Ces abominables et méchantes entreprises qui osent rester en Russie

C’est insupportable : des entreprises entendent rester neutres et continuer leurs affaires avec les Russes. Vite, punissons-les !

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Ces abominables et méchantes entreprises qui osent rester en Russie

Publié le 1 avril 2022
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Alors que les sanctions contre la Russie sont pourtant claires, on apprend, effaré, que des entreprises continuent pourtant d’entretenir des relations commerciales avec le peuple russe. L’effroi est palpable dans certaines rédactions et chez certains commentateurs officiels, et cet effroi se mue rapidement en colère à mesure qu’apparaissent de nouveaux cas de sociétés qui refusent de plier bagage de Russie. Cette colère s’exprime à présent jusque dans les succursales, bien françaises, de ces entreprises aussi installées là-bas.

C’est ainsi qu’on apprend par exemple que des salariés de magasins Auchan, Leroy-Merlin ou d’autres sont insultés ou menacés par des clients qui leur reprochent, vertement, d’oser poursuivre leurs activités en Russie malgré le conflit actuel avec l’Ukraine.

La presse s’est en effet largement fait l’écho de la présence de grandes chaînes françaises sur le territoire russe, et n’a pas caché la décision – difficile au dire des dirigeants – de rester sur place : outre le coût économique énorme d’un retrait de certaines chaînes, le coût humain sur place est très violent et on peine à voir l’intérêt à moyen ou long terme des uns et des autres à un retrait brutal.

Il en va de même pour des entreprises comme Renault qui, face à la pression pas trop subtile des activistes habituels de la moraline de court terme, a finalement décidé de partir de Russie : le gain en termes d’image sera probablement nul, la perte de parts de marchés, de possibilités d’extensions futures et de marchés dans cette partie du monde sera profonde ; la concurrence appréciera sans doute un tel cadeau.

Le bilan est en réalité désastreux : on reprochera toujours aux entreprises d’en avoir fait trop peu, trop tard, et les coûts induits par les décisions prises seront énormes et aux conséquences durables. Il n’est même pas interdit d’imaginer qu’une bonne campagne de pression permette ainsi à certains concurrents (pourquoi pas russes ?) de se débarrasser ainsi d’un étranger jusque là efficace sur son sol. Malin.

A contrario, les entreprises qui font le dos rond, s’abstiennent de prendre la moindre position politique et continuent de faire honnêtement leur commerce de façon légale auprès des consommateurs qui le désirent finiront toujours par bénéficier de leurs efforts de long terme, y compris de leur constance à contre-courant dans la tempête. D’une part, les gens (et notamment les militants de la moraline en bandoulière) oublieront ce qui n’est qu’une péripétie montée en épingle par des activistes et d’autre part, on accordera toujours davantage de crédit aux sociétés qui s’installent sur la durée et ne cèdent pas au moindre chantage, quelles qu’en soient les motivations, qui même lorsqu’elles sont bonnes, permettent de paver l’enfer.

En attendant, les petits censeurs, les distributeurs de mauvais points et de barils de moraline s’en donnent à cœur joie : établissant des listes (tout rapport avec d’autres listes, dans d’autres temps, n’a absolument rien de fortuit puisque ce sont les mêmes mécanismes détestables), ils tentent maintenant de bien montrer du doigt les déviants, ceux qui osent encore rester neutres. Il va sans dire que le succès de ces listes ne serait pas possible sans la gourmandise calculée de la presse actuelle qui trouvera toujours une excellente occasion de définir ce que chacun doit penser et à quel moment.

En réalité on assiste à l’utilisation d’une méthode simple (mais redoutablement efficace) d’intimidation par la pression sociale et la culpabilisation.

La culpabilisation, évidente, consistera à reprocher aux Français de se vautrer dans des actions (ici, commercer avec des Russes) qu’on estimera, du haut de sa tour d’ivoire morale inatteignable, parfaitement illégitimes voire teintées de motivations contraires à ce qui est Bel & Bon. Dans le même temps, on passera l’éponge de l’hypocrise sur les mêmes actions entreprises par d’autres : on n’aura pas de mots assez durs pour condamner ces Européens, Français en tête, qui osent continuer à acheter du gaz à la Russie, mais on ne dira rien de ces kilomètres cubes du même gaz achetés ou acheminés par l’Ukraine au même moment.

