Famine écologique au Sri Lanka

L’interdiction des engrais au nom de l’écologie sur le territoire du Sri-Lanka a constitué une expérience grandeur nature. Elle a montré que le terrible enfer des réalités est pavé des bonnes intentions des idéologies.

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Famine écologique au Sri Lanka

Publié le 16 juillet 2022
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Au Sri Lanka, rien ne va plus.

Ce petit pays de 22 millions d’habitants n’était pourtant pas mal parti : le revenu par habitant y était traditionnellement, et il le reste encore, bien plus élevé qu’en Inde. Il est aujourd’hui au bord du gouffre. Le pays n’a plus de riz, plus d’essence, plus de crédit, plus de touristes, presque plus de thé. Des émeutiers affamés ont envahi le palais du président, qui s’est enfui. Le Premier ministre (son frère) a aussi annoncé sa démission. Les causes de cette dégringolade tragique sont nombreuses, mais la principale est la folie écologiste.

À la fin du siècle dernier, une guerre fratricide entre la majorité cinghalaise et la minorité tamoule a affaibli le pays et écorné son image. Un clan corrompu et incompétent a accaparé le pouvoir. Pour faire la nique à son voisin indien, le Sri-Lanka s’est vendu à la Chine. Le covid a écarté les touristes. La hausse des prix de l’énergie a aggravé la situation.

 

L’interdiction des engrais synthétiques au Sri Lanka déclenche la révolte

Mais le principal coupable est la décision en avril 2021 du président du Sri Lanka d’interdire totalement l’utilisation des engrais synthétiques. Cette décision était inspirée et préparée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, qui avait fait accepter une Déclaration de Colombo (signée par des pays comme le Brésil ou l’Allemagne) engageant la diminution de 50 % des engrais nitriques chimiques d’ici 2030. L’Union européenne n’est guère en reste, avec son programme « De la ferme à la fourchette » qui prévoit une diminution de 20 %.

Mais le président du pays hôte a voulu faire mieux et a affirmé :

« Nous relevons le défi de faire du Sri Lanka le premier pays du monde à éliminer complètement l’usage des engrais chimiques. »

Cette mesure était l’un des piliers de son grandiose projet intitulé « Visions de Prospérité et de Splendeur ».

Tous les agronomes compétents, au Sri-Lanka et ailleurs, crièrent au casse-cou. Tous les militants écologistes, ailleurs plus qu’au Sri-lanka, se réjouirent. Enfin un grand pas en avant. On allait voir ce que l’on allait voir.

On a vu. L’interdiction fut effective, car les engrais synthétiques étaient importés, et qu’il est facile d’interdire des importations, surtout dans une île. Les conséquences furent immédiates et terribles. Dès l’hiver 2021, la production agricole avait diminué de 40 à 50 %. Les superficies ensemencées se réduisaient comme peau de chagrin. Le gouvernement sri-lankais acheta en urgence (et fort cher) à la Chine des engrais organiques : hélas, ils étaient pleins de bactéries nocives. Le président finit par manger son chapeau, et par revenir, au moins en partie (pour les plantations de thé notamment), sur son interdiction. Mais il était trop tard. Les pénuries étaient là, et dans un pays largement agricole, elles se propageaient à l’ensemble de l’économie. Pas d’engrais, pas de thé, pas de riz, pas de tout – et beaucoup de misère et de colère.

L’interdiction des engrais au nom de l’écologie sur le territoire du Sri-Lanka a constitué une expérience grandeur nature. Elle a montré que le terrible enfer des réalités est pavé des bonnes intentions des idéologies. Ce sont hélas les paysans pauvres qui payent les pots cassés. L’un des grands succès du XXe siècle a été, pour la première fois dans l’histoire du monde, l’élimination des famines – à l’exception des famines causées par les guerres civiles ou internationales. Faudra-t-il y ajouter une autre exception : les famines causées par les folles lubies écologistes ?

Voir les commentaires (13)

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  • et évidemment on trouve plein d’articles pour expliquer que ça ce qui se passe a sri lanka est « complexe ».. ce qui n ‘est certes pas faux..

    reste que…se passer d’engrais chimiques c’est accepter de baisser la productivité agricole…

    en europe l’appauvrissement est LE programme ..
    les solutions vertes
    les véhicules électriques c’est avez vous besoin de voitures?
    l’enegie renouvelable avez vos vraiment besoin d’électricité..
    l’interiction des herbicides avez vous vraiment besoin de désherber?

    alors certes globalement on a du gras… nous on peut jouer à cela.. mais jouer dans quel but?

    l’acceptation du « climatisme »..est l’accpetation d’un totalitarisme policier mondial.. où le degré de liberté politique est de décider arbitrairement qui est sacrifié..
    Par dessus le marché, la protection de l’environnement n’est PAS la conséquence logique du climatisme.. l’abandonvolontaire des fossiles conduit même naturellement les gens à se reporter sur la biomasse et donc pousser plus avant l’anthropisation des écosystèmes!!!

    les deux impliquent la mort ou l’appauvrissment massif d’une grande partie de la population humaine..seule solution commune …

    et pourtant….vous avez TOUJOURS une acceptation , une validation de ces idées mortifères..

    non…. il faut admettre que une diminution drastique des fossiles n’est pas dans le domaine du possible à.
    court et moyen terme.. et que l’anthroipisation des écosystèmes, c’est par exemple la France contemporaine!!!!! ce n’est pas invivable…

    • Ce serait poli de relire vos textes. Merci.

