Sarkozy inspire politiquement autant Macron que Pécresse

Une fois dépouillée de ses oripeaux sarkozystes par Emmanuel Macron, il ne reste plus grand-chose en propre à la droite de Valérie Pécresse.

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Sarkozy inspire politiquement autant Macron que Pécresse

Publié le 30 mars 2022
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C’est la dernière ligne droite avant l’élection présidentielle, et Valérie Pécresse continue de stagner dans les sondages.

Parmi les raisons qui affaiblissent sa candidature, certains accusent le silence embarrassant de celui qui reste le mentor des principaux cadres du parti, Nicolas Sarkozy. Pour toute une génération de militants comme de cadres gaullistes, l’ancien président de la République a su à la fois conquérir le pouvoir et porter la modernisation d’une plateforme politique alors largement enkystée dans l’immobilisme chiraquien.

Sarkozy, l’homme providentiel

Pour ceux qu’il inspire, Nicolas Sarkozy incarne toujours l’homme providentiel, le modèle d’énergie pro-business qui fait aujourd’hui défaut à droite. Tous les candidats à la présidence du parti, puis à celle de l’élection présidentielle, se sont disputés son héritage politique réel ou supposé ou ont tenté de l’imiter, sans réussir à l’égaler.

Après sa défaite en 2012, et son retour à la tête de l’UMP en 2014, il s’éloigne finalement de la politique après un autre camouflet, sa défaite à la primaire de la droite et du centre de 2016. Plombé par les différentes affaires qui le condamnent à rester à la marge du débat public, son ombre continue de planer sur la droite et le centre, dont les cadres se rappellent avec nostalgie les heures de gloire d’avant Macron.

Seulement Nicolas Sarkozy n’a jamais caché sa sympathie pour Emmanuel Macron qui par bien des côtés en est son héritier politique direct. L’hyperprésident médiatique d’hier ressemble à celui d’aujourd’hui dans sa prétention à moderniser la France, allant même jusqu’à emprunter les mêmes méthodes de gouvernement. Après tout, c’est Sarkozy qui dès 2005 a recours aux cabinets d’audit pour lancer sa « révision générale des politiques publiques » (RGPP).

Contrairement à une légende tenace entretenue par l’essayiste Patrick Buisson, qui fut son conseiller, ce n’est pas tant son droitisme qui l’a porté au pouvoir que sa capacité à dépasser les clivages droite/gauche le temps de la campagne lors de la campagne de 2007, dépassement qui se traduira au moment de son élection par un gouvernement d’ouverture. On retrouve ici le même élan centriste que chez Macron, appuyé sur une technocratie inspirée par le monde du business. S’ajoute à ces éléments un style vertical du pouvoir similaire, qui reprend l’esprit gaulliste et illibéral des institutions de la Ve.

Comme Nicolas Sarkozy, le discours modernisateur de Macron est confondu avec le libéralisme, qu’il n’a pourtant défendu qu’à titre cosmétique. Bon nombre de libéraux, pragmatiques, se sont engagés auprès des deux hyperprésidents, et se sont trouvés à faire des compromis plus ou moins convaincants pour justifier les politiques sécuritaires, liberticides et protectionnistes des deux mandats. Admettons toutefois que la comparaison se fait tout de même à la marge au bénéfice de l’ancien président : on ne peut passer sous silence la création en 2008 du statut d’auto-entrepreneur grâce à Hervé Novelli.

La droite est nue

Une fois dépouillé de ses oripeaux sarkozystes par un Emmanuel Macron qui pioche autant à droite qu’à gauche pour conquérir et conserver le pouvoir, il ne reste plus grand-chose en propre à la droite de Valérie Pécresse.

Non seulement son programme ne se différencie pas essentiellement de son concurrent, mais certains autour d’elle, à l’instar de Guillaume Larrivé, envisagent déjà une union LR-LREM au second tour. Selon Le Point, Nicolas Sarkozy lui-même aide Emmanuel Macron à trouver des députés LR à rallier.

Ce problème d’identité de la droite, qui ne peut se penser en dehors de l’homme providentiel ou sans lorgner sur les programmes socialisant de ses concurrents à gauche comme à l’extrême droite, aurait pu trouver une solution au début de la campagne, en adoptant clairement un positionnement libéral, en rupture radicale avec l’offre politique dominante. Malheureusement, rien n’a été fait pour renverser la vapeur et les électeurs du centre-droit continuent leur migration vers le centre autoritaire.

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Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Madelin a essayé avec un programme liberal et il a fait 5 %. Si aucun cacique de LR tente ce type de discours c est pas par manque de convictions (ils en ont pas, ils vont juste a la gamelle comme Woeth) c est qu ils savent que ce type de discours les condamnent a etre ultra minoritaire (Pecresse meme en perdition fait encore 10 % soit le double de Madelin)

    Il faut jsute esperer que la fin du PS (Hidalgo a 2 % et la fin prochaine des LR) ouvrent la voie a d autres parti (LREM n est pas un vrai parti, il ne vit que par et pour Macron)

  • Les commentaires sont fermés.

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