Conflit en Ukraine : premier bilan

L’Ukraine ne deviendra pas membre de l’OTAN, l’Allemagne n’est plus un membre actif de l’OTAN dès lors qu’il s’agit de la Russie ; et l’impérialisme russe n’est qu’une distraction face aux véritables enjeux de notre temps.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 1
Screenshot 2021-06-30 at 12-53-45 Des tirs de semonce russes contre un destroyer britannique en mer Noire - YouTube

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Conflit en Ukraine : premier bilan

Publié le 18 février 2022
- A +

Il est bien sûr trop tôt pour tirer un bilan final de l’Affaire ukrainienne — peut-être verrons-nous des soldats russes, demain, à Kiev. Toutefois, des premiers enseignements se dégagent : l’Ukraine ne deviendra pas membre de l’OTAN, l’Allemagne n’est plus un membre actif de l’OTAN dès lors qu’il s’agit de la Russie ; enfin, pour vénéneux et brutal qu’il soit, l’impérialisme russe n’est qu’une distraction face aux véritables enjeux de notre temps.

L’histoire de l’Empire russe

L’impérialisme russe n’est pas une légende. Historiquement, la race russe naît à Kiev (en Ukraine, donc) et s’annexe en quelques siècles des infinités territoriales qui la portent jusqu’à la mer du Japon. Avec l’impérialisme occidental et l’impérialisme arabo-musulman, l’impérialisme russe est l’un des mieux couronné de succès dans l’histoire des hommes. Il n’est que de jeter un bref coup d’œil sur une carte de la planète pour s’en assurer. Comme l’occidental et comme l’arabo-musulman, l’impérialisme russe est émaillé d’horreurs et d’atrocités — évoquons le règne sanglant et névrotique d’Ivan-le-Terrible, qui conquit les immensités à l’est de la Sibérie.

Millénaire et brutal, l’impérialisme russe n’a jamais changé de nature, même durant la parenthèse communiste : c’était l’intuition géniale de Henry Kissinger, formidablement validée dans les faits.

Au sortir du communisme, la Russie est faible. Les restes de la capacité industrielle soviétique sont vendus à l’encan à ceux qui sont prêts à en ramasser les fourneaux et centres d’usinage, gazoducs crevés et cheminées vacillantes. Appliquant des rudiments de gestion capitaliste, des figures opportunistes que n’encombrent aucune restriction légale ni idéologique, relancent les machines en amassant des fortunes pharaoniques. Ce sont les oligarques qui se partagent avec avidité les dépouilles de l’horreur communiste. La Russie menace de se féodaliser, car le pouvoir central ne représente plus grand-chose. Vient Poutine, qui offre aux oligarques l’alternative entre se soumettre et des ‘ennuis’ borgiaques et carcéraux. Ceux qui ne se soumettent pas, partent. Se réaffirme le Pouvoir, au sens de Jouvenel. S’ébroue le Minotaure, qui renoue aussitôt avec son tropisme impérialiste millénaire.

Les voisins baltes de la Russie ne conservent pas un souvenir tout uniment ravi et rose de leur Russian neighbour. Quand chut l’URSS, les Baltes se dépêchèrent d’adhérer à l’OTAN, qui leur offre (article 5) l’incroyablement précieuse et rassurante garantie de l’armée des États-Unis. L’affaire du siècle des Baltes — pour les Européens, c’est moins sûr.

Dans la Weltanschauung russe, l’Ukraine, c’est Cuba. Rappelons la doctrine Monroe, en vertu de laquelle les États-Unis s’arrogent un droit de regard sur la politique étrangère et toute présence militaire étrangère sur la totalité du territoire des trois Amériques (nord, centrale et sud).

Quand les Américains échouèrent piteusement dans leur tentative d’envahir Cuba, en 1961, le régime cubain négocia un traité défensif avec l’URSS, qui vint déployer des dizaines de milliers d’hommes en terre castriste, ainsi que des ogives nucléaires. Ce que les Américains ne pouvaient accepter. Jamais, sans doute, l’humanité ne fut aussi proche d’une guerre thermonucléaire que lors de cette déplorable affaire cubaine. (Sachons gré aux dirigeants russe et américain de l’époque d’avoir su garder la tête et la guerre froides, car sans cela nous ne serions probablement pas nés.) Issue : les Soviétiques retirent leurs missiles. Le monde respire.

