Voici comment bien investir en assurance vie

L’assurance vie est le placement préféré des Français mais ils sont nombreux à ne pas savoir comment bien l’utiliser pour investir. Quelques conseils.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Photo by Natalya Zaritskaya on Unsplash

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Voici comment bien investir en assurance vie

Publié le 12 février 2022
- A +

L’assurance vie est le placement préféré des Français, avec près de 1900 milliards d’euros d’encours. Des millions de Français épargnent régulièrement sur leurs contrats d’assurance vie. Et pourtant, ils sont nombreux à mal connaître ce produit d’épargne et à ne pas savoir comment bien l’utiliser pour investir. Explications.

Rappels sur le fonctionnement de l’assurance vie

Avant tout, rappelons que l’assurance vie est un placement qui génère des intérêts et des plus-values (ou moins-values). Les épargnants détiennent une créance auprès de l’assureur qui détient les fonds. Il ne s’agit pas de cotiser à fonds perdus comme sur une assurance décès.

De plus, l’assurance vie ne se résume pas au fonds euro. L’amalgame est souvent fait. Alors que les contrats multisupport proposent bien d’autres moyens d’investir : actions, immobilier, private equity, obligations, etc.

Il n’y a pas de plafond en assurance vie. On peut y verser des millions d’euros et on peut ouvrir plusieurs contrats. En revanche, il y a un plafond de garantie de l’État qui se déclenche en cas de faillite de l’assureur : 70 000 euros par client par assureur.

Rappelons aussi que l’on sort quand on veut de l’assurance vie, l’argent n’est pas bloqué. Mais il y a une niche fiscale qui s’applique aux 8 ans du contrat, les plus-values peuvent être exonérées (abattement annuel de 4600 euros par an pour un célibataire, le double pour un couple).

Pour investir, l’épargnant a le choix entre deux supports d’investissement au sein de son assurance vie.

Le fonds euro

C’est un placement sûr, sans risque de perte en capital, mais rendement faible (autour de 1 à 2 % par an). À titre indicatif, le fonds euro de l’assurance vie Afer, un contrat de référence avec près de 760 000 assurés, a délivré un rendement de 1,70 % net de frais de gestion en 2021.

Les unités de compte 

Ce sont des fonds d’investissement plus ou moins risqués pour aller chercher davantage de rendement (fonds actions, immobilier, etc.)

 

En pratique, l’épargnant a le choix entre gestion libre (il répartit lui-même ses investissements entre fonds euro et unités de compte) et gestion pilotée (le gestionnaire fait tout). En gestion libre, l’épargnant est autonome et à tout moment, il peut décider de désinvestir un fonds pour réinvestir sur un autre fonds. Cette opération s’appelle un arbitrage.

 

Investir selon ses projets

Vu le fonctionnement de l’assurance vie expliqué plus haut, on comprend qu’il s’agit d’un produit très souple. Ainsi, chaque épargnant peut adapter ses investissements selon ses projets. C’est la première règle pour bien investir en assurance vie.

Quelques exemples :

  • profil prudent : l’épargnant prudent privilégiera l’investissement 100 % fonds euro en gestion libre. Ou en gestion pilotée en mandat défensif. Peu de rendement, mais pas de risque de perte en capital.
  • Profil équilibré : allocation 50 % fonds euro, 25 % fonds actions et 25 % fonds immobiliers en gestion libre. Ou gestion pilotée en mandat équilibré.
  • Profil dynamique pour du long terme : allocation 25 % fonds euro et 75 % fonds actions en gestion libre. Ou gestion pilotée en mandat offensif/dynamique. Meilleure espérance de rendement sur du long terme, mais davantage de risque de perte en capital.

 

En pratique, il revient au professionnel de définir le profil de l’épargnant, sur la base d’un questionnaire KYC (Know Your Client), pour conseiller une allocation adéquate.

 

Comparer les contrats pour choisir la meilleure assurance vie

Avant de commencer à investir, il faut d’abord ouvrir un contrat d’assurance vie (ou plusieurs). Et c’est là qu’il faudra être très sélectif. C’est la seconde règle pour bien investir en assurance vie. Les épargnants ont intérêt à regarder du côté des palmarès des meilleures assurances vie pour trouver un contrat performant et adapté à leurs objectifs financiers.

En effet, il existe des dizaines de contrats d’assurance vie sur le marché. Et les qualités sont très inégales.

On peut citer 4 critères principaux.

