Présidentielle 2022 : le vote sanction des jeunes

Sondage IFOP : entre abstention et vote en faveur de Marine Le Pen, la jeunesse ne semble pas convaincue par le président sortant. Des votes sanction sont prévisibles.

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Présidentielle 2022 : le vote sanction des jeunes

Publié le 1 décembre 2021
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Par Alexandre Massaux.

L’IFOP vient de publier un sondage sur l’intention de vote de la jeunesse française pour les présidentielles 2022. Cette enquête a été effectuée sur les 18-30 ans. Force est de constater qu’elle ne vote pas comme le reste de la population.

Une jeunesse abstentionniste

Selon le sondage, 58 % des jeunes s’abstiendront de voter. Cette tendance est particulièrement élevée chez les personnes ayant une sensibilité politique proche de la France insoumise (62 % veulent s’abstenir). Ce phénomène est encore plus important chez ceux qui n’ont aucune sympathie partisane : 72 % veulent s’abstenir. Les élections et le panel des candidats n’attirent pas les jeunes non politisés.

Fait intéressant, cette abstention serait un peu plus forte en région parisienne qu’en province : 64 % en Île-de-France contre 57 % en province.

Cette abstention de la jeunesse n’est pas nouvelle, mais elle est en hausse. En 2017, elle s’élevait à 52 % chez les 18-25 ans, elle est désormais à 60 % pour cette même classe d’âge.

Le Pen en tête du vote des jeunes, suivie de Macron et des écologistes

Marine Le Pen arrive en tête avec 25 % des votes des moins de 30 ans, suivie par le président sortant Macron avec 19 % et par le candidat des écologistes Yannick Jadot avec 14 %. Éric Zemmour comme Jean-Luc Mélenchon et Xavier Bertrand n’arrivent pas à convaincre et reste chacun à 9 %.

Si le vote Le Pen n’est pas une nouveauté au sein de la jeunesse, plusieurs éléments sont à soulever. En 2017, Marine Le Pen avait 25 % des voix des jeunes. Néanmoins, en additionnant les voix de Le Pen et de Zemmour, 34 % des jeunes votent désormais pour la droite radicale.

On constatera qu’en 2021 la proportion de jeunes votant pour Le Pen augmente avec l’âge. Seuls 16 % des 18-20 votent pour elle, contre 22 % des 21-24 et 30 % des 25-30. Les jeunes actifs seraient-ils davantage attirés par elle que la population étudiante ?

Inversement, le vote pour Emmanuel Macron décroît avec l’âge chez les jeunes : 27 % des 18-20, 18 % des 21-24 et 17 % des 25-30. On peut se demander si la stratégie du président sur Tiktok et avec des youtubeurs n’a pas fonctionné d’une certaine manière.

On retrouve aussi le clivage entre les milieux ruraux électeurs de Le Pen face aux électeurs urbains de Macron, du moins pour ceux qui votent.

La nouveauté est que Jean-Luc Mélenchon ne parvient plus à attirer les jeunes. Lui qui était le candidat favori des primovotants en 2017 (27 % des 18-24). Tout porte à croire que son électorat s’est rangé derrière les écolos ou s’est abstenu…

Il convient de noter que c’est actuellement Marine Le Pen qui capte le plus les jeunes sans sympathie partisane (25 %) devant Macron (18 %). Un vote qui s’apparente donc à un vote sanction.

Quelles leçons en tirer ?

C’est un portrait de la jeunesse différent de celui de l’Allemagne. Outre-Rhin, les partis en tête étaient les écologistes et les libéraux.

Les Verts français sont aussi bien représentés au sein de la jeunesse française qui va très certainement devenir la nouvelle force politique de gauche : le marxisme et la gauche socialiste reposant sur les travailleurs sont remplacés par l’écologie politique.

Par contre, si en Allemagne le libéralisme était en vogue dans les votes de la jeunesse, en France c’est la droite illibérale qui prend le dessus, ce qui n’est pas surprenant, puisqu’il n’existe pas d’offre libérale en France.

De plus le système présidentiel français pousse à la confrontation plutôt que la coalition. De ce fait, les jeunes qui ne veulent pas de Macron s’abstiendront (voire émigreront). Le sondage de l’IFOP met en avant que « le fait que les problèmes de la jeunesse soient davantage pris en compte dans les programmes » pourrait pousser les jeunes à aller voter.

La sensation d’être oubliée par la classe politique dirigeante est un vecteur important du désintérêt ou du vote sanction de la jeunesse.

 

Voir les commentaires (8)

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    • si on regarde la video de declaration de candidature de zemmour, on voit bien que c est pas les jeunes qu il vise :
      mettre des images de la france des annees 60 ou 70, de barbara, gabin, belmondo et delon (jeunes !). Bref des choses qui ne parlent pas a des gens nes en 2000

      ceci est d ailleurs raccord avec les stats: les jeunes votent peu et ne representent pas un % important de la population (les 20-30 ans c est 10 % de la population)

  • Et pendant ce temps, un autre étude analogue IPSOS du 3 octobre indique que 87% des jeunes ont l’intention d’aller voter, et que le candidat qui sort largement en tête est M. Macron.
    De là à penser que cet article analyse du vent, et que les sondages nous indiquent ce qu’ils veulent, il n’y a qu’un pas que je franchis.

  • Il est très étonnant qu’Éric Zemmour ne soit même pas mentionné.

  • « Par contre, si en Allemagne le libéralisme était en vogue dans les votes de la jeunesse, en France c’est la droite illibérale qui prend le dessus ».

    Mais, ils sont ou les libéraux ?

    Ceux qui refusent les vendeurs d’huile de serpents
    Ceux pour qui la liberté & la propriété ne font qu’un.
    Ceux pour qui le droit naturel doit être la base de notre droit.
    Ceux pour qui l’impôt doit être consenti, fruit d’un état bien géré et peu dépensier.
    Ceux qui refusent d’obéir à un supra-état liberticide.
    Ceux qui laissent vivre et prospérer les entreprises et les individus.
    Ceux pour qui le droit n’est pas un instrument politique ou idéologique.

    Ceux qui aime autant la liberté dans son ensemble et refusent la servitude

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