Ce qu’à juste titre les Américains ne pouvaient souffrir à Cuba, les Russes ne le peuvent souffrir en Ukraine. D’avoir envisagé l’adhésion de l’Ukraine était hybristique. L’Ukraine ne deviendra pas membre de l’OTAN. C’est la seule véritable revendication russe. Gardons-nous d’insulter l’avenir, la guerre reste possible, mais si les Russes se retirent des frontières de l’Ukraine, c’est qu’ils ont obtenu les garanties souhaitées. L’épisode ukrainien est un gâchis, vain et stérile. Une bêtise que n’aurait jamais commise Richard Nixon.

La soumission allemande dans le conflit en Ukraine

Cinquante pour cent du gaz consommé par l’Allemagne est issu de la Russie. Tout à la dérive idéologique de son Energiewende, l’Allemagne s’est agenouillée à la merci de l’Ours russe. L’Energiewende de madame Merkel consiste à détruire la capacité nucléaire allemande et miser massivement sur les énergies renouvelables (le vent et ce soleil si notoirement aveuglant en terres germaniques). Problème : ces énergies sont intermittentes.

Donc, il faut une autre source d’énergie en parallèle à ces hideux géants de béton et de métaux non renouvelables que sont les éoliennes. Cette source ne pouvant être nucléaire, il ne reste que les énergies fossiles : lignite, gaz. On a ici le cas intéressant d’un pays qui s’humilie à la face d’un adversaire stratégique par pure idéologie. Quand les historiens contempleront le début du XXIe siècle, Merkel la douce, la souriante, la consensuelle, Merkel l’antithèse en style de Donald Trump, se révélera plus extrémiste en substance que ne l’a jamais été le New-Yorkais orangé.

Cinq mille casques. Quand il s’est avéré que la Russie pourrait envahir l’Ukraine, l’Allemagne a royalement promis aux Ukrainiens cinq mille casques. Concrètement, quand il s’agit de la Russie, l’Allemagne a cessé de faire partie de l’OTAN. L’Allemagne s’est finlandisée. Elle est neutre. Inexistante. Résultat vertigineux de sa folle dérive idéologique anti-scientifique dans le domaine de l’énergie.

De nouvelles zones d’influences

Du strict point de vue de la capacité militaire, le monde actuel se partage en trois sphères : l’occidentale, la russe et la chinoise. Les Russes s’appuient sur une formidable tradition militaire, un savoir-faire sans égal, bien que leurs capacités matérielles strictes soient limitées. Les Chinois s’arment massivement, mais leur tradition et leur savoir-faire sont questionnables, à tout le moins en attente de confirmation.

L’Occident conserve à tous points de vue une longueur d’avance. Reconnaissons que cette avance doit tout aux Américains, peu aux Européens. Des pays tels l’Allemagne et la Belgique restent systématiquement en défaut de leurs engagements budgétaires (pourtant ridicules) vis-à-vis de l’OTAN. La France fait mieux et parle fort. L’Italie. Bref. Sept cents milliards de dollars : budget annuel de l’armée des États-Unis dans ses différentes composantes (désormais au nombre de six, avec l’ajout de la Force spatiale).

Si la Chine envahit Taïwan — 70 % des semi-conducteurs mondiaux — et que la Russie entre simultanément en Ukraine, l’Occident n’est pas capable de confronter ces deux empires.

Nous nous retrouvons très exactement dans la même situation que Nixon et Kissinger dans les années soixante : puissant est l’Occident, mais il ne l’est pas assez pour subir l’alliance sino-russe, qui donc doit être brisée. L’ennemi n°1 de l’Amérique nixonienne, la vraie menace, c’était les Russes, sous la forme de l’URSS. Nixon et Kissinger s’employèrent dès lors à composer avec la Chine qu’ils parvinrent en effet à détacher de l’URSS. Dans les années suivantes, l’Occident put se concentrer sur la confrontation avec l’URSS, jusqu’à sa chute en 1989.

Les données sont comparables de nos jours, à ceci près que notre premier adversaire est la Chine. On ne pressent pas que la Chine vise à dominer le monde : ses velléités hégémoniques sont revendiquées ; la Russie ne vise qu’à dominer ses marches. Composer avec la Russie pour confronter les prétentions hégémoniques chinoises ? Il faudra s’y résoudre. En réalité, nous n’avons pas le choix. Donc, cela adviendra. Inexorable mécanique — non déterminée, cela va de soi (Karl Popper).

