Produits chimiques synthétiques PFAS : ne les interdisons pas

Si certains produits chimiques PFAS méritent d'être examinés de plus près, voire interdits, d'autres ne sont pas seulement sans danger ; ils sont également essentiels à notre vie quotidienne.
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Produits chimiques synthétiques PFAS : ne les interdisons pas

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 29 novembre 2021
- A +

Par Bill Wirtz.

La situation à l’usine 3M de Zwijndrecht en Belgique a ramené les produits chimiques PFAS dans l’actualité. Alors que les législateurs du monde entier s’intéressent de plus en plus à ces substances, nous devons nous rappeler que nous ne pouvons pas peindre une gamme de 5000 produits chimiques avec un seul pinceau.

Ce qui s’est passé exactement à l’usine 3M de Zwijndrecht n’a pas encore été établi. L’entreprise fait actuellement appel de la décision du gouvernement d’arrêter la production à la suite de la découverte d’un nombre accru de PFAS (acide perfluorooctane sulfonique) – un sous-groupe de PFAS – dans le sang des habitants de la région. 3M affirme qu’elle coopère pleinement avec les organismes de réglementation, mais le gouvernement accuse le fabricant de produits chimiques de ne pas avoir fourni suffisamment de documents pour prouver qu’il n’a pas été négligent.

Pour les consommateurs, deux choses peuvent être vraies à la fois : d’une part, il est possible que 3M ait agi par imprudence, ce qui devrait être poursuivi dans toute la mesure de la loi. D’autre part, il est possible que les arrêts de production affectent les chaînes d’approvisionnement mondiales au moment où nous pouvons le moins nous le permettre.

Qu’est-ce que les PFAS ?

En fait, de nombreux produits chimiques PFAS, qui sont parfaitement sûrs, sont utilisés pour tout fabriquer, des poêles en téflon aux smartphones – ou, plus important encore : des équipements médicaux.

Les PFAS regroupent un ensemble de 5000 produits chimiques aux caractéristiques variées. Si certains d’entre eux méritent d’être examinés de plus près, voire interdits, d’autres ne sont pas seulement sans danger ; ils sont également essentiels à notre vie quotidienne.

Nous devons comprendre la différence scientifique entre les évaluations fondées sur le danger et celles fondées sur le risque. Le danger est le potentiel de nuisance d’un produit, le risque est la probabilité qu’il le fasse. En simplifiant : un requin peut vous tuer, mais si vous ne vous exposez pas à ce risque en ne vous baignant pas dans la mer, il ne le fera certainement pas.

Les degrés de risque sont également définis par les degrés d’exposition. Il en va de même pour les produits chimiques que nous utilisons quotidiennement.

La mauvaise idée de leur interdiction totale

Une interdiction totale des PFAS, comme le soutient actuellement la Belgique au niveau européen, va à l’encontre de l’élaboration de politiques fondées sur des preuves. Pour dire les choses simplement, classer tous les PFAS comme dangereux revient à interdire l’utilisation du mercure dans les thermomètres parce qu’il est nocif lorsqu’il est ingéré ou à interdire l’utilisation du chlore dans les piscines parce qu’il est nocif si on le mange.

Une réponse plus appropriée consisterait à évaluer ces produits chimiques en fonction du risque qu’ils présentent et de la manière dont ils sont utilisés, plutôt que de les mettre tous dans le même sac en les interdisant de manière autoritaire.

L’objectif de l’action politique devrait toujours être d’être précise et nuancée, en tenant compte des conséquences involontaires des décisions de précaution.

Il n’y a rien d’intrinsèquement mauvais dans l’intention de vouloir protéger les consommateurs. Toutefois, ces règles sans discernement leur seraient nuisibles en entraînant une hausse des prix et une moindre disponibilité des produits nécessitant des substances chimiques PFAS.

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Voir les commentaires (3)

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  • il existe des veilles épistémologiques et chimiques..

    ce à quoi conduit le principe de précaution..
    on peut interdire ce qu’on veut, il suffit d’orienter le projo dessus..

    • Interdire ce qu’on veut n’est pas possible.
      En revanche, lorsque des soupçons de fraude surviennent, sur des produits suspectés d’être nocifs, cela porte un coup souvent fatal aux entreprises et à ces produits. Parfois exagéré, comme avec le dieselgate. Parfois justifié comme avec l’amiante.
      Pour les PFAS, il y a un antécédent célèbre, qui a donné lieu à un procès hors normes aux States (cf film Darkwater) : le PFOA. Interdit depuis l’année dernière par l’Europe.
      Il faut espérer que 3M n’était pas au courant de la pollution due à son site ou des risques pour les riverains. Car, société americaine, ayant déjà eu des soucis aux States avec ces produits, on ne va pas la louper, ni elle ni ces composés…

  • C’est un peu passé de mode, mais il y a 20 ans encore tout ce qui était chimique était classé « caca boudin » par ceux qui dormait sur le banc de l’école quand on tentait de leur enseigner H2O.

    Cependant, quand la détection d’une possible négligence aux conséquences inconnues aboutit à interdire de fabriquer en Europe et donc importer ce dont on a besoin… Il y a comme qui dirait un problème qui n’a rien à voir avec la chimie, l’industrie ou la santé.

  • Les commentaires sont fermés.

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