      • la politesse est la normalisation du langage et des comportment en vue de construire une société apaisée…

        pourquoi DIABLE sevrais je être poli..puisque e mes textes sont à destination de personnes qui tiennent des propos non impolis mais inhumains…

  • La faillite du Sri Lanka est le résultat de politiques économiques auto-centrées extrêmement coûteuses mises en place depuis 2009, négligeant la nécessité d’exporter pour se procurer les devises nécessaires au fonctionnement du pays.
    L’interdiction des engrais chimiques, décidée du jour au lendemain, a été la « cerise sur le gâteau » de la ruine du pays, mais celle-ci était déjà évoquée par la presse économique au début de la crise du COVID, bien avant cette mesure absurde prise en 2021.

    • oui…l’arret des engrais au sri lanka…dans un autre sri lanka n’aurait pas conduit à la famine…
      c’est la base de la « démonstration » que cette interdiction n’est pas la cause de la famine dans les médias bien intentionnés….

      la question que je me pose toujours est celle de la légitimité d’un quelconque gouvernement à interdire les engrais ou les pesticides..

      Où et combien sont les morts????

      la seule promesse est en fait un environnement moins pollué sinon pas du tout par..les engrais de synthèses de les pesticides!!!!! pour un cout important;..

      or sauf à mettre la preservation de l’environnement devant le sort des hommes….

  • Lançons-nous…
    L’enfer est pavé de bonnes intentions.
    En tout l’excès est un vice.
    Le mieux est l’ennemi du bien.
    Est modus in rebus.
    Qui trop embrasse mal étreint.
    Mesure la profondeur de l’eau avant de t’y plonger…
    Les avertissements ne manquaient pourtant pas.
    Ma préférence va à celui-ci, corse :
    – Le zèle a tué plus d’hommes que la paresse.

  • Ça s’appelle un laboratoire grandeur nature. Et c’est ce qui attend l’Europe pour son agriculture : la famine ou l’achat de denrées alimentaires issues de l’agriculture intensive à l’étranger.
    Et même problème pour la mobilité individuelle avec l’interdiction des moteurs thermiques. Ce point peut être comparé au gaz russe en Europe. Comment pourra-t-on se fournir en batterie lorsque la Chine qui va faire main basse sur les mines de lithium et de cobalt envahira Taïwan ? Surtout que nos bus seront aussi électriques. Nos écolos ont sûrement la réponse…..

  • Tout ça me paraît étrange, avec leurs éléphants ils ont de l’engrais gratis et puis il semblerait que la réalité est que les prix d’importation de tout est inabordable pour ce genre de pays. Sans énergie tout le monde va fini le nez dans le caniveau, nous y compris…. Le bio, lègende à mon avis.

  • Merci à Contrepoints de nous informer de la situation sri lankaise dont les grands médias de parlent quasiment pas puisque l’information principale est la chaleur estivale.
    Sans les engrais chimiques de nombreuses terres seraient incultes, tous les agriculteurs raisonnables le savent mais leur voix est étouffée par ces abrutis d’écolos urbains qui ne savent même pas planter des patates !
    Il est pratiquement impossible de débattre avec un écolo tellement son idéologie est intolérante.
    Mais il serait trop pratique de tout mettre sur le dos de l’écologie. Nos gouvernements ne sont composés que de quelques écolos à la marge et ce sont bien des élus des partis traditionnels qui ont coulé notre industrie et notre agriculture, le pompon étant l’interdiction des moteurs thermiques à très court terme.
    L’Histoire les jugera sévèrement. En ce qui me concerne, c’est déjà fait !

  • Pas un mot sur les comportements de rétention pour expliquer d’aliments de base produit sur place ?
    Les rendements ont énormément diminué certes. Cohabite à toutes les explications ici énoncées des attitudes de spéculation des producteurs locaux ; le stockage pour profiter de l’inflation et vendre plus cher.

    • Quand on a très faim, au lieu de manger ses stocks, il vaut mieux attendre la famine, car on pourra vendre plus cher ses « surplus »?
      Si l’on veut faire de la spéculation sur les produits alimentaires, on stocke lorsqu’ils ne sont pas cher pour les revendre lorsqu’ils seront plus chers. Donc on ne stocke pas en période de disette, au contraire, on déstocke! Les attitudes spéculatives des producteurs locaux ont tendance à diminuer les famines, pas l’inverse!

  • Non, non, et non, il n’y a pas de misère au Sri Lanka. Il y a de la sobriété, c’est comme ça qu’il faut dire maintenant, sinon c’est que vous n’êtes qu’un vieux réac.

  • Les commentaires sont fermés.

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