Fresque des internes du CHU de Toulouse : le sexe qui fait peur

Anti-sexist stickers BY Jonathan McIntosh(CC BY-SA 2.0) — Jonathan McIntosh,

L’association « Osez le féminisme » repart en guerre contre une fresque murale du réfectoire des internes du CHU de Toulouse, dénonçant du sexisme et de la pornographie.

Par Margot Arold.

Et on prend les mêmes et on recommence ! L’association « Osez le féminisme » repart en guerre contre une fresque murale du réfectoire des internes du CHU de Toulouse.

Fresque des internes : les femmes en position dégradante ?

L’association qui défend notoirement le droit (la suprématie ?) des femmes semble voir dans cette fresque une « pornification des corps. Quand on voit la façon dont les femmes sont représentées, on s’étonne moins qu’il y ait des comportements violents ». C’est ce qu’explique Enora Lamy, la co-présidente d’Osez le féminisme en Haute-Garonne.

Pourtant, à y regarder de plus près, les femmes ne sont pas forcément mal traitées sur cette fresque : celle au premier plan semble recevoir avec plaisir les faveurs buccales d’un homme. On ne peut pas vraiment dire qu’elle soit représentée avec une image dégradante, le mâle étant plutôt à son service… Une autre, en arrière plan, tient en respect un homme qui porte un collier de chien.

Alors oui, une autre est à quatre pattes… et une autre fait une fellation. Mais chacun.e interprètera à son gré ce qu’est un avilissement…

Pour la jeune Enora Lamy, dans cette fresque « quand on voit la façon dont les femmes sont représentées, on s’étonne moins qu’il y ait des comportements violents ».

Un raccourci un peu simpliste, peut-être ?

Le syndicat Sud contre la fresque

Le syndicat Sud est venu prêter main forte à Osez le féminisme, en expliquant combien il est inadmissible que des fresque pareilles existent encore.

«La culture carabine n’existe pas, ça s’appelle du harcèlement sexuel, c’est un délit puni par la loi », a expliqué Isabelle Prono, membre du syndicat Sud.

Décidément, tous ces promoteurs de la bien-pensance qui ne savent ni de près ni de loin à quoi ressemble le contenu de la formation d’un médecin ou d’un chirurgien, sont toujours prompts à expliquer comment il faut désormais se comporter pour être raccord avec une politique woke et féministe.

Rappelons à ces donneurs et ces donneuses de leçons que voir des corps nus, les désacraliser, voire les réduire à une simple enveloppe matérielle, a pu historiquement servir à s’habituer à soigner les humains dans ce qu’ils ont de plus intime, de plus sale, de plus humiliant, parfois.

Les patients vont devoir exhiber la partie la plus intime d’eux-mêmes : oui on va palper des seins, mettre des doigts dans des endroits obscurs, toucher des sexes… Et si ces gestes sont pratiqués avec le respect de la personne, mais sans dégoût aucun, c’est peut-être parce qu’en amont, le corps a été désacralisé et moqué.

La fresque représente de « vraies personnes » ? Du CHU ? Oui, le statut social n’y change rien : un corps est un corps, on soigne de la même façon un « puissant » ou un « misérable » (enfin c’était du moins l’idée de départ…).

Enfin, on rappellera que l’épisode « fresque » avait déjà eu lieu du temps de Marisol Touraine, avec les même cris d’orfraie et les mêmes protagonistes. Décidément, voir de l’injustice et du sexisme partout, se mêler de tout régenter dans tous les recoins de la société et des universités, finira peut-être par desservir celles-là mêmes qui s’offusquent à tout bout de champ du sort qui leur est « réservé ». À force de devoir les porter au pinacle et d’appliquer en toutes circonstances leur définition du « respect dû au femmes », on finira peut-être par ne plus les toucher… ni les soigner ?

 

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