Gestion de fonds : comment faire l’économie de 2% par an avec les ETF

Bourse - NYSE Euronext - the trading floor at euronext - Credits Perpetual Tourist (CC BY-NC-SA 2.0)

Quels sont les avantages du placement dans un fonds indiciel côté ?

Par Régis Yancovici.

Bourse - NYSE Euronext - the trading floor at euronext - Credits  Perpetual Tourist (CC BY-NC-SA 2.0)
Bourse – NYSE Euronext – the trading floor at euronext – Credits : Perpetual Tourist (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Jusqu’à un temps récent, il était donné un choix binaire aux investisseurs lorsqu’ils s’intéressaient aux OPCVM : gestion active ou gestion passive. La gestion active permettait d’acheter l’espoir d’une surperformance. La gestion passive n’offrait que l’ennuyeuse réalité de suivre un indice.

Sélectionner un fonds de gestion active n’est pas simple. La recherche de la surperformance présente de nombreux écueils. Elle peut provenir d’un surcroît de risque, d’un effet cyclique (le gérant favorise structurellement un secteur) ou la chance (une pendule cassée affiche l’heure exacte tout de même deux fois par jour). Le monde de la gestion active ne se divise simplement pas en deux : les mauvais gérants qui sousperforment, approximativement chaque année les trois quarts, et le quart restant qui ferait preuve d’une capacité d’analyse exceptionnelle qui surperforme. C’est plus compliqué que cela.

Tout d’abord, on peut avoir une forme de compassion envers les gérants actifs. Ils sont dans une course sans fin pour proposer des produits attractifs à leurs clients. Près de 50% des fonds 4ème quartile changent de style de gestion, fusionnent ou sont détruits au bout de 5 ans. Malgré ce nettoyage permanent, le taux de fonds sousperformants ne baisse pas. Ce n’est pas surprenant lorsque l’on prend en considération le fait qu’un bon fonds le reste rarement. Seuls 10% des fonds 1er quartile le restent 3 années de suite et 1,3% pendant 5 années de suite1.

De l’autre côté, chaque année, 25% environ des fonds battent leur indice. On l’a compris, ce n’est pas uniquement grâce à leur talent. Si tel avait été le cas, la surperformance serait plus pérenne. En réalité, le facteur déterminant la capacité d’un gérant à surperformer est son style de gestion. Depuis 1926, la gestion « value » a progressé de 12,9%, alors que la gestion « growth » de seulement 9,3% (annualisées). Sur la même période, les grandes capitalisations sousperforment les petites (8,9% vs. 11,3%). Comment un gérant pragmatique ne pourrait être sensible à ces dissymétries ? En ce sens, nous ne faisons là que dire prosaïquement ce qu’a démontré Carhart en 1997 : la performance d’un fonds peut s’expliquer quasi totalement par des facteurs de risque classiques (risque de marché, valorisation, taille, momentum).

Si la bonne performance d’un gérant tient plus à son positionnement qu’à son talent, pourquoi payer si cher alors que désormais les ETF Smart béta permettent d’accéder de manière efficiente à ces moteurs de performance pour un coût réduit ? Constituer un portefeuille « value small caps », la catégorie la plus performante à long terme, est un jeu d’enfant.

Il y a une autre façon d’envisager les choses. Si l’on peut décliner un fonds de gestion active en facteur de risque, alors il est possible de le reproduire avec un portefeuille d’ETF. Il ne s’agit pas de répliquer uniquement des fonds dont le comportement est proche de leur indice mais l’ensemble des fonds actions et diversifiés. L’intérêt de l’exercice est très pratique. En investissant dans un panier d’ETF, vous faites l’économie des frais pesant sur la gestion active. Sur les 200 OPCVM que nous avons répliqués, l’économie est de 2,02% !

Sources : S&P, Crédit Suisse, Forbes.

  1. Sur le marché des mutual fund américain.