Inflation, faim dans le monde, entreprises : le pape François se trompe

Le pape devrait mieux s’informer sur les questions économiques quand il tweet.

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Inflation, faim dans le monde, entreprises : le pape François se trompe

Publié le 27 octobre 2021
- A +

Par Brad Polumbo.
Un article de la Foundation for Economic Education

En tant que chef de l’Église catholique, le Pape François est un leader religieux estimé et une icône mondiale. Mais un expert dans un domaine ne fait pas un expert dans un autre – et sa compréhension de l’économie laisse beaucoup à désirer, si l’on en croit ses dernières remarques.

Les déclarations du Pape François à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation

Le Pape François a récemment fait une déclaration à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, dans laquelle il a en effet imputé aux marchés et au capitalisme la responsabilité de la persistance de la faim dans le monde. Il a tweeté :

La lutte contre la faim exige que nous dépassions la logique froide du marché, qui est avidement axée sur le simple profit économique et la réduction de la nourriture à une marchandise, et que nous renforcions la logique de la solidarité.

 

Nous devons adapter nos modèles socio-économiques pour qu’ils aient un visage humain, car de nombreux modèles l’ont perdu. En pensant à ces situations, au nom de Dieu, je veux demander : aux grandes entreprises alimentaires de cesser d’imposer des structures monopolistiques de production et de distribution qui gonflent les prix et finissent par priver de pain les affamés.

Selon lui, la « froide logique du marché » est le principal obstacle à l’élimination de la faim dans le monde. Mais cet argument trahit une terrible méconnaissance du fonctionnement des marchés et de la manière dont les réalisations passées en matière de réduction de la pauvreté mondiale ont été obtenues.

La « cupidité des entreprises » n’est pas du tout responsable de la hausse actuelle des prix

« Les marchés libres sont sans doute le meilleur outil pour réduire la pauvreté et créer une abondance largement partagée que l’humanité ait encore découvert », a déclaré Chelsea Follett, rédactrice en chef de HumanProgress, lors d’une interview. « Aucun pays n’est jamais devenu riche grâce aux seuls efforts caritatifs. »

« Prenons l’exemple de l’Inde, où l’Église catholique a accompli un travail humanitaire admirable », poursuit-elle.

« Durant les années 1970, alors que Mère Theresa aidait à soigner les pauvres de ce pays, ceux-ci étaient certainement dans le besoin, puisque plus de 67 % des enfants indiens souffraient d’insuffisance pondérale due à un manque de nourriture. Après que l’Inde a adopté [des marchés plus libres] au début des années 1990, le taux de pauvreté du pays a chuté. Et la proportion d’enfants classés comme présentant une insuffisance pondérale a rapidement diminué, tombant à environ 30 % selon les chiffres les plus récents. »

De même, Follett a expliqué que les marchés concurrentiels ont favorisé l’innovation technologique qui a rendu la nourriture plus abondante et plus abordable.

Mais qu’en est-il de la hausse actuelle des prix des denrées alimentaires ? Le Pape François n’a pas tort lorsqu’il souligne que les prix des denrées alimentaires ont augmenté aux États-Unis et dans le monde entier au cours de l’année dernière. Pourtant, il se trompe complètement de cause lorsqu’il accuse les « grandes entreprises alimentaires » et leur supposée cupidité (après tout, les entreprises ne sont ni plus ni moins avides aujourd’hui qu’il y a deux ans).

La cupidité des entreprises n’est pas du tout responsable de la hausse actuelle des prix des denrées alimentaires, comme l’a expliqué l’économiste Alex Salter dans une interview :

« Les prix des denrées alimentaires augmentent en raison de la hausse de la demande et de la baisse de l’offre. La seule façon de s’assurer qu’il y a autant de nourriture disponible que les gens veulent en acheter est que les prix augmentent. »

Il conclut :

« N’oubliez pas que les prix ne provoquent pas la pénurie, ils la révèlent. La nourriture serait encore plus difficile à obtenir si les entreprises n’augmentaient pas les prix. Nous pouvons parler des moyens d’aider les pauvres en utilisant la redistribution, mais blâmer la cupidité des entreprises n’a aucun sens. »

Dans le même temps, Follett a souligné que la tendance à long terme des prix des denrées alimentaires était en fait une histoire d’augmentation rapide de l’accessibilité financière :