Composer avec l’affreux régime russe ?! J’entends les cris d’orfraie de ceux qui pensent que diplomatie et morale sont deux aspects d’une même réalité. Si Nixon et Kissinger ont pu composer avec la Chine communiste de Mao, d’un strict point de vue quantitatif le régime le plus objectivement anthropophage de l’histoire — comme le rappelait récemment George Soros — nous pouvons composer avec un régime autocratique. Du reste le faisons-nous tous les jours.

Assurer la victoire de l’Occident dans la séquence actuelle est également une exigence morale.

N’était l’Occident, la liberté dans le monde s’éteint.

Voir les commentaires (12)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (12)
  • Composer avec Putin ??? quelle horreur ce dictateur……..Par contre avoir soutenu tous les dictateurs d’ Amérique du sud et actuellement composer avec les dictatures du moyen orient c’ est normal. Les USA sont batis sur un génocide perpétré par des européens protestants , à ce propos les indiens d’ Amérique latine n’ ont pas subi un tel massacre par les européens catholiques. J’ ai très lontemps été pro américain mais depuis la guerre d’ Irak et maintenant avec l’ arrivée depuis les USA du wokisme et de tous les sectarismes anti racistes et féministes je ne peux plus les voir.

  • Concernant l’Ukraine, il est amusant de constater que les troubles sont majoritairement liés à des « pro-Kiev » déguisés en soldats « pro-russes »…ce que ne rapportent pas les grands médias…le russe et l’ukrainien sont deux langues distinctes et il est relativement peu probable qu’une armée d’invasion russe ait pris le temps d’apprendre l’ukrainien…

    Il est également amusant de remarquer que l’administration Bidon – pardon Biden – si prompte à traiter Trump de « va-t-en-guerre » est précisément celle qui essaie à tout prix d’ouvrir de nouveaux conflits pour masquer ses échecs…là où l’administration précédente a beaucoup fait pour négocier des accords de paix un peu partout dans le monde…

    Concernant la puissance de l’occident, tant que nous dépendons de Taiwan pour les semi-conducteurs, toute guerre est perdue d’avance…et si d’aventure le PCC décidait d’envahir le pays du gouvernement chinois en exil, ce serait 90% de la capacité de production de semi-conducteur mondiale qui sauterait immédiatement et littéralement, puisque TSMC et quelques autres ont déjà fait savoir à de nombreuses reprises que ses usines étaient piégées…sans approvisionnement en semi-conducteurs, toutes les armées seraient vite confrontées à des problèmes de maintenance absolument ingérables…seules pourraient continuer les pays dont les armées sont soit dotée de matériel plus rustique (et en grand nombre pour l’armée russe), soit les armées disposant d’unités de production de semi-conducteurs locales (Chine, et bientôt USA, grâce aux dispositifs fiscaux mis en place par l’administration Trump et par certains états républicains, Texas en tête)…l’UE ? Quelle UE ? Ce gloubi-boulga dont les députés sont obligés de rendre compte aux américains ? Bah…

  • « Jamais, sans doute, l’humanité ne fut aussi proche d’une guerre thermonucléaire que lors de cette déplorable affaire cubaine. » En plus des dirigeants, n’oubliez jamais le Contre-Amiral Vassili Arkhipov. Commandant la flottille de 4 sous-marins russes envoyés à Cuba, chacun disposant d’une torpille nucléaire. Après détection et harcèlement par la flotte américaine, il fut le seul à refuser le tir des dites torpilles. 4 explosions atomiques simultanées (et la destruction totale de la flotte US présente sur les lieux) auraient amplement suffi à déclencher une riposte américaine – et la destruction simultanée de l’URSS et des USA.

    • Oui et l’auteur a oublié de préciser que suite a la crise des missiles de cuba, les américains avaient retiré des missiles de turquie. Il y eut donc des contreparties et l’affaire fut finalement plus profitable aux russes qu’aux Américains.

  • L’occident pourri d’argent « gratuit », de bureaucratie socialiste, d’idéologie woke, verte, « antiraciste », sanitaire et autres contrôle social sous couvert de « moralité » est le monde « libre » ?
    .
    Les USA sont clairement décadents, outre leur pays déchiré par la gauche et surendetté, ils n’ont respecté aucun droit, ni nationaux ni internationaux et ce sont comporté agressivement souvent au détriment de l’Europe, comme la Libye qui faisait un « mur naturel » ou la Syrie qui nous a inondé de réfugiés.
    .
    Ils ont donc choisi de semer la guerre pour affaiblir les concurrents, la Russie et le couple commercial Europe+Russie.
    La Russie qui a fait une remontée remarquable avec Poutine ne voulait que commercer avec le continent et protéger ses frontières, les missiles ne sont pas à 2mn de l’Amérique, mais de Moscou et son économie comme sa société sont saine. Ils se sont allié avec la Chine qui « dédollarise » depuis 10 ans parce qu’ils n’avaient pas le choix.
    .
    Si le jeu et l’intérêt des USA est clair (mais suicidaire sur le long terme), celui des européens est incompréhensible si on garde pas à l’esprit que nos élites jouent aussi contre nous que ce soit avec des bureaucraties rouge, des médias aux ordres, la censure, des politiques énergétique suicidaire ou une immigration qui ne l’est pas moins.
    .
    Elles ne sont pas seulement pourries par les nouvelles idéologies qui sont des réécritures de l’économie administrée sous couvert de « bien », mais aussi totalement incompétentes et aveugles.
    .
    Nous ne serons pas forcément du bon côté du rideau de fer cette fois-ci.

  • Trop de désinformation pour y comprendre quelque chose.. A part que les us…. Y en a marre et cela ne date pas d’aujourd’hui.

  • Excellente analyse parce que se fondant sur la connaissance des faits et les interprétant de manière pragmatique.
    On ne dénoncera jamais assez les erreurs des dirigeants de la France (et des autres pays  » occidentaux  » : mais je m’intéresse ici en priorité à mon pays) dans leur politique vis-à-vis de la Russie guidée par un douteux mélange de suivisme à l’égard de l’empire otano-étasunien et de moralisme à géométrie variable, s’offusquant par exemple de la récupération de la Crimée – certes à la hussarde – en oubliant que ce territoire avait été volé (car transféré sans respecter les règles constitutionnelles alors en vigueur, à savoir la constitution soviétique de 1936) par l’Ukrainien Khrouchtchev à l’Ukraine au détriment de la Russie et, pire encore, en oubliant que la Crimée fut tatare au XVIIIe siècle avant de devenir russe mais ne fut jamais ukrainienne, à commencer par Sébastopol.
    Monsieur Poutine n’est pas gentil ni très aimable : mais si on se limite à coopérer avec les pays dirigés par des personnes  » gentilles « ,  » aimables  » et  » vertueuses  » – au passage, comment définir cela ? – notre politique étrangère risque de se limiter à peu de chose. La France entretient des relations avec des États et non des régimes : on rougit presque de devoir rappeler une telle évidence… mais cela est nécessaire à une époque où trop de gens écoutent et croient des agités incompétents comme Bernard-Henri Lévy au lieu de se référer à des principes élémentaires en politique étrangère, tels que Richelieu, Bismarck, De Gaulle ou Kissinger surent les énoncer et pratiquer. On peut encore illustrer cela par la traditionnelle alliance de revers du Roi Très Chrétien avec le Grand Turc qui se matérialisa notamment par l’absence délibérée de la marine française à la bataille de Lépante (1571), coalition de la Chrétienté contre l’empire ottoman mais pesamment dominée par les Habsbourg qui voulaient seigneuriser l’Europe (dixit Richelieu) en se cachant derrière le masque de la défense de la Vraie Foi…
    Pour revenir à la Russie, si elle représente assurément un danger potentiel pour ses voisins proches,notamment les pays baltes, elle est pour la France d’abord et avant tout un interlocuteur incontournable, souvent complémentaire de notre pays sur le plan économique, avec lequel on peut quelque peu contrer les empires étasunien et chinois qui sont actuellement les seules et vraies superpuissances sur terre. On parle du rapprochement de la Russie avec la Chine. Mais on peut penser que cela résulte moins d’un tropisme sinophile que de l’absence d’alternative vue la sottise de notre politique russophobe alors qu’il faudrait être simplement pragmatique (mais évidemment pas naïf vis-à-vis de M. Poutine) : la Russie est une grande puissance militaire mais sa situation économique reste peu brillante (par exemple, elle continue de dépendre massivement de l’exportation de matières premières) et sa situation démographique est mauvaise et représente un grave handicap ; ainsi, des millions de Chinois s’installent plus ou moins légalement en Sibérie, immense territoire sous-peuplé, ce qui constitue de facto une revanche sur les traités inégaux du XIXe siècle et un sérieux péril pour le contrôle de cette région par la Russie.
    Bref, il est temps de cesser de valider l’expansionnisme débridé de l’empire étasunien ou de suivre l’aberrante politique extérieure de l’Allemagne justement dénoncée dans cet article pour renouer avec nos meilleures traditions diplomatiques sans s’embarrasser des boulets que l’UE, pilotée de main de maître par l’Allemagne, nous met aux pieds.

