Élections législatives 2022 : les clefs du gouvernement

Faute de majorité absolue, aucun d’entre eux n’a été élu dès le premier tour (c’est la vision du verre à moitié vide). Mais aucun n’a été éliminé (verre à moitié plein). Détaillons alors un peu plus notre analyse.

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Élections législatives 2022 : les clefs du gouvernement

Publié le 14 juin 2022
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Nous avons vu dans un précédent article que, suivant une règle déjà suivie en 2017 par Emmanuel Macron, les ministres en poste (y compris le chef du gouvernement), candidats aux élections législatives qui ne seraient pas élus, devraient démissionner. La moitié du gouvernement est donc concernée par cette règle. Alors, comment les ministres-candidats ont-ils passé ce premier tour ?

Faute de majorité absolue, aucun d’entre eux n’a été élu dès le premier tour (c’est la vision du verre à moitié vide). Mais aucun n’a été éliminé (verre à moitié plein). Détaillons alors un peu plus notre analyse.

 

Les 12 ministres en ballotage favorable (arrivés en tête dans leur circonscription)

Candidate dans la 6e circonscription du Calvados, Élisabeth Borne est arrivée en tête du premier tour avec 34,32 % des voix. C’est la première fois que l’ancienne ministre de l’Écologie se présente au suffrage universel direct. Parachutée dans le Calvados, où elle a des attaches familiales, elle sera opposée le 19 juin à Noé Gauchard (Nupes), qui récolte, lui, 24,53 % des suffrages.

Damien Abad, ministre des Solidarités et de l’Autonomie et des Personnes handicapées est arrivé en tête dans sa 5ème circonscription de l’Ain, avec 34,1% (deux points de moins qu’en 2017). Au second tour, il sera opposé à Florence Pisani, la candidate de la Nupes (22,8 %). Le RN est en troisième position avec 19,7 %. Après avoir rejoint le gouvernement, l’ancien président du groupe LR à l’Assemblée nationale a dû affronter un adversaire LR, Julien Martinez. Celui-ci est éliminé dès le premier tour avec 9,9 % des voix.

48,06 % des suffrages, c’est le score de Gabriel Attal, désormais en poste à Bercy (Comptes publics), dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. L’ancien porte-parole du gouvernement devra tout de même passer par le second tour, face à Cécile Soubelet (Nupes). Cette dernière est arrivée deuxième avec 30,75 % des voix.

La députée sortante MoDem, Justine Bénin passe le premier tour dans la 2e circonscription de Guadeloupe. La secrétaire d’État à la Mer a réuni 31,31 % des suffrages, ce qui la place en tête des votes dans sa circonscription, devant le DVG Christian Baptiste (26,78 %), son adversaire au second tour.

Créditée de 32,10 % des suffrages, Brigitte Bourguignon parvient à se qualifier dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais. Une circonscription où cette ex-socialiste avait succédé à Jack Lang en 2012 et où elle avait été réélue en 2017 après avoir rallié En Marche et en 2021 lors d’une législative partielle. La nouvelle ministre de la Santé et de la Prévention affrontera la RN Christine Engrand au second tour qui a obtenu 30,33 % des suffrages.

Élue en 2017, Yaël Braun-Pivet s’est représentée dans sa 5e circonscription des Yvelines. La ministre des Outre-Mer prend la tête du premier tour, avec 36,59 % de voix. Au second tour, elle sera face à la candidate de la Nupes Sophie Thévenet, qui a enregistré 23,55 % des suffrages. En 2017, Yaël Braun-Pivet, alors novice en politique, avait battu le pilier de la droite Jacques Myard et avait été choisie par la majorité pour présider la commission des Lois à l’Assemblée nationale.

Dans la 10e circonscription du Nord, Gérald Darmanin a récolté 39,08 % des suffrages, se plaçant devant Leslie Mortreux (Nupes) et ses 23,08 %. C’est elle qu’il retrouvera dimanche prochain. « Merci très sincèrement aux habitants de Tourcoing, Linselles, Neuville-en-Ferrain, Roncq, Bousbecque et Halluin de nous avoir placés très largement en tête de ce premier tour, avec près de 40 % des voix ! À dimanche prochain ! », a-t-il tweeté dans la soirée.

