Épargne : comment placer son argent quand on n’y connaît rien

Bourse actions (Crédits SimonQ錫濛譙, licence Creative Commons)

Alors qu’il semble de plus en plus clair que vous aurez des retraites très limitées, vous devriez prendre en main votre épargne, surtout si vous n’y connaissez rien. Voici quelques principes de base pour placer votre argent.

Par Alexis Vintray.

Définir ses objectifs

La première priorité pour bien placer son argent ? Savoir ce qu’on veut en faire, ce qu’on aura besoin d’en faire et quand. Il est essentiel de commencer par vous demander pourquoi vous mettez de l’argent de côté : pour un projet à court terme ou à long terme ? Pour un objectif précis comme un achat immobilier ou les études de vos enfants ?

Cette première étape vous permettra ensuite de choisir les produits appropriés. Elle ne doit pas être négligée, faute de quoi vous risqueriez de sous-investir votre épargne en la conservant inutilement sur des placements non rémunérateurs. Pire, vous pourriez investir sur un placement de long terme alors que vous aurez besoin de l’argent dans six mois, et vous auriez alors des frais coûteux.

Une fois cette clarification faite, réfléchissez à votre épargne de précaution.

Épargne de précaution : la première brique

On ne sait jamais de quoi demain est fait et il est important de se protéger contre les risques du quotidien : accident, réparation de voiture, chômage et autres imprévus de la vie. C’est dans ces moments que sert l’épargne de précaution. Son montant dépend donc de votre situation (un artisan sera davantage à risque de perte de revenus qu’un fonctionnaire). Généralement, on recommande de 3 à 6 mois de dépenses à conserver en épargne de précaution.

Où la placer ? Vous l’aurez compris, pour cette poche l’objectif est de l’argent accessible à tout instant, donc sa disponibilité est essentielle. Rien de mieux pour cela que votre livret A, accessible à tout instant, avec un plafond de 22 950 euros et dont les intérêts ne sont pas fiscalisés. Mais logiquement, cette disponibilité immédiate a une contrepartie, votre argent ne vous rapporte quasiment rien sur un livret A (0,5 % annuellement) : le livret A n’est donc pas du tout une solution pour le reste de votre épargne. Son plafond, augmenté par François Hollande, est beaucoup trop élevé pour la grande majorité des Français qui n’ont pas besoin d’autant d’argent de côté.

Que faire une fois cette brique épargne de précaution assurée ?

Immobilier résidentiel

Immobilier parisien (Crédits : Damien Roué, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

Posséder sa résidence principale est souvent le meilleur des investissements, même s’il ne se résume pas à « ne pas jeter de loyers par les fenêtres ».

Cependant, un point essentiel à vérifier : combien de temps allez-vous rester dans le logement ? L’achat d’un bien immobilier coûte très cher initialement (près de 10 % de frais initiaux, essentiellement des taxes, pour changer). Pour le rentabiliser par rapport à une location, il faut donc y rester généralement au moins une demi-douzaine d’années. Par exemple, inutile d’acheter en résidence principale un studio si vous pensez avoir trois enfants dans les quelques années à venir.

Gros avantage de la pierre, l’immobilier est en France le seul investissement sur lequel vous pouvez bénéficier d’un effet de levier (c’est à dire investir à crédit et non avec votre apport personnel). A budget égal, investir à crédit fait travailler l’argent de la banque pour votre bénéfice et vous permet d’investir votre argent à vous ailleurs en parallèle. Faire votre investissement à crédit peut donc être plus rémunérateur, surtout avec les taux actuels. De plus, grâce à l’assurance de prêt obligatoire, vous disposez d’une protection pour vous et vos proches en cas de graves pépins de santé.

Investissements financiers

Bourse (Crédits jam_90s, licence Creative Commons)

Reste bien sûr le gros morceau une fois ces deux briques posées : vos investissements financiers, en assurance-vie, PEL ou PEA par exemple. Le principal choix à faire est celui de la répartition entre placements risqués mais rémunérateurs (actions par exemple) et placements plus sûrs mais peu rémunérateurs (fonds euros en assurance-vie par exemple). C’est là qu’avoir défini ses projets sera essentiel. Pour un projet à court terme, il sera recommandé de ne pas placer son apport immobilier (par exemple) en bourse.