« Si la hausse que nous observons actuellement dans les prix des denrées alimentaires est digne d’attention, la tendance à long terme est encourageante.[…]Au cours du siècle dernier, les Américains ont vu la nourriture devenir incroyablement plus abordable. La soi-disant « cupidité des entreprises », sous la forme de sociétés alimentaires qui se font concurrence pour offrir aux consommateurs davantage d’options à des prix plus bas, a contribué à cette évolution. La liberté d’innover et de s’engager dans des échanges commerciaux est responsable de la baisse à long terme des prix des denrées alimentaires. »

En clair, le Pape a tout faux sur les causes profondes de la faim dans le monde et de l’inflation alimentaire. Il est compréhensible qu’il ne puisse pas être un expert en toutes choses. Mais avec une telle plateforme et une voix aussi influente, il a l’obligation de mieux s’informer avant de s’immiscer dans les affaires économiques.

Traduction Justine Colinet pour Contrepoints.

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  • Hélas le pape François est très imprégné par les théories marxistes de la théologie de la libération. Rien d’étonnant à ce qu’il se fourvoie sur ce sujet.

  • Les papes et les curés n’ont jamais travaillé de leur vie. Ils vivent hors des contingences de ce monde.

  • Il est pourtant bien placé pour savoir que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

  • A mon sens, ce Pape devrait plutôt s’occuper de son job. Mes cheveux se sont hérissés lorsqu’il a dit de suivre sainte « greta thunberg » !

  • Ce pape a nommé des cardinaux tout aussi idéologisés que lui, son successeur sera du même acabit. Un schisme en vue ?

  • Il faut se rappeler que le clergé sud américain était en majorité partisan de la théorie de la libération pro-marxiste. Il n’a pas retenu la leçon de l’échec du communisme et du socialisme car il n’est pas suffisamment intelligent et continue de promouvoir les inepties de sa jeunesse!

  • Non seulement, il intervient sur des sujets qu’il ignore et qui ne sont pas de sa compétence mais il casse ce qui marche dans sa religion!
    Ses prédécesseurs doivent se retourner dans leur tombe et pour le dernier d’entre eux, s’user en prières!

  • j’ai aussi la conviction qu’il a tort..si la charité désintéressé soulage la misère, la charité n’est pas la solution à la pauvreté.. on peut jusqu’à aller imaginer que parfois elle fait PERDURER la pauvreté.

  • Kamarad, tout est la faute du capitalisme. Avec les kolcauses, rien de cela ne peut se produire. Voyez, durant la période communiste en URSS et en Chine, les gens faisaient bombance !!!

  • Si le pape voulait aider les pays pauvres, il les laisserait utiliser leurs ressources naturelles y compris fossiles pour se développer. Il préconiserait aussi de cesser la chasse au CO2 qui les prive de récoltes plus abondantes alors que , même si la malnutrition a diminué depuis les années 60, elle sévit encore dans le monde, ce qui bizarrement ne semble pas émouvoir les écolo-religieux devenus plus sensibles à l’éventuelle diminution de la largeur de la plage préférée de leur lieu de vacances.
    Encore faudrait-il convaincre le pape, et bien d’autres perroquets, que le réchauffement fort enregistré entre 1970 et 2000 est dû aux trois cycles solaires consécutifs très actifs 22, 23, 24 et que sa concomitance avec le développement industriel est purement fortuite. Les cycles 25 et suivants étant beaucoup moins actifs, on constate déjà une température stable et même légèrement en baisse depuis le dernier maximum de 2016. Avec un temps de réponse de 15-20 ans dû à l’inertie thermique des océans , on devrait s’orienter vers un refroidissement climatique proche. Si cela se vérifie, le méchant CO2, les filières décarbonées, l’équilibre carbone, les taxes carbone, les COP, le GIEC, les énergies intermittentes…et tant d’autres absurdités ne seront plus qu’un lointain souvenir.

    • Magnifique résumé du contexte dans lequel evolue l’hystérie collective du réchauffement

    • je suis d’accord avec le début .. mais la suite;.c’est ce qui s’appelle aller trop loin..je fais quant à moi le reproche au rca de prétendre en savoir trop pour faire des prévisions utiles..

      cela fait maintenant plusieurs années que des adepte des théories des cycles solaire ont prévu des refroidissements..

      pourquoi ne pas s’entenir au scepticisme..???

      d’où sortent vos 15 à 20 ans?