Le nouveau ministre du Travail, du Plein-emploi et de l’Insertion, Olivier Dussopt, devrait garder le sien (de travail). Il est arrivé en tête avec 30 % des voix dans la 2e circonscription du Loiret, où il brigue un quatrième mandat. Au second tour, il affrontera le candidat de la Nupes, Christophe Goulouzelle, qui a recueilli 23,6 % des voix. En 2017, l’ancien maire d’Annonay, 43 ans, s’était fait élire sous l’étiquette socialiste, n’arrivant qu’en deuxième position au premier tour avec 23,54 % des voix. Son ancrage local a payé, il améliore son score de 6,5 points.

Avec 31 % des voix, le nouveau ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau est arrivé en tête dans la 1ère circonscription du Loir-et-Cher. Figure du MoDem, proche de François Bayrou, il devra affronter au second tour le candidat de la Nupes, Reda Belkadi. Néanmoins, il perd presque quatre points par rapport à son résultat du premier tour en 2017 (34,59 %).

Nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire se qualifie avec une nette avance (39,51 % des suffrages exprimés) dans la 12e circonscription de Paris.  Elle affrontera Jérôme Loriau (LR). Ce dernier a obtenu 22,34 % des voix.

Franck Riester, le ministre délégué au Commerce extérieur, est parvenu à se qualifier pour le second tour des législatives, avec 29,27 % des suffrages. Député sortant, il perd cependant des points par rapport à son précédent score de 2017 (39 %). L’ancien ministre de la Culture sera opposé à François Lenormand (RN) qui a obtenu 25,41 % des suffrages.

Ex-ministre de la Santé, Olivier Véran parvient à se hisser au second tour des législatives. L’actuel ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement a recueilli 40,50 % des voix dans la 1re circonscription de l’Isère. Il affrontera dimanche Salomé Robin (Nupes), qui a réalisé un score de 36,86 %.

 

Les trois ministres en ballotage défavorable

Si le ministre de l’Europe, Clément Beaune, a bien passé la première marche dans la 7e circonscription de Paris, il n’a réuni que 35,81 % des suffrages, derrière l’avocate Caroline Mecary (Nupes) et ses 41,40 %. Issu de l’aile gauche de la macronie, Clément Beaune se frottait, lui aussi, pour la première fois au suffrage universel. Cette circonscription, qui regroupe le 4e arrondissement et une partie des 11e et 12e, avait été remportée en 2017 par le candidat LREM Pacôme Rupin face au sortant socialiste Patrick Bloche.

La ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, a rassemblé 31,46 % des voix, loin derrière Jérôme Guedj (38,31 %), son adversaire de la Nupes, dans la 6e circonscription de l’Essonne. Il y a cinq ans, dans cette même circonscription, elle avait été très confortablement élue avec 61 % des voix au second tour, quand Jérôme Guedj, alors sous les couleurs du Parti socialiste, avait été éliminé dès le premier tour avec 13 % des suffrages.

La bataille s’annonçait plutôt serrée pour le nouveau ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guérini, dans la 3e circonscription de Paris (à cheval entre les 17e et 18e arrondissements). En 2017, cet ex-strauss-kahnien devenu depuis le chef de La République En marche avait largement battu une candidate UDI. Mais cette fois-ci il est en ballotage défavorable à l’issue du premier tour. Il arrive en deuxième position avec 32,50 % des voix, derrière la candidate de la Nupes, une jeune écologiste passée par la Mairie de Paris, Léa Balage El Mariky, qui a viré en tête avec 38,66 % des suffrages. L’union de la gauche mise beaucoup sur ce secteur où avait été élue pendant quinze ans la socialiste Annick Lepetit.

 

La suite… Dimanche prochain…

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