Ce que John Galt dirait à Will Smith

Une leçon de liberté à partir de la gifle de Will Smith transmise dans le monde entier.

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Will Smith & Margot Robbie by Gage Skidmore (creative commons CC BY-SA 2.0)

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Ce que John Galt dirait à Will Smith

Publié le 3 avril 2022
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Par Dan Sanchez.

Je ne suis pas un fervent adepte de l’actualité des célébrités, mais une altercation lors de la cérémonie des Oscars a non seulement accaparé l’attention des médias et du public, mais elle est tout à fait pertinente pour les idées que promeut la FEE.

Je vous laisse chercher les détails si vous ne les connaissez pas encore, mais voici brièvement ce qui s’est passé : après que l’animateur Chris Rock a fait une blague sur l’actrice Jada Pinkett Smith, son mari Will Smith – l’acteur vedette – est monté sur scène et a giflé Rock en direct à la télévision. Il est ensuite revenu à sa place et a maudit l’animateur depuis son siège.

Plus tard dans la soirée, Will Smith a remporté l’Oscar du meilleur acteur. Il était en larmes lors de son discours, et s’est excusé, mais pas auprès de la personne qu’il a frappée.

En un sens, c’est une tempête dans un verre d’eau. Dans un monde où tous les gouvernements font la guerre à la liberté et, dans le cas du gouvernement russe, font même littéralement la guerre à une population civile, un artiste grassement rémunéré qui en frappe publiquement un autre dans un élan de colère peut être considéré comme une distraction. Mais étant donné que, à juste titre ou non, cet événement retient l’attention du public, nous pouvons tout aussi bien essayer d’en tirer des leçons, notamment pour les adolescents et les enfants.

Pour la plupart des gens, celui qui était en tort sur cette scène parait une évidence. Mais il peut être éclairant de réfléchir à la raison exacte de cette erreur.

Tout jeune ferait bien de resituer ce qui s’est passé hier soir en lisant le discours de Galt tiré du roman à succès Atlas Shrugged d’Ayn Rand.

Dans ce célèbre discours, John Galt proclame :

Tant que les hommes désirent vivre ensemble, aucun homme ne peut initier – vous m’entendez ? aucun homme ne peut commencer à utiliser la force physique contre les autres.

C’est ce qu’on appelle le principe de non-initiation de la force. Murray Rothbard a défini une agression comme étant l’initiation de la force, d’où l’axiome de non-agression. La partie déclenchement est essentielle, car elle établit que l’autodéfense par la force est légitime. La compréhension de ce principe est fondamentale pour comprendre la liberté et la justice.

Les gens posent naturellement une question importante lorsqu’ils jugent un conflit violent : Qui a commencé ? Mais une formulation plus précise serait : Qui a commencé la violence ? Qui a initialement porté atteinte à la personne ou à la propriété d’autrui ?

Will Smith a clairement estimé que la blague de Chris Rock était offensante et irrespectueuse. Il a peut-être considéré qu’elle portait atteinte à la réputation de sa famille (bien qu’elle puisse difficilement être plus dommageable que la façon dont il a réagi).

Mais comme Rothbard l’a écrit dans The Ethics of Liberty, personne n’a de droit de propriété sur sa réputation, parce que celle-ci « est purement fonction des attitudes subjectives et des croyances à son sujet contenues dans l’esprit des autres personnes. » Et une personne « ne peut avoir aucun droit de propriété sur les croyances et l’esprit des autres personnes ».

Ainsi, la blague de Rock, qu’elle ait été faite pour amuser ou qu’elle ait été inutilement cruelle, n’a violé les droits de personne, et Smith est celui qui a initié la force et était dans l’erreur.

Il peut sembler stupide d’intenter un procès pour avoir été giflé par une célébrité, mais il est utile de clarifier ces principes lorsque la situation se présente, car, aussi communs qu’ils puissent paraître, ils sont en permanence rejetés, et nous en souffrons tous. Par exemple, la façon dont certains utilisent fréquemment le terme « micro-agression » menace les droits d’expression en brouillant la frontière entre un comportement non violent et la force initiale. Et la majeure partie de la politique publique d’aujourd’hui utilise la force du gouvernement pour contrer un comportement non violent que certaines personnes trouvent répréhensibles.

La liberté est constamment menacée, car la majorité ne voit pas clairement la ligne qui sépare la force juste de la force injuste. Pour sauver la liberté, nous devons éduquer le public, et les jeunes en particulier, sur les idées de la liberté, notamment la non-initiation de la force.

 

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  • La provocation verbale est souvent bien plus violente que la violence physique conventionnelle. Chacun peut mettre la limite là où il veut, et moi je réclame la liberté de pouvoir considérer certaines provocations verbales comme des violences plus inacceptables encore que certaines violences physiques.

    • J’ajoute que ça me met profondément mal à l’aise de voir Ayn Rand appelée à la rescousse pour défendre les donneurs de leçons et les malotrus du moment qu’ils n’utiliseraient pas la violence physique. Elle vaut mieux que ça.

    • « je réclame la liberté de pouvoir considérer certaines provocations verbales comme des violences plus inacceptables encore que certaines violences physiques. »
      Les islamistes et autres extrémistes de tout poils réclament la même chose que vous.

      • Et alors ? Les islamistes et autres extrémistes de tout poil ont aussi deux bras et deux jambes comme vous (du moins, je vous le souhaite). Pour détailler, je précise que le dommage causé à ma personne par certaines provocations verbales est bien supérieur à celui causé par une gifle, et que je ne vois pas pourquoi je n’en tirerais pas mes conclusions sur l’acceptabilité des unes et des autres.

  • Certes. Mais voici aussi ce que Alain, le philosophe, nous disait :
    « Quand j’étais enfant, j’appar­tenais à l’espèce des poids lourds, difficiles à vaincre, difficiles à remuer, lents à s’émouvoir. Aussi il arrivait souvent que quelque poids léger, maigre de tristesse et d’ennui, s’amusait à me tirer les cheveux, à me pincer, et avec cela se moquant, jusqu’à un coup de poing sans mesure qu’il recevait et qui terminait tout. »

    • Quelle chance pour Will Smith que Chris Rock ne soit pas « the Rock »… Il serait encore à l’hosto et à juste titre.

  • Il ne faut rien exagérer non plus. Chris Rock s’est juste pris une baffe, pas un coup de canif dans la carotide ou une bombe dans le c…
    Personnellement, si un malotru profitait d’une tribune publique pour railler mon épouse sur une maladie ou un handicap, j’aurais du mal à ne pas imiter Will Smith.
    La liberté d’expression est une arme. Et comme toutes les armes, utilisée par des irresponsables, elle peut être dangereuse. On ne se moque pas de ce dont autrui n’est pas responsable (ici la maladie). Ce n’est pas une question de liberté d’expression, c’est une question d’éducation. Je me suis marré quand j’ai vu Chris Rock s’en prendre une, comme je me marre quand sa bombe pète à la g… du méchant. Après tout, Chris Rock s’en remettra plus vite que Jada Pinkett Smith de son alopécie.

    • Il ne faut pas exagérer, Chris Rock à juste « fait une blague » en dressant un parallèle entre la coupe de Jada Pinkett Smith et celle de Demi Moore dans GI Jane… Rien de bien méchant, sauf à savoir qu’elle soufre d’alopécie (je suis chauve, moi aussi, et j’en ai rien à foutre qu’on se moque de mon occiput dégarni, d’ailleurs si ça peut être « sensible » on ne parle pas ici d’une vraie maladie grave -genre cancer- ou d’un handicap réel, genre paralysie ou autisme) et une « baffe » reste une agression physique. A laquelle Chris Rock était fondé à répondre avec toute la violence nécessaire pour protéger son intégrité physique : maintenant tout un chacun sait qu’on peut le gifler pour une blague qu’on n’a pas goûté. D’ailleurs Will Smith a apprécié la blague, initialement on le voit rire à gorge déployée, visiblement Jada moins et c’est elle qui l’a poussé à agir après coup.

      In fine on découvre qu’un gars fasse une blague à propos de Jada Pinkett pose problème à Will Smith; mais pas que d’autres gars couchent avec elle (leur « mariage ouvert » est semble-t-il ouvert à sens unique).

  • Les réactions des commentateurs ici me rassurent, je commençais à penser que j’étais la seule à trouver scandaleux cet acharnement contre Will Smith mais aucune condamnation de la « blague » de cet « humoriste ».
    Comme le rappelle MichelO, la violence des mots peut être bien pire que celle des coups. Pourquoi la violence physique serait-elle plus condamnable que la violence verbale ? Imagine-t-on qu’une société où chacun se parle en s’insultant constamment est une société apaisée ?
    Personne parmi les biens-pendants qui condamnent le geste de Will Smith ne se pose la question du ressenti de son épouse. Les mêmes pourtant sont certainement les 1ers à réclamer l’arrêt d’un tournage de Blanche-Neige et les 7 nains suite à la plainte d’un des nains contre la « moquerie » envers des nains.

    • Vous avez seulement écouté la « blague », vue la scène ? Parce que sauf à considérer qu’être comparée à Demi Moore, quand on a la même coupe de cheveux est une insulte bien connue, il y a un petit problème. On nous a dit partout, après coup, que Jada Pinkett « souffrait d’alopécie », mais je l’ignorais totalement avant, et en la regardant (peut-être doit on remercier la maquilleuse ? ou le médecin) on ne voit pas la moindre zone sans cheveux.
      Bref, je vois une actrice avec la coupe GI Jane, rien n’indique qu’elle est malade ou quoi, je plaisante (je suis payé pour ça) « Ah, je t’aime beaucoup comme actrice, j’attends avec impatience GI Jane 2 ». En vrai j’aurais plutôt parlé d’Alien, c’est plus ma culture et la coupe de Sigourney Weaver était identique et là, si je suis Chris Rock et que Will Smith se point et me gifle théâtralement, j’esquive et je frappe. Mais pour de vrai, quoi. Le genre de coup qui l’envoie à l’hosto, et sans doute j’en remets deux ou trois autres pour bien faire comprendre que l’agression physique n’est jamais justifiée (et plutôt risquée). Et pour faire mieux, n’étant pas sensible aux pressions des groupes d’influence d’Hollywood, je poursuis Will Smith (et je gagne à tout coup dans n’importe quel tribunal, sauf peut-être devant un jury plein d’amateurs de Will ou de Jada).

  • Je ne cautionne pas le recours à la violence de Will Smith et encore moins le fait de céder à la provocation. Je n’ai pas regardé-reregardé la scène au ralenti, aussi ma question qui suit est peut-être complètement inopportune.
    Ce que je remarque c’est que Chris Rock ne semble pas particulièrement blessé par le geste et ne semble pas hésiter à ne pas répondre… encore une fois je me trompe peut-être. Aussi je me demande si, bien que physique, le geste de Will Smith n’aurait pas une grande dimension symbolique. On pourrait en dire de même par exemple avec le coup de tête de Zidane à Materazzi, même si c’est un peu différent car à la base ces deux personnes sont déjà mis dans un contexte d’action physique, dans un dispositif antagoniste, et multipliant les contacts corporels : le geste mérite un carton rouge, mais n’est pas particulièrement scandaleux ni dangereux.

    • Je lis Jimmy Kimmel à ce sujet : « Personne n’a rien fait. Personne n’a levé le petit doigt. Spider-Man était là. Aquaman était là. Catwoman, tous assis sur leurs mains. Personne n’a aidé Chris Rock » J’ajouterais que Chris Rock lui-même ne s’est pas « aidé » : il ne s’est même pas particulièrement protégé. Je pense que c’est simple : le geste avait une telle signification qu’absolument tout le monde l’a comprise.

  • J’espère que les commentateurs qui soutiennent Will Smith dans son agression physique justifiée par les paroles de l’agressé soutiennent également Vladimir Poutine dans son agression physique de l’Ukraine justifiée par les actes cette fois de l’agressé (contre les populations russophones du Donbass) puisque même les insultes contre la Russie et lui même l’avaient laissé de marbre. C’est la même chose à échelle géopolitique au lieu d’individuelle.
    Sinon… L’initiation de la violence physique EST le point de culpabilité. « Sticks and stones may break my bones but words will never do me harm » ou seulement si je les laisse me faire du mal… en soi ce ne sont que des vibrations de l’air ou des symboles sur un papier.

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