Peu de frais

Certains contrats prélèvent jusqu’à 5 % de frais sur versement ! Pour 10 000 euros versés, seulement 9 500 euros vont travailler. Et jusqu’à 1 % de frais de gestion par an et 1 % de frais d’arbitrage. Dans ces conditions, avec toutes ces couches de frais, avoir une bonne performance nette de frais relève de l’exploit. C’est un handicap trop lourd. Alors que les meilleurs contrats sont sans frais sur versement, sans frais d’arbitrage et 0,50 % de frais de gestion par an sur unités de compte.

Notez qu’à partir du 1er juin 2022, sous l’impulsion du ministre de l’Économie, les professionnels seront dans l’obligation de présenter clairement l’ensemble des frais aux clients. Jusqu’à présent une certaine opacité est entretenue sur les mauvais contrats.

Un bon fonds euro

Surtout pour les clients prudents qui vont placer majoritairement en fonds euro. Les meilleurs fonds euros ont rapporté autour de 2 % en 2021 contre moins de 1 % pour les mauvais.

Un bon choix d’unités de compte (UC). Les meilleurs contrats proposent plus de 500 UC de différentes sociétés de gestion (architecture ouverte). Parmi lesquelles des trackers (fonds actions peu chargés en frais), des SCPI (fonds immobiliers), des fonds de private equity (actions non cotées). Alors que les mauvais contrats ne proposent que quelques UC de la société de gestion maison, avec un piètre historique de performance.

Une gestion en ligne et un bon service client

Sur les bons contrats d’assurance vie, on peut tout gérer en ligne : versements, arbitrages, rachats (retraits). Et le service client est très disponible par mail ou téléphone si besoin. Alors que sur les mauvais contrats, on ne peut rien faire en ligne et il faut passer par un conseiller difficile à contacter pour la moindre opération.

 

Conclusion

Finalement, il faut investir selon ses projets et son tempérament entre fonds euro et unités de compte. Mais les performances varient énormément d’un contrat d’assurance vie à un autre, donc il faut bien choisir l’assurance vie dans laquelle on investira.

Pour illustrer, avec un même profil épargnant (dynamique par exemple), une bonne assurance vie pouvait rémunérer +30 % en 2021 (année très haussière sur les marchés actions) contre seulement +10 % pour un mauvais contrat ! Car moins de frais et accès à de meilleurs fonds.

Quand on place sur des années, la différence sur le développement du patrimoine se fait nettement sentir, avec des milliers d’euros d’écart sur le patrimoine.

 

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Pour compléter, on peut ajouter qu’il y a trois grands types de contrats : internet, les mutuelles/assureurs en direct, les banques. Ceux des banques (qui sont de fait des intermédiaires) sont de loin les moins intéressants : fonds euro peu performants, choix plus restreint en UC.

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Une chronique de Cécile Philippe. Un article de l’Institut économique Molinari.

S’inspirer de Jean Jaurès pour sauver le système de retraites ?

Oui car le sujet de la retraite a été trop souvent traité sous un angle purement politicien, ce qui contribue à entretenir un statu quo intenable.

Relire Jaurès nous montre qu’on peut être à gauche et défendre la capitalisation.

Il suffit de se replonger dans L’Humanité de 1909. Jaurès y expose comment la capitalisation « en soi est parfaitement acceptable » et peut consti... Poursuivre la lecture

Par Juan Diego Rodríguez et Olea Gallardo. Un article de 14ymedio

 

Il y a quelques années, à l'occasion d'une de ces divertissantes conférences TED qui se répandent comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, Barry Schwartz a popularisé l'expression "le paradoxe du choix" qui peut se résumer ainsi : choisir entre trop d'options produit de la paralysie et de l'insatisfaction, ce qui peut provoquer une sorte de stress très négatif dans les sociétés industrielles modernes.

Rien de tout cela n'arrivera aux clie... Poursuivre la lecture

« Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance », lisent Virgile et Dante au-dessus de la porte de l’Enfer.

Une recommandation similaire pourrait être adressée à ceux qui cherchent, dans un monde où l’inflation est élevée, à placer intelligemment leur épargne. Il est communément admis qu’il est préférable de ne pas conserver de liquidités trop importantes lorsque la valeur de la monnaie s’érode rapidement. Pourtant, dans le même temps, investir son épargne en période d’inflation peut se révéler hasardeux.

En effet, la créatio... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles