Les fruits de la civilisation occidentale : prospérité, bien-être, liberté

Ce n’est pas un hasard si les mouvements de migration et de réfugiés dans le monde se dirigent toujours vers les pays occidentaux.

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New York - Atlas Statue By: Alonso Javier Torres - CC BY 2.0

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Les fruits de la civilisation occidentale : prospérité, bien-être, liberté

Publié le 3 mai 2022
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Par Frank Karsten.

L’histoire raconte que l’on a demandé un jour au Mahatma Gandhi ce qu’il pensait de la civilisation occidentale. Il aurait répondu d’un air amusé : « Une idée géniale ! »

C’était effectivement une idée géniale, mais pas dans le sens où Gandhi l’entendait. L’Occident, comme nous l’avons expliqué dans la première partie de cette série, a accompli des exploits uniques dans les domaines scientifique et artistique. Mais il a également produit les sociétés les plus florissantes, avec une prospérité, un bien-être, une tolérance et une liberté inégalés. Des sociétés que l’on voit rarement en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient.

La révolution libérale que l’Occident a connue aux XVIIIe et XIXe siècles a permis de réduire l’oppression et le caractère arbitraire du pouvoir. Les citoyens se sont vu accorder de plus en plus de droits et de libertés, tels que la liberté d’expression, la liberté religieuse et le droit à la propriété privée. L’Église et l’État ont été séparés et les individus ont pu décider eux-mêmes de la religion à laquelle ils souhaitaient adhérer. Le système judiciaire devint relativement indépendant de l’État et les citoyens étaient présumés innocents jusqu’à preuve du contraire. Les monarques ne pouvaient pas décider soudainement d’emprisonner ou de tuer un opposant.

En Occident, il est même possible de se moquer des pouvoirs dirigeants. Un film comme La vie de Brian, dans lequel la religion est impitoyablement ridiculisée, serait interdit dans de nombreux pays non-occidentaux.

Liberté économique

Une autre caractéristique unique fut la liberté économique acquise par les citoyens des pays occidentaux. Ils pouvaient choisir leur propre profession, créer une entreprise, acquérir des biens et commercer librement entre eux. Cela peut sembler évident pour nous tous, mais ce n’était pas le cas avant le XVIIIe siècle.

Et ce n’est toujours pas le cas dans la plupart des pays aujourd’hui. Les principales raisons pour lesquelles les habitants des pays en voie de développement ont du mal à échapper à la pauvreté sont la bureaucratie et la corruption. Après des recherches approfondies, l’économiste péruvien libéral Hernando de Soto a conclu que les habitants des pays pauvres sont pauvres principalement parce qu’ils ne disposent pas d’un statut juridique sûr, ce qui les empêche d’acquérir librement leurs propres biens.

À titre d’exemple, il déclara :

« Si vous voulez acheter un terrain en Égypte et le faire enregistrer légalement, vous devez passer par 77 procédures dans 31 institutions et cela prend de 5 à 14 ans. Les droits de propriété sont essentiels pour la liberté, la prospérité et l’esprit d’entreprise. »

Depuis 1995 Transparency International publie chaque année l’indice de perception de la corruption (IPC). Les pays occidentaux obtiennent invariablement les meilleurs résultats dans cet indice. Les fonctionnaires occidentaux exigent rarement un pot-de-vin pour un permis ou un document.

La tolérance

Dans d’autres domaines également, les citoyens occidentaux ont davantage de contrôle sur leur vie.

Nulle part ailleurs des organisations comme les syndicats, les associations de consommateurs et les organisations environnementales n’ont autant d’influence. Les Occidentaux ont également davantage de possibilités d’avancer dans la vie et de choisir leur propre style de vie que les habitants d’autres pays. Nulle part ailleurs la mobilité sociale n’est aussi grande, tandis que les personnes issues de milieux modestes ont davantage de chances de progresser. En général, la motivation et le talent sont les conditions les plus importantes de la réussite, et non la naissance, un titre de noblesse ou l’argent.

Nulle part ailleurs on ne trouve autant de tolérance pour les minorités, les dissidents ou les personnes ayant une orientation sexuelle différente. Et bien que l’on ait parfois une impression différente en suivant l’actualité, il n’y a probablement nulle part aussi peu de racisme comme en Occident. Deux économistes suédois ont fait des recherches à ce sujet en 2013. Pour leur enquête sur les valeurs mondiales, ils ont demandé aux gens dans quelle mesure le fait qu’une personne d’une ethnie différente vive à côté d’eux leur posait problème. Les résultats ont été surprenants : les pays occidentaux étaient parmi les plus tolérants, beaucoup plus tolérants que, par exemple, l’Inde, la Chine, la Russie, l’Indonésie, la Turquie, la Thaïlande, l’Iran, le Maroc, le Nigeria et l’Arabie saoudite.

