L’élection présidentielle devrait nous préserver du reconfinement

Gabriel Attal chez Europe 1 sur youtube https://www.youtube.com/watch?v=nm98TVlq7Ds

La réticence actuelle du gouvernement à lancer de nouvelles mesures de restrictions peut s’expliquer par les présidentielles 2022.

Par Rafael Guenoun.

Lors de son intervention du mardi 16 novembre au micro de Léa Salamé et Nicolas Demorand, l’équilibriste Gabriel Attal nous a fait un nouveau numéro de la technique macronienne, une chose, mais aussi son contraire : « Il ne faut jamais rien exclure par principe, maintenant […] il n’y absolument aucun confinement qui est prévu aujourd’hui, ni de près ni de loin« . Autant dire que s’il ne faut rien exclure par principe, un confinement est envisageable, de près, de loin, et dans la zone grise qui se situe entre ces deux points.

J’ajouterai que le boulot de porte-parole est franchement le plus ingrat dans n’importe quel gouvernement, tant il amène celui qui en a la charge de passer son temps à se contredire ; rappelons-nous, dans un passé pas si lointain, de Sibeth Ndiaye et des masques, mais les exemples sont pléthore…

L’élection présidentielle 2022 comme cause du ton rassurant du gouvernement

Cela étant dit, prenons « le jeune Gabriel » au mot, et imaginons un instant que – malgré la recrudescence du virus en Europe – aucun confinement ne soit envisagé. Serait-ce, par le plus grand des hasards, lié à une grande fête de la démocratie qui aurait lieu, mettons, dans 5 mois, et qui porte le nom d’élection présidentielle ? Tout laisse à y penser, tant le terrain a déjà été préparé : les réunions politiques ne requerront pas le pass sanitaire.

L’histoire est aussi instructive, à ce sujet : malgré les avertissements et rapports de spécialistes, le premier tour des municipales avait bien été maintenu, parce que, comprenez-vous : le virus est allergique à la démocratie. Autre raison possible, plus probable : la théorie des choix publics se confirme dans la pratique, les politiques cherchent avant toute chose à se faire réélire, quoi qu’il en coûte, comme dirait notre lider maximo.

En tout état de cause, revoici la vieille excuse : rien ne doit entraver la démocratie qui puisse rendre caduques des mois de bla-bla à propos d’un passe sanitaire davantage susceptible de mettre les individus en danger qu’autre chose. En effet, appliqué en bloc il donne aux individus un faux sentiment de sécurité, sachant que les personnes vaccinées peuvent transmettre le virus, selon le même Conseil scientifique qui en faisait la recommandation.

D’ailleurs, surprise-surprise, Jean-François Delfraissy, qui est loin d’être un étranger au Conseil scientifique, nous explique que la cinquième vague est en partie due à un relâchement des gestes barrière. CQFD.

La démocratie et la présidentielle avant le reconfinement

Comme à l’accoutumée, malgré mon opposition au passe, je me permets d’ajouter que – étant parent d’un jeune immuno-déprimé – je suis le premier à porter un masque, à éviter les regroupements, à faire mes courses en click-and-go, à acheter des repas à emporter au restaurant, et à me couvrir de gel hydroalcoolique à la première occasion. Et je ne compte plus les doses de vaccin sur ma carte d’immunité !

Bref, certains diraient que si la démocratie importait vraiment aux politicards, nous vivrions dans un régime parlementaire, les élections seraient au scrutin proportionnel intégral, et il nous serait permis de voter sur nos smartphones par voie électronique en toute sécurité grâce à la blockchain entre deux épisodes de The Expanse, confortablement installés sur un canapé. Sans parler de la révocation des élus…

En attendant, la bonne nouvelle, c’est que c’est à la démocratie – ou ce qu’il en reste – que nous devons de pouvoir sortir de chez nous, d’aller travailler, puis de boire un verre. Aussi, pour célébrer et remercier ce formidable régime, je vous invite tous, le jour du premier tour de la présidentielle, à vous rendre au premier bistro ouvert et à payer votre tournée, au lieu d’aller voter.

Et vive la démocratie !

 

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