Les variations des actions étant fortes et le risque important, il est très fortement conseillé de n’y mettre que de l’argent dont vous n’avez pas besoin avant 5 ans. En contrepartie, vous pouvez en espérer un rendement de 5 à 7 % selon les tendances historiques, mais sans garantie. À date, en 2021 le CAC 40 fait ainsi +20 % de hausse, mais rien ne dit que cela continuera !

À l’inverse, il vous faut aussi des placements plus sécurisés mais nettement plus rentables que le livret A. Un vieux PEL qui peut rapporter 2,5 % et plus est un excellent placement sécurisé (mais limité à 61 200€ de versements). Vous ne pouvez cependant pas désinvestir sans le clôturer totalement. Le fonds euro en assurance-vie peut généralement être investi et désinvesti à votre guise, avec un rendement stable dans le temps mais limité, qui devrait se situer entre 1 % et 1,5 % en 2021, avant prélèvements sociaux.

Parmi les bons courtiers, vous trouverez Linxea et son assurance vie (sans frais sur versements) Linxea Avenir : Souscription en ligne Assurance Vie Avenir.
Pour une demande de documentation

Il vous faudra prendre un peu de risque pour gagner davantage d’argent.

Comment investir en bourse ?

Si vous avez décidé que mettre plus ou moins 25 % de votre épargne en actions, comment le faire ?

L’investissement en actions a une image de produit complexe mais peut être en fait très simple, même pour un débutant. Avec la fiscalité française, les enveloppes fiscalement les plus intéressantes sont le PEA et l’assurance-vie, qui permettent d’éviter la fiscalité (à part les prélèvements sociaux), jusqu’à certains plafonds pour l’assurance-vie. La première priorité est de les ouvrir pour prendre date et commencer à faire tourner le compteur fiscal. En effet, il faut attendre 5 ans (PEA) et 8 ans (assurance-vie) pour bénéficier de cette exonération de fiscalité.

Ensuite, au sein de ces enveloppes, vous pouvez choisir d’investir en direct sur quelques sociétés ou fonds (plus complexe), mais surtout sur des trackers (ou ETF). Derrière ce terme barbare se cachent des produits financiers qui reproduisent exactement la performance d’un indice boursier comme le CAC 40. Vous pouvez ainsi investir sur tout le CAC 40 ou les principaux indices boursiers, et ce en un clic. Et le tout avec des frais réduits au minimum !

L’approche la plus simple consiste ainsi à investir en « CW8 » sur un PEA, le tracker Monde, répliquant la performance des 1 700 plus grosses sociétés des pays développés, en un seul produit à bas frais ! Sur une assurance-vie, vous pourrez trouver des produits équivalents dans toutes les bonnes assurance-vie. Vous pouvez ensuite raffiner l’approche en choisissant de préférer certains secteurs ou certaines géographies au fur et à mesure que votre compréhension s’améliore.

Attention à la psychologie quand on investit

Enfin, ne négligez pas l’aspect psychologique ! Une fois effectué le choix de l’enveloppe et du support sur lequel investir, reste le plus dur : le faire et selon quel rythme. Si vous voulez limiter votre risque, il est généralement conseillé d’investir progressivement (le terme consacré étant DCA). Cela limitera le risque d’investir au plus mauvais moment…

Enfin vous pouvez voir ces quelques conseils en vidéo, qui synthétisent selon l’adage en « Time in the market is better than timing the market ».

 

En résumé, la gestion passive par ETF donne de meilleurs résultats en moyenne que la gestion active, il ne faut pas trop chercher à faire compliqué. Les approches les plus simples sont souvent les meilleures.

En tout cas, en gestion passive, l’une de plus grosses erreurs est d’attendre une baisse pour investir, et en gestion active, il en est de même !

Et n’oubliez pas, réduisez vos frais…

Bien sûr, si l’absence de contact physique vous convient, il reste fortement recommandé de choisir une banque en ligne comme Boursorama ou Fortuneo pour réduire vos frais bancaires.

Les banques en ligne sont toujours bien plus avantageuses que les banques classiques et proposent tous les placements proposés précédemment dans l’article. En plus, on vous donnera de l’argent pour le faire en plus des économies de frais bancaires. En termes de frais de courtage si vous investissez en bourse, Fortuneo sera probablement le meilleur choix pour vous.

Sur le web

Article modifié le 23 septembre à 8h45 pour une précision sur l’effet de levier

Contrepoints peut toucher une rémunération dans le cadre de certains liens présents dans l’article. Cela n’a pas influencé le contenu de l’article.

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