L’égalité

Les pays occidentaux montrent également la voie en matière humanitaire et sociale. Une grande attention est accordée au bonheur des enfants et les mariages d’enfants ainsi que les mariages forcés sont interdits. Les châtiments corporels et la peine de mort ont été abolis dans la plupart des pays occidentaux. Les femmes ont les mêmes droits que les hommes. Les personnes handicapées physiques et mentales sont traitées avec compassion. Les pays occidentaux se caractérisent également par une culture de la philanthropie et des bonnes causes, que l’on ne trouve pas partout.

Dans les pays occidentaux, une grande attention est accordée au bien-être des animaux, à l’environnement et à la préservation de la nature. Il en va souvent autrement dans d’autres pays. On entend souvent dire que les océans sont noyés sous le plastique, mais ce que l’on ne dit jamais, c’est que plus de 95 % de ce plastique provient de pays autres que l’Europe et l’Amérique du Nord. Comme le montrent les chiffres de Our World in Data, l’Occident a également la plus faible pollution atmosphérique et l’eau la plus propre.

Ces réalisations ne se sont certainement pas généralisées partout et en tout temps en Occident. Le fascisme et le communisme, également d’origine occidentale, ont ramené le totalitarisme dans certains pays occidentaux au siècle dernier. Les idées libérales n’ont certainement pas toujours été mises en pratique de manière cohérente non plus. Pendant longtemps, elles ne s’appliquaient pas aux Noirs et aux autres minorités, ni à la population locale des colonies occidentales.

Mais de nombreuses personnes opprimées dans et par les pays occidentaux ont réussi à se libérer en faisant appel aux idéaux occidentaux. Des leaders tels que Martin Luther King, Gandhi et Mandela ont lutté avec succès pour l’émancipation de leurs peuples, inspirés par l’idéal occidental de liberté et d’égalité.

Cela ne signifie pas que dans d’autres pays et cultures, il n’existe pas d’idées nobles sur la valeur et la dignité des êtres humains. Il en existe certainement. Mais nulle part elles n’ont été mises en pratique aussi largement qu’en Occident.

Partout ailleurs : systèmes de caste, népotisme, châtiment corporel, discrimination ?

La critique de l’Occident est parfois justifiée, car tout pourrait être mieux. Mais est-ce mieux ailleurs dans le monde ?

En Inde, avec sa pollution, sa pauvreté et son système de castes ? En Afrique, avec son népotisme, sa violence et son faible niveau de vie ? Au Moyen-Orient, où les châtiments corporels sont encore pratiqués, où les homosexuels sont pendus et où l’apostasie est punie de mort ? En Amérique du Sud, où la corruption règne et où il existe de grandes inégalités entre les riches et les pauvres ? En Chine, où le gouvernement exerce un contrôle totalitaire sur ses citoyens et où la liberté d’expression n’existe pas ?

Ce n’est pas un hasard si les mouvements de migration et de réfugiés dans le monde se dirigent toujours vers les pays occidentaux. Des milliers de personnes risquent leur vie sur des embarcations précaires pour atteindre l’Occident. Sont-ils si désireux d’être opprimés racialement par les Occidentaux ? Un sondage Gallup de 2018 montre que les États-Unis restent la destination la plus populaire pour les 750 millions de personnes dans le monde souhaitant migrer. Ne devrions-nous pas alors simplement conclure que l’Occident a produit les meilleures sociétés de l’histoire et du monde ?

Mais qu’en est-il de l’esclavage, du colonialisme et de l’impérialisme ? Nous y reviendrons dans la troisième partie de cette série de quatre articles.

Frank Karsten est l’auteur du Mythe de la discrimination, paru aux éditions Résurgence.

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  • Pas d’accord. Ce ne sont pas les vertus qui attirent les pillards, mais la décadence.

    • Les pillards sont des opportunistes ! Alors oui la décadence peut augmenter les opportunités..
      Cependant la très grande majorité des migrants ne sont pas attirés mais fuient leur misérable condition ou l’insécurité. Alors oui assez logiquement, quitte à fuir on cherche des terres d’accueil qui valent le coup !

