Théorie monétaire « moderne » : nouvelles inepties socialistes

La théorie monétaire moderne (MMT en anglais), c’est la nouvelle façon de nous faire croire aux éléphants roses économiques.

Par Pierre-Guy Veer.

La folie c’est de répéter les mêmes erreurs et espérer des résultats différents.

Cette citation est attribuée à Albert Einstein. Qu’il en soit l’auteur ou non, elle est très vraie, surtout quand vient le temps de décrire les politiques anti-libérales. Depuis au moins Marx, elles tentent de reformuler des idées saugrenues dans l’espoir de finalement pouvoir s’imposer.

La plus récente est celle de la théorie monétaire moderne (MMT en anglais). C’est la nouvelle façon de nous faire croire aux éléphants roses économiques.

Il s’agit de faire table rase du passé avec un révisionnisme historique patent. En effet, selon cette théorie, la monnaie est une création gouvernementale. Il n’en est rien. La monnaie a été inventée pour faciliter les échanges.

Pouvez-vous imaginer ce que serait le troc en 2021 ?

Mes principaux talents sont la linguistique et l’écriture. Combien de fermiers voudraient les échanger pour de la nourriture ? Et s’il y avait correspondance des besoins, que ferais-je d’une vache ? Et ne parlons même pas de toute cette viande à consommer, conserver, dépecer…

L’or et l’argent, plutôt que le fer et le cuivre, ont vite gagné la faveur des gens en tant que monnaie grâce à leur durabilité et leur rareté, et ainsi à la préservation de leur pouvoir d’achat.

Jean-Baptiste Say avait d’ailleurs documenté dans le détail à quel point le pouvoir d’achat de l’argent avait constamment augmenté entre la chute de l’Empire romain et la colonisation européenne de l’Amérique. Puisque la plupart des mines rentables étaient en exploitation, moins de métal en était extrait, rendant plus chère la quantité en circulation.

Ignorer la réalité

Ainsi, davantage de monnaie en circulation signifie un pouvoir d’achat plus faible par unité, tel que l’a démontré la réalité depuis l’invention des banques centrales et expliqué Richard Cantillon dès 1730.

Mais à l’instar des wokes aux États-Unis, les partisans de la MMT n’ont que faire de la réalité objective. Pour eux, l’inflation ne se produit qu’en période de plein emploi, un état du marché dont les pouvoirs publics ont la responsabilité, peu importe le niveau de déficit qui est atteint. Autrement, il est immoral d’avoir des chômeurs.

Selon cette logique, le Canada devrait s’approcher de cette chimère grâce aux déficits titanesques du gouvernement fédéral qui atteignent quelque 16 % du PIB. Et l’intérêt sur cette dette pourrait atteindre 10 % de toutes les dépenses d’ici 2026.

Mais peu importe ! Comme un gouvernement ne peut pas faire faillite, il suffit qu’il imprime davantage de billets. Ce n’est pas comme s’il existait des exemples historiques où une surimpression de monnaie fiduciaire avait causé des problèmes majeurs…

Pour en revenir au plein-emploi, c’est une des raisons pour laquelle Alexandria Ocasio-Cortez, supposément bachelière en économie, propose son infâme New Deal vert. Selon elle, il suffit d’imprimer davantage de billets verts pour financer son plan et ainsi créer plein d’emplois grâce à la prestidigitation gouvernementale.

Malheureusement pour elle et les partisans de la MMT, l’effet d’éviction est réel.

Un gouvernement qui prend beaucoup de place dans l’économie évince les particuliers, ralentissant ainsi l’économie. C’est plutôt évident au Québec depuis la supposée Révolution tranquille. La Belle province est maintenant dans les bas-fonds des classements, dépassée par l’Île-du-Prince-Édouard pour le revenu net par habitant.

Bref, ne vous laissez pas charmer par la théorie monétaire dite moderne. Elle n’est qu’une énième tentative des ennemis du libéralisme pour justifier une augmentation du pouvoir du gouvernement.

Et lors de l’échec inévitable de telles politiques – pensons à la stagflation des années 1970 – il suffira de blâmer tout et tout le monde… sauf les gouvernements et leur intervention destructrice, notamment via les nombreux obstacles au monde du travail.

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