    NB : avant Kissinger, De Gaulle avait toujours affirmé, à juste titre, qu’il y avait continuité entre l’URSS et  » la Russie éternelle  » en matière de politique étrangère.

  • Très curieux tous ces accents volontiers poutiniens dans les commentaires, dont l essence totalitaire n est plus a démontrer. Sous couvert de réalisme, nos thuriferaires adulent le kremlin, mais quid du libéralisme !!!

    -4
    • Il est actuellement beaucoup plus facile d’entreprendre en Russie ou dans les anciens pays satellites de l’URSS qu’en France ou dans l’UERSS…de plus, les écoles et les facs russes ou ukrainiennes ont continué de maintenir un niveau élevé d’exigence – même s’il y est toujours relativement facile de payer pour obtenir un diplôme, ce qui se voit directement en entretien d’embauche – ce qui n’est pas le cas en France…le niveau des ingénieurs français n’a de cesse de baisser, et des choses qui paraissaient évidentes à un diplômé sorti d’école il y a 15 – 20 ans ne sont même plus enseignées de nos jours…à titre personnel, je me pose la question d’aller vivre là bas, l’épisode covidique ayant révélé le potentiel dictatorial et arbitraire de certains de nos leaders suprêmes du monde accidental…il me sera toujours possible de travailler avec des pays de l’UE via des programmes comme celui de la e-residence en Estonie…

      Ensuite, je me permettrais de vous rappeler que lors de la guerre au Kosovo, il était courant que des serbes aillent faire sauter une école / hôpital / bâtiment public / (…) en mettant ces actions sur le dos des albanais et inversement…les pays du bloc de l’est sont coutumiers du fait. Typiquement à Kiev la rumeur circulait depuis quelques jours que ce type d’attaques allaient être perpétrées prochainement et allaient être attribuées aux forces pro-russes…

      Sinon, pour Kiev – mes sources sont relativement fiables – suffisamment pour vous affirmer – par exemple – que les couvres-feux imposés lors de l’épisode covidique l’étaient principalement sur les cartes bleues mais que le cash était le bienvenu un peu partout ou que l’amende pour non port du masque dans le métro n’a jamais été appliquée, tellement son montant était faible (autour de 1€)…sans parler des centres de vaccination où il suffit juste de s’inscrire à l’entrée avant de ressortir immédiatement pour être considéré comme vacciné…

    • @ Phih

      Ce n’est pas ici une question de libéralisme (politique dans votre commentaire) mais il s’agit de relations internationales. Je sais bien que la propagande de l’empire étasunien – toujours très lié à des régimes aussi peu démocratiques que la monarchie séoudienne – agite le drapeau du libéralisme quand cela lui convient pour contrer une puissance rivale : c’est de bonne guerre mais on n’est pas obligé de donner dans ce panneau.
      Pour dissiper tout malentendu, si je crois profondément qu’il est indispensable que la France réoriente sérieusement sa politique étrangère vis-à-vis de la Russie, je déteste maintes méthodes du régime poutinien en politique intérieure : on est clairement dans un système oppressif qui n’hésite pas le cas échéant à recourir, directement ou indirectement, à des méthodes criminelles, comme dans l’impardonnable assassinat de la si courageuse journaliste Anna Politkovskaïa en 2006.
      Mais raisonner en termes de « Il est tout gentil » ou « Il est totalement méchant » est inapproprié qui fait perdre de vue la raison d’État : c’est ainsi que l’anticommunisme – tout à fait légitime en soi – d’une partie de la droite française en 1936 amena nombre de personnes de cette obédience à soutenir Franco alors que, fondamentalement, le remplacement de la République espagnole par un régime  » allié  » à l’Italie fasciste et à l’Allemagne nazie était contraire aux intérêts de la France. Ironiquement, le même Franco sut séparer cette proximité idéologique des intérêts supérieurs de l’Espagne lorsqu’il refusa très habilement d’entrer en guerre aux côtés des puissances de l’Axe en juillet 1940, à la grande rage d’Hitler et de Ribbentrop.

