Sur le chemin de l’école (et de la liberté)

La rentrée scolaire est l’occasion de revoir ce documentaire extraordinaire sur quatre écoliers des quatre coins de la Terre qui affrontent mille dangers pour se rendre à l’école.

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Sur le chemin de l’école (et de la liberté)

Publié le 20 août 2021
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Par Johan Rivalland.

En cette rentrée, où un certain nombre d’enfants manifestent peut-être des réticences à l’idée de revenir sur les bancs de l’école, voici un documentaire passionnant qui rappellera que l’école peut en un sens être considérée comme un luxe, en tous les cas comme un précieux instrument d’accès potentiel à la liberté.

L’école est une sorte de luxe dont on mésestime trop souvent la valeur, surtout lorsqu’on est un enfant vivant dans un pays aisé, pour qui s’y rendre va de soi, celle-ci étant jusqu’à un certain âge obligatoire. Et ce, quels que soient ses défauts.

Sans elle, difficile pour la plupart d’envisager un accès à l’instruction, à de la connaissance et à une chance de pouvoir améliorer son sort, sa vie, ou tout au moins de pouvoir accéder à des métiers inenvisageables autrement.

Le chemin de la connaissance

Sur le chemin de l'écoleÀ travers ce documentaire, nous suivons ainsi, en parallèle, l’itinéraire de quatre enfants à quatre endroits différents de la planète, en des lieux où l’école est loin d’être accessible à tous et où il faut une sacrée détermination pour souhaiter s’y rendre coûte que coûte.

Ces quatre enfants ont en commun d’être loin de l’école la plus proche, de devoir effectuer un très long parcours semé d’embûches et parfois au péril de leur vie. Avec un souci commun : le désir d’améliorer leur vie, d’accomplir leurs rêves en accédant au métier auquel ils aspirent, mais aussi plus immédiatement répondre à leur soif d’apprendre, à commencer par le plus rudimentaire : lire, écrire et compter.

Voici ce qu’énonce la voix off (que l’on n’entendra plus par la suite, pour laisser place aux images pures, sans commentaires ajoutés), en ouverture :

On oublie trop souvent que l’école est une chance. Dans certaines régions du monde, le chemin de l’école est un parcours du combattant et le savoir une conquête. Chaque matin, parfois au péril de leur vie, des enfants héroïques s’engagent sur le chemin de la connaissance.

Un parcours semé d’embûches

On frémit avec Jackson, 11 ans, qui vit au Kenya et part chaque jour à 5 heures 30 du matin en compagnie de sa petite sœur pour effectuer les 15 kilomètres qui les séparent de l’école, à travers la savane et au milieu de la menace des bêtes sauvages. Deux dangereuses heures de trajet à pied qu’ils effectueront chaque jour dans l’autre sens après leur journée d’école.

Zahira, 12 ans, réside quant à elle dans les montagnes de l’Atlas marocain. Et ce n’est pas une sinécure que de devoir marcher durant quatre heures chaque lundi matin, en compagnie de ses deux amies qu’elle retrouve en chemin, afin de rejoindre son internat. Vingt-deux kilomètres les séparent de leur école, et pas facile de recueillir l’aide et la bienveillance d’automobilistes pour les convoyer une partie du chemin, celle où de petites routes arpentent le relief escarpé. Le week-end qui précède cette longue pérégrination, Zahira apprend ses leçons auprès de sa grand-mère, qui n’est pas allée à l’école, mais a étudié simplement le Coran à la Mosquée.

  • Carlos, 11 ans, traverse les plaines de Patagonie à cheval, chaque jour et par tous les temps, en emmenant avec lui sa petite sœur, sur plus de 18 kilomètres. Un itinéraire d’environ une heure et demie. Avec une détermination là encore sans faille, bravant eux aussi la fatigue, les douleurs physiques, les dangers du relief.

Enfin, Samuel, 13 ans, enfant handicapé habitant dans le Golfe du Bengale en Inde, se déplace en fauteuil roulant, poussé par l’un de ces deux petits frères, tiré par l’autre, sur des chemins chaotiques, boueux, caillouteux. Un véritable exploit quotidien sur les 4 kilomètres de leur itinéraire, qu’ils parcourront en moyenne en une heure et quart d’efforts particulièrement intensifs, surtout lorsque le fauteuil roulant, rouillé et en mauvais état, connaît des défections en cours de route…

Un documentaire particulièrement émouvant et en forme d’hommage à la fois à tous ces enfants qui, de par le monde, connaissent des situations semblables, mais aussi à l’école en général, dont on mesure mieux le prix et la chance que nous avons de pouvoir y accéder sans trop de peine. Sans oublier tous ceux qui sont contraints, aujourd’hui comme naguère, de travailler très très jeunes, et préféreraient très certainement disposer de cette chance d’aller à l’école, que nous avons trop souvent tendance à oublier ou ignorer ici en des lieux favorisés.

  •  Sur le chemin de l’école, un film de Pascal Plisson, Lauréat du César 2014 du meilleur film documentaire, Winds films, 74 minutes, avril 2014.

Un article publié initialement le 2 septembre 2016

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  • J’ai eu la chance d’accompagner la classe de mes enfants lorsqu’ils sont allés voir ce documentaire, en mai 2014. Ils était en CM2 et s’en souviennent encore. Très poignant, sans sensiblerie, les images parlant d’elles-mêmes.

  • Tous ces pays ont voulu l’indépendance et la liberté, je ne me sens pas coupable de cette misère éducative, ces pays ont refusé la civilisation occidentale et leur culture que ces pays chrétiens ont acquis au bout des centaines d’années. A eux de faire cet effort. Par ailleurs maintenir le peuple dans l’ignorance c’est augmenter son pouvoir et s’accaparer les richesses du pays pire que pendant l’époque coloniale. Amen

    • Enseigner « Nos ancêtres les Gaulois » sous les tropiques ?

      Oui leur culture doit s’adapter, mais ils n’ont pas plus envie d’adopter la nôtre que nous la leur : renier sa culture est se renier soi-même. Il faut « corrompre » leur culture ou plutôt qu’ils corrompent eux-même leur culture à vitesse accélérée, de façon individuelle et non planifiée par leurs dirigeants ou les nôtres. En bref qu’ils s’embourgeoisent jusqu’au fin fond de la brousse.

    • Mais le papet, personne ne vous demande de vous sentir coupable, et surtout pas les gamins du documentaire. C’est juste un documentaire qui montre la ténacité et les difficultés d’un certain nombre d’enfants, pas qui dit aux Occidentaux qu’ils sont responsables de quoi que ce soit, détendez-vous, réparez de la tisane.

  • Dans un pays sous-développé, cette situation est la normalité.

    Elle n’est pas simplement un danger ou une peine (qui sont la normalité), mais une injustice pour les chances d’un enfant de parvenir à un haut degré d’éducation.

    Car il ne faut pas oublier que dans un pays tropical, la nuit dure 12 heures toute l’année : quand l’écolier rentre (et part de) chez lui, il fait nuit et il n’y a pas ou peu d’éclairage. Donc difficulté pour apprendre ses leçons, faire ses devoirs, lire … Alors qu’il est tout autant (ou plus) désireux d’apprendre qu’un enfant de chez nous.

    Au final, le c’est le manque d’infrastructures qui réduit les chances des écoliers et donc la progression de l’éducation. Celui qui parvient à un haut niveau est 10 fois plus méritant (et doué) que chez nous. Et le développement du pays est lent.

    Larmoyer sur 4 enfants a sans aucun doute valeur d’exemple. L’asymétrie du développement des pays est pour moi un problème de fond très supérieur au « prêt à penser » sur les « problèmes de l’humanité » qu’on nous sert régulièrement.

    • Les seuls problèmes de l’humanité sont la bêtise et l’ignorance qui affligent les Occidentaux qui s’inventent des dangers inexistants!

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