La pression sociale sera employée dans des actions de pure nuisance à l’image de marque ; l’appel au boycott, qui pourrait s’entendre, ne suffit pas : il faut absolument que soit châtiée l’entreprise vaguement suspecte d’affreuses connivence ou, bien pire et plus souvent encore, d’une neutralité trop claire. On s’arrangera donc pour salir l’image, la renommée, par juxtaposition de sophismes intellectuellement honteux (du style « vous commercez avec les Russes, donc vous soutenez le régime de Poutine, donc l’invasion de l’Ukraine ») mais exercés avec d’autant plus de décontraction qu’ils sont le fait du Camp du Bien autoproclamé.

Dans un tourbillon de mauvaise foi, on emploie ici un collectivisme évident mais qui n’a jamais cessé de fonctionner : les Russes sont tous traités collectivement et tous considérés comme un peuple unique et intégralement solidaire avec leur chef ; il ne peut transpirer le moindre doute que chaque citoyen de Russie est, forcément d’accord avec les décisions prises par Poutine et les modes d’actions qu’il a choisis, et qu’en conséquence, tous doivent en souffrir également.

Le collectivisme va plus loin puisqu’il s’applique aussi aux entreprises françaises dans ce contexte : toutes doivent avoir un avis (la neutralité n’a pas droit de cité), toutes doivent être opposées, toutes doivent se retirer de Russie séance tenante. Peu importe que ces actions uniformes et fermées à tout débat auront, très clairement, des effets néfastes non seulement pour les Russes mais aussi pour les Français.

Il s’agit, encore une fois, d’en appeler à l’émotion qui impose de faire quelque chose d’aussi brutal que possible, même si c’est négatif pour soi-même et contre-productif pour la situation globale. Et le pire dans cette situation est qu’en acceptant ainsi de politiser les entreprises, en les forçant à prendre des positions, même contre leurs intérêts, on ne rend pas le monde plus juste, plus moral et meilleur, on ne fait qu’y ajouter reproches, haine et ségrégation.


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Voir les commentaires (26)

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  • Culpabilisation et pression sociale ?
    Je vous trouve très modéré dans le choix de vos propos !
    On a censuré les médias russes, et tout ce qui est vaguement à connotation russe est montré du doigt et doit disparaître. Les artistes ou sportifs russes doivent dénoncer publiquement les agissements de Poutine s’ils veulent garder leur travail. La propagande d’état fonctionne à plein régime pour nous répéter à chaque minute que Poutine est vilain. Bref.
    J’aurais plutôt parlé de McCarthysme, d’inquisition, ou de chasse aux sorcières…
    Et au pays de la délation, des bagarres pour les nouvelles baskets Lidl, des caddies remplies de PQ au premier signe de confinement, une telle philosophie risque de donner des situations explosives. On le voit déjà avec ces bulots décérébrés qui insultent les employés de Leroy-Merlin n’ayant pas les moyens de boycotter leur salaire, alors qu’ils sont eux-mêmes incapables de boycotter les rayons.

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    • merci pour vote commentaire et pour cet article de H16.
      Des femmes russes qui déambulaient dans les rues de Cannes se sont faites insultées car le « tr du c.l » a entendu une discussion en russe.
      et tous ces personnes n’ont pas été outré quand le grand timonier ukrainien voulait lancer la 3e guerre mondiale.
      oulala ça rappelle une autre époque où le bon patriote antisémite se montrait très prolixe avec l’administration française d’une efficacité redoutable, enfin pour le reste…………….

  • Histoire française… Histoire belge, un zoo veut renvoyer ses tigres de Sibérie, pas de russes chez eux même à poils…… Quelle drôle d’époque !

  • En toute justice, si l’on souhaite boycotter les entreprises des états voyous qui ont provoqué des guerres et tué des gens, ça va être très compliqué….

    En comptabilisant les opérations directes, indirectes et l’effet des diverses manipulations (dont la crise ukrainienne est issue….), les USA sont incontestablement et de très loin le plus grand pourfendeur mondial actuellement…
    Donc Finis les Mcdo, apple microsoft, google …
    La France n’est peut être pas en reste (action en Lybie…)

    • C’est très vrai, le boycott si on pousse la logique jusqu’au bout mène à des absurdités.
      Mais n’oublions pas que certains rêvent qu’on se boycotte tous les uns les autres même en temps de paix : vive le protectionnisme, les échanges internationaux et la mondialisation sont le mal, la cause du chômage de masse et le moteur de l’immigration etc…
      J’aimerai bien aussi qu’on m’explique la différence entre ne pas vouloir faire un échange avec quelqu’un ( légitime ) et le boycotter ( ce qui fait débat )
      Boycotter, est-ce quand l’Etat ou un groupe de pression m’oblige à ne pas échanger avec sui j’en ai envie ?
      Y’a pas de débat alors, c’est une agression.

  • Tout est dit. Merci H16 !

  • Nous avons donc droit à un padamalgame à géométrie variable, comme d’hab et bien sûr dénoncé par aucun média grand public. Le chef d’orchestre est Russe ? Même s’il a dénoncé la guerre, hop viré. Vous êtes un « simple » Russe (pas un oligarque) vivant en France ? Hop comptes bloqués. On n’en a pas fait le quart de la moitié avec les musulmans, lorsque leurs terroristes ont tué des Français en France, au contraire même, il était de bon ton de ne surtout pas, même vaguement, parler d’eux. Et là, tout ce qui a trait de prêt ou de loin aux Russes est vilipendé. Yvan Rioufol s’est fait insulter à cause de son prénom alors qu’il n’est absolument pas russe…..
    Ce pays est de plus en plus difficilement supportable.

    15
  • L’hystérie anti russe est venue des USA et est bien antérieure à la guerre en Ukraine et aussi antérieure à la récupération de la Crimée. Cette hystérie est la cause de la guerre et non l’inverse.
    Maintenant la question est : pourquoi ? je ne donnerai pas ma réponse.

    • @Marcel
      Bonjour,
      Les USA étaient généralement contre le communisme et contre les soviets en particulier pour le territoire russe.
      La guerre est du fait de Poutine : c’est lui qui a ordonné à son armée de traverser la frontière. C’est un acte de guerre des plus limpides.

      -3
      • Dans le cas du kosovo, l’otan a bombardé la Serbie sans mandat de l’onu et obligé les serbes de se séparer d’une région car ils maltraitaient les habitants.

        Dans le cas du dombass, poutine bombarde l’Ukraine sans mandant de l’onu et va obliger les ukrainiens à se séparer d’une région car ils maltraitaient les habitants.

        Il me semble que les gens de loi appellent cela une jurisprudence…

        • La France a fait pareil en Lybie, non ? C’était nul et stupide. Et donc le droit des États de faire la guerre a de nouveau cours ?
          A ce que je sache l’OTAN n’est pas l’armée de l’ONU. Un veto de la Russie a été prononcé à l’ONU montrant l’inutilité du bidulotron.

  • Avatar
    jacques lemiere
    2 avril 2022 at 8 h 31 min

    bah…c’est le principe de « pays »..

    la france sanctionne la russie…

    ce qui m’ennuioe est la disproportion entre le soutien à l’Ukraine, mis en regard d’actes de guerre et de morts..
    cette idée de guerre sans mettre sa vie en danger…

    il faut mettre un coin entre poutine et l’opinion russe! parler aux russes..

    au lieu de ça on tombe dans le piège de poutine.. qui plait aussi à l’otan et à l’UE..et en général à
    tout politiciens en mal d’ennemis contre lesquels nous protéger..
    on rigole sur youtube quand on voit un char russe ou un hélicoptère se faire abattre en oubliant que les russes sont parfois des conscrits qui ne savent pas ce qu’ils foutent là..

    non il y a les innocents et les autres…

    tout e proportion gardées en effet MALI…et en général « france afrique », vente d’armes à des régimes assez peu sympâtoches..

    • @Jacques lemiere
      Bonjour,
      Les conscrits qui ne savent pas ce qu’ils font là sont des envahisseurs au sens strict du terme. C’est le même registre de défense que « Je n’ai fait qu’obéir aux ordres. » Ces mêmes conscrits tirent des missiles, conduisent des chars, portent des armes, pilotent des appareils pour détruire des bâtiments, raser une ville, et tuer des Ukrainiens en uniforme ou non. Les Ukrainiens doivent-ils vraiment se demander si les envahisseurs armés qui sont en face sont des braves gars dans la vie ?

      Pour le Mali, je crois me souvenir que ce pays avait demandé l’aide de la France. Changement de gouvernement depuis et la France est remerciée. L’Armée française devrait déjà être partie sans rien laisser d’utilisable par les ennemis.

      -1
      • Pareil du coup pour les conscrits Russes qui, obligés par leurs supérieurs d’aller dans une zone dangereuse qui voient des types avec des anti chars en face d’eux : doivent ils s’arrêter et dire « je ne veux pas me battre ! » ? Je pense qu’ils se recevront une balle direct dans la tête.
        Arrêtez votre naiveté. Même pendant la 2nde guerre mondiale pas mal de soldats allemands ne voulaient pas se battre au final, mais quand vous avez une arme sur la tempe, vous devez faire un choix…

        • @manicao
          Bonsoir
          Tiens ? Je suis naïf ?
          Les soldats italiens ne voulaient pas attaquer la France non plus en 1940. Eux aussi avaient la menace d’être abattus.

          Les soldats russes prendraient une balle de la part de qui ?
          Quant au choix, il reste la desertion, la mutinerie. Les chefs de guerre n’aiment pas, certes.

          La « zone dangereuse » existe à cause de leur présence dans des véhicules et des uniformes d’une armée étrangère devenue ennemie.

          -1
  • Il faudra qu’on m’explique en quoi le fait d’empêcher les habitants de Russie d’acheter des planches et des pots de peinture chez Leroy Merlin va améliorer le sort des Ukrainiens qui se prennent des bombes sur la tête au même moment. Je dois être un peu c.. de ne pas avoir compris tout seul.

    • Ca ne va pas améliorer le sort de ceux qui sont sous les bombes, mais la popularité nationale et internationale de leurs dirigeants. Lesquels passent d’ailleurs leur temps à exiger de nous ces sanctions, on pourrait bien se demander pourquoi aussi…

      • En gros on espère qu’en fermant les Auchan et Leroy Merlin, la population Russe se révoltera contre Poutine. Je comprends le raisonnement, mais je ne suis pas sûr que ce soit très efficace. Je me demande même si ça ne peut pas provoquer le contraire, c’est-à-dire souder les citoyens avec leur gouvernement, contre les méchants étrangers qui nous veulent du mal.

        • Moi, je suis très sûr que ça n’est pas efficace, sans compter que c’est en quelque sorte prendre les Russes pour des imbéciles, et les juger incapables de se faire une opinion de leurs dirigeants sans l’aide éclairée et bienveillante de ceux qui se déclarent par ailleurs leurs ennemis.

        • Parfaitement, Au début de l’intervention le soutien à poutine était de l’ordre de 63%, maintenant que les russes ont compris que ça em***de l’occident ce soutien est monté à 83%.

          On peut pas dire que c’est pas efficace…

  • On peut toujours radoter, le grand leader est mort, c’est fini, il ne reviendra plus dans le monde civilisé. Le reste, c’est de l’acharnement thérapeutique. Is’nt h16 ?

    • Le monde civilisé, en Chine, c’est là où on parle mandarin, et le grand leader, c’était Mao. Mais j’imagine que vous sous-entendez autre chose, avec toute la retenue et l’ambiguïté qui s’imposent en ces temps de liberté d’expression…

  • Ce pauvre humaniste, Henry Ford, est également une victime trop souvent oubliée des soubresauts de dictateurs va t’en guerre.
    Tchétchènie. Georgie. Crimée. Donbas. Ukraine. Le Donbas aurait pu et potentiellement sera le Sudetenland des accords de Munich. Si je peux complètement rejoindre l’auteur sur l’aspect malsain, et surtout hypocrisie venant de dirigeants européens veuls et corrompus très largement responsables de notre faiblesse énergétique, le choix de ne plus acheter un produit est une liberté fondamentale issue d’une économie de marché. Alors oui, le petit détail dans le cas du groupe Muliez, c’est le mémo interne qui décrit courant mars les formidables opportunités pour étoffer la gamme de livraison. Visionnaire, comme Henry. Pour ma part je n’y dépenserai pas un centime, ça me regarde. Tout comme j’ai cessé de contribuer à Contrepoints, et ça me regarde aussi, bien d’accord

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