La Z-théorie du professeur Leijonhufvud

L’un des grands mérites de Leijonhufvud est d’avoir rendu la théorie keynésienne plus lisible, en posant des bases microéconomiques au déséquilibre décrit par la théorie économique keynésienne.

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Axel Leijonhufvud Reform and Restructuring of the Financial and Non-Financial Sectors https://www.youtube.com/watch?v=w3fa2ANJjmI

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La Z-théorie du professeur Leijonhufvud

Publié le 13 mai 2022
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Le 5 mai dernier, nous avons appris le décès de l’économiste Axel Leijonhufvud, né le 6 septembre 1933 à Stockholm. Il est catalogué comme faisant partie du courant néokeynésien, même si sa pensée était plus complexe que cette simple classification.

J’ai appris beaucoup sur la macro-économie ces (quasi) deux dernières années grâce à Axel Leijonhufvud, d’abord par l’intervalle de Steven Horwitz, George Selgin ou Michael Hoffman (et d’autres), puis en le lisant directement. Les travaux de Leijonhufvud restent cependant moins connus qu’ils devraient être. C’est pour tenter de pallier ce manque que cet article a vu le jour.

Axel Leijonhufvud avait l’habitude de penser en dehors d’une boîte noire. Il était un « keynésien de la coordination » (Coordination Keynesian). L’un des grands mérites de Leijonhufvud est d’avoir rendu la théorie keynésienne plus lisible, en posant des bases micro-économiques au déséquilibre décrit par la théorie économique keynésienne. À l’inverse de Keynes de 1936 et ses successeurs, il ne rejette pas la théorie des fonds prêtables (puisqu’il poursuit les travaux de Knut Wicksell). Il montre que l’effet Wicksell-Keynes est parfaitement démontrable dans le cadre wicksellien des taux d’intérêts naturels. Il cite Hayek sur les problèmes de dispersion de la connaissance, ou encore sur les influences de l’inflation sur les institutions de marché.

Il a développé la théorie du corridor, selon laquelle, selon l’amplitude des perturbations, c’est la théorie classique ou la théorie keynésienne qui s’applique. Leijonhufvud affirme que dans un certain corridor, les signaux de prix du marché fonctionnent généralement bien et que les écarts par rapport à l’équilibre monétaire s’auto corrigent en un temps relativement court, bien que cela ne soit pas sans effets réels.

En dehors de ce corridor, lorsque les changements exogènes qui affectent le système sont suffisamment importants, l’échec des signaux décrits par Clower (en somme, l’inégalité entre la demande notionnelle et la demande effective) entre en jeu et dans ces scénarios les mécanismes de marché ne seront potentiellement pas capables de corriger le problème. Par conséquent, des équilibres de chômage de type keynésien peuvent se produire. Selon le cas, c’est l’effet Pigou ou l’effet Keynes (c’est-à-dire un effet quantité par l’accroissement des invendus) qui se met en marche pour assurer le retour à l’équilibre.

Leijonhufvud est un défenseur d’une théorie du déséquilibre monétaire (les cycles et perturbations monétaires proviennent d’un déséquilibre entre l’offre et la demande de monnaie), qu’il observe sous l’angle de l’égalité Epargne = Investissement (à l’inverse des monétaristes) et sa théorie s’intègre au cadre de la version autrichienne de la théorie du déséquilibre monétaire, en appuyant surtout sur les effets de la déflation monétaire, et en réintroduisant une réflection des effets monétaires sur la loi de Say (notamment avec Robert Clower, et sa notion de demande notionnelle).

Nous aurons l’occasion de l’aborder ultérieurement. Commençons d’abord par un rapide résumé du clivage de pensée entre Keynes et les économistes classiques.

 

Keynes et les classiques : l’examen d’Axel Leijonhufvud

Keynes nomme classiques les économistes qui le précèdent et qui considèrent comme toujours vraie la loi de Say des marchés. Ainsi, certains néoclassiques, comme Alfred Pigou, sont qualifiés de classiques par Keynes. Pigou a notamment la dernière formulation de la théorie du chômage classique. La TCC stipule que s’il y a du chômage, c’est-à-dire un déséquilibre sur le marché du travail, les salaires monétaires diminuent pour résorber ce déséquilibre et équilibrer les marchés. En cas de déflation monétaire, le même mécanisme est à l’œuvre. Les salaires nominaux doivent baisser, car l’augmentation de la valeur monétaire surélève artificiellement les salaires réels : c’est l’effet Pigou, ou l’effet d’encaisses réelles.

