur ne parle, comme souvent ici, que de mesure qui ne le toucheront pas ou meme lui seront beneficiaire.
    Si on veut redresser le pays, il faut avoir le courage de dire que le serrage de ceinture doit aussi concerner ceux qui le propose. Par ex l auteur il aurait pu proposer:
    – le remplacement de la securite sociale par un systeme d assurance privee (ah oui vu l age de l auteur ca aurait fait exploser ses primes)
    – le remboursement dune partie des dettes par les gens qui etaient en age de voter pour ceux qui les ont crees (ex plus 18 ans en 81 -> remboursement de la dette de mitterrand)
    – le gel des pensions (c est le premier poste de depense). Perso j irai meme plus loin: introduction d un systeme par capitalisation

    -7
    • @cd votre comparaison avec amazon fait sourire : amazon utilisait la dette pour investir , notre état le fait pour payer son budget courant . Peut être pensez vous que dans 10 ans notre état sera bénéficiaire ? Vous nous comparez avec les US et le Japon, se comparer avec les US n’a pas de sens car le dollar les protège parfaitement , quant au Japon sa dette est détenue par ses citoyens.

      • @val
        la comparaison avec amazon etait juste pour illustrer que la regle sur les fond propore etait fausse

        On peut de toute facon difficilement comparer un etat et une entreprise. Amazon ne peut vider de force le compte de ses clients. Un etat peut tres bien vous ponctionner sans vous demander votre avis afin de payer ses dettes

        en ce qui concerne la dette des etats, j ai pris les USA ou le japon car massivement endetté. Que le japon soit endette vis a vis de ses citoyens par ex ne change pas grand chose. C est meme pire pour une democratie. car si vous faite une banqueroute en spoliant des etrangers, ca coute rien electoralement (au contraire vous risques d avoir une union sacree derriere vous). Si vou sruinez vos propres citoyens, ca va etre delicat pour vous faire reelire …
        Quoiqu il en soit, ni la france, ni l italie ni le japon ni les USA sont en position de rembourser leurs dettes. et aucun creancier n est assez vous pour l exiger (car il sait qu il n aura rien et que s il met son debiteur au pied du mur il devra donner a toutes ses obligations leur vrai valeur -> 0)

        -6
        • C’est exactement le raisonnement de Mélenchon qui dit « les dettes souveraines sont un simple jeu d’écriture » et qui prévoit de faire reprendre les dettes des états par la BCE qui les transformerait en « dettes perpétuelles ». Ce que j’ai du mal à comprendre c’est comment nous arrivons encore à emprunter, qui est assez naïf pour nous prêter?

          • @raoul
            Tres simple: quand vous etes assureur, vous devez placer enormement d argent (par ex assurance vie) et les obligation d etat sont consideree comme sans risque et meme assimilee a des quasi fond propres

    • Les retraites du privé sont payées par les cotisants. Les retraites des fonctionnaires par la dette. La sécurité sociale est financée par les cotisants ; la CMU et autres cadeaux électoralistes par la dette. Le salaire de 2 millions de fonctionnaires est financé par la dette. Et on peut continuer la liste encore et encore

      • @JR
        Vous savez ce qu est la retraite par repartition ?
        Les retraites que vous percevez sont payé par les taxes sur les actifs. et comme ca ne suffit pas le reste est financé par de la dette

        C est la meme chose pour la securite sociale: les cotisations ne suffisent pas et la dette permet de payer les prestations. Vous avez jamais entendu parler du trou de la secu ? c est quand meme une tradition, la securite sociale n a quasiment jamais ete a l equilibre dans les 30 dernieres annees

        Je sais que ca a du mal a rentrer dans la tete de certains mais notre systeme social est ruineux, pas viable a long terme et c est pas a cause de la fraude, des fonctionnaires ou de la CMU (qui represente 0.1 % des depenses etatique). Mais comme les gens ne veulent pas remettre en cause leurs prestations (il y a qu a voir les reactions ici quand on propose de mettre a la diete les retraités en ne payant pas plus de pensions qu il n y a de cotisations)

    • « Ensuite je signale a l auteur qu il vaut mieux supprimer 1 poste d agnes saal que 3 poste de cantonniers »
      Ça ne coûte pas la même chose, le cantonnier n’a pas de véhicule de fonction personnel et aucun moyen de piocher dans la caisse!

      • C’est vrai qu’aujourd’hui, les cantonniers n’ont plus de pioche mais un souffleur, sans doute thermique vu qu’ils font avec plus de boucan que trois hommes politiques.

    • Une dette se paye toujours d’une manière ou d’une autre. Sans exception.

  • « l’État été obligé d’emprunter pour rembourser cette dette ce qui en soi est déjà une aberration. »
    Il semblerait que ça s’appelle de la cavalerie et que c’est fortement déconseillé par la loi!

  • Les commentaires sont fermés.

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