      « Bien des hommes sauveraient leur âme comme particuliers qui se damnent comme personnes publiques. »
      (RICHELIEU)

    • On peut critiquer un plat trop salé sans être sucrolâtre pour autant un peu de sérieux. Des arguments pertinents ont été donnés, vous avez répondu avec un manichéisme aussi puéril que votre « analyse ».
      .
      Sur le sujet du libéralisme, la Russie a une fiscalité et régulation légère, des procédures administrative simples et rapides, pas « d’argent gratuit » ni de surendettement et son économie ruinée par le communisme opérait un redressement spectaculaire depuis 1999 alors que la France qui était riche et dynamique dans les années 80 a très exactement la trajectoire inverse.
      .
      Quant à qualifier de « dictature » une démocratie certes imparfaite… La réalité est que Poutine auréolé de son succès économique a un soutien réellement fort de sa population alors que toute la classe politique française est détestée à raison sans que le peuple ne puisse changer grand-chose.
      .
      Heureusement qu’en France le Conseil constitutionnel et le Parlement sont là pour garantir les libertés et la bonne gestion démocratique du pays. Dans les républiques bananières, ils forment souvent une mafia qui ne défend que ses intérêts.

    • Avatar
      franc.clemente@gmail.com
      19 février 2022 at 18 h 50 min

      Article profond ! Je vous suis sur plusieurs points !
      Je crois que l’Ukraine n’a rien à dire à Poutine, sauf de le menacer d’adhérer à l’Otan. Elle n’a rien non plus à dire face à l’Allemagne qui a besoin de la Russie, afin d’obtenir le gaz. L’Ukraine risque de tout coté. A la fin elle choisira d’être indépendante de l’Otan, mais à quelles conditions? Perdre définitivement la Crimée, perdre le gaz Russe, qui ira en Allemagne par le Nord, et peut-être obtenir le Donbass.
      L’UE parle beaucoup , mais elle ne sait parler que d’argent. L’Allemagne profite de la puissance de son économie dont l’UE a besoin et de la faiblesse de la diplomatie de l’UE. La Pologne voudrait échapper à l’UE mais elle est actuellement prise à la gorge par le manque d’argent…..

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les décisions de la Finlande et de la Suède de solliciter leur adhésion à l'OTAN constituent une victoire majeure pour l'alliance militaire, mais une victoire bien plus douteuse pour ces deux pays. L'OTAN a grandement besoin d'un succès en ce moment, car ni la guerre économique contre la Russie ni le conflit en Ukraine ne semblent aller dans le sens de l'Occident. Reste à savoir si l'ajout officiel de deux autres pays nordiques constituerait un réel avantage militaire pour l'OTAN, mais au moins ce serait une victoire claire en termes de relat... Poursuivre la lecture

Le 6 août 2014, je publiais un article sur La neutralité de la Suisse et la guerre en Ukraine. J'y rappelais que la neutralité de la Suisse trouvait son origine dans la défaite de Marignan (1515) à partir de laquelle fut mis fin à la politique d'expansion des Confédérés.

Après une courte période, entre 1798 et 1815, la neutralité de la Suisse a toujours été effective, jusqu'en 1989. Elle est devenue de plus en plus relative notamment à la suite de son adhésion à l'ONU en 2002, bien que deux articles de la Constitution suisse énoncent q... Poursuivre la lecture

J’ai eu l’occasion d’aller à l’European Liberty forum, dirigé par l’Atlas Network, qui a eu lieu la semaine dernière à Varsovie. Ce congrès a réuni de nombreux think tanks libéraux et prolibertés européens et nord-américains.

Ce forum a montré un point : le libéralisme n’est pas mort en Europe, il est bien vivant et bien actif. Malgré la guerre dans le pays voisin, la détermination des organisations défendant la liberté était bien présente.

En cela, l’European liberty forum a été une expérience rafraîchissante et très inspirante... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles