Elon Musk face à Twitter : la liberté d’expression et ses ennemis

Elon Musk se rebiffe : même s’il n’achète pas Twitter, il a déjà fait beaucoup en secouant le cocotier numérique.

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Blue Sky Twitter By: mkhmarketing - CC BY 2.0

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Elon Musk face à Twitter : la liberté d’expression et ses ennemis

Publié le 17 mai 2022
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Les censeurs du monde entier retiennent leur souffle : Elon Musk a suspendu temporairement l’accord de rachat de Twitter, occasionnant une plongée en bourse de la célèbre entreprise à l’oiseau bleu. Avant de l’acquérir, le milliardaire voudrait évaluer le nombre de faux comptes et de spam sur le réseau, que ses administrateurs estiment à environ 5 %.

Elon Musk a bien précisé qu’il avait toujours l’intention de reprendre Twitter pour en faire une véritable zone de libre expression, au grand dam d’une improbable coalition de progressistes, de bureaucrates et de politiciens qui n’apprécie pas vraiment le pluralisme idéologique, c’est-à-dire l’existence même d’idées un peu différentes du consensus woke et diversitaire qui règne sur les réseaux.

Pour discréditer l’entreprise de Musk, avant même sa mise en œuvre, tous les moyens sont bons, y compris les plus absurdes. Le dernier en date nous vient de l’Associated Press, la célèbre agence de presse mondiale. Elle s’est fendue d’un texte intitulé « Elon Musk, an erratic visionary, revels in contradiction ».

Quelle est la contradiction majeure de la démarche de Musk, selon la vénérable institution ? Eh bien, tout en défendant la liberté d’expression, il attaquerait ses ennemis à coups de tweets vengeurs. Sauf que c’est un peu l’esprit même de la liberté d’expression, pouvoir exprimer des opinions et éventuellement en critiquer d’autres. Le propos un peu idiot ferait sourire s’il venait d’un.e twitto de 14 ans aux cheveux bleus, il inquiète franchement de la part d’une aussi vénérable institution qui regroupe plus de 1500 journaux américains.

Pression progressiste contre la liberté d’expression

On se souvient que début mai, 26 organisations non gouvernementales et groupes de pression marqués à gauche ont déjà appelé les annonceurs à boycotter Twitter en cas d’achat par Musk. Dans leur lettre adressée aux annonceurs, ils s’inquiétaient de voir réapparaître les discours de haine, l’extrémisme, la désinformation en matière de santé et les théories conspirationnistes sous la férule d’Elon Musk :

« Sous la direction de Musk, Twitter risque de devenir un cloaque de fausses informations, avec votre marque attachée, polluant notre écosystème d’information à une époque où la confiance dans les institutions et les médias d’information est déjà au plus bas. »

En réaction, Elon Musk s’est fendu d’un message sur Twitter : qui finance ces organisations qui cherchaient à contrôler notre accès à l’information ? Et de répondre aussi rapidement en pointant vers certains anciens des administrations Clinton et Obama, Georges Soros, des syndicalistes et des États européens. « La lumière du soleil est le meilleur désinfectant » a-t-il ajouté.

Plutôt que d’apaiser les débats, Musk  envisage désormais de réintégrer Donald Trump, banni à vie du réseau après l’assaut sur le Capitole. C’est un chiffon rouge pour le camp progressiste qui pourrait intensifier la guerre culturelle entre droite et gauche qui agite les États-Unis.

Même si Elon Musk se ravise et décide de ne pas racheter Twitter, il a déjà offert un fier service à la liberté d’expression en obligeant ses ennemis les plus irréductibles à se dévoiler un peu. L’économie des plateformes, loin d’être le far west ultralibéral dénoncé par ses contempteurs, ressemble bien plus à une sorte de féodalité bureaucratique hostile à la liberté individuelle.

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  • Avatar
    jacques lemiere
    17 mai 2022 at 6 h 51 min

    oui stupéfiante idée de la liberté d’expression…de la part de l’associated press..

    Pour moi le problème a commencé avec la criminalisation du racisme.. je le constate avec les « jeunes »..on doit punir l’expressionraciste et non la combattre admettent ils avec une telle peur d’etre accusé de racisme qu’ils chargent la barque ..l.’enfer est pavé de bonnes intentions..

    mais qui ose remettre en case le bien fondé des diverses lois « anti haine »..????

    qui ne marchent pas!!!! l’antisémitisme n’a pas disparu!!! l’homophobie revient.. et ça sert de ustification j
    à PLUS de lois !! car quand ça ne marche pas..
    on juge une personne sur ses actes..en fait même les lois punissant les menaces devraient poser question.

    • Avatar
      jacques lemiere
      17 mai 2022 at 7 h 09 min

      la loi gayssot date de 1990
      or bon je n’ai pas fait de recherche https://www.radiofrance.fr/franceculture/antisemitisme-en-france-des-faits-en-hausse-et-une-menace-pregnante-2367402

      être antisémite ou raciste ne doit pas être considéré comme un crime…ni même une cause d’aggravation de peine …la violence motivée par la haine est une violence « gratuite » donc punie le plus durement..
      j’ai toujours en mémoire le gang des barbares.. et je fais le raisonnement par l’absurde qu’n des tortionnaire aurait eu une peine moins lourde si il avait pu prouvé qu’il ignorait avoir affaire à un juif!!!
      il m’est arrivé que ce genre de commentaire pourtant me semble il de bon sens soit modéré!!!

      un crime motivé par la haine est un crime gratuit donc sans atténuation de peine!!!

      en outre comment diable « punir la pensée raciste » ? par une peine de prison? par un centre de rééducation? à vie???
      on continue à penser donc on continue le crime???

      si un psychologue estime que vous êtes toujours raciste vous restez en prison, car vous continuez à commettre le crime??
      au mieux on punit donc l’expression ou on se vautre dans le procès d’intention.. avec ce qui va avec . la dissimulation….la fin de la preuve de culpabilité pour punir..
      quand va on en finir avec la criminalisation la pensée et ses conséquences.. ???

      le remède est pitre que le mal!!!

      • Avatar
        jacques lemiere
        17 mai 2022 at 7 h 28 min

        bon désolé pour le radotage mais ça énerve..mais c’est similaire au succès de l’ecologisme..
        comme je ne sais pas « prouver que je ne suis pas raciste..je considère l’accusation comme sans interet..

        comme je ne sais pas ce qu’est un « geste écologiste »… je rejette le concept…

  • Je pense que le problème n’est pas directement la liberté d’expression bien que les enjeux semblent se focaliser la-dessus. Selon moi c’est la liberté d’écoute, l’ouverture d’esprit qui doit être l’enjeu fondamental. Sinon la liberté d’expression sera toujours problématique et même si nous arrivions à la faire exister malgré tout, elle ne serait en pratique pas très utile.
    Pour cela il convient de lutter contre les travers de notre esprit, en voyant en l’autre non un adversaire mais une autre manière de penser ou de voir le monde pour des raisons conscientes et inconscientes.

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