      • L’Occident des Lumières que décrit l’article est celui d’il y a 60 ans. Celui qui offrit, par exemple, aux réfugiés hongrois de 56 la possibilité de reconstruire une vie libre et heureuse ailleurs. L’Occident d’aujourd’hui n’offre guère plus que des cerfas, des majorations d’impôts à ceux qui réussissent et un juteux assistanat aux paresseux. La réussite n’y est plus liée aux efforts, mais à la connivence. Quand on compare l’Occident d’il y a 60 ans à celui d’aujourd’hui, derrière les peintures fluo apportées par le progrès technique, il n’y a que de la décadence.

        • Et les syndicats, les associations de consommateurs et les organisations environnementales, tant vantées par l’article, sont les premiers artisans de cette décadence. Un pays libre et attractif est un pays où les trains roulent, où l’on peut acheter ce que l’on veut dans les magasins, et où l’on peut cultiver et désherber son jardin.

        • Qui peut savoir s’il s’agit de décadence ou d’un épisode (fluctuation) que l’on retrouve dans n’importe quel système ouvert ?
          J’ai l’impression que vous décrivez un occident éternel qui n’existe pas, qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais. Tout cela n’est que du verbiage destiné à se rassurer face aux changements, c’est un réflexe psychologique. Je n’y échappe pas non plus je vieilli !
          La réalité, comme l’évolution, ne sont que des ajustements indispensables dans un système dynamique.

          • Je décris un Occident qui était celui de ma jeunesse, de mon parrain émigré hongrois et de ses parents réfugiés, aux USA en passant par la France. Les souvenirs embellissent peut-être cette époque, mais le rêve américain existait bien, au delà du rideau de fer et même en deçà, celui de trouver son accomplissement personnel dans le monde libre. Ca a bien existé. C’est peut-être dans la nature des choses que ça ne pouvait pas durer, mais c’est bien la nature des changements qui me révolte parce qu’il aurait été si facile et plaisant que ces changements soient autres, pas le fait que ça ait changé. On est passés de « c’est mieux et proche de l’idéal à l’Ouest » à « ça pourrait être encore pire si on n’était pas à l’Ouest ».

            • Et je me répète, les syndicats, les associations de consommateurs et les organisations environnementales sont les dignes héritiers des partis communistes, des entraves à l’amélioration « naturelle » de la vie et de l’existence qui résulte de la liberté d’initiative. La pollution ne recule pas tant parce que des associations font passer des lois et des règlements tatillons, que parce qu’en s’élevant, les individus adoptent d’eux-mêmes des comportements moins polluants. Des pauvres polluent ? Laissez-les s’enrichir et se responsabiliser. Idem pour les pratiques condamnables.

            • Oui tous ces changements ne me conviennent pas forcément. Mais on ne peut pas nier que ces changements sont en grande partie le fruit de ce qui s’est produit par le passé. L’histoire est une transformation dans la continuité. L’empire romain ne s’est pas effondré il s’est dissous dans de nouveaux rapports de force. Il est toujours présent mais sous une autre forme. Comme la grèce classique s’est fondue dans l’empire romain, les mayas dans les aztèques, etc.. On peut y voir un sorte de résilience du développement des sociétés humaines. A contrario les chinois sont restés centrés sur eux-mêmes, en restant assez purs certes, mais le compteur bloqué.

      • « Cependant la très grande majorité des migrants ne sont pas attirés mais fuient leur misérable condition ou l’insécurité. » Faux. L’immense majorité des migrants, qui payent trois fois le prix d’un billet standard sans certitude d’arriver entier, est prise en charge par des filières mafieuses où sont largement impliquées les autorités locales. Il s’agit en fait d’une forme moderne de ce bon vieux esclavagisme historique.

        • On ne parle pas de la même chose, il y a confusion entre la fin et les moyens. Il y a des candidats volontaires au départ pour les raisons que j’évoquais, aller dans un autre pays est une fin. Ensuite il y a les profiteurs, bien organisés, qui promettent des moyens sûrs de réusir la migration.
          Bon dans le lot il y a inévitablement des migrants profiteurs mais ce n’est pas eux qui forme la dynamique, il l’accompagne.

        • Les deux ne sont pas contradictoires. Voire se renforcent. Vous prendriez le risque de passer par des filières mafieuses sans raisons impératives de partir ?

  • Les commentaires sont fermés.

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