Vacciné contre la covid-19, faudra-t-il se faire re-vacciner ?

Les évolutions du virus SARS-CoV-2 ne vont-elles pas échapper à l’immunité obtenue ?

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Vacciné contre la covid-19, faudra-t-il se faire re-vacciner ?

Publié le 3 août 2021
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Par William Petri.
Un article de The Conversation

La prévalence croissante des nouveaux variants du coronavirus soulève de plus en plus de questions sur le niveau de protection même après vaccination : ces évolutions du virus SARS-CoV-2 ne vont-elles pas échapper à l’immunité obtenue ? Le microbiologiste et spécialiste des maladies infectieuses William Petri, de l’université de Virginie, répond en 6 points aux interrogations les plus fréquentes sur les vaccins et leur rappel.

1. Qu’est-ce qu’un rappel de vaccin ?

Le rappel d’un vaccin est l’injection d’une dose supplémentaire destinée à maintenir la protection immunitaire face à un pathogène donné. Le procédé est courant, car notre immunité peut s’affaiblir dans le temps de façon tout à fait naturelle. Par exemple, le vaccin contre la grippe doit être refait chaque année, ceux contre la diphtérie et le tétanos tous les dix ans.

Particules virales de la grippe
Certains virus (ici la grippe) évoluant très vite exigent des vaccins remis à jour tous les ans.
Centers for Disease Control/CDC Influenza Laboratory, CC BY

 

Le vaccin injecté lors du rappel est souvent identique au premier. Mais pas obligatoirement : lorsque le virus ciblé est connu pour évoluer rapidement, son vaccin doit être modifié régulièrement afin s’y adapter : c’est par exemple le cas pour la grippe saisonnière, dont le vaccin doit être réajusté chaque année sous peine d’obsolescence.

2. Avons-nous déjà besoin d’un rappel pour la covid ?

Début juillet aux États-Unis, après une intense campagne de vaccination de plusieurs mois, aucune autorité sanitaire (Centers for Disease Control and Prevention, the Food and Drug Administration and the Advisory Committee on Immunization Practices) n’en voit encore l’intérêt. (Ndlr : en Israël, les autorités incitent les plus de 60 ans à prendre une troisième dose. En France, la réflexion est en cours en ce qui concerne les publics les plus vulnérables et qui ont été vaccinés les premiers.)

3. Pourquoi les rappels ne sont-ils pas encore recommandés ?

Même si le bénéfice d’un vaccin n’est pas éternel, le moment où il va s’estomper dans le cas de la covid-19 n’est pas encore établi.

Ceci notamment parce que tous les vaccins actuellement autorisés contre la covid-19 induisent une bonne immunité. Ils permettent bien aux lymphocytes B à mémoire de notre système immunitaire d’enregistrer les propriétés des pathogènes auxquels nous sommes confrontés, et donc de lancer la production des anticorps adéquats en cas de nouvelle exposition. De haut niveau de lymphocytes B à mémoire ont en effet été détectés chez des personnes vaccinées (Pfizer) au moins 12 semaines après injection.

D’autres études suggèrent également que même s’ils n’empêchent forcément pas la contamination, ces vaccins offrent une certaine protection y compris contre les souches émergentes de coronavirus. Pour Johnson & Johnson, 73 % et 82 % d’efficacité contre les formes graves du variant Beta ont été constatée respectivement 14 et 28 jours après injection. Pour Pfizer, des résultats préliminaires laissent présager une efficacité de 88 % contre le variant Delta.

L’immunité sur le long terme est également assurée par les plasmoblastes. Ces cellules, autres intervenants dans la production d’anticorps, n’ont pas besoin de rappel et ont été détectées onze mois après injection chez des personnes vaccinées : ce qui laisse bien supposer la mise en place d’une mémoire immunitaire efficace.

Un lymphocyteB, acteur majeur de la production d’anticorps
Plusieurs cellules de notre système immunitaire participent à la production des anticorps (ici, lymphocyte B) et à leur mémorisation en cas de nouvelle rencontre.
NIAID

4. Comment savoir si un rappel va devenir nécessaire ?

Un signe du besoin d’un rappel serait la montée en puissance de l’épidémie chez les personnes vaccinées. Pour l’heure, les vaccins restent largement efficaces… Mais le niveau exact d’immunité individuelle qu’ils procurent est toujours en cours d’évaluation.

Pour évaluer cette immunité, les chercheurs se penchent notamment sur certains anticorps induits par les vaccins : ceux qui reconnaissent la protéine Spike permettant au coronavirus d’entrer dans les cellules et qui auraient une importance majeure.

À l’appui de cette idée, une étude montrant que les vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna), qui semblent les plus efficaces, génèrent un plus haut niveau d’anticorps dans le sang que les vaccins à adenovirus (Johnson & Johnson et AstraZeneca). Une étude préliminaire suggère également que le niveau d’anticorps anti-Spike serait plus bas chez les anciens malades de la covid-19 y compris après injection du vaccin d’AstraZeneca.

Bien sûr, le personnel médical aimerait pouvoir déjà proposer à ses patients des tests sanguins capables de mesurer de façon fiable leur niveau de protection contre la covid-19… Ce qui indiquerait, clairement, si quelqu’un a besoin d’un rappel.

Mais jusqu’à ce que les chercheurs sachent de façon certaine comment mesurer l’immunité induite par la vaccination, le signe à suivre quant à la nécessité d’un rappel sera, comme noté précédemment, l’évolution du nombre de contaminations chez les personnes vaccinées… notamment passé un certain âge : en effet, après 80 ans la vaccination entraîne une production moindre d’anticorps et donc une immunité qui pourrait possiblement décliner plus rapidement qu’au sein de la population globale. Les personnes âgées pourraient également être plus sensibles aux nouveaux variants.

5. Être immunodéprimé augmente-t-il le besoin d’un rappel ?

L’immunodépression pourrait effectivement rendre nécessaire un rappel. Une étude a montré que, chez 39 greffés du rein sur 40 et un tiers des patients sous dialyse considérés, la vaccination n’avait pas entraîné une production d’anticorps décelable. Même constat dans une autre étude, menée cette fois chez 20 patients atteints de maladies musculo-squelettiques et sous traitement immunosuppresseur. Dans les deux cas, tous les patients étaient pourtant complètement vaccinés.

Ce qui ne signifie pas que la vaccination est sans intérêt pour les personnes immunodéprimées. Au moins une étude montre qu’un rappel peut avoir un effet positif : chez un tiers de patients transplantés vaccinés avec Pfizer ou Moderna, si les deux premières doses n’avaient pas permis de déceler d’anticorps, une réponse immunitaire est apparue avec la troisième. (Ndlr : en France, La Direction générale de la Santé recommande déjà cette troisième dose dans certains cas.)

Comment savoir, alors, si l’on est immunodéprimé et vacciné, si notre système immunitaire a besoin de cette stimulation complémentaire ? Des résultats préliminaires laissent penser qu’un test ciblant spécifiquement les anticorps anti-Spike induits par un vaccin pourrait aider à s’assurer si ce dernier a marché. Mais pour l’heure, aux États-Unis, ce genre de protocole n’est pas encore recommandé par la FDA.

6. Faut-il le même vaccin lors du rappel que lors des premières injections ?

C’est très peu probable. Il a été démontré que les vaccins à ARNm (comme ceux de Pfizer et Moderna) pouvaient même être couplés avec les vaccins à adénovirus (comme AstraZeneca) sans perte d’efficacité.

William Petri, Professor of Medicine, University of Virginia

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

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  • J’ai lu l’article mis en référence sur la réponse immunitaire des malades covid vs vaccins et l’article seulement de la réponse immunitaire après vaccination; Correlates of protection against symptomatic and asymptomatic SARS-CoV-2 infection.
    L’article dit que le vaccin ne protège pas d’une infection asymptomatique, i.e. des voies aériennes supérieures, ce qui est normal car ce n’est pas les mêmes immunoglobulines que les sériques.

  • Nouvelles apparemment rassurantes, sauf l’aspect technique, c’est ce que pressent le béotien quand il compare dans son esprit le vaccin contre covid à la celui contre la grippe ..
    A titre personnel j’ai une critique il me semble trivial que TOUS les virus mutent.. mais que tous ne mutent pas d’une façon qui importe pour la vaccination.. ce qui fait que le passage pour les virus qui mutent « rapidement »(?) une adaptation est necessaire me semble une pirouette.. mais peu importe..