Cependant, le cas classique est un cas particulier qui ne se produit que peu souvent pour Keynes. L’existence d’une trappe à liquidité (situation dans laquelle la préférence pour la liquidité des spéculateurs empêche le taux d’intérêt d’avoir un impact sur le niveau d’épargne et d’investissement) empêche l’égalité épargne = investissement, et les syndicats, contraintes institutionnelles et autre barrière psychologique empêchent les salaires nominaux de diminuer.

Comme le montre Leijonhufvud, le caractère imparfait des marchés (monopoles ou oligopoles) a été utilisé par les successeurs de Keynes pour expliquer cette rigidité des prix à s’ajuster. Pour Leijonhufvud, il n’y a même pas besoin de stipuler une rigidité à la baisse des salaires. Il suffit de soulever le fait, comme Armen Alchian, que rechercher (search) les nouveaux prix permettant de rétablir l’équilibre implique des coûts d’information importants expliquant la lenteur (sluggishness) de l’ajustement des prix.

La théorie de la préférence pour la liquidité s’oppose donc à la théorie des fonds prêtables (formulée par Dennis Robertson), puisque le TFP stipule que le taux d’intérêt est le prix qui équilibre offre et demande de fonds prêtables (épargne et investissement). Or, chez Keynes, le taux d’intérêt est le prix de la monnaie (c’est le taux d’intérêt qui détermine la propension à détenir des liquidités par les spéculateurs). De l’aveu de Keynes, aucun cas extrême de trappe à liquidité n’est connu (du moins à sa connaissance).

Ainsi, puisque ni l’ajustement par les salaires, ni par la masse monétaire n’est possible (l’offre de monnaie est considérée comme fixée et exogène chez le Keynes de la Théorie Générale (1936)), la sortie de la trappe à liquidité doit se faire par des politiques d’investissements publics, voire par la socialisation de l’investissement pour relever l’efficience marginale du capital au niveau naturel.

Cependant, pour Leijonhufvud Keynes reste dans le cadre wicksellien qui le caractérisait dans Le Traité (1930). Le vrai changement se produirait entre le Tract (1923) et le Traité. Pour lui, Keynes fonde un corridor. À un bout, la théorie classique est valide et les prix fournissent les incitations à l’ajustement vers l’équilibre. À l’autre bout, les anticipations des spéculateurs empêchent cet ajustement et les mécanismes régulateurs ne fonctionnent plus. De plus, il n’est pas nécessaire d’abandonner la théorie des fonds prêtables pour montrer les difficultés d’ajustement de l’économie. Bien au contraire, ce n’est qu’en relation avec la théorie des taux d’intérêts naturels que la théorie de Keynes peut mieux se comprendre pour Axel Leijonhufvud : c’est la fameuse théorie-Z de Leijonhufvud, qui décrit ce qu’il appelle l’effet Wicksell-Keynes. Pour Leijonhufvud, la théorie de la préférence pour la liquidité est une erreur de parcours de Keynes.

La théorie Z

La propre théorie de Leijonhufvud, qu’il décrit comme l’interpolation de la théorie Z entre Keynes du Traité et Keynes de la Théorie générale, tente d’analyser les effets d’une impulsion déflationniste. Celle-ci conserve l’intuition wicksellienne de la relation entre taux d’intérêt de marché et taux d’intérêt naturel. Cette relation dépend à son tour de la relation entre l’épargne et l’investissement. Comme l’explique Leijonhufvud, la tradition wicksellienne se définit par sa préoccupation pour les conditions nécessaires au maintien de l’égalité entre l’épargne et l’investissement et pour ce qui se passe dans le cas contraire.

La théorie Z commence par une baisse hypothétique de l’efficacité marginale du capital, c’est-à-dire que les entrepreneurs deviennent pessimistes. La demande de fonds prêtables (investissement) diminue, tandis que l’épargne reste la même (passage de I à I’ sur la figure 5.3). Cela correspond à une baisse du taux d’intérêt naturel (de nr à nr’), car le pessimisme des investisseurs signifie qu’ils auront besoin de taux d’intérêt plus bas afin d’entreprendre des projets qu’ils auraient auparavant entrepris à des taux plus élevés.

