« Viral » : à l’origine du covid

Viral : The Search for the Origin of COVID-19 co-écrit par Alina Chan et Matt Ridley retrace le travail d’enquête minutieux sur l’origine du virus.

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« Viral » : à l’origine du covid

Publié le 19 janvier 2022
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Si la question de l’origine du Covid-19 a occupé un espace réduit dans le débat public par rapport aux restrictions de libertés que nous avons connues depuis mars 2020, elle reste d’une importance capitale pour le futur. Comprendre l’origine de la pandémie est vital pour une orientation correcte des futures politiques de santé publique au niveau mondial.

Le débat semblait pourtant clos depuis un long moment. La thèse généralement admise est que le virus a muté depuis une souche de virus impactant les chauves-souris via l’intermédiaire d’un autre animal, probablement le pangolin. La mutation s’est effectuée dans un marché de la ville de Wuhan, où la pandémie a démarré. Une explication similaire à celle à l’origine de la crise du SRAS en 2003 où l’animal intermédiaire aurait été la civette.

Un communiqué, signé par 27 chercheurs, parait en février 2020 dans le journal médical The Lancet et condamne l’hypothèse d’une fuite de laboratoire, qualifiée de théorie du complot. En dehors d’une minorité de médias conservateurs américains, cette hypothèse est désormais considérée comme complètement discréditée. Les réseaux sociaux Facebook et Reddit censurent activement toute référence à cette théorie. Seul Twitter fait exception à cette règle.

Un rapport du WHO en mars 2021 confirme cette tendance et classifie la théorie de la fuite comme « la moins plausible ». Loin de clore le débat, ce rapport relance la polémique dans le débat public en raison des nombreuses erreurs qui y figurent. Les médias changent lentement leur fusil d’épaule et éditent leurs anciens articles. La théorie de la fuite n’est plus un complot, mais une théorie disputée . Le 26 mai, Facebook retire son bannissement des articles mentionnant la théorie.

Viral : The Search for the Origin of Covid-19

Que s’est-il passé dans l’ombre durant ces 18 mois ?

C’est à cette question que Viral : The Search for the Origin of Covid-19 cherche à répondre. Co-écrit par Alina Chan, une chercheuse en génétique à Harvard et le plus connu Matt Ridley, auteur de nombreux livres de vulgarisation scientifique, ce livre paru en novembre 2021 retrace le travail d’enquête minutieux sur l’origine du virus.

Grâce à son duo d’auteurs, Viral est à la fois un excellent livre de vulgarisation et extrêmement approfondi dans ses sources. Ces dernières sont regroupées à la fin du livre sur plus de 60 pages, permettant au lecteur d’approfondir un aspect s’il le souhaite sans que cela interrompe le fil principal du texte. Loin d’être aride, celui-ci se lit comme un roman policier, prouvant que la réalité est souvent plus étrange que la fiction.

Si les deux auteurs exposent dès le début leur penchant pour la théorie de la fuite, ils savent garder un ton objectif et présentent les faits dans un style neutre et scientifique. Et au vu de ces faits, on comprend aisément qu’en l’absence d’une preuve définitive, une fuite de laboratoire est une explication tout à fait plausible pour l’origine du virus. Et si l’on prend en compte les innombrables faux-fuyants des autorités chinoises, il devient raisonnable de suspecter qu’il y a anguille sous roche.

Des arguments scientifiques intéressants

Certains chapitres dans le milieu du livre, notamment celui sur le furin cleavage site sont davantage poussés niveau scientifique et il devient facile de se perdre entre les noms de code des virus, les chaines d’ADN et autres codons. Toutefois, une lecture attentive permet de comprendre l’essentiel du propos.

Si les arguments détaillés dans le livre sont trop nombreux pour être reproduits dans cet article, l’un des principaux est l’absence complète de détection de SARS dans les échantillons d’animaux qui ont été prélevés sur le marché d’où aurait débuté l’épidémie. En élargissant le champ de recherche aux autres marchés et animaux sauvages, des milliers d’échantillons ont été analysés pour le même résultat : il n’y a aujourd’hui aucune preuve d’un animal intermédiaire ayant permis l’apparition du virus chez l’Homme.

Au contraire, SARS-CoV-2 a été dès son apparition particulièrement contagieux parmi les humains et se montra particulièrement stable. En comparaison, le virus SARS de 2003 évolua rapidement à de nombreuses reprises après son apparition, devenant progressivement de plus en plus infectieux pour l’Homme.

Un aspect non-scientifique intéressant mis en valeur par le livre est le rôle de Twitter dans cette polémique. Le réseau social aura permis à des scientifiques éparpillés dans le monde, mais également à de nombreux internautes plus ou moins anonymes, de joindre leurs efforts pour éclairer les nombreux points obscurs sur l’origine du virus. Parmi eux, de nombreux Français dont la chercheuse Virginie Courtier du CNRS.

Bien entendu, le livre n’a pas de conclusion définitive, de nouveaux développements ayant lieu en permanence. Pour le grand public ayant suivi ce débat de loin, il s’agit donc d’un ouvrage essentiel pour comprendre les développements à venir et réclamer davantage de transparence dans le débat scientifique. Ce dernier s’est clairement teinté de politique ces dernières années et Viral montre les dangers de cette évolution, que ce soit pour cette pandémie ou une prochaine crise sanitaire. Au fond, quelle que soit la vraie origine du covid, l’important est de rétablir la rigueur scientifique qui devrait être de mise pour une question aussi essentielle.

 

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Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • « rétablir la rigueur scientifique » n’est pas vraiment un problème, à mon sens.
    Bien plus important est de rétablir la neutralité journalistique, car les médias sont par définition les moyens pour le public d’accéder à la connaissance. Or on a observé à de multiples reprises des censures, des mensonges par omission et autres manques graves de neutralité des médias depuis le début de cette pandémie.
    Il semble selon plusieurs sources que l’on puisse dire la même chose de certaines revues scientifiques (ici on est à mi-chemin entre science et information), dont l’impartialité a été mise à mal, avec par exemple la fameuse étude du Lancet de juin 2020 sur l’HCQ.
    C’est la question des conflits d’intérêts derrière ces institutions qui se pose, en fait.

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