Présidentielle 2022 ou la bataille pour la deuxième place

Les événements actuels, surtout l’Ukraine, sont connus pour donner une belle prime au candidat sortant, autrement dit Emmanuel Macron pour le second tour.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 2
Screenshot_2021-05-1- REPLAY - Débat de l'entre-deux-tours : Marine Le Pen / Emmanuel Macron

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Présidentielle 2022 ou la bataille pour la deuxième place

Publié le 9 mars 2022
- A +

Existe-t-il encore le moindre suspense concernant l’issue de l’élection présidentielle de 2022 ?

L’avenir est toujours incertain, bien sûr. Il arrive même que certains événements parfaitement impensables quelques jours auparavant fassent soudain irruption dans le fleuve pas si tranquille de l’actualité politique et en bouleversent profondément le cours. Après la pandémie de Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous sommes bien placés pour le savoir. Mais précisément, de tels événements, surtout l’Ukraine, sont connus pour donner une belle prime au candidat sortant, autrement dit Emmanuel Macron.

Qui face à Macron ?

Ce dernier le sait fort bien, qui agit depuis de nombreuses semaines comme si sa candidature puis sa réélection étaient des évidences qu’il n’est nul besoin d’annoncer ni de préparer. Une simple lettre adressée aux Français à seulement cinq semaines du premier tour aura suffi à matérialiser sa décision de se représenter. Mais n’y cherchez ni bilan du quinquennat passé ni projet d’avenir détaillé au-delà des poncifs habituels sur l’extraordinaire croissance retrouvée après l’épisode covid et le souhait de construire la France forte du futur, car le Président est entièrement occupé à faire revenir la paix en Europe.

Non pas que je lui reproche de s’impliquer au maximum dans le dossier ukrainien ; c’est typiquement le domaine réservé du Président de la République. Mais force est de constater que la campagne électorale 2022 se déroule en l’absence d’un candidat essentiel qui laisse les autres comme orphelins de leur principal concurrent et ne leur permet pas d’exprimer pleinement leur différence et/ou leur supplément d’offre par rapport au quinquennat écoulé. Et ce d’autant plus que la guerre en Ukraine tend mécaniquement à resserrer les rangs autour du chef de l’État.

Il me semble donc que le second tour du 24 avril ne nous réservera guère de surprise. Quel que soit son opposant, Emmanuel Macron est bien parti pour être réélu. En revanche, la surprise pourrait résider dans le nom de son concurrent. Qui de Jean-Luc Mélenchon (LFI), Valérie Pécresse (LR), Marine Le Pen (RN) ou Éric Zemmour (Reconquête!) arrivera en deuxième position au soir du premier tour le 10 avril prochain ?

En réalité, le mot surprise est trop faible, car selon le lauréat qui émergera, c’est à une véritable recomposition du paysage politique français que l’on assistera. D’où la véritable bataille existentielle qui se joue actuellement entre ces quatre candidats, beaucoup plus qu’entre chacun d’eux et Emmanuel Macron, même si se donner le rôle de l’opposant de tête fait partie de la stratégie pour l’accès à la seconde place.

Les sondages actuels

D’après les derniers sondages disponibles, deux configurations se font jour actuellement :

1 · Sondage IFOP-Fiducial du 3 mars 2022 (graphe ci-dessous à gauche) : Emmanuel Macron arrive nettement en tête avec 28 % des voix, suivi de loin par Marine Le Pen (17 %) qui elle-même distance le trio Pécresse (14 %), Zemmour (12 %) et Mélenchon (11,5 %).

2 · Sondage IPSOS -Sopra Steria des 2 et 3 mars 2022 (ci-dessous à droite) : Emmanuel Macron fait un véritable bond régalien à 30,5 %, laissant derrière lui le groupe formé par Marine Le Pen avec 14,5 % des voix, Éric Zemmour avec 13 %, Jean-Luc Mélenchon avec 12 % et Valérie Pécresse avec 11,5 %.

   
Sondage IFOP – 3 mars 2022                            Sondage IPSOS – 2 et 3 mars 2022

Si la configuration n° 1 se confirme jusqu’au 10 avril, le second tour sera un remake de 2017 : Emmanuel Macron affrontera Marine Le Pen et cette dernière échouera une fois de plus. Inutile de dire que dans ce cas, le plus probable, la droite LR représentée par Valérie Pécresse sera laminée et que la gauche sera renvoyée à ses déchirures.

S’agissant de l’extrême droite, il n’est pas impossible que la percée de Marine Le Pen au premier tour suivie de son échec au second serve finalement l’agenda d’Éric Zemmour dans la perspective de 2027. Ce dernier, quoiqu’échouant à rassembler les droites dès 2022, pourrait néanmoins apparaître comme le plus susceptible d’y parvenir dorénavant, aidé en cela par l’éclatement des Républicains et une forme d’usure de la candidature Le Pen.

Il se pourrait aussi, à l’inverse, que l’accession de Marine Le Pen au second tour lui conserve son rôle dominant à l’extrême droite de l’échiquier politique et renvoie la candidature Zemmour à une aventure ratée sans lendemain. La personnalité et la pugnacité de l’un et de l’autre joueront beaucoup dans la suite des événements.

On peut cependant parier que Pécresse, Zemmour et Mélenchon préféreraient de beaucoup voir la configuration n° 2 s’imposer d’ici le premier tour. Les écarts entre les quatre challengers d’Emmanuel Macron y apparaissent peu ou prou dans les marges d’erreur et chacun peut espérer que ses chances d’arriver au second tour restent intactes. Aucun ne serait en mesure de battre le Président sortant, mais l’avenir de leurs familles politiques respectives serait tout différent.

Une percée de Jean-Luc Mélenchon signifierait une sorte de renaissance pour les idées de gauche et ne manquerait pas d’influencer encore un peu plus Emmanuel Macron sur la pente du « quoi qu’il en coûte ». Une percée d’Éric Zemmour donnerait à coup sûr à ce dernier la haute main sur la recomposition de la droite et l’extrême droite. Enfin, une percée de Valérie Pécresse permettrait aux Républicains d’élargir leur audience et de se poser en premiers opposants à Emmanuel Macron, d’autant qu’ils disposent déjà d’un nombre non négligeable de parlementaires.

Mais quoi qu’il en soit, je vous invite à vous rappeler que la loi de vigilance sanitaire adoptée cet automne prolonge le régime de sortie de crise sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022. D’ici là, le gouvernement peut suspendre ou réinstaurer le pass vaccinal à sa guise, de même qu’il peut décider de déclarer à nouveau l’état d’urgence sanitaire.

Avis à l’heureux élu du 24 avril : les mesures d’exception sanitaires doivent tomber définitivement en juillet prochain.

Sur le web

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Dans ce contexte, d’événements mondiaux majeures à répétition (la Présidence est déconnectée des partis (1)) et de désintégration des grands partis traditionnels (en raison de (1) et chasser le naturel il revient au galop), il est de plus en plus dommageable que les législatives suivent la présidentielle. Et une telle Présidence a besoin d’une administration forte donc envahissante pour diriger.
    Il y a peut être quelque chose à revoir là non ?

  • J’imagine mal un retour du pass vaccinal jusque après la présidentielle, même si une énième vague survenait en avril. Car il y a les élections législatives derrière, les mécontents pourraient vouloir sanctionner le parti de l’élu(e?).

    • ca depend ce que vous visez comme electorat. Si vous visez les + de 50 ans (voire + 60 ans) retablir le pass peut etre porteur, surtout si peu de jeunes votent pour vous (aka c ets le cas de Pecresse et dans une moinde mesure Macron)

      et de toute facon, rien de vous empeche de le faire APRES les legislatives

      • Après les législatives, ce sera l’été. Le corinavirus fait du rase-motte, les hôpitaux sont vides. Rien ne peut justifier de nouvelles contraintes fortes.
        On ne va pas nous faire 2 ans de suite le coup du tsunami estival.
        En revanche, à l’automne…

  • Se méfier des sondages qui sont surtout là pour décourager les gens d’aller voter en présentant la reconduction du petit marquis comme une fatalité. Ou pour faire passer à l’avance la pilule de la fraude. A ce sujet il serait bon que les libéraux s’impliquent comme assesseurs dans les bureaux de vote: au nom de l’état de droit, pas de la démocrature.
    Accessoirement je ne comprends pas comment se faire entraîner dans des guerres et des pénuries, sans parler des joyeusetés « sanitaires » futures, peut motiver les électeurs à reconduire leur parasite. Syndrome de Stockholm? La stupidité humaine est décidément sans bornes.

  • comment croire que jupiter soit à 30% d’ intentions de vote , alors qu’ il est vilipendé sur les réseaux sociaux ? perso, ça me dépasse , et j’ ai l’ impression qu’ on nous enfume grave ….

    • Les rézosocios ne sont pas une représentation fidèle du pays.
      Les critiques y sont plus nombreux. Peu se dérangent pour dire que tout va bien.
      Et il y a un biais classique à la fréquentation. Si vous êtes anti-Macron, vous irez plutôt sur les sites anti. Je connais peu de gauchistes abonnés à Valeurs actuelles. Et peu de droitards abonnés à Libé.

  • Macron sera peut être élu mais avec une beaucoup plus faible majorité qu’aujourd’hui à l’Assemblée Nationale. Il a échoué aux élections intermédiaires. Les français ne l aiment pas.
    Pour gouverner il va devoir s’allier à d’autres, très certainement les LR.

  • Se sont les sondages payés par Macron qui le place au second tour, on annonce qu’il a parlé pendant deux à Poutine alors que le président Russe fait la guerre, la vraie!! pensez vous qu’il a le temps et l’envie d’écouter Emanuel qui avait fait une montagne d’aide militaire au président Ukrainien

  • On se fout royalement du second, les jeux sont faits et rien n’ira mieux, on est foutu. Qui croit encore dans la démocratie à la française ?

  • Et s’il n’y avait pas de second tour? Et compte-tenu de la situation actuelle, je me demande avec grande perplexité s’il y aura même un premier tour, les communicants et les sondages semblant malheureusement décider de tout !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L'Élysée maintient la consigne déjà édictée par Emmanuel Macron il y a cinq ans, et héritée de Nicolas Sarkozy en 2007. Les ministres défaits lors du scrutin des 12 et 19 juin devront quitter le gouvernement, a confirmé le palais présidentiel ce dimanche. Élisabeth Borne, fraîchement nommée à Matignon, ne dérogera pas à la règle. La moitié du gouvernement est concernée.

Bien que la situation soit nettement différente de celle de 2017 - ils n'étaient que six concernés -, l'Élysée a décidé de maintenir la consigne déjà édictée par Emmanu... Poursuivre la lecture

Macron Macron lettre dette
1
Sauvegarder cet article

Lors de sa campagne de réélection, le président faisait la promesse d’une planification écologique de l’économie.

Selon La Tribune, le président candidat a expliqué lors d'un meeting à Marseille :

« Cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements. »

Il a remplacé son Premier ministre par une écologiste, ex-ministre de la Transition écologique !

Le président maintient le cap. Mais pourquoi pas ? Personne ne s’oppose.

Dans une tribune publ... Poursuivre la lecture

Un mois après sa réélection et à trois semaines des élections législatives, le président de la République (sur proposition du Premier ministre) a choisi son gouvernement. L’attente a été longue, ne serait-ce que par les spéculations sur le nom du successeur de Jean Castex. Sinon, on garde les mêmes et on continue. Deux surprises cependant : le maintien du garde des Sceaux et le nouveau titulaire de la rue de Grenelle.

https://twitter.com/Elysee/status/1527657628540755969

Il faut dire que, soutenu par une coalition hétéroclite qu... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles