Le travail, c’est la santé ?

Quel est le critère qui compte le plus pour nous dans un travail ? Retour sur l’enquête réalisée par Bain, avec l’institut Dynata, auprès de 20.000 travailleurs dans dix pays.

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Le travail, c’est la santé ?

Publié le 9 avril 2022
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Quel est le critère qui compte le plus pour nous dans un travail ?

On a envie de répondre que c’est la rémunération.

Eh bien, ce n’est le critère numéro un que pour 22 % des employés.

C’est ce qui figure dans l’enquête réalisée par Bain, avec l’institut Dynata, auprès de 20 000 travailleurs dans dix pays (États-Unis, Allemagne, France, Italie, Japon, Chine, Inde, Brésil, Indonésie et Nigeria), et publiée en janvier 2022.

Elle est pleine d’enseignements pour comprendre comment ont changé et sont en train de changer les relations entre les travailleurs et les entreprises. Et cela n’est pas seulement lié aux conséquences du covid.

Ce taux de 22 % révélé par cette enquête ne signifie pas que les personnes accepteraient un travail qui ne serait pas payé correctement. La rémunération reste un critère important par rapport aux autres tels que l’intérêt du travail (critère numéro un pour 15 %) ou une entreprise inspirante (5 %). Il reste même dans le top 3 des critères pour 56 % des répondants. Mais il indique que réduire un emploi à une transaction financière sous-estimerait les motivations plus profondes pour le travail. D’ailleurs, ce critère de la rémunération est classé plus haut par les employés insatisfaits que par les employés satisfaits : le critère de la rémunération est davantage un critère d’insatisfaction qu’un critère de satisfaction. Quand son travail est jugé insatisfaisant, on n’est pas satisfait de la rémunération ; mais quand on est content, le critère de la rémunération est moins prépondérant.

Mais alors, c’est quoi un bon job qui nous donne satisfaction ?

Voilà une bonne question pour toutes les entreprises qui rêvent d’attirer et de conserver les meilleurs talents.

À partir d’une sélection de critères, et de l’importance accordée par les répondants, l’étude de Bain distingue six archétypes correspondant à des catégories de motivations différentes. Cela permet de vérifier ceux qui sont représentés, ou non, dans l’entreprise, et d’adapter nos politiques et pratiques de management et de gestion, et aussi, pour les collaborateurs, de s’auto-évaluer et de challenger nos motivations profondes.

Comme pour toutes analyses, on ne se retrouve pas forcément pile dans une des catégories, certains se sentiront un mix de plusieurs, ou même évolueront au cours de leur carrière professionnelle.

Ce qui est intéressant dans l’enquête, c’est de constater que les différences d’attitudes ne sont pas très différentes d’un pays à l’autre, ni la répartition des archétypes. C’est donc à l’intérieur de chaque pays que se font les différences.

Alors, quels sont ces six archétypes ?

Les opérateurs

Les opérateurs trouvent un sens et une valeur personnelle principalement en dehors de leur travail. En fin de compte ils considèrent le travail comme un moyen d’atteindre une fin. Ils ne sont pas particulièrement motivés par le statut ou l’autonomie, et ne cherchent généralement pas à se distinguer sur leur lieu de travail. Ils ont tendance à préférer la stabilité et la prévisibilité.

Ainsi, ils ont moins intérêt à investir pour changer leur avenir que les autres archétypes.

En même temps, les opérateurs sont l’un des archétypes qui ont le plus l’esprit d’équipe et considèrent souvent leurs collègues comme des amis. Au mieux, ils sont les joueurs d’équipe qui forment l’épine dorsale de l’organisation. Dans le pire des cas, ils sont désengagés et manquent de proactivité.

Les donneurs

Les donneurs trouvent un sens à un travail qui améliore directement la vie des autres. Ils sont l’archétype le moins motivé par l’argent.

Leur nature empathique se traduit généralement par un fort esprit d’équipe et des relations personnelles profondes au travail.

En même temps, leur nature plus prudente signifie qu’ils ont tendance à être des planificateurs avant-gardistes, qui hésitent relativement à prendre des risques.

Au mieux de leur forme, ils sont désintéressées et contribuent à établir la confiance dont toute organisation a besoin pour fonctionner. Au pire, ils peuvent être peu pratiques ou naïfs.

Les artisans

Les artisans recherchent un travail qui les fascine ou les inspire. Ils sont motivés par la recherche de la maîtrise. Ils aiment être appréciés pour leur expertise, bien qu’ils soient moins concernés par le statut au sens large du terme.

Les artisans désirent généralement un degré élevé d’autonomie pour exercer leur métier et accordent le moins d’importance à la camaraderie que tous les archétypes. Bien que beaucoup trouvent un but supérieur dans le travail, il s’agit davantage de passion que d’altruisme.

Au mieux de leur forme, ils sont capables de résoudre même les défis les plus complexes. Au pire, ils peuvent être distants et perdre de vue les grands objectifs.

Les explorateurs

Les explorateurs apprécient la liberté et les expériences. Ils ont tendance à vivre dans le présent et recherchent des carrières qui offrent un haut degré de variété et d’excitation. Les explorateurs accordent une importance supérieure à la moyenne à l’autonomie.

Ils sont également plus disposés que d’autres à échanger la sécurité contre la flexibilité. Ils ne dépendent généralement pas de leur emploi pour avoir un sentiment d’identité et explorent souvent plusieurs professions au cours de leur vie.

Ils ont tendance à adopter une approche pragmatique du développement professionnel, en n’obtenant que le niveau d’expertise nécessaire.

Au mieux, ils se lancent avec enthousiasme dans n’importe quelle tâche qui leur est demandée.

Au pire, ils ne savent pas où aller et manquent de conviction.

Les ambitieux

Les personnes ambitieuses ont un fort désir de faire quelque chose de leur vie. Elles sont motivées par la réussite professionnelle, et apprécient le statut et la rémunération. Ce sont des planificateurs d’avenir qui peuvent avoir relativement une aversion au risque, préférant opter pour des voies bien tracées vers le succès. Elles ont tendance à définir le succès en termes relatifs, et peuvent donc être plus compétitives et transactionnelles dans leurs relations que la plupart des autres archétypes.

Au mieux, elles sont disciplinées et transparentes. Au pire, leur compétitivité dégrade la confiance et la camaraderie au sein de l’organisation.

Les pionniers

Les pionniers veulent changer le monde. Ils ont une vision forte de la façon dont les choses devraient être et cherchent à obtenir le contrôle nécessaire pour réaliser cette vision. Ils sont les plus tolérants au risque et orientés vers l’avenir de tous les archétypes. Les pionniers s’identifient profondément à leur travail. Leur vision importe plus que tout, et ils sont prêts à faire de grands sacrifices personnels en conséquence.

Leurs relations professionnelles ont tendance à être plus transactionnelles par nature. Leur vision est souvent au moins partiellement altruiste, mais elle leur est propre. Au mieux, ils mobilisent leur énergie contagieuse pour apporter un changement durable.

Dans le pire des cas, ils sont intransigeantes et impérieux.

 

Aucun archétype n’est meilleur ou moins bon. La diversité est aussi importante. Mais certaines entreprises favorisent plutôt un profil qu’un autre.

On pourrait penser, néanmoins, qu’une entreprise qui aurait surtout des opérateurs dans son personnel pourrait manquer de dynamisme, ou qu’une entreprise remplie d’ambitieux et de pionniers devrait souffrir d’un perpétuel conflit entre les egos. Mais c’est la diversité de ces profils qui crée l’équilibre.

Cela influence aussi le système de préférences dans l’entreprise. Les opérateurs et les ambitieux accordent de l’importance à la sécurité de l’emploi. Pour les opérateurs et les donneurs, la camaraderie est un facteur important et ils attendent de bonnes relations de travail entre les collaborateurs. Les artisans, eux, accordent plutôt de l’importance à l’intérêt du travail.

Un point commun, c’est d’aimer le travail. L’enquête mentionne qu’en 2017 seulement 28 % des Américains disent qu’ils arrêteraient de travailler s’ils avaient assez d’argent pour le reste de leur vie (ils étaient 34 % en 1995).

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