      • Monsieur Lemière, à la différence des modélisations du GIEC qui ne sont pas recalées sur les mesures réelles (satellites, ballons), les modélisations des cycles solaires sont plus fiables car recalées depuis des siècles sur les observations du nombre de taches solaires. Correction : ce sont les cycles 21 22 23 qui ont sévi de 1970 à 2000, le cycle 24 commençant au début des années 2000 a été moins actif, les suivants sont réputés peu actifs au vu de l’activité elle-même cyclique sur les 4 siècles passés. Le scepticisme légitime est donc davantage applicable à l’effet de serre qu’au soleil. Le climat n’étant jamais stable mais sinusoïdal, on peut se demander si la rampe légèrement descendante depuis 5 ans ne va pas plonger davantage dans les prochaines décennies. Heureusement l’inertie des océans, bien supérieure à celle du sol et de l’atmosphère, nous protège contre des variations brusques du climat. C’est pourquoi le climat est resté chaud de 2000 à 2016 et aussi pourquoi notre début de redescente sera lent. Dans cette hypothèse, adieu donc l’élévation du niveau des océans et l’inondation des zones côtières basses. Par contre il faudra mettre ce délai à profit pour prendre des dispositions vis-à-vis du manque d’électricité en hiver, car les éoliennes seront givrées, les panneaux solaires couverts de neige, les centrales sur les fleuves bloquées si les lits sont gelés, etc. Tout dépendra de l’intensité du refroidissement. Certains craignent que le minimum de Eddy (2030-2130) se révèle aussi dur que celui de Maunder au XVIIe siècle (nombreux morts par le froid et la famine).
        En fin de compte, un réchauffement ne serait peut-être pas si mal…

  • « an esteemed faith leader and global religious icon »

    Non, c’est une catastrophe, un péroniste complètement obtus au plan économique, comme le montre l’article, et en plus un immigrationniste fou.
    Les Argentins depuis Péron, qui a ruiné le pays dans les années 1950, ont une dent contre l’Europe. Ils avaient le niveau de vie de la Hollande à la fin de la guerre, ils ont tout ravagé par des politiques gauchistes et redistributrices à tout va, et continuent à le faire. Les péronistes sont au pouvoir actuellement.

    Le pape représente bien cet état d’esprit, s’il peut aider à détruire l’Europe par l’immigration incontrôlée, il se frottera les mains.

    • « Un immigrationniste fou » : hélas oui.
      On aurait pu espérer que ce pape venu d’un autre continent surmonterait enfin le vieil antagonisme millénaire entre l’église d’Orient et l’église d’Occident. Il n’en est rien, il abandonne les chrétiens d’orient à leurs bourreaux . Il est donc disqualifié pour parler œcuménisme. Au contraire il rêve de se transformer en pape des musulmans, ceux-là mêmes qui nous égorgent et nous massacrent. En quoi il se trompe lourdement. Jésus n’a jamais demandé de préférer les bourreaux à leurs victimes. Bien au contraire il défend les victimes.
      Certes il faut aimer son ennemi, mais sur le plan spirituel, en espérant qu’il s’amende. Mais, “ Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. ” (Matthieu 26:48-52 ; Jean 18:10, 11)
      Il faut se garder avec la plus grande défiance de ce pape installé là par l’Ordre Mondial et sa pensée unique.

  • Le pape ferait mieux de s’occuper de son business qui est très mal en point : probablement parce qu’il n’a plus de nourriture spirituelle à offrir aux humains. Et pourtant il ne semble pas qu’il y ait de tensions sur le prix des nourritures spirituelles qui aujourd’hui peuvent être distribuées à faible prix.

  • Bah, ce n’est pas une surprise. Ce pape se mêle de tout, sauf pratiquement, de ce qui le regarde vraiment.
    Sur le plan du spirituel, de la liturgique, de la « discipline » et l’organisation dans l’Eglise, il est un peu à la rue, crée des problèmes au lieu d’en résoudre.

    Pour le reste, il ressort les discours médiatiques communs, et patauge dans l’idéologie Marxiste léniniste qui a bercé ses années formatives en Argentine. Le truc qu’il n’a pas l’air de réaliser c’est que si l’Eglise dit la même chose que la télé, les gens regarderont la télé et n’écouteront plus l’Eglise : moins fatiguant, plus divertissant ! Surtout si en plus on met des liturgies toutes moches avec des chansonnettes ridicules à la « jésus reviens » !

  • Sous n’importe qu’elle robe ou uniforme les marxistes sont hautement toxiques.

  • C’est fou le nombre d’inepties communistes qu’il peut sortir. Si la faim a été éliminée dans le monde c’est bien grâce au capitalisme!

  • Les commentaires sont fermés.

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