Dans le modèle de la théorie Z, cette baisse du taux naturel ne se traduit pas immédiatement par une baisse correspondante du taux du marché : le taux du marché reste au-dessus du taux naturel. Il s’ensuit une baisse du revenu et de l’emploi. Dans un cadre véritablement wicksellien, la chute des revenus et des prix finirait par rétablir l’équilibre monétaire au taux naturel inférieur, mais seulement après un douloureux processus d’ajustement. Pour Leijonhufvud, la théorie Z rompt avec Wicksell sur la question de savoir si cet ajustement doit toujours avoir lieu.

À la différence de Wicksell, Leijonhufvud soutenait que la baisse du revenu entraînait l’épargne avec elle (de S à S’), ce qui permet au marché des titres de se stabiliser à un taux d’intérêt du marché (mr’) encore supérieur au taux naturel (nr’), c’est-à-dire le taux qui aurait été maintenu si les mécanismes du marché s’étaient complètement ajustés. Le problème ici est que le marché des titres est maintenant compensé, grâce à la baisse de l’épargne induite par le revenu, et qu’il n’y a pas « d’offre de flux excédentaire de fonds prêtables dont l’intégrale temporelle accumulée déforme progressivement les bilans des banques et/ou des spéculateurs baissiers » (1981b:166, dans son livre Information and Coordination).

Alors que dans le modèle véritablement wicksellien, l’offre excédentaire d’épargne à un taux de marché trop élevé génère une pression à la base sur les taux de marché pratiqués par les banques, dans le modèle de la théorie Z de Leijonhufvud, la baisse de l’épargne induite par le revenu peut faire en sorte que le marché de la monnaie et des titres se compense à un taux de marché trop élevé, sans qu’aucune pression ne soit exercée sur quiconque pour procéder aux ajustements nécessaires des taux d’intérêt.

La clé de ce résultat est que la baisse initiale de l’investissement n’est pas immédiatement compensée par des ajustements de prix sous la forme d’une réduction rapide du taux du marché par le système bancaire. En l’absence de tels ajustements de prix, la production, l’emploi et le revenu (et donc l’épargne) supporteront le poids de l’ajustement (c’est l’effet Keynes).

Le problème auquel l’économie est confrontée lorsque de tels déséquilibres monétaires déflationnistes se mettent en place est que des défaillances de la demande effective se multipliant rapidement peuvent se produire (c’est le processus cumulatif wicksellien). Comme l’ont souligné les travaux de Robert Clower (qui doivent se lire en complément de ceux de Leijonhufvud), en rapport avec la Loi de Say, les ventes réalisées sont une contrainte sur les achats, le chômage et l’offre excédentaire générale de biens qui accompagneront le scénario décrit par Leijonhufvud peuvent créer des problèmes supplémentaires.

Dans la mesure où l’incapacité actuelle de vendre des services de main-d’œuvre empêche les travailleurs d’acheter des marchandises, les vendeurs de ces marchandises voient leur propre pouvoir d’achat limité par le manque de ventes réalisées, ce qui contraint davantage les autres vendeurs. Si les revenus baissent suffisamment au départ, la situation peut rapidement se transformer en un cumulative rot, auquel, selon Leijonhufvud, il faudra une politique fiscale activiste pour remédier. On sort du corridor, et c’est ici que les politiques keynésiennes doivent jouer leur rôle, selon l’économiste.

Le corridor 

Cependant, pour Leijonhufvud, la longueur du corridor est déterminée par le rôle des soldes ou encaisses monétaires (cashbalances). Pour lui, les stocks d’actifs liquides, tels que les liquidités, « permettent de maintenir les dépenses lorsque les recettes diminuent ».

Ces stocks d’actifs sont appelés des tampons (buffers), qui empêchent les défaillances de la demande effective (effectivedemand failure) de se transformer en une pourriture wicksellienne (wicksellian rot) en fournissant une source de dépenses pour les personnes sans emploi ou sous-employées. L’essentiel est que les acteurs détiennent ces stocks tampons en fonction de leurs anticipations quant à la stabilité du système. Si la taille ou la durée de la perturbation est si importante que les stocks tampons détenus sont insuffisants, la pourriture s’installera et la politique keynésienne sera nécessaire, selon Leijonhufvud.

Ce sont ces stocks tampons qui définissent ce qu’il appelle le « corridor« . Tant que ces stocks sont suffisants, les processus normaux du marché suffiront à éviter les défaillances massives de la demande excédentaire, même face à des événements exogènes qui provoquent des déséquilibres monétaires. Cela ne veut pas dire que ces déséquilibres ne coûteront rien, mais seulement qu’ils finiront par se corriger d’eux-mêmes, au prix d’une certaine souffrance.

En dehors du corridor défini par ces stocks tampons, les mécanismes d’autocorrection s’affaiblissent et disparaissent et des ruptures systémiques sont possibles. Cela implique une largeur variable du corridor car les acteurs détiennent des stocks tampons en fonction de leurs expériences passées et de leurs anticipations du futur.

Pour Steven Horwitz, la taille du corridor doit être mise en perspective avec différents arrangements institutionnels, en comparant ceux qui sont les plus à même de garantir l’équilibre monétaire. Comme cela a été d’abord souligné par Shackle et Rueff, la théorie du Keynes de la Théorie Générale présuppose que l’offre de monnaie est fixée de manière exogène, de telle sorte que l’équilibre monétaire ne peut être maintenu.

Or, c’est au jeu de l’arrangement institutionnel de garantir ce que William Harold appelle la flexibilité monétaire. Et pour les partisans de la Banque Libre, c’est précisément celle-ci qui remplit ce rôle, en fournissant des liquidités de manière décentralisée et efficiente aux marchés et en réduisant considérablement les risques systémiques (par rapport à une Banque Centrale). Jacques Rueff avait d’ailleurs déjà noté l’ironie il y a plusieurs décennies. Ce n’est que dans le monde imaginé par Keynes, où la monnaie n’est plus attelée à rien, où elle n’est plus qu’un bout de papier, que les problèmes keynésiens apparaissent.

Conclusion

Nous en avons fini avec ce cours résumé d’un des plus précieux apports que nous a fourni Axel Leijonhufvud. Ce résumé est cependant incomplet. La pensée de Leijonhufvud a bien entendu voyagé dans d’autres pans de la science économique. Cependant, c’est probablement sa Théorie-Z et sa théorie du corridor qui sont les plus pertinentes, et plus encore à une heure où la question monétaire ressurgit avec des taux d’inflation qui grimpent.

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  • J’ai rien compris… 🙂

  • Je vous résume : Keynes a inventé un système économique dans lequel la monnaie est créée sans raison ex nihilo, système dans lequel plein de problèmes apparaissent en théorie et parfois en pratique, nécessitant dans la théorie une intervention publique pour relancer la machine.
    Les économistes classiques qui sont tous ses prédécesseurs avaient construits des théories autour d’une monnaie dont la valeur était égale aux marchandises achetées (un gramme d’or contre tant de kilos de blé par exemple), théorie dans laquelle le marché s’équilibre de lui-même en tant normal comme en cas de crise (moyennant quelques dommages collatéraux sur la route).
    Leijonhufvud a apporté de très intéressants que les 2 théories sont valables dans leur propre cadre, et expliqué ce qui faisait pencher la balance entre les 2 mondes : plus il y a de réglementations (créant des monopoles notamment) et moins les gens disposent de réserves disponibles, plus on est dans le monde de Keynes et plus il faut de l’intervention étatique, et vice-versa.
    Bref, ce type a démontré que la théorie socialiste fonctionne en circuit fermé, l’état étant un pompier pyromane qui après avoir détruit le sens de la monnaie par ses manipulations (favorisant une élite dirigeante et l’achat de voix, ainsi que le contrôle de la population) doit nécessairement intervenir pour refroidir un peu l’incendie…

  • Bonjour,
    Au cas où vous ne l’avez pas lu, je vous recommande  » Le fondement micro-économique de la théorie keynésienne  » ( Cujas) Que notre regretté Jean-Paul Fitoussi avait publié en 74 lorsqu’il était prof à la Fac de Strasbourg…
    Bernard Biedermann Theoreco

  • En gros la théorie de Keynes, c’est de créer un problème comme solution à un problème.
    La boucle étant ainsi bouclée, cela valide sa théorie. Les constructivistes peuvent alors s’en donner à cœur joie.

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