    Il me semble qu’il conviendrait pour rassurer les gens de leur expliquer que nous avons probablement les moyens technologiques économiques et logistiques d’adapter le vaccin et vacciner les gens suffisamment rapidement pour faire passer les épidémie sous le le niveau quantitatif dit catastrophique.. (le problème étant qu’on ne l’a jamais précisé).. ce qui doit être lié à la façon dont ce virus » infecte et tue »..et à la technologie..

    la majeure partie des gens se fout du virus et n’en a pas peur!!! ils ont peur des mesures!!!

    Donc on est en droit de demander à quel niveau de morts et de cas graves on aura le droit de se foutre du covid et retrouver sa liberté et on ne sea pas traité de criminel si on infecte une personne..

    le futur est inconnu…se vacciner est « peu risqué » ..

    une personne qui voudrait faire peur le pourrait…

  • non.. vous avez le droit de le penser… l’affirmer est diffamatoire. tout simplement.

    • De 15,50 à 19,50 la dose, cela fait ou prou 25% d’augmentation.
      C’est noté dans les contrats signés par les gouvernements. Comme l’obligation d’achats d’un certain nombre de doses.
      Il y a beaucoup d’argent et de pouvoir en jeu.

  • Ce qui encore une fois me surprend en temps que soignant, c est la précipitation à affirmer une efficacité et alors qu on sait peu de choses sur les effets secondaires on se lance sur une 3 injection. On peut comprendre que le rappel soit nécessaire mais ce n est pas en rajoutant 3 couches de cirage pour faire la vaisselle qu elle va devenir propre. Il serait temps de se poser

  • On a entendu dire il y a quelques mois que les personnes du groupe sanguin O+ étaient plus résistantes à l’infection par le coronavirus. Plus aucune nouvelle sur les éventuelles recherches concernant cette « immunité ou protection » naturelle. Il n’ay a plus que les vaccins?

    • et donc.. normalement autant de causes non nécessairement indépendantes les unes des autres.. qu’il faudrait toute connaitre pour donne run risque « véritable » à une personne..

    • On sait beaucoup de choses sur les facteurs de risques/de protection. Groupe sanguin, sexe, hypertension, diabète, obésité, tabagisme même. On sait beaucoup de choses également sur le traitement de la maladie. Mais non, depuis le début il ne s’agit que d’enfermer, d’isoler et maintenant d’injecter et de surveiller massivement.

  • « Pour Johnson & Johnson, 73 % et 82 % d’efficacité contre les formes graves du variant Beta ont été constatée respectivement 14 et 28 jours après injection. Pour Pfizer, des résultats préliminaires laissent présager une efficacité de 88 % contre le variant Delta. »
    Pour moi comme pour beaucoup de gens, le niveau de confiance à propos de tout ce qui touche au Covid ( politiques, organismes, laboratoires, etc) est proche de zéro. Les mensonges se sont accumulés, les chiffres ont été trafiqués, les conflits d’intérêt ont été dissimulés… et l’on voudrait que j’aie foi dans les dernières affirmations de Pfizer ou de Moderna ?

  • Dans mon hôpital , les patients dits à risques ont déjà tous la 3ème injection. Il ne s’agit donc plus d’une réflexion en cours

  • Ah The Conversation. La voix de son maître. Scientifique en mode « the science is settled ». Ces débats et informations pourraient encore avoir de l’attrait s’ils n’étaient pas un écran de fumée face à la société de surveillance autoritaire qui vient.

  • Dans les centres de vaccination suisse une affiche de l’OFSP affirme que les gestes barrières sont obligatoires même vaccinés:
    -Masque à l’intérieur.
    -Masque au travail.
    -Éviter les contacts sociaux.
    -Interdiction de manifestation dans les lieux publique.
    -Pas plus de 5 dans le privé.
    -Traçage recommandé.
    -etc. etc.
    .
    J’ai bien lu tous les encarts d’information, c’est merveilleux, ils annoncent clairement que le « vaccin » ne marche pas et qu’on ne connait pas encore les effets sur les jeunes juste après la phrase qui dit que les vaccins sont « sûrs et vérifiés »… pour les jeunes.
    Pour ceux qui croient encore qu’après la vaccination la vie va reprendre c’est exclu et annoncé:
    https://i.imgur.com/pWlTAfa.jpg
    https://i.imgur.com/jEgL4G8.jpg
    .
    (On y allait pour ma femme qui est menacée de perdre son emploi. Sa boss veut « enlever les masques » 🙂 )

  • Les commentaires sont fermés.

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